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	<title>Media Trend</title>
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		<title>Le fact-checker et l&#8217;auteur, histoire d&#8217;un bras de fer</title>
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		<pubDate>Mon, 16 Apr 2012 13:06:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Mentre</dc:creator>
				<category><![CDATA[journalisme idées & réflexions]]></category>
		<category><![CDATA[livre]]></category>
		<category><![CDATA[fact_checking]]></category>
		<category><![CDATA[Harper's]]></category>
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		<category><![CDATA[Micke Daisey]]></category>
		<category><![CDATA[The Believer]]></category>

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			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>En 2003, John D&#8217;Agata propose  un article à <em>The Believer</em>, un magazine de San Francisco. Il y est question d&#8217;un adolescent, Levi Presley, qui s&#8217;est suicidé en se jetant  du Stratosphere, la plus haute tour de Las Vegas. S&#8217;ensuit plusieurs années de bataille avec Jim Fingal, le <em>fact-cheker</em> du journal, autour de points aussi essentiels —en journalisme— que la notion même de fait, la question de la vérification d&#8217;une information et les contraintes que cela impose à la narration et enfin les licences que peut —ou non— s&#8217;accorder un auteur. Ce dialogue fascinant entre John D&#8217;Agata et Jim Fingal est publié sous le titre <em>The Lifespan of a Fact</em>, que l&#8217;on pourrait traduire par &laquo;&nbsp;<em>La vie d&#8217;un fait</em>&laquo;&nbsp;. </strong></p>
<div id="attachment_5808" class="wp-caption aligncenter" style="width: 536px"><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2012/03/Numériser-3.jpeg"><img class=" wp-image-5808  " title="Une page de &quot;The Lifespan of a Fact&quot;" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2012/03/Numériser-3-778x1024.jpg" alt="Une page de &quot;The Lifespan of a Fact&quot;" width="526" height="691" /></a><p class="wp-caption-text">Les pages de &quot;The Lifespan of a Fact&quot; mêlent le texte original (au centre), les remarques et les commentaires de Jim Fingal et John D&#39;Agata</p></div>
<p><em>The Lifespan of a Fact</em> est le récit d&#8217;un combat, courtois mais féroce, entre un auteur John D&#8217;Agata et un <em>fact-cheker</em> Jim Fingal. L&#8217;objet de cette lutte semble tout d&#8217;abord se circonscrire à la seule recherche de la &laquo;&nbsp;Vérité&nbsp;&raquo; (avec une capitale), c&#8217;est-à-dire l&#8217;information dans sa plus extrême précision, mais rapidement se pose la question : dans un récit, tout est-il aussi tranché avec d&#8217;un côté le noir du mensonge et de la falsification et de l&#8217;autre, le blanc de la narration <em>non fiction</em>, cette dernière devant, comme le résume Jim Fingal, avoir &laquo;&nbsp;ses pieds fermement ancrés dans la réalité&nbsp;&raquo; ["<em>nonfiction is suposed to have its feet firmly planted in reality</em>"].</p>
<p><span id="more-5807"></span>Tout commence —officiellement— en 2003, lorsque John D&#8217;Agata, propose à la toute jeune revue littéraire, <em><a href="http://en.wikipedia.org/wiki/The_Believer_(magazine)" target="_blank">The Believer</a></em>, un article d&#8217;une quinzaine de feuillets [<em>on trouvera ici le <a href="http://www.believermag.com/issues/201001/?read=article_dagata" target="_blank">premier chapitre de l'article</a>, dont l'ensemble est en accès payant</em>] dont le point de départ est le suicide d&#8217;un adolescent, Levi Presley, qui s&#8217;est jeté du haut de la plus haute tour de Las Vegas, il vient de se voir refuser l&#8217;article par <em>Harper&#8217;s Magazine</em>, un magazine plus établi, en raison &laquo;&nbsp;d&#8217;inexactitudes factuelles&nbsp;&raquo; ["<em>factual inaccuracies</em>"]. Il est vrai que D&#8217;Agata n&#8217;entend pas faire œuvre de &laquo;&nbsp;journalisme&nbsp;&raquo; au sens propre du terme. Il se revendique comme &laquo;&nbsp;essayiste&nbsp;&raquo; et définit son texte comme étant avant tout une &laquo;&nbsp;œuvre d&#8217;art&nbsp;&raquo;.</p>
<p><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2012/04/Capture-d’écran-2012-03-11-à-11.55.55.png"><img class="alignleft size-medium wp-image-5925" title="Couverture de The Lifespan of a fact, par John D'Agata et Jim Fingal" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2012/04/Capture-d’écran-2012-03-11-à-11.55.55-228x300.png" alt="Couverture de The Lifespan of a fact, par John D'Agata et Jim Fingal" width="228" height="300" /></a>John D&#8217;Agata rencontre sur son chemin Jim Fingal, alors jeune stagiaire à <em>The Believer</em>, lequel s&#8217;est vu assigner la tâche de vérifier les informations contenues dans l&#8217;article. <em>Lifespan</em> serait donc la publication de sept ans d&#8217;échanges entre l&#8217;auteur et le <em>fact-checker</em>. J&#8217;utilise, à mon tour un conditionnel, car selon Jennifer Mc Donald du <em>New York Times </em>[<em>lire </em><a href="http://www.nytimes.com/2012/02/26/books/review/the-lifespan-of-a-fact-by-john-dagata-and-jim-fingal.html?pagewanted=all" target="_blank">In The Details</a>], peut-être tout cela a-t-il commencé en 2005 et il n&#8217;y aurait donc eu que cinq ans d&#8217;échanges. Et deuxième précision, il s&#8217;agit d&#8217;une reconstitution comme l&#8217;a expliqué John D&#8217;Agata: &laquo;&nbsp;Nous avons entièrement recréé une discussion qui n&#8217;a pas réellement eu lieu de la façon dont elle est décrite&nbsp;&raquo;. Et John Dzezia du <em>Daily Beast</em> d&#8217;expliquer que s&#8217;il est &laquo;&nbsp;techniquement vrai&nbsp;&raquo; que le livre soit la reprise des sept [<em>cinq?</em>] années de discussions autour de l&#8217;article, il ne s&#8217;agit pas au sens littéral du terme des arguments échangés au fil du temps:</p>
<blockquote><p>Fingal a passé une année à vérifier le texte de l&#8217;essai, et quand il eut fini, D&#8217;Agata a proposé d&#8217;en faire un livre. Les deux ont travaillé à partir de leurs souvenirs, et des quelque cent pages de notes de Fingal pour reconstruire et améliorer leurs arguments. [<em>lire </em><a href="http://www.thedailybeast.com/articles/2012/02/21/john-d-agata-s-fact-checking-battle.html" target="_blank">John D'Agata's Fact-Checking Battle</a>]</p></blockquote>
<p>Tout commence <em>mezzo piano</em> [<em>si l'on peut dire</em>]. Jim Fingal, le <em>fact-cheker</em>, s&#8217;attelle au travail. Il dispose, comme il est de règle aux États-Unis, de l&#8217;ensemble des contacts, des notes et des documents rassemblés par John D&#8217;Agata. D&#8217;emblée, il relève, ce qu&#8217;il appelle des <em>factual disputes</em>. Par exemple, selon ses sources, Las Vegas ne compte pas 34 clubs de stripteases comme l&#8217;écrit D&#8217;Agata, mais selon les sources —que ce dernier a utilisé—, un chiffre compris entre seize et trente et un.</p>
<p>Alors demande Fingal, pourquoi avoir écrit trente quatre ? La réponse de D&#8217;Agata se veut légère, mais il se positionne immédiatement contre la<em> doxa</em> du journalisme qui veut que l&#8217;on respecte scrupuleusement les faits. J&#8217;ai écrit 34, dit-il, &laquo;&nbsp;parce que le rythme de <em>thirty-four</em> sonnait mieux dans cette phrase que le rythme de <em>thirty-one</em>, aussi je l&#8217;ai changé&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="padding-left: 30px;">[A<em>u final,</em> <em>la remarque de Jim Fingal a porté; le nombre de clubs a disparu de la version définitive publiée par</em> The Believer].</p>
<p>Et l&#8217;on pourrait égrener ainsi les inexactitudes que semble semer avec un malin plaisir John D&#8217;Agata tout au long de l&#8217;article. Certaines le sont donc pour de pures raisons de style, d&#8217;autres pour produire un effet, comme lorsqu&#8217;il  égrène les causes de décès le jour du suicide de Levi Presley, modifiant volontairement les données afin de pouvoir les ordonner decrescendo :</p>
<blockquote><p>Le jour où Levi Presley est mort, cinq autres décédèrent de deux types de cancers, quatre d&#8217;une attaque cardiaque, trois d&#8217;une attaque cérébrale. Le même jour, il y eu deux suicides par arme à feu. Ce fut aussi le jour [<em>où se produisit</em>] un autre suicide par pendaison.</p></blockquote>
<p>Mais s&#8217;insurge Jim Fingal, en faisant cela, c&#8217;est &laquo;&nbsp;votre crédibilité auprès des lecteurs que vous entamez&nbsp;&raquo;.  À cette vision &laquo;&nbsp;classique&nbsp;&raquo;, John D&#8217;Agata en oppose une autre :</p>
<blockquote><p>Les lecteurs qui se soucient de la différence entre quatre et huit devraient cesser de me croire. Mais les lecteurs qui se soucient des phrases intéressantes et de l&#8217;effet métaphorique que provoque l&#8217;accumulation de ces phrases devraient probablement me suivre.</p></blockquote>
<p>Autre casse-tête pour le <em>fact checker</em>, les interviews. John D&#8217;Agata prend peu —voire aucune— notes lors de ce qu&#8217;il appelle des <em>casual interviews </em>[<em>littéralement "interviews décontractées"</em>]. À Jim Fingal qui lui demande avec instance ses notes, il répond:</p>
<blockquote><p>C&#8217;est peut-être un problème mais, avec tout le respect qui vous est du, c&#8217;est votre problème, Jim, et non le mien. Je ne suis pas un reporter, et je n&#8217;ai jamais revendiqué le fait d&#8217;être un reporter (…) Donc, même si cela avait été une interview &laquo;&nbsp;formelle&nbsp;&raquo; ["<em>formal interview</em>"], je n&#8217;aurais pas pris de notes d&#8217;une manière trop approfondie, car j&#8217;ai tendance à rester décontracté quelque soient les personnes que j&#8217;interviewe, ainsi elles se sentent plus détendues. (…) Lorsque les gens pensent qu&#8217;ils sont dans une conversation et non dans une interview ils sont beaucoup plus relax et de ce fait plus bavard.</p></blockquote>
<p>Et même lorsqu&#8217;il a pris des notes, D&#8217;Agata n&#8217;hésite pas changer le nom de son interlocuteur et à &laquo;&nbsp;donner plus de piquant&nbsp;&raquo; ["<em>punched up</em>"] aux déclarations de ce dernier.</p>
<p><strong>Faut-il &laquo;&nbsp;masser&nbsp;&raquo; les faits ?</strong></p>
<p>À ce stade, on pourrait penser que John D&#8217;Agata est au mieux un romancier s&#8217;inspirant de la réalité, au pire un falsificateur, mais la réalité est plus complexe. Par exemple, il réduit tout à &laquo;&nbsp;Las Vegas&nbsp;&raquo;, faisant ainsi une simplification qui peut paraître abusive. En effet, la ville proprement dite de Las Vegas, relativement petite, est enchâssée dans le &laquo;&nbsp;Clark County&nbsp;&raquo;, qui lui-même est inclus dans l&#8217;État du Nevada. Faut-il au nom de la pureté statistique les distinguer, ou &laquo;&nbsp;<em>masser les faits</em>&nbsp;&raquo; [<em>"John massaged the facts"</em>], comme l&#8217;écrit Jim Fingal? Les règles journalistiques s&#8217;y opposent, mais la réponse de D&#8217;Agata ouvre le champ à la réflexion, sur la manière de rendre compte de la réalité :</p>
<blockquote><p>Personne ne s&#8217;y trompe. J&#8217;ai <em>massé</em> ce fait, pour éviter d&#8217;embrouiller les gens. La population de Las Vegas (ou de Clark County… quelque soit la manière dont vous voulez l&#8217;appeler) est actuellement d&#8217;environ 1,9 millions de personnes, alors que l&#8217;État dans son ensemble compte 2,6 millions d&#8217;habitants. La Vegas représente donc 73% de la population de l&#8217;État. Je pense que l&#8217;on peut affirmer qu&#8217;une statistique qui s&#8217;applique à l&#8217;État [s'applique] aussi à Las Vegas, particulièrement lorsqu&#8217;il est question de crime. Cela s&#8217;appelle simplifier ["<em>streamlining</em>"]</p></blockquote>
<div id="attachment_5928" class="wp-caption aligncenter" style="width: 500px"><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2012/04/Capture-d’écran-2012-04-15-à-13.00.43.png"><img class="size-full wp-image-5928" title="Le Stratosphere de nuit" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2012/04/Capture-d’écran-2012-04-15-à-13.00.43.png" alt="Le Stratosphere de nuit" width="490" height="370" /></a><p class="wp-caption-text">C&#39;est en se jettant du haut de la tour du Stratosphere que le jeune Levi Presley, s&#39;est suicidé.</p></div>
<p>Il y a de quoi faire se dresser les cheveux sur la tête de tout <em>fact checker</em> —et secrétaire de rédaction et rédacteur en chef—, mais D&#8217;Agata, se révèle redoutable lorsqu&#8217;il explique à Jim Fingal que la construction du faux permet d&#8217;approcher le vrai. Par exemple, il a rapproché abruptement ["<em>a few blocks</em>"] le Stratosphere du Pont des poètes ["<em>Poet Bridge</em>"], qui dans la réalité sont très éloignés l&#8217;un de l&#8217;autre. Voici le dialogue :</p>
<blockquote><p>John : Je construisais une image, Jim.<br />
Jim : Une image basée sur sur quoi? Votre imagination?<br />
John : Une image basée sur un certain sens de la ville que je ne suis pas le seul à ressentir. Le Stratosphere et le Poet Bridge appartiennent au même quartier ["<em>same general neighborhood</em>"] de Las Vegas; voilà pour le point technique. Mais le plus important est qu&#8217;ils contribuent tous deux à la même ambiance de la ville, sur le plan émotionnel, que j&#8217;ai ressentie lorsque j&#8217;y étais, et cette image —telle que je l&#8217;ai construite— est destinée à faire ressentir cette ambiance au lecteur.<br />
Jim : Mais si vous avez construit cette &laquo;&nbsp;ambiance&nbsp;&raquo; de manière totalement fabriquée, vous imposez votre vision subjective sur une ville entière. Ce n&#8217;est pas très responsable.<br />
John : Je ne suis pas la première personne à suggérer que Las Vegas est un endroit triste, Jim. En fait, tout le livre tourne autour de cette question: les faits.</p></blockquote>
<p><em>The Lifespan of a fact</em> ne saurait se résumer à une guérilla sur l&#8217;exactitude des faits. Il ouvre une série de réflexions sur le journalisme, la littérature et la vérité:</p>
<ul>
<li><strong>La vérité.</strong> John D&#8217;Agata se veut un artiste. Il est &laquo;&nbsp;dans une quête de sens&nbsp;&raquo; ["<em>search for meaning</em>"] et c&#8217;est pour cela &laquo;&nbsp;qu&#8217;il reconstruit les détails afin de les rendre signifiants (…) il cherche une vérité, mais non nécessairement la précision&nbsp;&raquo;.</li>
<li><strong>L&#8217;honnêteté.</strong> En se saisissant d&#8217;un personnage anonyme [<em>un adolescent qui se suicide</em>], en le mettant en lumière, mais en ne respectant pas scrupuleusement les faits, John D&#8217;Agata n&#8217;est-il pas malhonnête, s&#8217;interroge Jim Fingal. Réponse de John D&#8217;Agata: erreur, je n&#8217;ai pas écrit le portrait d&#8217;un adolescent, &laquo;&nbsp;cet essai traite d&#8217;une idée, et Levi représente cette idée&nbsp;&raquo;.</li>
<li><strong>La morale.</strong> Elle est sous-jacente dans les critiques de Jim Fingal. Mais relève John D&#8217;Agata à partir du moment où l&#8217;on se place du point de vue de la morale, on ne parle plus plus d&#8217;art. Pourquoi s&#8217;interroge-t-il, les considérations morales ne concernent-elles que la non fiction et non la poésie, les romans, etc.?</li>
<li><strong>Non fiction</strong>. Pour John D&#8217;Agata, le terme de <em>non fiction</em> est lié au &laquo;&nbsp;nouveau journalisme&nbsp;&raquo; des années 1960-1970 [<em>théorisé par Tom Wolfe, et dont les principaux auteurs sont Hunter S. Thompson, Truman Capote, Norman Mailer, Michael Herr…</em>]. Or, remarque-t-il, &laquo;&nbsp;tout ce qui a été écrit à cette époque [<em>sous ce vocable</em>] n&#8217;était pas du journalisme. De toute évidence, il y avait des mémoires, il y avait des biographies, il y avait des écrits sur la nature, des carnets de voyages, etc. Ainsi, <em>non fiction</em> est un terme de création récente, inadéquat depuis son origine&nbsp;&raquo;.</li>
<li><strong>Essai</strong>. D&#8217;Agata se place dans la continuation de Plutarque, Saint Augustin, Daniel Defoe, George Orwell, Natalia Ginzburg, qui &laquo;&nbsp;tous ont modifié les faits pour dans le but d&#8217;obtenir une meilleure compréhension de ce qu&#8217;ils éprouvaient&nbsp;&raquo;</li>
</ul>
<p><strong>L&#8217;affaire Mike Daisey, un prolongement de cette réflexion?</strong></p>
<p>Cette discussion féconde sur des notions aussi essentielles que l&#8217;exactitude des faits, la vérité, la narration,  a connu récemment un prolongement avec &laquo;&nbsp;l&#8217;affaire Mike Daisey&nbsp;&raquo;, qui est un des animateurs de <em>The American Life</em>, diffusé sur une radio publique américaine basée à Chicago, WBEZ. Ce dernier a vu son émission, <em>Mr Daisey and the Apple Factory</em>,supprimée. Elle était consacrée aux conditions de travail dans les usines chinoises Foxconn où sont fabriqué les iPhones et autres iPads. La chaîne avait en effet appris que Daisey avait &laquo;&nbsp;fabriqué&nbsp;&raquo; certains éléments d&#8217;information. Pour sa défense Mike Daisey s&#8217;était abrité derrière la &laquo;&nbsp;licence poétique&nbsp;&raquo; ["<em>dramatic license</em>"] pour justifier les altérations des faits qu&#8217;il avait effectué. Sa direction a jugé qu&#8217;il s&#8217;agissait purement et simplement de fraude.</p>
<ul>
<li>[<em>Pour plus de détails lire <a href="http://www.thisamericanlife.org/radio-archives/episode/454/mr-daisey-and-the-apple-factory" target="_blank">la page que WBEZ</a> consacre à cette affaire, où l'on trouvera aussi le lien vers la transcription de l'émission fautive</em>]</li>
</ul>
<p style="text-align: left;"><strong>Pour aller plus loin</strong></p>
<ul>
<li><strong>John D&#8217;Agata</strong> aujourd&#8217;hui enseigne l&#8217;écriture créative [<em>creative writing</em>] à l&#8217;université de l&#8217;Iowa, aux États-Unis. ll est l&#8217;auteur de <em>About a Mountain</em>, un essai sur l&#8217;enfouissement des déchets nucléaires sous une montagne proche de Las Vegas. Il y reprend la méthode de narration qu&#8217;il avait adoptée pour <em>What Happens There</em>.</li>
<li><strong>Jim Fingal</strong> travaille aujourd&#8217;hui dans le développement de logiciel.</li>
<li>La famille de Levi Presley a créé un &laquo;&nbsp;<a href="http://levi-presley-iv.memory-of.com/About.aspx" target="_blank">site mémorial</a>&nbsp;&raquo; dédié au souvenir de ce jeune garçon.</li>
<li><strong>The Lifespan of a Fact</strong> est publié chez Norton &amp; Company, New York, États-Unis, 2012 [<em>Pour l'instant, il n'existe pas de traduction française</em>]. Les <em>royalties</em> de l&#8217;ouvrage sont versés à une école de <em>Tae Kwon Do</em>, le sport qu&#8217;aimait pratiquer Levi Presley.</li>
</ul>
<p style="text-align: left;">
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		</item>
		<item>
		<title>Mobiles : Le choix des apps</title>
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		<pubDate>Mon, 09 Apr 2012 11:00:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Mentre</dc:creator>
				<category><![CDATA[journalisme innovations]]></category>
		<category><![CDATA[outils]]></category>
		<category><![CDATA[Androïd]]></category>
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		<description><![CDATA[Best of Mobile, tel était l&#8217;intitulé de l&#8217;événement organisé, le jeudi 5 avril 2012, par Valtech, une société spécialisée —entre autres— dans le développement d&#8217;applications mobiles. Le sujet m&#8217;intéressant en raison du basculement irrésistible de la consommation d&#8217;information vers les appareils &#8230; <a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/2012/04/09/comment-choisir-entre-une-app-en-mode-natif-et-une-web-app/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;"><strong><em>Best of Mobile, </em>tel était l&#8217;intitulé de l&#8217;événement organisé, le jeudi 5 avril 2012, par Valtech, une société spécialisée —entre autres— dans le développement d&#8217;applications mobiles<em>. </em>Le sujet m&#8217;intéressant en raison du basculement irrésistible de la consommation d&#8217;information vers les appareils de mobilité —smartphones,  tablettes et autres liseuses,  je me suis donc rendu à cette invitation</strong><strong>. L&#8217;occasion de regarder plus précisément cet univers foisonnant qu&#8217;est celui des applications, qu&#8217;elles soient &laquo;&nbsp;natives&nbsp;&raquo; &laquo;&nbsp;Web&nbsp;&raquo;, et la manière dont les médias peuvent se les approprier.</strong></p>
<p>Sur un mobile ou une tablette, il est possible de toucher l&#8217;utilisateur de trois manières distinctes :</p>
<ol>
<li>un <strong>site optimisé</strong> pour le mobile, sachant en particulier pour les smartphones, que la taille réduite de l&#8217;écran nécessite de tenir compte de ses contraintes.</li>
<li>une <strong>application</strong> disponible soit sur iTunes, pour les iPhone et iPad, soit sur Google Play (ou Market) pour Androïd. À noter qu&#8217;il ne sera pas question de Windows Phone et de Rim lors de cette matinée.</li>
<li>une <strong>web application</strong> qui offre, pour reprendre le jargon employé au cours de cette matinée, une &laquo;&nbsp;expérience utilisateur&nbsp;&raquo; similaire à celle d&#8217;une &laquo;&nbsp;app native&nbsp;&raquo; [<em>comprendre disponible sur iTunes, pour l'iPhone ou l'iPad</em>]. Cette web app ne doit pas être confondue avec un site optimisé.</li>
</ol>
<p><strong>1. Les sites optimisés</strong></p>
<p>Tout commence par là : offrir aux internautes une version optimisée de son site, facilitant la lecture sur un écran de smartphone, semble être un minimum. Elle permet en particulier un affichage plus clair et une navigation plus aisée pour les mobinautes. À ma grande surprise, l&#8217;ensemble des sites médias français ne sont pas encore optimisés &laquo;&nbsp;mobile&nbsp;&raquo;, comme l&#8217;illustre les quelques exemples ci-dessous, qui comprennent des sites optimisés [<em>rangée du haut</em>] et des sites non optimisés [<em>rangée du bas</em>].</p>
<div id="attachment_5876" class="wp-caption aligncenter" style="width: 490px"><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2012/04/collage-home.jpg"><img class=" wp-image-5876  " title="collage home" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2012/04/collage-home.jpg" alt="collage home" width="480" height="360" /></a><p class="wp-caption-text">Dans la rangée du haut les sites sont optimisés; ils ne le sont pas dans celle du bas. Capture d&#39;écran, à partir d&#39;un iPhone, le matin du dimanche 8 avril 2012</p></div>
<p>Cette optimisation touche d&#8217;autres domaines, comme la migration vers le Mepg 4 pour les vidéos, afin de les rendre compatibles avec le HTML 5 et donc d&#8217;en rendre la lecture possible sur les smartphones et autres tablettes qui n&#8217;acceptent pas le flash.<span id="more-5845"></span></p>
<p><strong>2. App ou Web-app ?</strong></p>
<p>L&#8217;optimisation du site a toutefois ses limites, en particulier parce qu&#8217;elle ne permet pas d&#8217;utiliser pleinement les fonctionnalités qu&#8217;offrent les appareils de mobilité. Se pose alors la question de développer une application mobile &laquo;&nbsp;<em>native</em>&nbsp;&raquo; ou une &laquo;&nbsp;<em>web application</em>&laquo;&nbsp;. Cette dernière exige certes de passer par un navigateur [<em>essentiellement Safari pour les iPod, iPhone et iPad, et Chrome pour les Androïd]</em>, mais elle offre une expérience-utilisateur pratiquement similaire aux <em>apps natives</em> et ce grâce au HTML5.</p>
<p>La question du choix se pose pour tous les acteurs qui veulent être présents sur les smartphones et les tablettes, la question étant de savoir quelle est la solution optimum. Dans l&#8217;univers des médias anglo saxons, la tendance récente serait au développement de <em>web applications.</em></p>
<p>La <em>web application</em> du <em>Financial Times</em> connaît un succès retentissant. Lancée en juin 2011, elle a tout de suite capté un large public. Selon le FT, à la mi-novembre 2011, elle avait été téléchargée un million de fois, et avait boosté le trafic smartphones et tablettes. À cette date, elle représentait 20% du nombre de pages vues. Tout aussi intéressant, 15% des nouveaux abonnés au FT le faisaient directement à travers leur mobile [<em>lire le <a href="http://aboutus.ft.com/2011/11/18/ft-web-app-registers-one-million-users/#axzz1rRaSwKKY" target="_blank">communiqué du FT ici</a></em>].</p>
<p><iframe src="http://www.youtube.com/embed/JTywh4QJWMM" frameborder="0" width="560" height="315"></iframe></p>
<p>L&#8217;expérience du FT est d&#8217;autant plus intéressante, qu&#8217;elle lui permet d&#8217;éviter [<em>à l'inverse du système des apps natives</em>] de nouer un lien direct avec ses lecteurs et abonnés et de ne pas passer  le système opaque et coûteux de l&#8217;Appstore ou du Google Market [<em>ou Google Play</em>]. D&#8217;ailleurs ce journal envisage de continuer et d&#8217;approfondir l&#8217;expérience puisqu&#8217;il <a href="http://paidcontent.org/2012/01/05/419-ft-buys-its-web-app-maker-ceo-riddings-memo/" target="_blank">a racheté</a> la petite <em>start-up</em>, Assanka, avec laquelle il avait développé son application.</p>
<p>Le<em> Times</em> du groupe <em>News Corp</em> lui a emboîté le pas en ce début d&#8217;année 2012, en proposant à son tour une <em>web app</em>, en version beta pour l&#8217;instant, et destinée aux tablettes. Il s&#8217;agit de combiner la lecture &laquo;&nbsp;<em>newspaper-like</em>&nbsp;&raquo; ["<em>comme le journal</em>"] avec &laquo;&nbsp;l&#8217;interactivité que permet l&#8217;internet&nbsp;&raquo;.</p>
<div id="attachment_5884" class="wp-caption aligncenter" style="width: 576px"><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2012/04/Capture-d’écran-2012-04-08-à-12.47.56.png"><img class=" wp-image-5884   " title="La démo de la web app du Times" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2012/04/Capture-d’écran-2012-04-08-à-12.47.56.png" alt="La démo de la web app du Times" width="566" height="375" /></a><p class="wp-caption-text">Capture d&#39;écran de la version démo de la web app du Times</p></div>
<p><strong>3. Les critères du choix entre App et Web-app</strong></p>
<p>Pour l&#8217;instant, si la plupart des médias ont développé des applications <em>natives</em> [<em>essentiellement pour iOS et Androïd</em>], peu se sont lancés dans l&#8217;aventure d&#8217;une Web-app [<em>à vrai dire, je n'ai trouvé aucun média en ayant développé une en France; s'il en existe n'hésitez à me l'indiquer, je me ferai un plaisir de corriger</em>].</p>
<p>En fait, le choix est difficile entre ces deux options et c&#8217;est tout l&#8217;intérêt de la démonstration de Yohan Founs, directeur Mobilité et Rich Media, et de Xavier Paradon, directeur technique, chez <a href="http://www.valtech.fr/fr/index.html" target="_blank">Valtech</a>, que d&#8217;offrir une sorte de grille d&#8217;aide à la décision, qu&#8217;ils présentaient ce jeudi 5 avril. Pour cela, ils s&#8217;appuient sur dix critères, à l&#8217;intérieur desquels ils analysent les points forts et les points faibles de chacun des types d&#8217;application:</p>
<p><strong>Audience</strong>. Pour l&#8217;instant l&#8217;avantage est encore aux <em>apps natives</em>, ne serait-ce que parce le mobinaute a d&#8217;abord le réflexe de télécharger et d&#8217;utiliser celles-ci. Par ailleurs, sur les smartphones, les utilisateurs utilisent peu les moteurs de recherche, mais cela est moins vrai pour les tablettes.</p>
<p><strong>Visibilité</strong>. Pour le moment, sur ce point l&#8217;avantage est aux <em>apps natives</em>, tant les <em>stores</em> [<em>iTunes et Google Market/play</em>] sont bien organisés et permettent de trouver facilement l&#8217;app que l&#8217;on cherche soit par le nom, soit par la thématique; en outre, les moteurs de recherche, en particulier Google, référencent bien les apps.</p>
<p><strong>Expérience utilisateur.</strong> L&#8217;avantage est pour le moment aux <em>apps natives</em>, car celles-ci ont accès aux capteurs [<em>appareil photo et vidéo…</em>] et aux applications préinstallées [<em>galeries photos…</em>], elles permettent de faire du <em>push</em>, et fonctionnent en tâche de fond. Bref, tout ce qui est Réalité augmentée, 3D… paraît pour l&#8217;instant réservé aux <em>apps natives</em>. Avec les <em>web apps</em> il est certes possible de faire de la géolocalisation, mais elles n&#8217;ont pas accès au système de notification du smartphone. On pourrait ajouter que la gestion du son avec le HTML5 n&#8217;est pas encore tout à fait au point.</p>
<p><strong>Performances.</strong> Au niveau des performances pour l&#8217;instant les <em>apps natives</em> fonctionnent mieux. Elles sont plus fluides [<em>pour le streaming, par exemple</em>], car elles n&#8217;utilisent pas de sous-couche navigateur, et surtout elles &laquo;&nbsp;planteraient&nbsp;&raquo; moins. Un des principaux problèmes auquel est confronté les utilisateurs tient à l&#8217;utilisation <em>off line </em>des applications. Le cas de figure est très fréquent en situation de mobilité, où l&#8217;on risque sans cesse de perdre le réseau ou la Wi-Fi. Sur ce point, le HTML5 a fait d&#8217;énormes progrès, mais l&#8217;avantage reste encore aux <em>apps natives</em>.</p>
<p><strong>Contenus</strong>. Avec un travail d&#8217;optimisation, les deux propositions peuvent être considérées comme étant à égalité, avec ce bémol que le HTML5,  n&#8217;a pas pour l&#8217;instant de support pour les DRM.</p>
<p><strong>Multi-systèmes.</strong> Il n&#8217;y a pas photo! L&#8217;avantage —écrasant— est aux <em>Web-apps</em>, puisqu&#8217;avec le HTML5, il est possible de faire une application qui fonctionne sur tous les appareils mobiles, qu&#8217;ils tournent sous iOS ou sous Androïd. À l&#8217;inverse, ce que l&#8217;on peut développer sur iOS et Androïd, ce sont des réflexes communs d&#8217;ergonomie. C&#8217;est peu.</p>
<p><strong>Multi-écrans.</strong> Les types d&#8217;écrans se sont multipliés que ce soit soit en terme de taille que de résolution. L&#8217;avantage est ici aux <em>Web-apps</em>, pour lesquelles le travail de développement sera moindre que les <em>natives</em>, pour lesquelles —sur iOS— on peut certes &laquo;&nbsp;partager le code&nbsp;&raquo;, mais qui nécessite de créer deux interfaces graphiques.</p>
<p><strong>Coût. </strong>Pas de miracle. Le développement d&#8217;<em>apps natives</em>, comme de <em>Web-apps</em> a un coût.  S&#8217;il est vrai qu&#8217;il est possible d&#8217;être plus productif pour développer une <em>app native</em>, ne serait-ce qu&#8217;en raison de la richesse en composants des kits de développement (SDK), il n&#8217;en reste pas moins qu&#8217;il faut faire deux développements [<em>iOS et Androïd</em>] au lieu d&#8217;un seul pour une <em>Web-app</em>. Dans les deux cas, il faudra réaliser de nombreux tests, qui peuvent difficilement être automatisés, et qui donc sont coûteux à mettre en œuvre.</p>
<p><strong>Déploiement-distribution.</strong> L&#8217;avantage est très clairement aux <em>Web-apps</em>, pour une raison simple: l&#8217;environnement est connu et maîtrisé, et l&#8217;éditeur est maître des délais. Il n&#8217;en va pas de même pour les <em>apps natives</em> qui obligent à passer par un <em>app-store</em>, ce qui introduit deux inconnues :</p>
<ul>
<li>il faut obtenir l&#8217;approbation de l&#8217;<em>app-store.</em> D&#8217;une part, c&#8217;est un élément d&#8217;incertitude [<em>elle peut être rejetée</em>] d&#8217;autre part que l&#8217;app et son contenu conviennent au réglement de l&#8217;<em>app-store,</em> ce qui pour un média d&#8217;information peut être problématique.</li>
<li>les délais de mise en place de l&#8217;application sur les <em>app-stores</em> ne sont pas maîtrisés par les éditeurs, ce qui est pénalisant en terme de communication, où si l&#8217;on veut créer une app pour un événement.</li>
</ul>
<p><strong>Mises à jour.</strong> Ici aussi les<em> Web-apps</em> bénéficient d&#8217;avantages très nets, car il est possible de les réactualiser librement tant en terme de contenus que sur le plan fonctionnel, alors qu&#8217;une mise à jour sur les <em>app-stores</em> exigent un redéploiement, et donc une réapprobation, etc.</p>
<p>Au terme de ce parcours, difficile de préférer un système à un autre. Tout dépend des objectifs que l&#8217;on s&#8217;assigne: veut-on réactualiser fréquemment son application, en conserver le contrôle et la maîtrise de son déploiement, la rendre opérationnelle rapidement sur plusieurs types d&#8217;écrans et plusieurs systèmes d&#8217;exploitation? La solution sera plutôt la <em>Web-app</em>. S&#8217;agit-il, à l&#8217;inverse, d&#8217;utiliser au maximum les potentialités des appareils et l&#8217;intégration qu&#8217;ils permettent? Alors, il faudra préférer les <em>apps natives</em>. Bref, le choix d&#8217;un système ou d&#8217;un autre reposent sur un faisceau de facteurs qui n&#8217;est ici qu&#8217;esquissé, sachant que pour des raisons de coût de développement et de maintenance, il semble irréaliste de développer en parallèle les deux systèmes. En revanche, et c&#8217;est l&#8217;approche de Facebook, il semble possible de développer des &laquo;&nbsp;hybrides&nbsp;&raquo;, qui combineraient le meilleur des deux systèmes [<em>plus de détails<a href="http://www.readwriteweb.com/mobile/2012/04/james-pearce-head-of-mobile.php" target="_blank"> ici</a></em>].</p>
<p><strong>Pour aller plus loin</strong></p>
<ul>
<li>La <em><a href="http://www.w3.org/community/coremob/" target="_blank">Core Mobile Web Plateform Community Group</a></em>, du W3C a pour objet de faire du Web mobile, une plateforme permettant de développer des <em>Web-apps</em>. Il regroupe des développeurs, des opérateursde téléphonie comme le français Orange, la fondation Mozilla, etc., qui essaient de surmonter dans ce groupe leurs intérêts souvent antagonistes.</li>
<li>L&#8217;équipe de Chrome propose<a href="http://www.html5rocks.com/webappfieldguide/toc/index/" target="_blank"> un guide </a>pour réaliser des <em>Web-apps</em>, Il mérite le détour ne serait-ce que pas sa présentation sous forme de… livre (électronique).</li>
</ul>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Moneyocracy, un projet transmedia</title>
		<link>http://www.themediatrend.com/wordpress/2012/03/25/moneyocracy-un-projet-transmedia/</link>
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		<pubDate>Sun, 25 Mar 2012 14:29:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Mentre</dc:creator>
				<category><![CDATA[journalisme innovations]]></category>
		<category><![CDATA[crowdfunding]]></category>
		<category><![CDATA[I-doc]]></category>
		<category><![CDATA[Kickstarter]]></category>

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		<description><![CDATA[Moneyocracy est un projet transmedia porté par deux photojournalistes français, Gérald Holubowicz et Jean-Nicholas Guillo, sur l&#8217;influence du big business sur les prochaines élections présidentielles américaines. Ce projet est actuellement dans sa phase de lancement, la première étape étant —money oblige— &#8230; <a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/2012/03/25/moneyocracy-un-projet-transmedia/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Moneyocracy</em> est un projet transmedia porté par deux photojournalistes français, Gérald Holubowicz et Jean-Nicholas Guillo, sur l&#8217;influence du <em>big business</em> sur les prochaines élections présidentielles américaines. Ce projet est actuellement dans sa phase de lancement, la première étape étant —<em>money</em> oblige— d&#8217;en assurer le financement. Pour cela, les auteurs s&#8217;appuient sur <em>Kickstarter</em>, un outil de <em>crowdfunding</em>. Ils entendent lever 48.000 dollars [<em>36.200 euros</em>] d&#8217;ici le 14 avril 2012. </strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2012/03/Capture-d’écran-2012-03-25-à-16.13.46.png"><img class="aligncenter  wp-image-5829" title="Moneycratie" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2012/03/Capture-d’écran-2012-03-25-à-16.13.46.png" alt="Moneycratie" width="504" height="281" /></a></p>
<p>Le point de départ de <em>Moneyocracy est</em> une décision de la Cour suprême des États-Unis, datant de 2010. L&#8217;affaire opposait  la <em>Federal Election Commission</em>, une organisation indépendante dont le rôle est de surveiller le financement des campagnes électorales, à une association conservatrice <em>Citizens United</em>. Celle-ci avait diffusé 30 jours avant une élection, une vidéo particulièrement critique à l&#8217;encontre d&#8217;Hillary Clinton [<em>on peut avoir une idée de la violence de cette campagne en allant sur le site, </em><a href="http://www.hillarythemovie.com/" target="_blank">Hillary : the Movie</a>] contrevenant ainsi à une loi, le <em>Bipartisan Campaign Reform Act</em> (BCRA) qui interdisait aux entreprises et aux syndicats de financer des &laquo;&nbsp;communications à but électoraliste&nbsp;&raquo; ["<em>electioneering communications</em>"], 60 jours avant des élections générales.<span id="more-5828"></span></p>
<p>Or, à la surprise générale, à la suite d&#8217;un vote serré, la Cour suprême va renverser la jurisprudence et décider que le 1er Amendement de la Constitution américaine, qui garantit la liberté d&#8217;expression à tout citoyen américain, s&#8217;applique aussi aux entreprises et donc, que les restrictions du BCRA n&#8217;avait pas lieu d&#8217;être [<em>la <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Citizens_United_v._Federal_Election_Commission" target="_blank">page Wikipedia</a>, anglaise, détaille tout cela</em>]. Pourquoi pas, mais faisant cela, elle ouvrait toutes grandes la possibilité aux entreprises (et aux syndicats) de financer sur leurs fonds propres les campagnes électorales. Elles le font à travers des <em>Political Action Committees</em> (PACs), et précisément depuis 2010 à travers des <em>Super PACs</em> qui peuvent lever des montants illimités de fonds pour soutenir ou combattre tel ou tel candidat.</p>
<p>L&#8217;argent est donc devenu une donnée fondamentale de la démocratie américaine, et c&#8217;est à cette dimension qu&#8217;entendent s&#8217;attaquer les deux auteurs de <em>Moneyocracy</em>. Pour ce faire, ils projettent un dispositif original articulé autour d&#8217;un documentaire qui explorera et évaluera l&#8217;impact de ces <em>Super PACs</em> sur l&#8217;élection présidentielle américaine de 2012 et un I-doc [<em>documentaire interactif</em>] fictionnel dans lequel les internautes seront appelés à jouer le rôle de lobbyistes participant au financement de la campagne d&#8217;un candidat fictif Bill O&#8217;Maney. Ils pourront par ce jeu de rôle comprendre précisément comment fonctionnent ces lobbies et comment ils influent sur les élections.</p>
<ul>
<li>[<em><strong>précision</strong> : Gérald Holubowicz est un intervenant régulier à l'Emi-Cfd, l'école où j'enseigne</em>]</li>
</ul>
<p><strong>Pour plus de détails :</strong></p>
<p><a href="http://www.kickstarter.com/projects/chewbahat/moneyocracy" target="_blank"><em>Moneyocratie</em> sur <em>Kickstarter</em></a></p>
<p>Le trailer (en anglais)</p>
<p><center><iframe src="http://www.kickstarter.com/projects/chewbahat/moneyocracy/widget/video.html" frameborder="0" width="480px" height="360px"></iframe></center></p>
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		<title>#2 Charles Dickens : dix-sept jours à la tête du Daily News</title>
		<link>http://www.themediatrend.com/wordpress/2012/03/04/2-charles-dickens-dix-sept-jours-a-la-tete-du-daily-news/</link>
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		<pubDate>Sun, 04 Mar 2012 12:11:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Mentre</dc:creator>
				<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Charles Dickens]]></category>
		<category><![CDATA[The Daily News]]></category>

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		<description><![CDATA[Le très bref passage de Charles Dickens à la rédaction en chef du Daily News —dix-sept jours— est pour beaucoup un mystère. Qu&#8217;allait faire celui qui était alors un auteur reconnu dans cette galère et pourquoi a-t-il démissionné si rapidement?  &#8230; <a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/2012/03/04/2-charles-dickens-dix-sept-jours-a-la-tete-du-daily-news/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le très bref passage de Charles Dickens à la rédaction en chef du Daily News —dix-sept jours— est pour beaucoup un mystère. Qu&#8217;allait faire celui qui était alors un auteur reconnu dans cette galère et pourquoi a-t-il démissionné si rapidement? </strong></p>
<p>Charles Dickens va mener toute sa vie une double carrière de romancier et d&#8217;homme de presse, le tout étant étroitement mêlé à sa vie personnelle. Par exemple il va se marier en 1836 avec Catherine [Kate] Hogarth, la fille de George Hogarth le rédacteur en chef de <em>The Evening Chronicle </em>[<em>voir <a title="#1 Charles Dickens, le reporter sténographe" href="http://www.themediatrend.com/wordpress/2012/02/19/1-charles-dickens-le-reporter-stenographe/" target="_blank">#1Charles Dickens: le reporter sténographe</a></em>]. Ce dernier lui avait proposé deux années auparavant son premier salaire fixe, pour publier dans <em>The Evening</em>, ses <em>sketches</em>, repris en recueil plus tard sous le nom d&#8217;<em>Esquisses de Boz, Boz </em>étant le nom de plume adopté alors par Dickens. <em>Les aventures de Mr Pickwick</em>, son deuxième &laquo;&nbsp;roman&nbsp;&raquo;  sera aussi publié sous forme de feuilleton mensuel dans la presse.</p>
<p>Mais très rapidement, bénéficiant de son succès de romancier [Pickwick <em>est un immense succè</em>s], Charles Dickens se voit offrir de nouvelles opportunités de travail. En 1836, il démissionne de son poste de reporter au <em>Morning Chronicle</em> (il n&#8217;y sera resté que 2 ans). Alors qu&#8217;elle perd l&#8217;une de ses meilleures plumes, sa démission facilement acceptée semble-t-il par la direction du journal, en l&#8217;occurrence, <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Sir_John_Easthope,_1st_Baronet" target="_blank">John Easthope</a>, qui vient [<em>en 1834</em>] de racheter le journal pour la somme considérable pour l&#8217;époque de 16.500 £. Mais Charles Dickens conçoit immédiatement de l&#8217;amertume dans le simple fait qu&#8217;on ne lui reconnaisse pas ses mérites. Cela provoquera chez lui ce que Rosemarie Bodenheimer qualifie &laquo;&nbsp;d&#8217;explosion de colère&nbsp;&raquo; qui se traduira dans une lettre cinglante:</p>
<blockquote><p>À de nombreuses reprises j&#8217;ai sacrifié ma santé, mon repos et mon confort personnel, pour, sur des questions importantes, marquer par mon zèle mon intérêt pour le journal, faisant ce qui auparavant avait toujours été considéré comme impossible, et ce qui ne sera, très probablement à l&#8217;avenir, jamais accompli de nouveau. Pendant toute la période de mon engagement où il y avait une tâche difficile et harassante à accomplir —voyager, avec un préavis de quelques heures des centaines de miles dans le cœur de l&#8217;hiver— quittant les chambres chaudes et encombrées pour écrire, pour se jeter dans la nuit dans un carriole inondée — (…) rédigeant des discours parmi les plus importants dans toutes les circonstances possibles et imaginables— c&#8217;est pour ce travail [<em>Dickens emploie "duty", "devoir"</em>] que j&#8217;ai été sélectionné. (2)<span id="more-5751"></span></p></blockquote>
<p>Mais, il ne tourna pas la page de la presse, car immédiatement —il a alors 25 ans—, il accepte la rédaction en chef [<em>editor</em>] d&#8217;une nouvelle revue littéraire <em>Bentley&#8217;s Miscellany. </em>La revue sera ouverte aux auteurs débutants comme Dickens l&#8217;explique<em> :</em></p>
<blockquote><p>Ces pages <em>[de la revue</em>] ne seront pas fermées à ceux qui, possédant un réel talent et un mérite susceptible d&#8217;être récompensé, ont encore un nom à gagner. Nous avons toute confiance dans le fait, que ce périodique, sera peut-être [<em>l'occasion</em>] de faire connaître auprès du grand public des auteurs qui méritent sa reconnaissance mais qui, pour le moment, demeurent quasi-inconnus.</p></blockquote>
<p><strong>&laquo;&nbsp;Dickens fait passer le souci de la souffrance individuelle avant les grandes théories générales&nbsp;&raquo;</strong></p>
<p>Cette revue de 80 à 100 pages par livraison,  dans laquelle il signe les billets d&#8217;introduction de son pseudonyme Boz, sera abondamment illustrée. C&#8217;est à cette occasion que Charles Dickens va travailler avec le dessinateur <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Isaac_Cruikshank" target="_blank">Isaac Cruikshank</a> pour son —déjà— troisième roman <em>Oliver Twist</em>. Une œuvre engagée, en ce sens, explique Jean-Pierre Ohl, que ce <em>radical sentimental</em> &nbsp;&raquo;fait passer le souci de la souffrance individuelle avant les grandes théories générales, la charité et la sympathie instinctive avant la rationalisation des problèmes sociaux&nbsp;&raquo; (1).</p>
<p>Oliver Twist est en effet un enfant victime [<em>collatérale dirait-on aujourd'hui</em>]de la <em>Poor Law</em>, une loi pourtant progressiste, votée en 1834 [<em>elle sera abrogée en 1847</em>] qui faisait obligation à chaque municipalité de créer une <em>workhouse</em> [hospice]. Las, les conditions de vie à l&#8217;intérieur de ces <em>workhouses</em> sont épouvantables. Cela sera résumé en un dessin de Cruikshaw et une scène racontée par Dickens, où l&#8217;on voit Oliver Twist fraîchement arrivé dans l&#8217;orphelinat se lever, après avoir mangé sa maigre ration, pour demander &laquo;&nbsp;plus&nbsp;&raquo;</p>
<p><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2012/02/Capture-d’écran-2012-02-26-à-10.40.38.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-5759" title="Oliver Twist, dessin de Cruikshank" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2012/02/Capture-d’écran-2012-02-26-à-10.40.38.png" alt="Oliver Twist, dessin de Cruikshank" width="398" height="491" /></a></p>
<p>Une scène dont voici le début du dialogue:</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Quoi? fit enfin le surveillant d&#8217;une voix faible<br />
— S&#8217;il vous plaît, répéta Oliver, j&#8217;en voudrais encore&nbsp;&raquo;<br />
Le surveillant allongea un coup de sa louche sur la tête de l&#8217;enfant et enserra celui-ci dans ses bras en hurlant pour appeler le bedeau.</p></blockquote>
<p>Très rapidement, les relations entre Dickens et le propriétaire du journal, Bentley, vont se dégrader. À l&#8217;origine du différent, un contrat d&#8217;édition. Dickens s&#8217;est engagé avec Bentley pour deux livres à venir, et tout naturellement, il estime qu&#8217;Oliver Twist est l&#8217;un de ces ouvrages. Bentley ne l&#8217;entend pas de cette oreille. Pour lui, explique Jean-Pierre Ohl, &laquo;&nbsp;Oliver Twist n&#8217;est rien d&#8217;autre que la contribution mensuelle de Dickens au <em>Bentley&#8217;s Miscellany</em>, pour laquelle l&#8217;auteur reçoit déjà un salaire&nbsp;&raquo; (3). Le combat durera deux ans et Dickens en sortira vainqueur, non sans avoir traité élégamment son adversaire de &laquo;&nbsp;<em>Burlington Street Brigand</em>&laquo;&nbsp;, du nom de la rue londonienne où ce dernier avait établi sa maison d&#8217;édition.</p>
<p><strong>100.000 livres seront investies dans le Daily News</strong></p>
<p>Quelques années plus tard, Charles Dickens va se lancer dans une autre aventure autrement ambitieuse avec<em> The Daily News</em>. À l&#8217;origine du projet, Charles Dickens. Il s&#8217;est vu proposer par le directeur du <em>Morning Chronicle</em> de (re)devenir un contributeur régulier du journal. Il est loin d&#8217;être enthousiaste et décide de parler de cette offre à un ami proche John Forster ainsi qu&#8217;à ses deux imprimeurs William Bradbury et Frederic M. Evans, qui étaient aussi les propriétaires du magazine satirique <em>Punch. </em>Ils vont décider, avec le support financier de Joseph Paxton, qui est entre autres [<em>il est aussi botaniste</em>]  le directeur général d&#8217;une compagnie de chemin de fer, les Midland Railways, et qui dessinera plus tard les plans du Crystal Palace,construit à l&#8217;occasion de l&#8217;exposition de Londres de 1851, de lancer un quotidien qui sera le concurrent direct du… <em>Morning Chronicle.</em></p>
<p><em></em>L&#8217;affaire est d&#8217;importance. Monter un quotidien à cette époque cela signifie embaucher une douzaine de reporters parlementaires, environ six &laquo;&nbsp;<em>law reporters</em>&nbsp;&raquo; [<em>faits divers et compte-rendus de procès</em>], un correspondant dans chacune des grandes capitales européennes, des journalistes connus, des correspondants provinciaux sans compter les pigistes, baptisés &laquo;&nbsp;<em>penny-a-liner</em>&laquo;&nbsp;. On estime alors le coût hebdomadaire d&#8217;une rédaction à environ 320 £ par semaine, sans compter les coûts de l &#8216;atelier de fabrication (typographie, etc.) qui se montent à environ 200 £ par semaine, sommes auxquelles il faut encore ajouter l&#8217;impression et la distribution. Bref, créer un quotidien en 1856 exige des capitaux. Ce non ce sont pas moins de 100.000£ qui vont être investis dans ce projet dans un premier temps [<em>à comparer au coût du rachat d'un journal établi comme le </em>Morning Chronicle,<em> quelques années plus tôt</em>].</p>
<p>Dickens qui est donc à l&#8217;origine du projet en devient le rédacteur en chef le 3 novembre 1845, au salaire confortable de 2.000£ l&#8217;année [<em>un reporter confirmé gagnait alors 7£ par semaine, soit environ 340£ à l'année</em>] (5). Le projet était déjà bien avancé et une équipe déjà en place. Il se met au travail, dès que l&#8217;assise financière du journal est assurée (aux alentours du 17-18 novembre) et s&#8217;efforce alors de rassembler la meilleure équipe rédactionnelle possible, en particulier les sept éditorialistes qui abrités derrière un &laquo;&nbsp;<em>We</em>&nbsp;&raquo; de majesté vont alimenter à tour de rôle les colonnes du journal. Il noue aussi un accord sur la collecte de l&#8217;information avec un autre quotidien londonien le <em>Morning Herald.</em> Le  travail est intense. Le 1er décembre 1945 , il écrit à Joseph Paxton pour se plaindre qu&#8217;il est &laquo;&nbsp;désormais régulièrement surchargé [<em>de travail</em>]&laquo;&nbsp;. (6)</p>
<div id="attachment_5647" class="wp-caption aligncenter" style="width: 468px"><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2012/02/Dailynews-cover.jpeg"><img class="size-full wp-image-5647" title="The Daily News une" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2012/02/Dailynews-cover.jpeg" alt="The Daily News une" width="458" height="599" /></a><p class="wp-caption-text">La une de The Daily News</p></div>
<p>Le 21 janvier 1846, le premier numéro —huit pages— est publié. Charles Dickens a écrit l&#8217;article de tête, le &laquo;&nbsp;prospectus&nbsp;&raquo;, pour reprendre le langage de l&#8217;époque. Il y définit la politique éditoriale qu&#8217;entend suivre le journal:</p>
<blockquote><p> Les principes préconisés par <em>The Daily News</em> seront des principes de progrès et d&#8217;avancement; ils porteront sur l&#8217;éducation, les libertés civiles et religieuses, sur des lois d&#8217;égalité ; les initiateurs de ces principes pensent qu&#8217;ils sont nécessaires en raison de l&#8217;esprit du temps avancé que nous connaissons, parce que le pays le demande, et que la justice, la raison et l&#8217;expérience sanctionne tout cela légitimement. (7)</p></blockquote>
<p>Ce premier numéro contient aussi sous la première des &laquo;&nbsp;lettres&nbsp;&raquo; qui constituera plus tard le recueil <em>Images d&#8217;Italie</em>. Mais ce premier numéro du <em>Daily News</em> est sorti &laquo;&nbsp;par miracle&nbsp;&raquo;, tant les ouvriers imprimeurs avaient accumulés les bévues. Cela conduit Dickens dès le deuxième numéro à s&#8217;investir encore plus entièrement et à superviser, outre la rédaction qu&#8217;il tenait d&#8217;une main de fer, également la fabrication. Il aura encore le temps de lancer durant son court règne, un supplément thématique.</p>
<p><strong>Dickens ne supportait pas l&#8217;interventionnisme d&#8217;un des actionnaires</strong></p>
<p>Court règne, car 17 jours après le lancement du journal, Charles Dickens va démissionner, sans donner publiquement les raisons de son départ, ouvrant le champ à toutes les conjectures, comme l&#8217;écrit Jean-Pierre Ohl:</p>
<blockquote><p>Les liens du journal avec le lobby industriel lui ont-ils pesé? Ou bien le principe de réalité l&#8217;a-t-il simplement rattrapé, et avec lui la nécessité vitale d&#8217;écrire? (8)</p></blockquote>
<p>La réalité est toute autre. En fait, Charles Dickens ne supporte pas l&#8217;interventionnisme de ses imprimeurs, en particulier de William Bradbury. Il va s&#8217;en faire écho dans une lettre qu&#8217;il adressera le 26 février —après sa démission— à Evans, le &laquo;&nbsp;partenaire&nbsp;&raquo; de Bradbury, avec lequel il ne veut plus s&#8217;entretenir car explique-t-il:</p>
<blockquote><p>Je considère que son interposition entre moi et pratiquement toutes mes actions à la [<em>tête de la</em>] rédaction du journal était irrespectueux à mon encontre et préjudiciable à l&#8217;entreprise.</p></blockquote>
<p>Bref, Dickens se sent les mains liés et ne se sent pas respecté, alors qu&#8217;il est un auteur, mais aussi un journaliste connu et reconnu, et pour ajouter une goutte d&#8217;eau dans un verre déjà bien plein, Bradbury maltraite aussi son père, John Dickens [<em>lui-même journaliste sténographe</em>], qui fait partie de l&#8217;équipe rédactionnelle. (9)</p>
<p>Mais un autre facteur a sans doute joué dans le départ de Dickens: la très mauvaise gestion du journal provoquée en particulier sur les dissensions entre les actionnaires. Pour lui, cela ne peut que provoquer la &laquo;&nbsp;ruine&nbsp;&raquo; du journal [<em>100.000£ devront être réinvesties dans les années suivantes, avant que le journal ne devienne un succès</em>].</p>
<p>Ce sont tous ces facteurs [<em>sans doute aussi le fait que le journal est mal imprimé</em>] qui vont le conduire à abandonner la direction du <em>Daily News</em>. Il gardera durant quelques mois des liens assez étroits avec la rédaction, en particulier parce que son successeur, John Forster est un ami très proche, et parce que ses <em>Images d&#8217;Italie</em>, continueront d&#8217;être publiées en feuilleton dans le journal. Dans la préface du recueil de ces &laquo;&nbsp;lettres&nbsp;&raquo;  publié à la mi-mai 1846 par ses éditeurs… Bradbury et Evans, il s&#8217;avoue soulagé:</p>
<blockquote><p>Je n&#8217;ai aucune hésitation à avouer que, [<em>après avoir été</em>] absorbé à corriger une brève erreur faite il y a peu, qui a troublé la relation qui existait entre moi et mes lecteurs, et qui m&#8217;a fait abandonner un moment de mes anciennes occupations, je suis près de les reprendre avec joie, en Suisse (…) où je pourrai travailler sur les thèmes que j&#8217;ai dans mon esprit, sans interruption… (10)</p></blockquote>
<p>Cette brève aventure à la tête d&#8217;un journal ne va pas décourager Dickens, comme pourrait le faire croire cette préface. Quelques années plus tard, une 1850, il lancera <em>Household Words</em>, qui deviendra en 1859 <em>All the Year Round</em>, journal qu&#8217;il dirigera jusqu&#8217;à sa mort.</p>
<p><strong style="text-align: left;">Notes</strong></p>
<ol>
<li>Jean-Pierre Ohl, <em>Charles Dickens</em>, Paris, Gallimard, Folio, 2011, p. 81.</li>
<li>Rosemarie Bodenheimer, <em>Knowing Dickens</em>, New York, Cornell University Press, 2007, p. 25.</li>
<li><em>opus</em> cité, p. 78.</li>
<li><em>Newspaper History</em>, sous la direction de George Boyce, James Curran et Pauline Wingate, Londres, Constable, 1978, p.109.</li>
<li><em>ibid,</em> p. 109.</li>
<li><em>Charles Dickens and the </em>Daily News<em> : Editorials and Editorial Writers</em>, par David Roberts, Victorian Periodicals Review, Vol. 22, Numéro 2, été 1989 [<em><a href="http://www.jstor.org/pss/20082378" target="_blank">consultable ici</a>, sur inscription</em>]</li>
<li>James Grant, <em>The Newspaper Press</em>, vol. 2, Londres, Tinsley Brothers, 1871, pp. 82-83.</li>
<li><em>opus</em> cité, p. 151.</li>
<li><em>Dickens and the &laquo;&nbsp;Daily News&nbsp;&raquo; resignation</em>, par Gerald G. Grubb, University of California Press, Nineteenth Century Fiction, Vol. 7, Numéro 1, juin 1952, pp. 19-38. [<a href="http://www.jstor.org/pss/3044134" target="_blank">lien ici</a>, accès payant]</li>
<li><em>ibid</em>, p. 30.</li>
</ol>
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		</item>
		<item>
		<title>&#171;&#160;Les conflits gelés&#160;&#187;, par Laurent Hazgui</title>
		<link>http://www.themediatrend.com/wordpress/2012/02/27/les-conflits-geles-par-laurent-hazgui/</link>
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		<pubDate>Mon, 27 Feb 2012 08:14:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gaelle Gauducheau</dc:creator>
				<category><![CDATA[journalisme visuel]]></category>
		<category><![CDATA[Laurent Hazgui]]></category>
		<category><![CDATA[photojournalisme]]></category>

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		<description><![CDATA[En 2008, Laurent Hazgui  se rend en Ossétie du sud. Dans les gravats du parlement, il découvre une énorme statue brisée de Lénine. Basé sur une approche documentaire, Laurent prend son temps, teste différents cadrages  pour arriver à nous montrer la &#8230; <a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/2012/02/27/les-conflits-geles-par-laurent-hazgui/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En 2008, Laurent Hazgui  se rend en Ossétie du sud. Dans les gravats du parlement, il découvre une énorme statue brisée de Lénine.<br />
Basé sur une approche documentaire, Laurent prend son temps, teste différents cadrages  pour arriver à nous montrer la symbolique de sa photo.</p>
<p>Laurent Hatzgui tient <a href="http://www.laurenthazgui.com/" target="_blank">un blog</a> qui reprend une grande part de son travail.</p>
<p><iframe src="http://www.youtube.com/embed/CEcLTf0NydE" frameborder="0" width="500" height="284"></iframe></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Pigistes, c&#8217;est mieux au pluriel</title>
		<link>http://www.themediatrend.com/wordpress/2012/02/23/pigistes-cest-mieux-au-pluriel/</link>
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		<pubDate>Thu, 23 Feb 2012 12:06:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sophia Aït Kaci</dc:creator>
				<category><![CDATA[journalisme état des lieux]]></category>
		<category><![CDATA[collectifs pigistes]]></category>
		<category><![CDATA[photojournalisme]]></category>
		<category><![CDATA[pigistes]]></category>

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		<description><![CDATA[“Journalistes précaires de toutes les régions, unissez-vous !” Depuis quelques années, les journalistes pigistes sont de plus en plus nombreux à se rassembler au sein de collectifs à Paris, Lyon, Rennes et ailleurs. Certains ont des noms explicites —La Rédac &#8230; <a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/2012/02/23/pigistes-cest-mieux-au-pluriel/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>“Journalistes précaires de toutes les régions, unissez-vous !” Depuis quelques années, les journalistes pigistes sont de plus en plus nombreux à se rassembler au sein de collectifs à Paris, Lyon, Rennes et ailleurs. Certains ont des noms explicites —<em>La Rédac Nomade, Lyon Piges—</em>, d’autres plus imagés —<em>Les incorrigibles, Argos, Objectif Plume</em>. Du simple partage d’un espace de travail à la réalisation de sujets en commun en passant par l’échange de contacts, la formule est à géométrie variable. Une chose demeure: la volonté de se regrouper.</strong></p>
<ul>
<li><em>Sophia Aït Kaci  est pour quelques semaines encore en formation </em>Journalisme Multimédia<em> à l&#8217;</em>Emi-Cfd<em>. Au cours de cette formation, elle a enquêté sur les collectifs de pigistes, interviewant plusieurs de leurs acteurs. C&#8217;est cette enquête qui est publiée ici [les vidéos ont été réalisées avec une autre stagiaire, Caroline Chabir]</em>.</li>
</ul>
<p>Ils sont <em>Incorrigibles</em>. Créé il y a une dizaine d&#8217;années, ce collectif compte une vingtaine de membres. Il regroupe plutôt des journalistes avec de l&#8217;expérience; plutôt spécialisés dans le secteur des ressources humaines, mais pas que. <em>Les Incorrigibles</em> sont une association. Chaque adhérent participe aux frais de fonctionnement: 200€ par mois chacun pour le loyer. Les locaux sont à Montreuil; sous-loués à un autre collectif, mais de photographes, <em>Tendance-Floue</em>. Sur le papier, les liens entre adhérents se limitent donc à une colocation de bureau. Mais pas que.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Ces espaces offrent (&#8230;) à leurs membres de nouvelles perspectives d’interactions entre pigistes, de même que la naissance d’un réseau de solidarité considérable”, explique Faïza Naït-Bouda, chercheure en Sciences de l&#8217;information et de la communication. Plusieurs membres des <em>Incorrigibles</em> le disent à leur manière dans cette vidéo tournée dans leurs locaux:</p>
<p><iframe src="http://player.vimeo.com/video/35876835?title=0&amp;byline=0&amp;portrait=0" frameborder="0" width="500" height="281"></iframe></p>
<p><a href="http://vimeo.com/35876835">Les Incorrigibles</a> from <a href="http://vimeo.com/user6928224">Sophia A</a> on <a href="http://vimeo.com">Vimeo</a>.</p>
<p>Au delà de l&#8217;engouement médiatique autour des collectifs de pigistes, quelle est l&#8217;ampleur du phénomène? &laquo;&nbsp;Impossible de donner un chiffre&nbsp;&raquo;, selon Faïza Naït-Bouda. Entre les co-locataires qui partagent des bureaux et les pauses-café qui vont avec, les associations qui proposent des sujets à quatre mains aux rédactions, les sociétés par actions simplifiées qui font presque de la concurrence aux agences de presse et les anciens camarades d&#8217;école de journalisme qui se retrouvent une fois par mois autour d&#8217;une bière, la bannière &laquo;&nbsp;collectif de pigiste&nbsp;&raquo; rassemble une faune plutôt hétéroclite. Et pour compliquer le tout, le regroupement peut-être virtuel.<span id="more-5736"></span></p>
<p>Autre collectif parisien que <em>les Incorrigibles</em>, autre approche. Le collectif <em>Argos</em> existe depuis dix ans. Cédric Faimali l&#8217;a créé en 2001 avec  Hélène David et Guillaume Collanges, deux autres photojournalistes. Si chaque membre a ses commandes et ses travaux personnels, le groupe se retrouve sur le long terme autour de quelques projets. L&#8217;idée de créer un collectif  mûrissait depuis 1993. Cédric Faimali était alors photographe d&#8217;actualité. Il s&#8217;est souvent retrouvé avec &laquo;&nbsp;pleins de jeunes photographes à couvrir la même manifestation&nbsp;&raquo;. Il pense à les fédérer  “plutôt que de se battre pour vendre au<em> Parisien </em>une photo 200 francs [<em>30 euros</em>]”. <em>Argos</em> nait ainsi en 2001, s’inspirant des collectifs de photographes qui existent depuis une vingtaine d&#8217;années comme <em><a href="http://www.tendancefloue.net/" target="_blank">Tendance floue</a></em> ou <em><a href="http://www.bar-floreal.fr/" target="_blank">Le bar Floréal</a>, </em>mais comme Cédric Faimali l&#8217;explique dans la vidéo ci-dessous, ce collectif à la particularité de regrouper d&#8217;emblée des photographes et des rédacteurs:</p>
<p><iframe src="http://player.vimeo.com/video/35206227?title=0&amp;byline=0&amp;portrait=0" frameborder="0" width="500" height="281"></iframe></p>
<p><a href="http://vimeo.com/35206227">Le collectif Argos</a> from <a href="http://vimeo.com/user6928224">Sophia A</a> on <a href="http://vimeo.com">Vimeo</a>.</p>
<p>Quand on dit &laquo;&nbsp;pigiste&nbsp;&raquo;, on pense souvent précarité, solitude, faibles revenus. Cette impression est confirmée par les chiffres de la commission de la Carte d’Identité des Journalistes (CCIJP). Selon une étude de l&#8217;<em>Observatoire des métiers de la Presse</em> (1), basée sur les statistiques de la CCIJP, &laquo;&nbsp;en euros constants, le montant brut mensuel moyen des piges a diminué de 2000 à 2008, passant de 2.200,94 à 2.059,25 euros&nbsp;&raquo;. Pas de quoi faire rêver. Dès 1998, le sociologue Alain Accardo alertait sur “la nouvelle prolétarisation” des journalistes que l&#8217;on désigne “sous l’appellation de “pigistes” (2).</p>
<p>Taïna Tervonen des <em>Incorrigibles</em> est plus optimiste. Elle préfère insister sur le statut d&#8217;indépendant des pigistes. Plus qu’un statut, elle explique qu&#8217;il s’agit d’une &laquo;&nbsp;façon de concevoir le métier de journaliste et de l&#8217;exercer&nbsp;&raquo;. La différence avec les rédacteurs &laquo;&nbsp;en poste&nbsp;&raquo; est évidente pour Cédric Faimali. Selon lui, il faut être &laquo;&nbsp;plus réactif, plus créatif&nbsp;&raquo; et se comporter &laquo;&nbsp;comme un véritable entrepreneur&nbsp;&raquo;. Cela signifie jouer tour à tour le rôle de commercial, comptable et&#8230; photographe à l&#8217;occasion. Le mythe du photojournaliste parcourant le monde en permanence est bien écorné dans cette autre vidéo:</p>
<p><iframe src="http://player.vimeo.com/video/36682888?title=0&amp;byline=0&amp;portrait=0" frameborder="0" width="500" height="281"></iframe></p>
<p><a href="http://vimeo.com/36682888">&laquo;&nbsp;Photojournaliste, c&#8217;est à peine 10% de temps sur le terrain&nbsp;&raquo;</a> from <a href="http://vimeo.com/user6928224">Sophia A</a> on <a href="http://vimeo.com">Vimeo</a>.</p>
<p>Sans se dire militant, Julien Vitry des <em>Incorrigibles</em> revendique le fait de “défendre le statut de pigistes”. Le <a href="http://incorrigibles.wordpress.com/" target="_blank">blog</a> des <em>Incorrigibles</em> traite de sujets spécifiques comme: Comment déclarer ses impôts, Combien vaut une photo? Etc. Animation d&#8217;un blog, participation aux Assises du journalisme ou encore intervention dans des écoles sont des actions qu&#8217;il est plus facile de mener à plusieurs. Les collectifs favorisent naturellement les échanges et la réflexion sur la pratique du métier. C&#8217;est aussi un moyen d&#8217;agir plutôt que de subir.</p>
<p>“Alors qu’il est devenu courant de procéder au raccourci «pigiste = précaire» (&#8230;) force est de constater que les discours des concernés sont davantage tournés vers l’action” remarque Faïza Naït-Bouda. Le collectif <em>Argos</em> en livre un exemple concret au travers de ses travaux collectifs. “Les réfugiés climatiques”, &laquo;&nbsp;Qui sème l&#8217;espoir&nbsp;&raquo;, ou tout récemment &laquo;&nbsp;Gueule d&#8217;hexagone&nbsp;&raquo; sont les aventures qui rassemblent le groupe.</p>
<p><iframe src="http://player.vimeo.com/video/35876025?title=0&amp;byline=0&amp;portrait=0" frameborder="0" width="500" height="281"></iframe></p>
<p><a href="http://vimeo.com/35876025">Argos la joue collectif</a> from <a href="http://vimeo.com/user6928224">Sophia A</a> on <a href="http://vimeo.com">Vimeo</a>.</p>
<p>Plus informel, les échanges de contacts au sein des <em>Incorrigibles</em> illustrent la force du groupe:</p>
<p><iframe src="http://player.vimeo.com/video/35187936?title=0&amp;byline=0&amp;portrait=0" frameborder="0" width="500" height="281"></iframe></p>
<p><a href="http://vimeo.com/35187936">Les Incorrigibles &#8211; L&#8217;efficacité des échanges informels</a> from <a href="http://vimeo.com/user6928224">Sophia A</a> on <a href="http://vimeo.com">Vimeo</a>.</p>
<p>Rompre l&#8217;isolement, accélérer la mise en relation et créer de la solidarité entre pigistes, c&#8217;est déjà pas mal. Mais les collectifs ont une autre utilité pour Faïza Nait-Bouda. Et de taille. C&#8217;est le transfert de toutes les compétences &laquo;&nbsp;que l&#8217;on n&#8217;apprend pas à l&#8217;école&nbsp;&raquo;. Elle écrit:</p>
<blockquote><p>Des para-compétences sont ainsi relevées (&#8230;) allant de la proposition d’un synopsis aux entreprises de presse jusqu’à la publication effective de l’article, en passant par le repérage du titre susceptible d’y intégrer la pige soumise, ou encore la création d’un <em>press book</em>. (…) Des para-compétences de nature entrepreneuriale (prospection, gestion et comptabilité, droit du travail, etc.) intègrent également cet apprentissage.”</p></blockquote>
<p>Si cet apprentissage ne se fait pas à l&#8217;école, selon la chercheuse, c&#8217;est que &laquo;&nbsp;ce n&#8217;est pas le modèle de journalisme qu[e les écoles] ont envie de vanter&nbsp;&raquo;. Thierry Butzbach confirme que &laquo;&nbsp;la pige, ça fait peur aux gens&nbsp;&raquo;. Président de l&#8217;association <em><a href="http://pigiste.org/" target="_blank">Profession pigiste</a></em>, il organise des modules de formation sur la pige à l&#8217;ESJ-Lille notamment. Depuis cinq ans, il sent que les écoles sont réceptives à la nécessité de former les élèves.</p>
<p>Eric Nahon, responsable pédagogique de la première année d&#8217;études à l&#8217;<em>Institut Pratique de Journalisme</em> (<a href="http://www.ipj.eu/" target="_blank">IPJ</a>) avance une autre raison: &laquo;&nbsp;Les programmes ne changent qu&#8217;une fois par an et ils sont déposés auprès du Rectorat&nbsp;&raquo;, explique-t-il. Cela limite la réactivité.À l&#8217;IPJ, si la pige ne fait pas (encore?) l&#8217;objet d&#8217;un cours dédié, elle s&#8217;est invitée petit à petit dans quelques modules: Comment rédiger un synopsis pour une enquête, Comment obtenir sa carte de presse, etc&#8230;</p>
<p>Diplômés ou non, les jeunes journalistes hors rédaction se retrouvent démunis pour mener leur &laquo;&nbsp;petite entreprise&nbsp;&raquo;. Dans les collectifs, ce manque est palié par &laquo;&nbsp;une forme de compagnonnage&nbsp;&raquo;, comme dans les metiers d&#8217;artisanat, analyse Faïza Naït-Bouda. Les pigistes les plus expérimentés ou les plus militants prennent les novices sous leur aile. Elle tempère toutefois:</p>
<blockquote><p>Le monde de la pige est un monde concurrentiel avant tout. Le collectif n&#8217;élimine pas la concurrence. Il l&#8217;atténue. Au sein d&#8217;un collectif, on cherche à reproduire une rédaction idéale. Les membres sont solidaires parce qu&#8217;ils se voient tous les jours.</p></blockquote>
<p>Pas un remède miracle donc, le collectif est une formule qui convient aux journalistes ayant fait le choix de la pige. Et même si ce n&#8217;est pas le cas, comme le dit Isabelle Maradant des <em>Incorrigibles</em>: &laquo;&nbsp;Que la pige soit choisie ou subie, on a tout intérêt à ne pas rester seul.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Les principaux collectifs de pigistes</p>
<p>Impossible à quantifier, donc. Chiche ? Nous avons comptabilisé quinze collectifs. Ami(e)s pigistes, n&#8217;hésitez pas à compléter cette liste :</p>
<ul>
<li><a href="http://www.collectifargos.com/" target="_blank">Argos</a>, <a href="http://incorrigibles.wordpress.com/" target="_blank">Les Incorrigibles,</a> <a href="http://www.leterrier.info/" target="_blank">Le Terrier d’Hégésippe</a>, <a href="http://youpress.fr" target="_blank">Youpress</a>, <a href="http://www.press-on.fr/" target="_blank">PressOn,</a> Piges Academy, <a href="http://medialambda.wordpress.com/" target="_blank">Rue Bleue</a>  à Paris</li>
<li><a href="http://lyonpiges.fr" target="_blank">LyonPiges</a> à Lyon</li>
<li>Au dessus de la rumeur à Lille</li>
<li><a href="http://www.presse-papiers.org" target="_blank">Presse-papier</a> à Aix</li>
<li><a href="http://www.objectif-plume.fr" target="_blank">Objectif Plume</a>, <a href="http://www.viewscollectif.com" target="_blank">Views.co</a> à Rennes</li>
<li><a href="http://www.cestlest.com" target="_blank">C&#8217;est l&#8217;est</a> à Metz</li>
<li><a href="http://passeportpourlinfo.com" target="_blank">Passeport pour l&#8217;info</a> et <a href="http://laredacnomade.over-blog.com/" target="_blank">La Rédac Nomade</a> sur le web</li>
</ul>
<p>Sans oublier l&#8217;atelier <em>Pigistes tenter le collectif</em> qui s&#8217;est tenu aux <a href="http://www.journalisme.com/content/blogcategory/127/325/">Assises du journalisme 2011</a>, au cours duquel toutes ces questions ont été évoquées par des représentants des principaux collectifs.</p>
<h3>Notes</h3>
<ol>
<li><a href="https://docs.google.com/viewer?url=http%3A%2F%2Fmetiers-presse.org%2Fpdf%2F1301477075.pdf" target="_blank"><em>Photographie de la profession des journaliste</em>s</a> entre 2000 et 2008, Observatoire des métiers de la presse [.<em>pdf</em>]</li>
<li><em><a href="http://atheles.org/agone/elements/journalistesprecairesjournalistesauquotidien/index.html" target="_blank">Journalistes précaires, journalistes au quotidien</a></em>, Alain Accardo, Gilles Balbastre et al., Agone, 2007.</li>
<li><em><a href="https://docs.google.com/viewer?url=http%3A%2F%2Fwww.cahiersdujournalisme.net%2Fcdj%2Fpdf%2F21%2F05_NAIT-BOUDA.pdf" target="_blank">Le « pigisme » en apprentissage</a>: les collectifs de pigistes comme lieux d’apprentissage d’une identité para-journalistique</em>, par Faïza Naït-Bouda, in <em>Cahiers du Journalisme</em>, n° 21, automne 2010 [<em>.pdf</em>]</li>
</ol>
]]></content:encoded>
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		<title>#1 Charles Dickens, le reporter sténographe</title>
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		<pubDate>Sun, 19 Feb 2012 12:17:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Mentre</dc:creator>
				<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Charles Dickens]]></category>
		<category><![CDATA[Grande-Bretagne]]></category>
		<category><![CDATA[reporter]]></category>

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		<description><![CDATA[Le journalisme a toujours accompagné Charles Dickens, dont les Britanniques viennent de fêter le 200e anniversaire de naissance. Il a débuté comme sténographe au Parlement britannique, avant de devenir un reporter au sens plein du terme. Mais ses succès littéraires &#8230; <a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/2012/02/19/1-charles-dickens-le-reporter-stenographe/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le journalisme a toujours accompagné Charles Dickens, dont les Britanniques viennent de fêter le 200e anniversaire de naissance. Il a débuté comme sténographe au Parlement britannique, avant de devenir un reporter au sens plein du terme. Mais ses succès littéraires ne lui feront jamais oublier la presse, puisqu&#8217;il participera dans la seconde moitié de sa vie à plusieurs lancements de journaux.</strong></p>
<div id="attachment_5675" class="wp-caption alignleft" style="width: 160px"><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2012/02/imgres.jpeg"><img class="size-thumbnail wp-image-5675" title="Charles Dickens jeune" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2012/02/imgres-150x150.jpg" alt="Charles Dickens jeune" width="150" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">Ce dessin représente Charles Dickens, jeune, et correspond à sa période de journaliste sténographe</p></div>
<p>Lorsqu&#8217;il entre dans la profession, celle-ci subit une mutation importante; les <em>longhand reporters, </em>qui travaillaient essentiellement &laquo;&nbsp;de mémoire&nbsp;&raquo; disparaissent pour laisser la place à de jeunes <em>shorthand reporters</em>, c&#8217;est-à-dire des journalistes sténographes. Une transformation à ce point essentielle, que maîtriser la sténo sera considérée comme une compétence professionnelle indispensable comme l&#8217;écrira John Pedleton un peu plus tard:</p>
<blockquote><p>Connaître la sténo, être capable de l&#8217;écrire et de la transcrire est, par quelque côté que l&#8217;on prenne la question, la seule compétence indispensable pour être un reporter compétent ; c&#8217;est en fait la base sur laquelle un reporter peut construire sa réputation (1).</p></blockquote>
<p>Charles Dickens ne dira pas autre chose, en 1865, lors d&#8217;un discours au dîner annuel du <em>Newspaper Press Fund</em>:</p>
<blockquote><p>J&#8217;ai souvent retranscrit pour l&#8217;imprimeur, à partir de mes notes en sténo, d&#8217;importants discours publics pour lesquels la plus extrême précision était exigée; la moindre erreur aurait été pour un débutant extrêmement compromettante (2)</p></blockquote>
<p>Il n&#8217;y alors pas d&#8217;enregistreur, qu&#8217;il soit analogique ou numérique, la prise de notes est le seul instrument fiable pour rendre compte. Charles Dickens, suivant l&#8217;exemple de son père John, a appris la méthode Gurney [<em>un exemple de prise de notes ci-dessous</em>]</p>
<div id="attachment_5635" class="wp-caption aligncenter" style="width: 495px"><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2012/02/Capture-d’écran-2012-02-11-à-14.53.52.png"><img class="size-full wp-image-5635" title="Exemple de prise de notes en sténographie selon la méthode Gurney" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2012/02/Capture-d’écran-2012-02-11-à-14.53.52.png" alt="Exemple de prise de notes en sténographie selon la méthode Gurney" width="485" height="317" /></a><p class="wp-caption-text">CC Flamenco 108</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-5629"></span>L&#8217;apprentissage — en autodidacte— du être rude si l&#8217;on en croit ce passage de son roman autobiographique, David Copperfield, où son héros raconte ses premier pas en sténographie:</p>
<blockquote><p>Je n&#8217;ai pas laissé ma résolution, à l&#8217;égard des débats parlementaires, se refroidir. C&#8217;était l&#8217;un des fers que j&#8217;avais conservé brûlant et je l&#8217;ai martelé avec une persévérance, qu&#8217;en tout honnêteté, je peux admirer. J&#8217;ai acheté un méthode approuvée de l&#8217;art noble et mystérieux de la sténographie (ce qui m&#8217;a coûté seize pence), et j&#8217;ai été plongé dans un océan de perplexité qui m&#8217;a amené, en quelques semaines, aux confins de la distraction.</p>
<p>Les changements qui dépendaient des signes, qui placés d&#8217;une certaine façon voulaient dire une chose, et d&#8217;une autre façon, quelque chose d&#8217;autre, de totalement différent; les merveilleuses fantaisies que jouaient les cercles, les conséquences imprévisibles qui résultaient de traits ressemblant à des pattes de mouches; l&#8217;effet terrible d&#8217;une courbe mal placée, tout cela troublait non seulement mes journées, mais réapparaissait devant moi dans mon sommeil.</p>
<p>J&#8217;avais avancé à tâtons, à l&#8217;aveugle, à travers ces difficultés, et avait maîtrisé l&#8217;alphabet —qui était un temple égyptien en lui-même— lorsqu&#8217;est apparu un cortège d&#8217;horreurs nouvelles, appelées caractères arbitraires; les personnages les plus despotiques que j&#8217;aie jamais connu; par exemple, une chose qui ressemblait à l&#8217;esquisse d&#8217;une toile d&#8217;araignée signifiait &laquo;&nbsp;attente&nbsp;&raquo;, et une fusée &#8211; stylo à encre &laquo;&nbsp;désavantageux&nbsp;&raquo;. Dès que j&#8217;avais fixé ces points misérables dans mon esprit, ils en avaient chassé tout le reste: alors, je recommençais et oubliais de nouveau; alors que j&#8217;étais en train de les ramasser, j&#8217;avais laissé tomber les autres fragments du système: en bref, c&#8217;était un quasi crève-chœur. (3)</p></blockquote>
<p>Avant de se lancer dans le grand bain du Parlement, Charles Dickens peaufinera sa pratique pendant quatre annéess comme pigiste pour un petit journal, <em>Doctor&#8217;Commons</em>, pour lequel il rendit compte de procès. &laquo;&nbsp;Son travail, explique Jean-Pierre Ohl, consiste à attendre, dans un minuscule box en planches, qu&#8217;un procureur vienne le chercher pour transcrire telle ou telle audience. Il s&#8217;agit de procédures pointilleuses, interminables&nbsp;&raquo; (4). Un bon entraînement donc.</p>
<p><strong>Des conditions de travail éprouvantes</strong></p>
<p>Tout de suite, Charles Dickens doué d&#8217;un grand sens d&#8217;observation, d&#8217;une mémoire quasi infaillible et d&#8217;une rapidité d&#8217;exécution déconcertante va s&#8217;imposer. Les conditions de travail dans l&#8217;ancien Parlement [<em>il brûlera en 1834</em>] sont éprouvantes. Charles Dickens, dans son discours au <em>Newspaper Press Fund</em> se souviendra de ses premières années de journaliste parlementaire:</p>
<blockquote><p>J&#8217;ai usé mes genoux en écrivant sur ​​eux installé sur le banc vétuste de l&#8217;ancienne galerie de la Chambre des Communes, et j&#8217;ai usé mes pieds à me tenir debout à écrire des absurdités dans l&#8217;ancienne Chambre des Lords, où nous étions entassés comme des moutons trop nombreux, dans l&#8217;attente que la farce veuille bien recommencer .</p></blockquote>
<p><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2012/02/Capture-d’écran-2012-02-18-à-16.53.41.png"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-5698" title="La une du True Sun" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2012/02/Capture-d’écran-2012-02-18-à-16.53.41-150x150.png" alt="La une du True Sun" width="150" height="150" /></a>Vers 1832, il va travailler environ trois mois pour un quotidien &laquo;&nbsp;radical&nbsp;&raquo;, le <em>True Sun</em>. Ce quotidien se vend alors à environ 30.000 exemplaires, un chiffre considérable pour l&#8217;époque, d&#8217;autant qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un<em> stamped paper</em>, c&#8217;est-à-dire qu&#8217;il est soumis à une taxe, dite <em>Newspaper Stamp Duty</em>, qui depuis 1815 se montait 4d [<em>quatre pence</em>] par exemplaire. Cette taxe exhorbitante rendait les journaux inaccessibles au grand public, leur prix de vente atteignant 7 pence.</p>
<p>La grande affaire de l&#8217;époque était la discussion du <em>Reform Act,</em> qui visait à réformer le système électoral britannique, qui à l&#8217;époque privilégiait considérablement les conservateurs [<em>Tories</em>]. Charles Dickens était un ardent défenseur de cette réforme et trouvait qu&#8217;elle n&#8217;allait pas suffisamment loin. Il couvrit en particulier la troisième tentative de passage de cette réforme avant de retourner au <em>Mirror of Parliament</em>.</p>
<p>En 1834, l&#8217;ancien Parlement est ravagé par une incendie, une scène qu&#8217;à peint Turner [<em>ci-dessous</em>]</p>
<p><a title="Joseph Mallord William Turner[Voir la page pour la licence], via Wikimedia Commons" href="http://commons.wikimedia.org/wiki/File%3ATurner_-_The_Burning_of_the_Houses_of_Parliament.jpg"><img src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/e/e1/Turner_-_The_Burning_of_the_Houses_of_Parliament.jpg/512px-Turner_-_The_Burning_of_the_Houses_of_Parliament.jpg" alt="Turner - The Burning of the Houses of Parliament" width="512" /></a></p>
<p style="text-align: center;">[<em>CC York Project, 10.000 Meisterwerke der Malerei</em>]</p>
<p>Après l&#8217;incendie, Charles Dickens intègre en 1834, la rédaction du <em>Morning Chronicle</em>, le premier journal a avoir créé une équipe de journalistes parlementaires. Au total ce sont quelques 60 journalistes, qui tous titres confondus, se partagent à tour de rôle ces places privilégiées pour  suivre les débats (5). Cette configuration montre l&#8217;importance croissante de la presse dans le débat public, auparavant monopolisé par les seuls hommes politiques.</p>
<p style="padding-left: 30px;">Le travail était organisé avec rigueur. Chaque rédaction avait un &laquo;&nbsp;corps &nbsp;&raquo; de rédacteurs, qui fonctionnait ainsi : une demi-heure de prise de notes, suivie de deux heures et demi de retranscription et de réécriture (6) . Les articles publiés ensuite n&#8217;étaient pas signés et devaient se lire comme s&#8217;ils avaient été rédigés par une seule personne.</p>
<p>Dans ces conditions, difficile d&#8217;attribuer tel ou tel article à Charles Dickens personnellement. Ce que l&#8217;on sait en revanche, comme le rappelle Jean-Pierre Oth, c&#8217;est qu&#8217;il s&#8217;illustra &laquo;&nbsp;notamment par une retranscription parfaite d&#8217;un discours interminable, celui d&#8217;Edward Stanley (7), à propos de l&#8217;Irlande&nbsp;&raquo;. (8)</p>
<p><strong>Autoure de 1830-1840, un nouveau type de journaliste apparaît : le reporter</strong></p>
<p>À nos yeux ce système de retranscription et d&#8217;emploi systématique de la sténo peut sembler anecdotique, mais elle ne l&#8217;est pas à ce moment  (autour de 1830-1840) où apparaît un nouveau type de journaliste, le reporter, comme l&#8217;explique  Ivon Asquish</p>
<blockquote><p>… [<em>La généralisation de la sténo</em>] signifiait que quelqu&#8217;un pouvait se spécialiser dans l&#8217;écoute et l&#8217;observation et enregistrer cela avec précision. C&#8217;était la possibilité de récupérer la réalité dans toutes ses dimensions à l&#8217;occasion d&#8217;un reportage, ce qui transformait [<em>cette activité</em>] en une profession. Une des plus importantes divisions du travail dans le process de fabrication d&#8217;un journal avait dès lors eu lieu —important, car il est apparu pour satisfaire une demande du lecteur. Il donne au reporter, qui se situe entre l&#8217;événement et le lecteur, une aura de neutralité; (…) il relie le fait de rendre compte à la perspective de la science expérimentale; il donne à l&#8217;écrivain un outil qui lui permet d&#8217;aspirer au statut d&#8217;ingénieur et de philosophe. (9)</p></blockquote>
<p>ainsi qu&#8217;une nouvelle forme de journalisme, le reportage, définit comme étant une &laquo;&nbsp;pratique discursive centrée sur les faits&nbsp;&raquo;,  par le sociologue des médias <a href="http://www.city.ac.uk/social-sciences/academic-staff-profiles/dr-jean-chalaby" target="_blank">Jean K. Chalaby</a>, qui en dessine les deux principales caratéritistiques:</p>
<ol>
<li>une dissociation entre les faits et les opinions, même si précise-t-il &laquo;&nbsp;cela ne signifie pas que les reportages ["<em>news reports</em>"] soient libre de toute valeur, mais ce format implique que les journalistes s&#8217;abstiennent de tout jugement de valeur explicite&nbsp;&raquo;.</li>
<li>une dissociation entre les faits et les émotions. Les journalistes dans le &laquo;&nbsp;format classique&nbsp;&raquo; du reportage insiste-t-il, &laquo;&nbsp;n&#8217;expriment pas leurs sentiments et ne laissent pas leur subjectivité remonter à la surface de leur texte&nbsp;&raquo; (10)</li>
</ol>
<p>Dans ce système, le reporter Charles Dickens se sent à l&#8217;aise. Il conservera des souvenirs émus de, comme il le racontera plus tard, de cette époque où délaissant les bancs du Parlement, il parcourera le pays, pour le compte du <em>Morning Chronicle</em>,</p>
<blockquote><p>Écrivant sur la paume de main à la lumière d&#8217;une lanterne sourde, dans une chaise de poste, galopant à travers la campagne sauvage, dans la nuit sombre [<em>through the dead of night</em>], à la vitesse alors surprenante de 15 miles à l&#8217;heure. (11)</p></blockquote>
<p>Cette vision du journalisme lui convient, car il est éloigné  de toute forme de militantisme. Il méprise l&#8217;action politique et en particulier le Parlement, ayant sans doute été témoin de trop de compromissions. &laquo;&nbsp;Nuit après nuit, écrira-t-il plus tard dans David Copperfield, son récit autobiographique, j&#8217;ai enregistré des prédictions qui ne sont jamais réalisées, des professions [<em>de foi</em>] qui n&#8217;ont jamais été remplies, des explications qui n&#8217;étaient destinées qu&#8217;à mystifier. Je ne faisais que tartiner des mots&nbsp;&raquo;. (12)</p>
<p><strong>Ce qui intéresse Dickens c&#8217;est moins la société que la &laquo;&nbsp;nature humaine&nbsp;&raquo;</strong></p>
<p>Ce scepticisme, voire ce mépris pour l&#8217;action parlementaire, analyse Jean-Pierre Ohl, fait que &laquo;&nbsp;ce réformateur sincère, scandalisé par les conditions des plus pauvres et par l&#8217;indifférence ou le cynisme des nantis, n&#8217;est jamais parvenu à articuler sa soif de justice avec l&#8217;action politique traditionnelle: sa méfiance à l&#8217;égard des politiciens, de l&#8217;esprit de chapelle et de toute forme d&#8217;idéologie l&#8217;a cantonné dans le rôle du &#8216;radical sentimental&#8217;, réagissant toujours à l&#8217;instinct et dans l&#8217;improvisation et privilégiant, faute d&#8217;outils théoriques, une action individuelle aux effets forcément limités.&nbsp;&raquo; (13)</p>
<p>Cet absence de volonté réformatrice de la part d&#8217;un auteur qui montrer toute sa vie une grande sensibilité à la condition sociale, intriguera un siècle plus tard, George Orwell:</p>
<blockquote><p>Le fait est que la critique de la société développée par Dickens est presque exclusivement une <strong>critique morale.</strong> D&#8217;où l&#8217;absence dans son œuvre de toute proposition constructive. (…) L&#8217;important est ici que l&#8217;attitude de Dickens n&#8217;est, au fond, même pas destructrice. Rien dans son œuvre n&#8217;indique nettement qu&#8217;il souhaite le renversement de l&#8217;ordre existant ni qu&#8217;il pense que bien des choses seraient changées si cet ordre était effectivement renversé. <strong>Car ce qui l&#8217;occupe c&#8217;est moins la société que la &laquo;&nbsp;nature humaine&nbsp;&raquo;</strong> [<em>souligné par moi</em>] (14)</p></blockquote>
<p>Ce faisant, Charles Dickens par sa sûreté de prise de notes, son souci de précision [<em>on dirait</em> fact-checking <em>aujourd'hui</em>], sa rapidité d&#8217;écriture, s&#8217;inscrit dans le journalisme moderne tel qu&#8217;il va se développer au XIXe et XXe siècles, à savoir donner la priorité aux faits, aux caractères humains pour construire ces <em>stories</em> chères au journalisme anglo-saxon et être capable de rendre sa copie à l&#8217;heure, au moment où les quotidiens vont se mettre à &laquo;&nbsp;palpiter avec l&#8217;actualité&nbsp;&raquo;, c&#8217;est-à-dire rendre compte des événements qui se sont déroulés dans les dernières 24 heures.</p>
<p>Surtout, cette vision du journalisme est très proche de son écriture littéraire à ses débuts. En effet, il est entré au <em>Morning Chronicle,</em> par la grâce de ses talents littéraires. En 1833, son premier récit, <em>A Dinner at Poplar Walk</em> avait été publié dans une obscure revue littéraire, le <em>Monthly Magazine</em>. Celui-ci va publier d&#8217;autres <em>sketches, </em>qui sont, raconte Jean-Pierre Ohl :</p>
<blockquote><p>des tableaux, saisis sur le vif, de la vie à Londres, notamment dans les quartiers populaires. Les facilités du style —humour ou sentimentalisme trop appuyés— relèvent encore souvent du ton journalistique et ne laisse rien présager de la complexité de l&#8217;amplitude qu&#8217;atteindra plus tard la prose de Dickens. (15)</p></blockquote>
<p>Ces textes attirent l&#8217;attention de John Black, un rédacteur du <em>Morning Chronicle</em>, et désormais donc il devient alors pleinement un reporter. Sa réputation en particulier littéraire grandit. En 1835, lorsqu&#8217;est lancé<em> The Evening Chronicle</em>, le supplément du soir du <em>Morning</em>, Charles Dickens fait partie de l&#8217;aventure journalistique, mais surtout littéraire, car le rédacteur en chef George Hogarth —qui deviendra son beau-père — lui demande de réserver ses sketches au journal. Cette fois, l&#8217;écrivain est lancé, mais le journalisme ne sera jamais loin de Dickens, cette fois comme rédacteur en chef ou éditeur. Ce sera l&#8217;objet d&#8217;un deuxième volet.</p>
<h3>Notes</h3>
<ol>
<li>John Pendleton,<em> Newspaper Reporting</em>, Londres, Elliot Stock, 1890, p. 145. Dans ce petit manuel de la fin du XIXe siècle, l&#8217;auteur cite très fréquemment Charles Dickens, présenté comme un modèle de journaliste.</li>
<li><em>ibid</em>, p.165.</li>
<li>Il s&#8217;agit du premier paragraphe du chapitre XXXVIII de <em>David Copperfield </em>dont voici la version originale, en langue anglaise :<br />
<blockquote style="margin: 0 0 0 40px; border: none; padding: 0px;"><p><em>I did not allow my resolution, with respect to the Parliamentary debates, to cool. It was one of the irons I kept hot, and hammered at, with a perseverance I may honestly admire. I bought an approved scheme of the noble art and mystery of stenography (which cost me ten and six pence); and plunged into a sea of perplexity that brought me, in a few weeks, to the confines of distraction. The changes that were rung upon dots, which in such a position meant such a thing, and in such another position something else, entirely different ; the wonderful vagaries that were played by circles ; the accountable consequences that resulted from marks like flies&#8217;legs ; the tremendous effect of a curve in a wrong place ; not only troubled my waking hours, but reappeared before in my sleep. When I had groped my way, blindly, through these difficulties, and had mastered the alphabet, which was an Egyptian Temple in itself, there then appeared a procession of new horrors, called arbitrary characters ; the most despotic characters I have ever known ; who insisted, for instance, that a that a thing like the beginning of a cobweb, meant expectation, and that a pen-and-ink sky-rocket stood for disadvantageous. When I had fixed these wretches in my mind, I found  that they had driven everything else out of it: then, beginning again, I forgot them ; while I was picking them up, I dropped the other fragments of the system : in short, it was almost heart-breaking.</em></p></blockquote>
</li>
<li style="text-align: left;">Jean-Pierre Ohl,<em> Charles Dickens,</em> Paris, Gallimard, coll. Folio, 2011, p. 46.</li>
<li style="text-align: left;">Chiffres cités par Jean K. Chalaby, dans <em>The Invention of Journalism</em>, Londres, MacMillan Press, 1998, p.80.</li>
<li>La publication du discours du Premier ministre William Gladstone, sur l&#8217;introduction de la <em>Home Rule</em> en Irlande (en fait une proposition d&#8217;autonomie interne) permet de mesurer l&#8217;efficacité du système. Pour ce discours très important, qui dura 3 heures et 25 minutes, les &laquo;&nbsp;tours&nbsp;&raquo; de prise de notes des rédacteurs avaient été réduits à dix, cinq, voire trois minutes. Le discours s&#8217;acheva à 20 heures Il était rédigé, édité et composé avant minuit dans la plupart des grands quotidiens. Il faisait 24.700 mots (environ 150.000 signes).</li>
<li>Edward Stanley, 14e comte de Derby, d&#8217;abord Premier secrétaire pour l&#8217;Irlande dans le gouvernement de Lord Grey (1831-1833), puis à partir de 1833 Secrétaire d&#8217;État à la Guerre et aux Colonies, il démissionna en 1834, car opposé à une réforme de l&#8217;Église (officielle) d&#8217;Irlande.</li>
<li>Jean-Pierre Ohl, <em>opus </em>cité, p.50.</li>
<li><em>Newspaper history, from the 17th century to the present day</em>, ouvrage collectif sous la direction de George Boyce, James Curran et Pauline Wingate, Londres, Constable, 1978, p. 108.</li>
<li>Jean K. Chalaby, <em>opus cité,</em> pp. 128-129.</li>
<li>John Pendleton,<em> Newspaper Reporting</em>, Londres, Elliot Stock, 1890, p. 167.</li>
<li><em>ibid</em>, p. 86.</li>
<li>Jean-Pierre Ohl, <em>opus</em> cité, pp. 51-52.</li>
<li>George Orwell, <em>Charles Dickens,</em> in <em>Essais, Articles, Lettres</em>, volume 1, Paris, Ed. Ivréa, 1995, p.520.</li>
<li>Jean-Pierre Ohl, <em>opus</em> cité, p. 57.</li>
</ol>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>&#171;&#160;Dans l&#8217;espoir très mince de survivre…&#160;&#187;</title>
		<link>http://www.themediatrend.com/wordpress/2012/02/12/dans-lespoir-tres-mince-de-survivre/</link>
		<comments>http://www.themediatrend.com/wordpress/2012/02/12/dans-lespoir-tres-mince-de-survivre/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 12 Feb 2012 09:59:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Mentre</dc:creator>
				<category><![CDATA[journalisme état des lieux]]></category>
		<category><![CDATA[distribution presse]]></category>
		<category><![CDATA[Papyrus]]></category>
		<category><![CDATA[Presstalis]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.themediatrend.com/wordpress/?p=5660</guid>
		<description><![CDATA[La distribution de la presse est gravement perturbée dans l&#8217;est parisien, menaçant de fermeture nombreux distributeurs de presse. À Vincennes, l&#8217;un d&#8217;eux, Papyrus, en est réduit à faire appel à la solidarité de ses clients &#171;&#160;dans l&#8217;espoir très mince de &#8230; <a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/2012/02/12/dans-lespoir-tres-mince-de-survivre/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La distribution de la presse est gravement perturbée dans l&#8217;est parisien, menaçant de fermeture nombreux distributeurs de presse. À Vincennes, l&#8217;un d&#8217;eux, Papyrus, en est réduit à faire appel à la solidarité de ses clients &laquo;&nbsp;dans l&#8217;espoir très mince de survivre&nbsp;&raquo;…</strong></p>
<p>Ce matin, dimanche 12 février 2012, à 9h 45, j&#8217;ai acheté le dernier exemplaire disponible du JDD, chez mon marchand de journaux. &laquo;&nbsp;Vous avez de la chance, m&#8217;a-t-il dit, une amie m&#8217;a dépanné ce matin de dix exemplaires, je n&#8217;ai pas été livré&nbsp;&raquo;. Il était en conversation avec un autre client, l&#8217;acheteur du neuvième —et avant-dernier— exemplaire du JDD, qui l&#8217;encourageait : &laquo;&nbsp;Dès qu&#8217;il me faudra des enveloppes, des cahiers, je penserai à vous&nbsp;&raquo;, et ce client le quitta avec ce &laquo;&nbsp;Courage!&nbsp;&raquo; que l&#8217;on dit aux êtres chers atteints d&#8217;une grave maladie et dont on craint pour la vie.</p>
<p>En sortant,je photographiais l&#8217;affichette collé sur la porte d&#8217;entrée [<em>ci-dessous</em>]</p>
<div id="attachment_5661" class="wp-caption aligncenter" style="width: 536px"><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2012/02/photo-papyrus.jpg"><img class=" wp-image-5661 " title="photo-papyrus" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2012/02/photo-papyrus-1024x934.jpg" alt="photo-papyrus" width="526" height="479" /></a><p class="wp-caption-text">L&#39;affichette collée sur la porte du magasin de presse Papyrus</p></div>
<p>En voici le texte intégral, qui restitue très clairement les difficultés inextricables dans lesquelles se débattent les kiosquiers et autres distributeurs de presse :</p>
<blockquote><p>Chers clients, chers amis,</p>
<p>Vous entrez chez un diffuseur de presse, qui dorénavant… ne diffuse quasiment plus… de presse…</p>
<p>À compter du lundi 13 février et pour une durée inconnue, seuls 25% de vos publications seront livrées à &laquo;&nbsp;Papyrus&nbsp;&raquo;.<br />
En quotidiens:  seul &laquo;&nbsp;Le Parisien&nbsp;&raquo; sera disponible. En magazines, vous ne retrouverez que le quart des titres comme Marianne, Télé Z, Télé Star, Grazia, Point de Vue, Nous Deux.<br />
Absents en revanche, la plupart des grands titres comme Télé 7 Jours, Télé Loisirs, Auto Plus, Elle, Voici, etc.</p>
<p>Les raisons de ce quasi-fiasco ? un secteur de la presse à la dérive: En Ile-de-France surtout, depuis le conflit très dur de l&#8217;hiver dernier à Presstalis  (ex-NMPP), les points de vente ferment à un rythme effréné (plusieurs par semaine) Et &laquo;&nbsp;Papyrus&nbsp;&raquo; risque fort d&#8217;être l&#8217;un des prochains…</p>
<p>Sans aucune envie de faire de la mendicité mais dans l&#8217;espoir très mince de &laquo;&nbsp;survivre&nbsp;&raquo;, j&#8217;en apelle à votre fidélité , votre compréhension et votre générosité; des cartes postales, livres, DVD, de la papeterie sont en vente…<br />
Les acheter pourra… peut-être… permettre à votre magasin de passer la tempête, sauver les meubles…</p>
<p>Merci… Pour votre soutien, Pour votre fidélité, Pour votre soutien</p>
<p>Papyrus</p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Ces vidéos sans &#171;&#160;distinction&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Mon, 06 Feb 2012 19:04:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Mentre</dc:creator>
				<category><![CDATA[journalisme visuel]]></category>
		<category><![CDATA[L'Est Républicain]]></category>
		<category><![CDATA[La Voix du Nord]]></category>
		<category><![CDATA[Ouest France]]></category>
		<category><![CDATA[smartphone]]></category>
		<category><![CDATA[vidéos]]></category>

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		<description><![CDATA[Les sites de presse publient de plus en plus de vidéos. Celles-ci sont d&#8217;une qualité pour le moins inégale. Des sujets élaborés et soignés côtoient de courts films d&#8217;actualité visiblement tournés &#171;&#160;à l&#8217;arrache&#160;&#187;, dont on peut se demander s&#8217;ils ont &#8230; <a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/2012/02/06/ces-videos-sans-distinction/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Les sites de presse publient de plus en plus de vidéos. Celles-ci sont d&#8217;une qualité pour le moins inégale. Des sujets élaborés et soignés côtoient de courts films d&#8217;actualité visiblement tournés &laquo;&nbsp;à l&#8217;arrache&nbsp;&raquo;, dont on peut se demander s&#8217;ils ont leur place sur des sites d&#8217;information.</strong></p>
<p>Depuis déjà longtemps mon attention avait été attirée par de courtes vidéos, dont la pertinence et l&#8217;intérêt me laissaient dubitatifs. Ces &laquo;&nbsp;objets visuels&nbsp;&raquo; très proches des films amateurs présentent un certain nombre de caractéristiques communes :</p>
<ul>
<li>un tournage en plan séquence —avec un abus du panoramique— trahissant une absence de montage</li>
<li>un tournage &laquo;&nbsp;à la main&nbsp;&raquo;, dit autrement tournés sans utiliser de pied, ce qui se traduit par une image tremblée</li>
<li>un son &laquo;&nbsp;brut&nbsp;&raquo;, qui malheureusement traduit une absence de réflexion sur le son et sa qualité (absence de bonnette sur les micros, post production, etc.)</li>
<li>l&#8217;absence quasi générale de banc titre, légendes et autres cartels, interdisant d&#8217;identifier (sur la vidéo elle-même) le lieu et les acteurs de la vidéo</li>
<li>l&#8217;absence de commentaires et d&#8217;interviews.</li>
</ul>
<p>Bref, le degré zéro du journalisme. Voici à titre d&#8217;exemple ce que l&#8217;on peut trouver sur le site d<em>&#8216;Ouest France</em>, à propos d&#8217;une baleine échouée sur la plage de la Torche, mais aussi sur d&#8217;autres sites de presse quotidienne régionale (PQN) comme ceux de <em>L<a href="http://www.estrepublicain.fr/fil-info/2012/01/30/accident-sur-le-contournement-de-vesoul-ce-matin-un-blesse-grave" target="_blank">&#8216;Est Républicain</a></em>, de <em><a href="http://www.laprovence.com/video/Les%2BBouches-du-Rh%25C3%25B4ne%2Bsous%2Bla%2Bneige/63192ee2e29s/laprovence/sport" target="_blank">La Provence</a></em>, de <em><a href="http://videos.lavoixdunord.fr/video/iLyROoafrbbG.html" target="_blank">La Voix du Nord</a>,</em>  etc.</p>
<p><iframe src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xmneym" frameborder="0" width="500" height="281"></iframe><br />
<a href="http://www.dailymotion.com/video/xmneym_baleine-echouee_animals" target="_blank">baleine échouée</a> <em>par <a href="http://www.dailymotion.com/OuestFranceFR" target="_blank">OuestFranceFR</a></em></p>
<p>La multiplication de ces vidéos correspond à l&#8217;équipement des rédactions en smartphones, faisant de chaque journaliste un potentiel vidéaste. Ce mouvement n&#8217;est pas réservé à la seule presse française.</p>
<p><span id="more-5607"></span>Par exemple outre Manche, l&#8217;ensemble des journalistes du <em>Manchester Evening News</em> (groupe <a href="http://corporate.menmedia.co.uk/" target="_blank">M.E.N.</a>) sont équipés de Nokia N8 depuis 18 mois, avec lesquels ils prennent photos et vidéos. Paul Gallagher, le responsable du site tire un bilan très positif de l&#8217;expérience, car il génère du trafic :</p>
<blockquote><p>au cours des émeutes [août 2011] les 16 journalistes déployés dans la ville [<em>de Manchester</em>] ont produit 109 images qui ont créées 12.000 vues.</p></blockquote>
<p>Mieux, un sujet que Paul Gallagher décrit comme étant &laquo;&nbsp;pratiquement un <a href="http://menmedia.co.uk/manchestereveningnews/news/s/1472050_two-held-after-murder-victims-headless-body-found-in-flames-on-wellington-street-in-stockport" target="_blank">clip de 30 secondes</a> [qui pourrait être extrait] d&#8217;une vidéo de la police&nbsp;&raquo; a réalisé 16.000 vues. [<em>Plus de détails sur <a href="http://www.bbc.co.uk/journalism/blog/2012/02/print-and-broadcast-media-conv.shtml" target="_blank">College of Journalism </a>de la BBC</em>]. Que ceux qui n&#8217;ont pas envie de regarder ce &laquo;&nbsp;clip&nbsp;&raquo; se rassurent, il rassemble tous les ingrédients de la vidéo bas de gamme: pas de banc titre, panoramique légèrement tremblé, pas de commentaire, le vent en bruit de fond, etc.</p>
<p>La publication de ce type de vidéos ouvre sur plusieurs champs de réflexion :</p>
<ul>
<li>Qu&#8217;apportent-elles réellement en terme de plus-value journalistique? Elles réduisent le rôle du journaliste —ou du photographe— à celui de simple témoin, enregistrant une scène (le plus souvent sans caractère exceptionnel), sans en restituer le contexte. Pire, leur médiocre qualité les place à un niveau égal voire, le plus souvent, inférieur à celui d&#8217;un amateur qui capterait la même scène. La &laquo;&nbsp;distinction&nbsp;&raquo; [<em>au sens de "se distinguer"</em>] qui fait la spécificité du travail d&#8217;un professionnel, son apport est ici perdue.</li>
<li>Ces vidéos attirent et &laquo;&nbsp;génèrent du clic&nbsp;&raquo;. À court terme, c&#8217;est sans aucun doute un bon calcul. Mais sur le long terme, l&#8217;image des sites d&#8217;information ne peut que s&#8217;en trouver abîmée. Il existe déjà des sites qui privilégient la quantité sur la qualité, ce sont les &laquo;&nbsp;fermes de contenus&nbsp;&raquo;. Est-ce vraiment cela l&#8217;avenir souhaité pour les sites d&#8217;information?</li>
</ul>
<p>Au-delà de ces questionnements, une certitude: les smartphones sont des appareils merveilleux, car ils sont tout à la fois des enregistreurs numériques, des appareils photos et des mini caméras [<em>voir : <a title="Le meilleur ami du reporter" href="http://www.themediatrend.com/wordpress/2011/10/03/le-meilleur-ami-du-reporter/">Le meilleur ami du reporter</a></em>] . Mais leur emploi exige la maîtrise non seulement de l&#8217;appareil lui-même —de ses possibilités et de ses limites—, mais aussi de ces trois techniques distinctes que sont la prise de son, la photo, et la capture de vidéos, et ce sans compter le montage!</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>&#171;&#160;Retour en Ukraine&#160;&#187;, par Cyril Bitton</title>
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		<pubDate>Thu, 26 Jan 2012 08:18:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gaelle Gauducheau</dc:creator>
				<category><![CDATA[journalisme visuel]]></category>

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		<description><![CDATA[Pendant une semaine Cyril Bitton a séjourné à Ouman en Ukraine,  village où Rabbi Nahman grande figure  du mouvement Hassidim décède au début du XIXe siècle. Lors du nouvel an  juif, plus de  30 000 personnes arrivent du monde entier pour se &#8230; <a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/2012/01/26/retour-en-ukraine-par-cyril-bitton/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Pendant une semaine Cyril Bitton a séjourné à Ouman en Ukraine,  village où Rabbi Nahman grande figure  du mouvement Hassidim décède au début du XIXe siècle. Lors du nouvel an  juif, plus de  30 000 personnes arrivent du monde entier pour se recueillir sur sa tombe.</strong> <strong>Ce reportage s&#8217;inscrit dans un vaste  projet sur la diaspora juive dans le monde.</strong></p>
<p>Le <a href="http://cyrilbittonphotography.com/" target="_blank">site de Cyril Bitton</a> permet de mieux connaître et comprendre son travail.</p>
<p><iframe src="http://www.youtube.com/embed/YsTENE4RQWY" frameborder="0" width="560" height="315"></iframe></p>
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