Plantu et Le Monde, La tablette avenir de la presse magazine? Écrire en émoticônes, Scatologie en une… La semaine

Le dessin de Plantu à la une du Monde (papier)Cette semaine est toute image. Le 1er octobre, Le Monde publiait en une dessin de Plantu sur le travail du dimanche. Au-delà de la controverse que celui-ci a suscité, c’est l’occasion de s’interroger sur la relation symbiotique qui unit le dessinateur et le journal et sur son devenir en regard des mutations du journalisme et des médias. Le même jour, le tabloïd new yorkais, Daily News publiait à l’occasion du shutdown, une des unes les plus scatologiques de l’histoire de la presse. Image encore avec la presse magazine qui a bien du mal à se développer sur les tablettes, au point que l’on peut légitimement se demander s’il s’agit pour elle d’un support d’avenir. Enfin, au milieu de toutes ces informations graves, une petit clin d’œil : et si l’on utilisait les émoticônes pour rédiger ? En tout cas, pourquoi se l’interdire ? La semaine donc du lundi 30 septembre au dimanche 6 octobre 2013.

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Mobiles : Le choix des apps

Best of Mobile, tel était l’intitulé de l’événement organisé, le jeudi 5 avril 2012, par Valtech, une société spécialisée —entre autres— dans le développement d’applications mobilesLe sujet m’intéressant en raison du basculement irrésistible de la consommation d’information vers les appareils de mobilité —smartphones,  tablettes et autres liseuses,  je me suis donc rendu à cette invitation. L’occasion de regarder plus précisément cet univers foisonnant qu’est celui des applications, qu’elles soient « natives » « Web », et la manière dont les médias peuvent se les approprier.

Sur un mobile ou une tablette, il est possible de toucher l’utilisateur de trois manières distinctes :

  1. un site optimisé pour le mobile, sachant en particulier pour les smartphones, que la taille réduite de l’écran nécessite de tenir compte de ses contraintes.
  2. une application disponible soit sur iTunes, pour les iPhone et iPad, soit sur Google Play (ou Market) pour Androïd. À noter qu’il ne sera pas question de Windows Phone et de Rim lors de cette matinée.
  3. une web application qui offre, pour reprendre le jargon employé au cours de cette matinée, une « expérience utilisateur » similaire à celle d’une « app native » [comprendre disponible sur iTunes, pour l'iPhone ou l'iPad]. Cette web app ne doit pas être confondue avec un site optimisé.

1. Les sites optimisés

Tout commence par là : offrir aux internautes une version optimisée de son site, facilitant la lecture sur un écran de smartphone, semble être un minimum. Elle permet en particulier un affichage plus clair et une navigation plus aisée pour les mobinautes. À ma grande surprise, l’ensemble des sites médias français ne sont pas encore optimisés « mobile », comme l’illustre les quelques exemples ci-dessous, qui comprennent des sites optimisés [rangée du haut] et des sites non optimisés [rangée du bas].

collage home

Dans la rangée du haut les sites sont optimisés; ils ne le sont pas dans celle du bas. Capture d'écran, à partir d'un iPhone, le matin du dimanche 8 avril 2012

Cette optimisation touche d’autres domaines, comme la migration vers le Mepg 4 pour les vidéos, afin de les rendre compatibles avec le HTML 5 et donc d’en rendre la lecture possible sur les smartphones et autres tablettes qui n’acceptent pas le flash. Continue reading

Le meilleur ami du reporter

Les smartphones, et en particulier l’iPhone, sont devenus les irremplaçables couteaux suisses du journaliste. Tout à la fois traitement de texte, enregistreur numérique, appareil photo, caméra vidéo, studio numérique et banc de montage, ils peuvent aussi au gré des besoins avantageusement remplacer les lourds camions de direct de la télévision, ou les motos émettrices des radios. La généralisation de leur usage ouvre de nouvelles possibilités pour les journalistes et devrait conduire à une réorganisation des rédactions.

[Précision : ce blog n'accepte de publicité sous aucune forme. Tous les appareils, équipements ou applications cités dans ce post, qui ne prétend à aucune exhaustivité, ont été étudiés, achetés et testés dans le cadre de l'enseignement de "journalisme multimédia de mobilité" sur lequel nous travaillons depuis plusieurs mois à l'École des métiers de l'information, où j'enseigne]

Capture d'écran d'iPhone : les apps. de vidéo Live

Quelques applications de vidéo Live

Rares sont aujourd’hui les journalistes qui n’ont pas au fond de leur poche un smartphone ou dans leur sacoche une tablette, si ce n’est les deux. Ces outils multifonctions leur permettent de prendre des photos, ou des vidéos de récupérer leurs mails, de lire leurs flux RSS, de gérer leurs différentes réseaux sociaux, etc. D’ailleurs, de nombreuses rédactions, comme Le Télégramme ou Ouest France, ont commencé à équiper leurs journalistes de smartphone, à charge pour eux d’alimenter le site en courtes vidéos d’actualité. Il est probable que ce ne soit que les prémisses de la nouvelle révolution qui va modifier —encore une fois— profondément le travail du journaliste et l’organisation des rédactions.

En effet, il est possible grâce à ces appareils non seulement de « capter » avec une qualité professionnelle tous les éléments (son, image, texte, etc) d’un contenu multimédia, mais aussi de l’éditer et de le publier, tout cela se faisant de manière beaucoup plus intuitive que sur un ordinateur, puisque sur un écran de smartphone ou de tablette tout se pilote au doigt.

La supériorité actuelle de l’iPhone tient à la cohérence de son écosystème

Pour l’instant, dans la guerre qui oppose les constructeurs de matériels et les éditeurs de système d’exploitation, Apple grâce à son écosystème particulier, a un pas d’avance. Le journaliste britannique Paul Bradshaw a récemment lancé une enquête auprès des gens qui le suivent sur Twitter, sur sa page Facebook et sur son blog Online Journalism Blog [les commentaires sur son blog sont ici, et il a créé un Storify avec les réponses sur Twitter]. Leurs remarques sont particulièrement intéressantes: ils montrent que nombre des appareils s’avèrent excellents en particulier en terme de captation photo et vidéo. Et les utilisateurs des Galaxy S2, HTC Desire ou Sensation, ou encore du Sony Ericsson Xperia —pour citer les appareils nommés par les correspondants de Paul Bradshaw— se montrent très satisfaits de leur équipement. Continue reading

2010, l’année de la tablette magique

2010, l’année de la tablette? C’est très probable avec la sortie prochaine de l’ »iSlate » (nom de code) par Apple, qui envisagerait d’en vendre la première année… 10 millions d’exemplaires. Très probable aussi, si l’on en juge par le nombre de groupes de presse, et non des moindres (Time, Hearst, Bonnier…) qui travaillent sur des projets similaires. Bref, la tablette est parée de toutes les vertus. Mais…

Seize ans. C’est le laps de temps qu’il aura fallu pour passer du laboratoire à la réalité. En 1994, en effet, les laboratoires du groupe de presse Knight Ridder [Knight Ridder a fermé le laboratoire en 1995 après 3 ans d'existence et, en 2006, a lui-même été absorbé par McClatchy, un autre groupe de presse américain] travaillait sur un projet de tablette très abouti.

La tablette mise au point par les chercheurs de Knight Ridder en 1994.

La tablette mise au point par les chercheurs de Knight Ridder en 1994.

À lire l’argumentaire, on se dit que les chercheurs de l’époque avait une sacré vista, car tout ce qu’ils disaient alors pourrait être repris pratiquement textuellement aujourd’hui. Par exemple:

« Le monde devient rapidement numérique et les journaux se transforment en produits électroniques. Mais l’affichage des journaux sur un ordinateur présente un certain nombre de limitations qui empêche une adoption généralisée. La tablette peut offrir une solution, à cette question d’affichage »

Une qualité d’écran égale « celle de l’imprimé »

Et de poursuivre en décrivant un produit qui pèserait moins d’un kilo, dont l’écran aurait une résolution « égale à celle de l’imprimé », qui ne nécessiterait pas de mode d’emploi et qui fonctionnerait sur batteries. Il pourrait gérer textes, images, sons et « images animées », l’ensemble apparaissant sur l’écran sous la forme d’un quotidien  (photo ci-dessus), mais aussi de livres, de magazines, de rapports financiers, etc. Cerise sur le gâteau, la tablette permettrait aussi de recevoir et d’envoyer des e-mails, faire des réservations de train, par exemple. Enfin, elle était interactive grâce à un stylet. Continue reading