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	<title>Media Trend</title>
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	<description>nouveaux medias &#38; nouveaux usages</description>
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		<title>Le journalisme après Nate Thayer</title>
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		<pubDate>Sun, 10 Mar 2013 19:04:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Mentre</dc:creator>
				<category><![CDATA[journalisme état des lieux]]></category>
		<category><![CDATA[Alexis Madrigal]]></category>
		<category><![CDATA[Felix Salmon]]></category>
		<category><![CDATA[Nate Thayer]]></category>
		<category><![CDATA[NK.news.org]]></category>
		<category><![CDATA[plagiat]]></category>
		<category><![CDATA[The Atlantic]]></category>

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		<description><![CDATA[The Atlantic a proposé à Nate Thayer, journaliste spécialisé dans les relations internationales, de reprendre gratuitement l&#8217;un de ses articles déjà publié sur un autre site. Il a refusé et a rendu public ses échanges de mails avec The Atlantic. &#8230; <a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/2013/03/10/le-journalisme-apres-nate-thayer/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>The Atlantic</em> a proposé à Nate Thayer, journaliste spécialisé dans les relations internationales, de reprendre gratuitement l&rsquo;un de ses articles déjà publié sur un autre site. Il a refusé et a rendu public ses échanges de mails avec <em>The Atlantic</em>. Un geste provocateur qui a ouvert en cascade, une série de réflexions sur le fonctionnement du journalisme sur le web aujourd&rsquo;hui et sur la place du pigiste, dans un univers —le web— où il ne ferait &laquo;&nbsp;que ralentir les choses&nbsp;&raquo;.</strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2013/03/Capture-d’écran-2013-03-08-à-21.48.03.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-6537" title="Journalisme et Corée du Nord" alt="journalisme-et-diplomatie-nord--oreenne " src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2013/03/Capture-d’écran-2013-03-08-à-21.48.03.png" width="515" height="451" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Bref rappel des faits<br />
</strong><a href="http://natethayer.typepad.com/" target="_blank">Nate Thayer</a> est un journaliste américain spécialisé dans les relations internationales. Il a écrit pour le site <em>North Korea News</em> [NK.News.Org] un article, <em><a href="http://www.nknews.org/2013/03/slam-dunk-diplomacy/" target="_blank">25 Years of Slam Dunk Diplomacy</a>, </em>consacré à la diplomatie du basket que poursuit depuis maintenant 25 ans la Corée du Nord. Un article assurément intéressant puisqu&rsquo;une journaliste du site <em>The Atlantic</em> lui proposera de le reprendre, mais dans une version raccourcie [<em>il devait le réduire de 4.300 mots -25.800 signes- à 1200 mots -environ 7.500 signes</em>]. Tout se gâte lorsque Nate Thayer demande le montant de sa rémunération. Sa correspondante, Olga Kahzan, lui répond:</p>
<blockquote><p>malheureusement nous ne pouvons pas vous payer pour cela, mais vous toucherez 13 millions de lecteurs dans le mois. Je comprendrai que cela ne soit pas un arrangement convenable pour vous, je voulais seulement savoir si vous seriez intéressé.</p></blockquote>
<p><span id="more-6536"></span>Nate Thayer estomaqué va décider de publier sur son blog,<a href="http://natethayer.wordpress.com/2013/03/04/a-day-in-the-life-of-a-freelance-journalist-2013/" target="_blank"> l&rsquo;échange de mails</a>, suscitant une avalanche de réactions qui jettent une lumière crue sur le journalisme, notamment ses pratiques et ses modes de rémunération. Il est donc nécessaire de regarder ce &laquo;&nbsp;journalisme après Nate Thayer&nbsp;&raquo;, car même si cela se passe aux États-Unis, c&rsquo;est dans cette réalité que les journalistes —en particulier pigistes— doivent et devront vivre.</p>
<p><strong>Le journalisme &laquo;&nbsp;ça eut payé&nbsp;&raquo;</strong><br />
Pour reprendre, le mot de Fernand Reynaud le journalisme &laquo;&nbsp;ça eut payé&nbsp;&raquo;, plus précisément le journalisme &laquo;&nbsp;papier&nbsp;&raquo;. Le passé est de rigueur. Jamais des journalistes comme Nate Thayer ne retrouveront d&rsquo;offre comme celle que lui fit, il y a quelques années,… <em>The Atlantic</em>. Il lui proposait d&rsquo;intégrer sa rédaction (papier) pour 125.000$ [<em>environ 100.000€</em>] par an. En échange, Thayer devait produire 5 à 6 articles dans l&rsquo;année et restait libre de publier ailleurs.</p>
<p>Felix Salmon de <em>Reuters</em> propose une <a href="http://blogs.reuters.com/felix-salmon/2013/03/05/the-problem-with-online-freelance-journalism/" target="_blank">explication rationnelle</a> à cette chute de la rémunération.<em> The Atlantic</em> version papier publie dix numéros par an, explique-t-il, ce qui signifie que &laquo;&nbsp;le site publie pratiquement autant d&rsquo;articles en une journée que le papier en une année&nbsp;&raquo;. Et de conclure :</p>
<blockquote><p>Lorsque le volume des articles publiés est multiplié par un facteur de 50, le montant payé par article diminue.</p></blockquote>
<p>Bien. Admettons que ce changement d&rsquo;échelle de &laquo;&nbsp;production&nbsp;&raquo; conduise à un changement d&rsquo;échelle de &laquo;&nbsp;rémunération&nbsp;&raquo;, mais pour autant doit-on passer à un mode de rémunération &laquo;&nbsp;zéro&nbsp;&raquo; pour une pige ? Sans doute aussi faut-il préciser que la situation de rémunération sera totalement différente pour quelqu&rsquo;un qui est &laquo;&nbsp;intégré&nbsp;&raquo; dans une rédaction —dans ce cas, le journalisme &laquo;&nbsp;ça paie toujours&nbsp;&raquo;. De toutes façons, comme l&rsquo;explique Felix Salmon, il est plus facile de gagner 60.000$ à l&rsquo;année [46.000€] en travaillant à plein temps dans la rédaction d&rsquo;un site web, que de chercher à gagner en piges l&rsquo;équivalent.</p>
<p><strong>Le <em>re-posting</em>, une pratique acceptable et courante<br />
</strong>Cela dépend en grande partie des auteurs et des sites concernés, mais la pratique est courante, si ce n&rsquo;est que en général l&rsquo;éditeur initial demande que s&rsquo;écoule un délai avant la reprise sur un autre site ou blog [<em>par exemple, le blog personnel de l'auteur, comme l'autorise</em> The Magazine, <em>ainsi que je l'évoquais <a title="The Magazine : éloge de la simplicité" href="http://www.themediatrend.com/wordpress/2013/03/03/the-magazine-eloge-de-la-simplicite/" target="_blank">dans un post précédent</a></em>]. En revanche, il s&rsquo;agit souvent d&rsquo;une reprise &laquo;&nbsp;telle que&nbsp;&raquo;, ou avec des aménagements mineurs. Dans cette hypothèse, la gratuité peut se justifier, car l&rsquo;auteur n&rsquo;a pas de travail supplémentaire à fournir et il bénéficie d&rsquo;une &laquo;&nbsp;audience&nbsp;&raquo; supplémentaire.</p>
<p>Ce qui est incongru dans la demande d&rsquo;Olga Khazan c&rsquo;est l&rsquo;ampleur du travail de réécriture exigé: diviser par trois la longueur un article ne se fait pas d&rsquo;un coup de baguette magique. Nate Thayer était fondé à demander une rémunération pour cette tâche, même s&rsquo;il ne s&rsquo;agissait plutôt d&rsquo;un travail d&rsquo;édition.</p>
<p>Dans les faits, ce genre de travail se fait plutôt en interne. Il est très rarement demandé à des auteurs qui connaissent mal le ton et le style du site [<em>sans parler de l'édition qui est propre à chaque site</em>]. L&rsquo;internalisation de cette tâche a aussi le grand intérêt d&rsquo;être plus rapide et aussi plus efficace, car les journalistes du site disposent des compétences et des outils pour &laquo;&nbsp;enrichir&nbsp;&raquo; un contenu, par l&rsquo;ajout de vidéos, d&rsquo;infographies, de liens d&rsquo;archives, etc.</p>
<p><strong>Etre payé en &laquo;&nbsp;exposition&nbsp;&raquo;, une proposition acceptable ?<br />
</strong>Dans son mail, Olga Khazan, la journaliste de The Atlantic [<em><a href="http://olgakhazan.com/" target="_blank">son blog </a>aujourd'hui en sommeil donne une idée de ses compétences</em>], explique à Nate Thayler  :</p>
<blockquote><p>Nous ne pouvons malheureusement pas vous payer pour cela, mais nous touchons 13 millions de lecteurs par mois</p></blockquote>
<p>Bref, elle lui propose d&rsquo;être payé en &laquo;&nbsp;exposition&nbsp;&raquo;. La proposition formulée ainsi est extraordinairement maladroite [<em>on apprendra plus tard qu'Olga Khazan n'était en poste depuis moins de quinze jours, lorsqu'elle fit sa proposition à Thayler</em>], mais n&rsquo;a absolument rien de révolutionnaire. Maladroite, car sans doute le site <em>The Atlantic</em> dans sa globalité touche 13 millions de personnes par mois, mais ce n&rsquo;est pas le cas d&rsquo;un article &laquo;&nbsp;individuellement&nbsp;&raquo;. Peut-être touchera-t-il 10.000, 20.000 ou 100.000 lecteurs qui peut le savoir ? La maladresse d&rsquo;Olga Khazan tient donc au fait qu&rsquo;elle a &laquo;&nbsp;survendu l&rsquo;exposition potentielle&nbsp;&raquo; que pouvait atteindre l&rsquo;article.</p>
<p>Mais sur le fond sa proposition n&rsquo;avait rien de surprenante, car comme le rappelle Matthew Ingram <a href="http://paidcontent.org/2013/03/06/the-new-economics-of-media-if-you-want-free-content-theres-an-almost-infinite-supply/" target="_blank">sur <em>PaidContent</em></a>:</p>
<blockquote><p>Si vous voulez des contenus gratuits, il y en a une quantité quasi infinie</p></blockquote>
<p>Et l&rsquo;on ne compte plus les journalistes professionnels qui travaillent gratuitement ne serait-ce que pour alimenter leur blog ou leur compte twitter. Dans le cas des jeunes journalistes, le travail gratuit —ou rémunéré si faiblement qu&rsquo;il peut être assimilé à du travail gratuit. Certains ont intégré cette donnée, <a href="http://jimromenesko.com/2013/03/08/freelancer-thank-you-will-leitch-for-talking-me-off-the-ledge/" target="_blank">comme l&rsquo;explique Ryan Glasspiegel</a>, un jeune journaliste américain [<em>volontairement, je ne prends pas d'exemple français</em>] spécialisé dans le sport, mais qui s&rsquo;intéresse aussi à d&rsquo;autres sujets. Il avait réalisé une enquête sur la marijuana thérapeutique. L&rsquo;article de 6.000 mots [<em>36.000 signes</em>] qui en résultait a atterri sur le <a href="http://www.huffingtonpost.com/ryan-glasspiegel/" target="_blank">blog</a> qu&rsquo;il tient sur le <em>Huffington Post</em>, car il n&rsquo;a &nbsp;&raquo;pas pu trouver quelqu&rsquo;un qui paierait quoi que ce soit pour publier un projet qui m&rsquo;a pris plus d&rsquo;un mois [<em>de travail</em>] pour le créer. &nbsp;&raquo; Le fait de voir son travail &laquo;&nbsp;exposé&nbsp;&raquo; ne lui semble pas contreproductif, au contraire:</p>
<blockquote><p>Le fait que je n&rsquo;ai pas été rémunéré en fin de compte pour ce travail ne signifie pas que l&rsquo;expérience n&rsquo;en valait pas la peine. (…) En raison du travail que j&rsquo;ai réalisé, la marijuana médicale est maintenant un sujet qui me passionne. L&rsquo;article sera la pierre angulaire de mon book. Idéalement, il montrera aux rédacteurs en chef que je suis capable de faire un travail de qualité et que je peux travailler sur des sujets différents. Il a en effet conduit directement à mes travaux de rédaction [<em>actuels</em>] les mieux rémunérés.</p></blockquote>
<p>Toute autre est la position de Nate Thayer, qui n&rsquo;est ni &laquo;&nbsp;blogueur&nbsp;&raquo;, ni &laquo;&nbsp;expert&nbsp;&raquo;, ni &laquo;&nbsp;débutant&nbsp;&raquo;. Il s&rsquo;avoue perplexe: &laquo;&nbsp;Comment peut-on penser conserver la qualité des services professionnels sans les rémunérer?&nbsp;&raquo; C&rsquo;est ici que se pose la question de la place des journalistes pigistes sur les sites.</p>
<p><strong>La place des pigistes dans l&rsquo;information <em>online</em> n&rsquo;est pas évidente<br />
</strong>Il n&rsquo;est pas certain que le modèle de la presse papier, en particulier magazine, —une rédaction réduite travaillant avec de nombreux pigistes— puisse être reproduite sur le web. Tout conduit à ne pas le permettre. &laquo;&nbsp;Le web n&rsquo;est pas un endroit qui soit très freelance-friendly&nbsp;&raquo;, remarque Felix Salmon. Il y voit des raisons techniques :</p>
<blockquote><p>Le journalisme numérique n&rsquo;est pas, n&rsquo;est plus, vraiment de ​​l&rsquo;écriture —pas de la façon dont les journalistes pigistes du &laquo;&nbsp;papier&nbsp;&raquo; le comprennent. Il est  sur la lecture, l&rsquo;agrégation et le travail en équipe; il faut réaliser tout les tâches qui se faisaient autrefois dans les rédactions des magazines &laquo;&nbsp;papier&nbsp;&raquo;, mais il faut les faire dans une échelle de temps fortement comprimée.</p></blockquote>
<p>Il est aussi des raisons économiques, <a href="http://www.theatlantic.com/technology/archive/13/03/a-day-in-the-life-of-a-digital-editor-2013/273763/" target="_blank">comme le démontre Alexis Madrigal</a>, l&rsquo;un des rédacteurs en chef du site <em>The Atlantic</em>. Le succès d&rsquo;un site, explique-t-il, repose sur trois facteurs principaux:</p>
<ol>
<li>un certain volume de trafic. Le problème dit-il est que l&rsquo;on ne contrôle pas les facteurs qui font d&rsquo;un article un &laquo;&nbsp;hit&nbsp;&raquo;, et que personne ne possède la martingale pour répéter les succès. La seule solution est donc de publier beaucoup pour avoir une chance de rencontrer le succès et par l&rsquo;ensemble de la production atteindre le &laquo;&nbsp;volume&nbsp;&raquo; de trafic nécessaire.</li>
<li>le fait d&rsquo;être un &laquo;&nbsp;nœud&nbsp;&raquo; [<em>node</em>]. Pour cela, il faut inspirer confiance à ses lecteurs, cela se construit chaque jour et n&rsquo;est jamais définitivement acquis</li>
<li>il faut faire de la qualité. Pas facile lorsqu&rsquo;il faut poster sans cesse. Alexis Madrigal a adopté un système à deux vitesses: aller aussi vite que possible pour ce qui peut être rapidement fait et &laquo;&nbsp;mijoter&nbsp;&raquo; les sujets qui le mérite. Il laisse au lecteur le soin de distinguer &laquo;&nbsp;quoi et quoi&nbsp;&raquo;.</li>
</ol>
<p>Dans un tel système, où pour un simple blog tenu par une personne, il faut poster entre  100 et 150 posts par mois, les pigistes n&rsquo;ont pas leur place, car il n&rsquo;y aura jamais de budget piges suffisant et surtout quelque soit la manière dont il est réparti, cela ne répondra pas ou mal aux besoins du site, et ne satisfera pas le pigiste.</p>
<p>Alexis Madrigal prend une première hypothèse: le site consacre l&rsquo;ensemble de son budget piges (il prend pour exemple, un budget de 1000$/mois) soit 1000$ pour un seul article. Le pigiste qui aura été payé 1$ du mot (soit grosso modo 250$ du feuillet) sera satisfait, mais problème : si l&rsquo;on a la qualité, on n&rsquo;a plus la quantité, et donc en cascade perte de trafic et capacité à être un &laquo;&nbsp;nœud&nbsp;&raquo;, c&rsquo;est-à-dire un lieu suffisamment intéressant pour attirer les internautes.</p>
<p>Deuxième hypothèse, le même budget est réparti entre deux journalistes pigistes [donc 500$ chacun] à qui il est demandé de fournir plusieurs articles par semaine, soit environ 24 par mois chacun. Cela peut marcher, mais outre le fait que la qualité risque d&rsquo;être &laquo;&nbsp;inégale&nbsp;&raquo;, il est un autre point que relève Alexis Madrigal:</p>
<blockquote><p>Il est difficile à quelqu&rsquo;un de partager votre approche éditoriale lorsqu&rsquo;il est dans ce type de position</p></blockquote>
<p>Sur un site comme <em>theatlantic.com</em>, résume Felix Salmon :</p>
<blockquote><p>tout le monde fait tout &#8211; y compris rédige. Quand on y travaille, on se rend compte assez rapidement que les choses vont beaucoup plus facilement et rapidement lorsque les &laquo;&nbsp;pièces&nbsp;&raquo; sont entièrement fabriquées en interne plutôt que lorsque vous externalisez la partie écriture à un pigiste. Dans un atelier &laquo;&nbsp;grande vitesse&nbsp;&raquo; comme le site de <em>The Atlantic</em>,<strong> les pigistes ne font que ralentir les choses</strong> [<em>souligné par moi</em>].</p></blockquote>
<p><strong>Plagiaire : le coup de pied de l&rsquo;âne<br />
</strong>Une polémique en suscite toujours d&rsquo;autres. C&rsquo;est le cas avec Nate Thayer qui se voit accusé d&rsquo;être un… plagiaire. Un autre journaliste <a href="http://jeremyduns.blogspot.fr/2013/03/nate-thayer-is-plagiarist.html" target="_blank">Jeremy Duns</a>, a relevé d&rsquo;étranges similitudes entre l&rsquo;article publié sur <em>NK.News.org</em> et un <a href="http://legacy.utsandiego.com/news/world/20061029-9999-1n29kim.html" target="_blank">article publié en 2006 </a>par Mark Ziegler sur le site du <em>San Diego Union-Tribun</em>e. Sans rentrer dans cette autre polémique, et notamment la définition du plagiat que donne Jeremy Duns —&nbsp;&raquo;<em>Cela signifie simplement emprunter des éléments à quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre sans l&rsquo;attribuer</em>&laquo;&nbsp;—, il faut retenir qu&rsquo;<a href="http://www.cjr.org/the_kicker/nate_thayer_freelance_plagiarist.php" target="_blank">une contre-enquête</a> a été menée par Sara Morrison de la <em>Columbia Journalism Review</em>. Elle indique &laquo;&nbsp;qu&rsquo;aussi loin elle puisse l&rsquo;avancer, Thayer a bien interviewé toutes les personnes qu&rsquo;il cite dans son article&nbsp;&raquo; et donc n&rsquo;a pas fait d&rsquo;emprunt dans l&rsquo;article de Mark Ziegler. Fin de l&rsquo;histoire ?</p>
<p>Pour aller plus loin</p>
<p>Le <a href="https://www.magnetmail.net/actions/email_web_version.cfm?recipient_id=699462885&amp;message_id=2523507&amp;user_id=NJG_Atlan&amp;group_id=0&amp;jobid=13303265" target="_blank">mot d&rsquo;excuse </a>de James Bennet, le directeur de <em>The Atlantic.</em></p>
<p>Un article très synthétique, <em><a href="http://www.journalismfestival.com/news/the-real-meaning-of-free-in-freelancer/" target="_blank">The real meaning of &lsquo;free&rsquo; in freelancer,</a></em> sur le site du Festival international de journalisme de Pérouse [<em>consultable aussi en italien</em>].</p>
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		<title>The Magazine : éloge de la simplicité</title>
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		<pubDate>Sun, 03 Mar 2013 22:56:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Mentre</dc:creator>
				<category><![CDATA[journalisme innovations]]></category>
		<category><![CDATA[Craig Mod]]></category>
		<category><![CDATA[iPad]]></category>
		<category><![CDATA[iPhone]]></category>
		<category><![CDATA[Marco Arment]]></category>
		<category><![CDATA[The Magazine]]></category>
		<category><![CDATA[TypeEngine]]></category>

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		<description><![CDATA[Six articles par numéro, des photos ou des illustrations fortes, des titres sobres, une édition impeccable, un prix bas… Marco Arment a-t-il trouvé les clés du succès avec The Magazine, une publication destinée en premier lieu à l&#8217;iPad ? Peut-être, &#8230; <a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/2013/03/03/the-magazine-eloge-de-la-simplicite/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Six articles par numéro, des photos ou des illustrations fortes, des titres sobres, une édition impeccable, un prix bas… Marco Arment a-t-il trouvé les clés du succès avec <em>The Magazine</em>, une publication destinée en premier lieu à l&rsquo;iPad ? Peut-être, mais s&rsquo;il fait pour l&rsquo;instant la course en tête sur le marché des &laquo;&nbsp;publications minimalistes&nbsp;&raquo;, déjà la concurrence s&rsquo;organise. </strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2013/03/Capture-d’écran-2013-03-03-à-18.13.41.png"><img class="aligncenter  wp-image-6508" title="Un article de The Magazine" alt="Un article de The Magazine" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2013/03/Capture-d’écran-2013-03-03-à-18.13.41.png" width="581" height="434" /></a></p>
<p style="text-align: left;"><span style="text-align: left;">Le titre, par sa fausse évidence, est trompeur : <em>The Magazine</em> ; comme si l&rsquo;on avait à faire à l&rsquo;un de ses innombrables <em>ePubs</em> mal fagotés qui encombrent les kiosques des smartphones et des tablettes. La couverture l&rsquo;est tout autant. Dans le [</span><em style="text-align: left;">Newsstand</em><span style="text-align: left;">] de l&rsquo;iPad ou de l&rsquo;iPhone rien ne distingue réellement la publication de ses concurrents. Pourtant, <em>The Magazine</em> est le résultat de choix radicaux et suffisamment séduisants pour revendiquer après mois de six mois d&rsquo;existence 25.000 abonnés, ce qui lui permet de dégager des bénéfices. </span></p>
<p style="text-align: left;"><strong>1 &#8211; La simplicité</strong></p>
<p style="text-align: left;">L&rsquo;homme derrière <em>The Magazine</em> s&rsquo;appelle Marco Arment. Il est le concepteur d&rsquo;Instapaper, un système d&rsquo;archivage en ligne, dont la simplicité d&rsquo;usage fait le succès. Pour autant, comme il le reconnaît lui-même rien ne le prédestinait à lancer un magazine, qui plus est sur tablette. D&rsquo;ailleurs, à écouter les augures, tout aurait du le décourager : rentabilité impossible, complexité —et coût— de la conception et du développement, difficulté à trouver des abonnés, etc. L&rsquo;illustration parfaite de cette &laquo;&nbsp;mission impossible&nbsp;&raquo; était symbolisée par l&rsquo;échec de<em> The Daily,</em> un quotidien sur l&rsquo;iPad lancé à grands frais par Rupert Murdoch et qui semblait avoir tous les atouts pour s&rsquo;imposer : l&rsquo;appui du plus grand groupe media mondial, News Corp, une équipe rédactionnelle imposante… Pourtant, c&rsquo;est au moment même où <em>The Daily</em>  vacillait [<em>le <a href="http://www.thedaily.com/" target="_blank">dernier numéro</a> sera publié en décembre 2012</em>] que Marco Arment lançait, en octobre 2012, le premier exemplaire de son nouveau-né.<span id="more-6500"></span></p>
<p style="text-align: left;"><em>The Magazine</em> a été conçu autour de quelques principes simples :</p>
<ul>
<li>être une publication de qualité, et pour cela Marco Arment a fait appel à un rédacteur en chef expérimenté, <a href="http://glennf.com/" target="_blank">Glenn Fleishman</a> [<em>il écrit pour</em> Babbage Blog, <em>le blog technologie/science de</em> The Economist<em>, mais fait aussi bien d'autres choses</em>] et  à des bons auteurs rémunérés relativement correctement (800$ la pige, soit environ 600€), des photos et des illustrations de qualité;</li>
<li>ne publier qu&rsquo;entre cinq et six articles par numéro, ce qui est peu, et en choisissant une forme d&rsquo;épure, puisque ne sont publiés que —quelques— articles longs; il n&rsquo;y a dans <em>The Magazin</em>e aucune brève, article court ou éditorial;</li>
<li>ne pas succomber à la mode du multimédia, car explique-t-il une <em>tablet-native</em> ne l&rsquo;exige absolument pas. Au contraire, c&rsquo;est le domaine de la liberté, et il n&rsquo;existe pas de modèle</li>
<li>une parution bimensuelle;</li>
<li>une publication sur les seuls iPhone et iPad qui tournent sous la version iOS 6. Un choix radical mais qui simplifie le développement technique;</li>
<li>le choix d&rsquo;être publié dans le <em>Newsstand,</em> alors qu&rsquo;il pourrait sembler plus intéressant de développer une application propre, s&rsquo;explique par un soucis de visibilité: l&rsquo;app. n&rsquo;est pas noyée parmi des centaines de milliers d&rsquo;autres;</li>
<li>un modèle économique simplissime : pas de publicité [<em>donc, pas de frais de régie, pour une rentabilité très aléatoire</em>] et un tarif unique d&rsquo;abonnement : 1,99 $ [1,52] mensuel, qui inclue donc l&rsquo;achat de deux numéros et l&rsquo;accès à l&rsquo;ensemble des archives.</li>
</ul>
<p>L&rsquo;affaire est-elle rentable ? Jacob Goldstein de <em>PlanetMoney</em> [NPR] <a href="http://www.npr.org/blogs/money/2013/02/21/172588471/how-to-start-a-magazine-and-make-a-profit" target="_blank">a fait les calculs</a>:</p>
<ul>
<li><strong>Côté recettes</strong> : 25.000 abonnés [<em>chiffre fourni par Marco Arment</em>] payent mensuellement 1,99$. Ils génèrent un chiffre d&rsquo;affaires mensuel d&rsquo;environ 50.000$ [38.000€], desquels il faut retrancher les 30% ponctionnés par Apple. Cela laisse à l&rsquo;éditeur environ 35.000$ par mois [27.000€].</li>
<li><strong>Côté dépense</strong>s : chaque numéro coûte environ 10.000$ [7.700€], dont 4.000$ [3.000€] aux auteurs et le solde aux photographes, illustrateurs, secrétaires de rédaction, etc.</li>
</ul>
<p>Le solde bénéficiaire mensuel serait donc d&rsquo;environ 15.000$ par mois [11.000€]. Pas mal, pour un magazine qui, rappelons-le, n&rsquo;existe que depuis six mois.</p>
<p>Mais bien sûr tout n&rsquo;est pas aussi simple.</p>
<p><strong>2 &#8211; l&rsquo;ouverture</strong></p>
<p>Il ne faut pas se fier à la simplicité apparente de <em>The Magazine</em>. Sans doute Marco Arment se défend-il de vouloir réinventer le journalisme, n&rsquo;étant pas lui-même journaliste et affirmant ne pas connaître très bien les médias. Il n&rsquo;empêche. Il montre qu&rsquo;il est encore possible d&rsquo;inventer en terme d&rsquo;éditorial, de technique et de modèle économique. Il est vrai qu&rsquo;il bénéficie de l&rsquo;avantage de l&rsquo;outsider, dont l&rsquo;imagination n&rsquo;est pas bridée par le poids du passé.</p>
<p>Mais chevau-léger de l&rsquo;édition, il est malgré tout rattrapé par quelques pesanteurs, dont l&rsquo;une des plus importante est la question de l&rsquo;ouverture sur le web.</p>
<p>En théorie, <em>The Magazin</em>e n&rsquo;est publié que sur le <em>Newsstand</em> des iPad, iPhone et autres iPod. &laquo;&nbsp;N&rsquo;était&nbsp;&raquo; serait plus juste, car désormais il existe un <a href="http://the-magazine.org/" target="_blank">site web</a>, que je qualifierai de &laquo;&nbsp;minimaliste&nbsp;&raquo;, mais qu&rsquo;importe, le pont est désormais établi entre les deux univers. Parallèlement, Marco Arment a modifié légèrement son <em>paywall</em>. Désormais il est possible de lire —sans être abonné et sans s&rsquo;inscrire sur le site— un article par mois et cet article peut même être sauvegardé sur… Instapaper. Ensuite, apparaît le bulletin d&rsquo;abonnement.</p>
<p>Cette évolution a été provoquée par le fait que Marco Arment s&rsquo;est rendu compte qu&rsquo;il était impossible de ne pas &laquo;&nbsp;faire partie de la conversation&nbsp;&raquo; et qu&rsquo;à cet égard un mur payant étanche était contreproductif. Un article de Jamelle Bouie devait servir de déclencheur.</p>
<p>Les auteurs de <em>The Magazine</em> peuvent publier leurs articles sur leur blog après un délai de 30 jours. C&rsquo;est ce que fit Jamelle Bouie, un journaliste afro-américain, avec son article <em><a href="http://jamellebouie.net/blog/2013/2/3/and-read-all-over" target="_blank">And Read All Over</a>.</em> Il y soulignait que le journalisme <em>high tech</em> aux États-Unis restait l&rsquo;affaire d&rsquo;hommes blancs, ce qui provoqua une vive et publique discussion [<em>on peut en trouver trace<a href="http://www.theatlanticwire.com/technology/2013/02/how-white-male-tech-writers-feed-silicon-valley-myth-meritocracy/61821/" target="_blank"> dans ce Storify </a>réalisé par Wired</em>]. Or, remarque Marco Arment &laquo;&nbsp;<em>The Magazine</em> n&rsquo;en fit pas partie&nbsp;&raquo; et <a href="http://www.marco.org/2013/02/24/the-magazine-sharing" target="_blank">d&rsquo;analyser</a>:</p>
<blockquote><p>Je pense que la principale raison pour laquelle la discussion ne s&rsquo;est pas produite lorsque nous avons publié <em>[cet article]</em> tient au fait que le partage de liens sur les articles du <em>Magazine</em> n&rsquo;est pas réellement attractif. Si vous partagez un lien, ceux qui cliqueront dessus ne verront qu&rsquo;un teaser tronqué. Quelques uns souscriront et liront la suite, mais la plupart seront bloqués et abandonneront, comme nous, internautes, avons tendance à faire. Nombre de ceux qui suivent de nombreuses personnes <em>[claire allusion aux "curateurs" qui ont une importance déterminante dans le web aujourd'hui]</em> s&rsquo;en rendront rapidement compte, et, tout naturellement, éviteront de mettre des liens renvoyant à nos articles.</p></blockquote>
<p>On pourra remarquer au passage le pragmatisme de Marco Arment ainsi que sa rapidité de réaction: il ne s&rsquo;est écoulé que quelques semaines entre le constat de cette faiblesse dans le modèle du <em>Magazine</em> et l&rsquo;élaboration et la mise en place d&rsquo;une solution technique.</p>
<p><strong>3 &#8211; Concurrents ou copieurs ?</strong></p>
<p><em>The Magazine</em> s&rsquo;inscrit dans un courant minimaliste dont la figure de proue en terme de graphisme est Craig Mod [<em>auteur entre autres de</em> Hack the Cover <em>et de </em>Books in the Age of the iPad] dont le post <em><a href="http://craigmod.com/journal/subcompact_publishing/" target="_blank">Subcompact Publishing</a></em> est sans doute l&rsquo;une des réflexions les plus abouties à l&rsquo;heure actuelle sur ce que cela signifie publier sur une tablette. Dans ce cadre, <em>The Magazine</em> bénéficie sans aucune doute de la &laquo;&nbsp;prime au premier entrant&nbsp;&raquo;, <a href="http://pandodaily.com/2013/03/02/calm-down-marco-micropublishing-is-about-more-than-just-the-magazine/" target="_blank">comme le fait remarquer</a> Hamish McKenzie dans <em>PandoDaily</em>. Or, il se trouve que The Magazine n&rsquo;est plus seul sur son marché. Des sociétés comme <a href="http://29.io/" target="_blank"><em>29th Street Publishing</em></a> propose déjà de créer des applications pour iOS [<em>par exemple,</em> <a href="http://mauramagazine.com/" target="_blank">Maura Magazine</a>, <em>créé par Maura Johnston une ancienne de</em> Gawker <em>et de</em> Village Voice] ou encore <a href="http://typeengine.net/" target="_blank"><em>TypeEngine,</em></a> qui semble s&rsquo;inspirer très étroitement de<em> The Magazine</em>, comme on peut en juger ci-dessous :</p>
<div id="attachment_6518" class="wp-caption aligncenter" style="width: 689px"><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2013/03/Capture-d’écran-2013-03-03-à-22.42.59.png"><img class="size-full wp-image-6518" alt="comparatif The Magazine/TypeEngine" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2013/03/Capture-d’écran-2013-03-03-à-22.42.59.png" width="679" height="353" /></a><p class="wp-caption-text">À gauche l&rsquo;application de The Magazine pour l&rsquo;iPad, à droite, la proposition de TypeEngine pour l&rsquo;iPhone. La ressemblance est troublante.</p></div>
<p>La ressemblance a en tout cas fait bouillir Marco Arment. Sous le titre explicite<a href="http://www.marco.org/2013/03/02/type-engine" target="_blank"> </a><em><a href="http://www.marco.org/2013/03/02/type-engine" target="_blank">Did we just rip off Marco Arment and The Magazine?</a> </em>[<em>grosso modo : "Avons-nous arnaqué Marco Arment et </em>The Magazine] il écrit dans son blog que ceux qui pensent qu&rsquo;il suffit de copier l&rsquo;apparence [<em>les notes sous forme de pop-up, les titres centrés, les liens marqués en rouge, etc.</em>] ou la technologie utilisée [<em>on apprend au passage que </em>The Magazine<em> utilise <a href="http://daringfireball.net/projects/markdown/" target="_blank">Markdown</a>, et que le processus d'édition continue après la publication</em>]<em> </em>se trompent. L&rsquo;app n&rsquo;est que le contenant, et tout se jouerait sur le contenu.<em><br />
</em></p>
<p>Peut-être… Mais il est certain que <em>The Magazine</em> va voir apparaître de nombreux concurrents. <em>TypeEngine</em> ambitionne en effet d&rsquo;être le <em>WordPress</em> de ce type de publications minimalistes [<em>très proches du <a href="http://pandodaily.com/2012/12/03/get-ready-for-the-age-of-premium-micropublishing/" target="_blank">micropublishing</a></em>]. Rien de moins.</p>
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		<title>La presse quotidienne nationale en débat</title>
		<link>http://www.themediatrend.com/wordpress/2013/02/08/la-presse-quotidienne-nationale-en-debat/</link>
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		<pubDate>Fri, 08 Feb 2013 14:56:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Mentre</dc:creator>
				<category><![CDATA[journalisme état des lieux]]></category>
		<category><![CDATA[Google]]></category>
		<category><![CDATA[L'Équipe]]></category>
		<category><![CDATA[Le Figaro]]></category>
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		<category><![CDATA[Les Échos]]></category>
		<category><![CDATA[Libération]]></category>
		<category><![CDATA[PQN]]></category>

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		<description><![CDATA[Les dirigeants des principaux titres de la presse quotidienne nationale (PQN) étaient réunis ce vendredi matin, 8 février 2013, pour débattre de leurs difficultés, mais aussi et surtout de leur projets. Déclinaison des titres sur les tablettes, place de la &#8230; <a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/2013/02/08/la-presse-quotidienne-nationale-en-debat/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Les dirigeants des principaux titres de la presse quotidienne nationale (PQN) étaient réunis ce vendredi matin, 8 février 2013, pour débattre de leurs difficultés, mais aussi et surtout de leur projets. Déclinaison des titres sur les tablettes, place de la publicité, érection de paywalls, accord avec Google… tout cela résumé en suivant #IlovePQN et grâce à Storify.</strong><strong><span id="more-6485"></span></strong></p>
<p><script type="text/javascript" src="//storify.com/mediatrend/ilove-pqn.js?header=false"></script></p>
<noscript>[<a href="//storify.com/mediatrend/ilove-pqn" target="_blank">View the story "#Ilove PQN : La presse quotidienne nationale en débat" on Storify</a>]</noscript>
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		<title>Google et les éditeurs français, ou le voyage de Gulliver à Lilliput</title>
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		<pubDate>Tue, 05 Feb 2013 08:00:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Mentre</dc:creator>
				<category><![CDATA[journalisme état des lieux]]></category>
		<category><![CDATA[Google]]></category>
		<category><![CDATA[IPG]]></category>
		<category><![CDATA[presse]]></category>

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		<description><![CDATA[Du flou, beaucoup de flou… et bien peu de certitudes. L&#8217;accord conclu entre Google et la très discrète Association de la Presse d&#8217;information politique et générale [IPG] suscite de nombreuses interrogations sur son contenu réel et des réactions d&#8217;incompréhension dans la &#8230; <a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/2013/02/05/google-et-les-editeurs-francais-ou-le-voyage-de-gulliver-a-lilliput/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Du flou, beaucoup de flou… et bien peu de certitudes. L&rsquo;accord conclu entre Google et la très discrète Association de la Presse d&rsquo;information politique et générale [IPG] suscite de nombreuses interrogations sur son contenu réel et des réactions d&rsquo;incompréhension dans la presse étrangère, qui a le sentiment d&rsquo;avoir été trahie. </strong></p>
<p><strong> <a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2013/02/gulliver-morten23.jpeg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6460" alt="gulliver" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2013/02/gulliver-morten23.jpeg" width="660" height="1060" /></a><br />
</strong></p>
<blockquote><p>L&rsquo;Empereur tenait fréquemment conseil à mon sujet. Qu&rsquo;allait-on faire de moi? La Cour était dans le pire embarras. Je le sus plus tard par une ami, un haut dignitaire très bien informé. On craignait mon évasion, ou bien une famine car mon appétit pouvait ruiner le pays. On parla donc de me laisser mourir de faim, ou de me cribler les mains et le visage de flèches empoissonnées fort efficaces, mais mon cadavre en décomposition ne pouvait qu&rsquo;infester la capitale et empuantir tout le Royaume. (1)</p></blockquote>
<p>Difficile de résister. L&rsquo;analogie est trop forte avec le voyage de Gulliver dans le royaume de Lilliput, lorsque l&rsquo;on rapproche deux chiffres : 60 millions d&rsquo;euros et 2,1 milliards d&rsquo;euros. Le premier chiffre correspond à la somme que Google déboursera pour financer le fond destiné à assurer la transition des médias français vers le numérique; le second au bénéfice de l&rsquo;entreprise pour le seul quatrième trimestre 2012.</p>
<p><span id="more-6448"></span>Peut-être pour parler de l&rsquo;accord entre Google et les éditeurs français faut-il commencer par montrer cette inégalité dans le rapport des forces et rappeler qu&rsquo;il aura fallu le soutien d&rsquo;un État pour que Google consente à négocier et que les éditeurs obtiennent un financement certes minime, certes contestable, mais bien réel. [Lire dans<em> Challenges</em> le <a href="http://www.challenges.fr/media/20130203.CHA5842/comment-google-et-la-presse-ont-fini-par-s-entendre.html" target="_blank">récit de la négociation</a> par Marc Schwartz, le médiateur choisi par l'État]</p>
<p><strong>L&rsquo;explosion du &laquo;&nbsp;front européen&nbsp;&raquo; des éditeurs de presse</strong></p>
<p>On peut aussi proposer une autre allégorie pour cet accord, comme le propose <a href="http://www.lastampa.it/2013/02/03/cultura/opinioni/editoriali/la-francia-svende-il-futuro-HegWs6WuZtMkxMXoSmYXMK/pagina.html" target="_blank">Gianni Riotta dans <em>La Stampa</em></a> et qui est tout aussi cruelle et que l&rsquo;on pourrait baptiser: &laquo;&nbsp;Vendre son avenir pour un plat de lentilles&nbsp;&raquo;. Il raconte l&rsquo;histoire des Indiens Lenape qui vendirent l&rsquo;île de Manhattan en 1626 aux Hollandais pour 60 gilders [<em>l'équivalent de 24$, valeur 1800</em>]. Une histoire et non une légende, puisque l&rsquo;on en a la trace [<a href="http://www.nnp.org/nnp/documents/schagen_main.html" target="_blank"><em>voir ic</em>i</a>].</p>
<p>Gianni Riotta n&rsquo;a pas de mots assez violents pour dénoncer cet accord, parlant de &laquo;&nbsp;défaite culturelle&nbsp;&raquo;, de &laquo;&nbsp;débacle stratégique&nbsp;&raquo;:</p>
<blockquote><p>La presse française, héritière de Voltaire, d&rsquo;Alembert, Aron, Camus, Hubert Beuve-Méry délégue à un géant américain né en 1997, 17 ans après la mort du philosophe <em>[Jean-Paul]</em> Sartre, l&rsquo;innovation numérique. Elle reconnaît que la seule ressource dont elle dispose encore est le contenu de ses archives et la possibilité de le reproduire (…) et brade l&rsquo;avenir du journalisme, cette prairie vaste et fertile que constitue le journalisme online. C&rsquo;est comme si une nation riche en pétrole avait accordé pour toujours à quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre l&rsquo;usage de ses pipelines. Google (…) emporte haut la main le match de demain, en s&rsquo;assurant que chaque développement numérique de l&rsquo;information à Paris sera estampillé par la marque.</p></blockquote>
<p>Il est vrai que Gianni Riotta, à l&rsquo;instar des éditeurs d&rsquo;autres pays européens peuvent se sentir &laquo;&nbsp;les cocus de l&rsquo;histoire&nbsp;&raquo;. N&rsquo;oublions pas qu&rsquo;un <a href="http://www.numerama.com/magazine/24270-les-journaux-suisses-et-portugais-rejoignent-le-front-de-la-lex-google-maj.html" target="_blank">front commun </a>regroupant les éditeurs allemands, français et italiens, portugais, suisses et belges s&rsquo;était constitué, avec comme axe de travail l&rsquo;institution —par la voie législative— d&rsquo;une <em>Lex Google</em>. Ce projet était porté en France par lobby officiel des éditeurs, l&rsquo;association de la presse d&rsquo;information politique et générale (<a href="http://www.humanite.fr/medias/la-presse-ipg-vient-de-creer-son-association-496722" target="_blank">IPG</a>). Il consistait [<em>en France, il faut en parler au passé</em>] à instituer un nouveau <a href="http://fr.jurispedia.org/index.php/Droits_voisins_du_droit_d'auteur_(fr)" target="_blank">droit voisin</a> du droit d&rsquo;auteur [<em>ici le <a href="https://docs.google.com/viewer?url=http%3A%2F%2Fwww.fnps.fr%2FPublic%2FArticle%2FFile%2Flettre%2520info%2F2012%2Fseptembre%2F106565372-Projet-de-proposition-de-loi-sur-les-droits-voisins-pour-les-organismes-de-presse.pdf" target="_blank">texte du projet de loi</a> proposé par IPG</em>]. Ce projet était aussi supporté par les pouvoirs publics en France, puisque rappelé dans la <a href="http://fr.slideshare.net/Mediatrend/lettre-de-mission-marc-schwartz" target="_blank">lettre de mission</a> qu&rsquo;adressa en novembre 2012, la ministre de la Culture et de la Communication à Marc Schwartz, le médiateur de ce conflit entre Google et le moteur de recherche .</p>
<p>C&rsquo;est cela qui vient de voler en éclats à la suite de &laquo;&nbsp;l&rsquo;accord de l&rsquo;Élysée&nbsp;&raquo;, et explique la colère de Gianni Riotta et l&rsquo;accueil glacé de la presse allemande, pour laquelle cet accord se résume à &laquo;&nbsp;<a href="http://www.faz.net/aktuell/feuilleton/medien/frankreich-pyrrhussieg-der-presse-12048314.html" target="_blank">une victoire à la Pyrrhus</a>&nbsp;&raquo; [<em>Frankfurter Allgemeine Zeitung</em>] ou au fait que &laquo;&nbsp;<a href="http://www.spiegel.de/netzwelt/netzpolitik/google-stellt-franzoesischen-verlagen-60-millionen-euro-bereit-a-881074.html" target="_blank">Google achète gratui</a>t&nbsp;&raquo; [<em>Spiegel Online</em>].</p>
<p>L&rsquo;accord devait susciter une première réaction violente de Christoph Keese du groupe <em>Springer</em> et l&rsquo;un des principaux militants de <em>lex Google</em> en Allemagne. Sur Twitter, il lançait dès le 1er février sont interprétation de l&rsquo;accord: &laquo;&nbsp;<em>l&rsquo;accord</em> <em>en France, comme avant en Belgique, est masqué. Un camouflage. En vérité, des extraits seront financés, </em>[et cela]<em> pour échapper à la loi </em>[comprendre au vote d'une loi].&nbsp;&raquo;</p>
<p>Une attaque à laquelle répondait quasi immédiatement, le responsable de la communication de Google Allemagne affirmant : &laquo;&nbsp;<em>Quelle absurdité ! Google ne paie pas pour des extraits, que ce soit en France ou en Belgique</em>&laquo;&nbsp;. [<em>Ci-dessous, le texte de l'échange</em>]</p>
<blockquote class="twitter-tweet" width="550" lang="fr"><p>@<a href="https://twitter.com/christophkeese">christophkeese</a> So ein Blödsinn! Google zahlt nicht für Snippets, weder in Frankreich noch in Belgien. <a href="https://twitter.com/search/%23LSR">#LSR</a></p>
<p>&mdash; Kay Oberbeck (@KayOberbeck) <a href="https://twitter.com/KayOberbeck/status/297424788002054144">1 février 2013</a></p></blockquote>
<p><script async src="//platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script></p>
<p>Cristoph Keese devait par la suite affiner sa réponse <a href="http://www.presseschauder.de/leistungsschutzrecht-welche-folgen-hat-die-franzosische-einigung-fur-deutschland/" target="_blank">sur son blog</a>. Pour lui, &laquo;&nbsp;camouflage il y a&nbsp;&raquo;:</p>
<blockquote><p>Ni les détails, ni les conditions dans lesquelles ces fonds seront appelés <em>[ne sont connus]</em>, on peut en déduire sans exagération qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un paiement unique à titre de compensation pour l&rsquo;utilisation de contenus <em>[publiés]</em> dans le passé</p></blockquote>
<p>Il pointe là un aspect particulièrement gênant de l&rsquo;accord: son caractère secret. Il s&rsquo;agit en effet d&rsquo;un &laquo;&nbsp;contrat commercial&nbsp;&raquo; entre deux acteurs privés comme l&rsquo;indique le Syndicat de la presse indépendante en ligne [SPIIL], qui s&rsquo;en émeut et souhaite que son contenu soit rendu public [<em><a href="http://www.spiil.org/20130203/spiil-demande-l-accord-google-ipg-soit-rendu-public" target="_blank">communiqué de presse, ici</a></em>]. Cette confidentialité a été réaffirmée par Marc Schwartz, qui a arbitré la négociation au nom de l&rsquo;État [<em>il a notamment été choisi par <a href="http://www.strategies.fr/actualites/medias/188297W/david-kessler-rejoint-l-elysee.html" target="_blank">David Kessler</a>, conseiller médias auprès du président de la République</em>]. Dans une <a href="http://www.challenges.fr/media/20130203.CHA5842/comment-google-et-la-presse-ont-fini-par-s-entendre.html" target="_blank">interview à <em>Challenges</em></a>, il insiste:  le &laquo;&nbsp;contenu de l&rsquo;accord n&rsquo;est pas public&nbsp;&raquo;.</p>
<p><strong>&laquo;&nbsp;Un événement mondial&nbsp;&raquo;. Vraiment ?</strong></p>
<p>Ce secret pourrait s&rsquo;admettre si l&rsquo;on considéreait qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un contrat purement privé, et admettre que dans ce cas Google pourrait bien faire ce qu&rsquo;il veut de son argent sans en rendre compte à quiconque, aucun argent public n&rsquo;étant en jeu. Mais est-ce le cas? L&rsquo;Etat s&rsquo;est impliqué au plus haut niveau dans la négociation et la conclusion de l&rsquo;accord. François Hollande —en pleine guerre du Mali— a pris la peine de venir annoncer l&rsquo;évènement, [<em>"un événement mondial", s'est-il enflammé</em>] en présence des deux ministres en charge du dossier, Aurélie Filippetti pour la culture et la communication et Fleur Pellerin pour le numérique. Difficile de donner plus de poids.</p>
<p>Ce n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pas le seul point de flou. Il en existe deux autres</p>
<ul>
<li>l&rsquo;accord prévoit la création d&rsquo;un fond, financé à hauteur de 60 millions par Google, destiné à assurer la transition des médias français vers le numérique. Cependant, on ignore si ce fond, lorsqu&rsquo;il sera épuisé, sera de nouveau doté. François Hollande a cultivé une souriante ambiguïté, lors de la conférence de presse de présentation de l&rsquo;accord : &laquo;&nbsp;Lorsque le fonds sera épuisé, nous nous retrouverons pour une prochaine conférence de presse avec le président de Google&nbsp;&raquo;. Eric Schmidt se contentant de répondre : &laquo;&nbsp;Oui, c’est ce qu’on fera&nbsp;&raquo;.</li>
<li>qui seront les bénéficiaires de l&rsquo;accord ? En théorie n&rsquo;est concernée que la presse d&rsquo;Information politique et générale, représentée par l&rsquo;association IPG, et Frédéric Filloux dans sa <em><a href="http://www.mondaynote.com/2013/02/03/the-google-fund-for-the-french-press/" target="_blank">Monday Note</a> </em>estime à &laquo;&nbsp;150 le nombre de sites membres d&rsquo;IPG qui seront éligibles&nbsp;&raquo; ["<em>About 150 websites members of the IPG association will be eligible for submission</em>"]. Déjà, le SPIIL, qui représente les sites <em>online</em>, et qui n&rsquo;a pas été partie prenante des discussions craint des distorsions de concurrence. Il n&rsquo;est sans doute pas le seul acteur dans ce cas, d&rsquo;autant que l&rsquo;on ignore qui siégera au conseil d&rsquo;administration et quels seront les clés de répartition. La réponse de Nathalie Collin, vice-présidente du <em>Nouvel Observateur,</em> qui a dirigé les négociations côté IPG, dans l&rsquo;<a href="http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/tech-medias/interview/0202542986804-n-collin-et-m-schwartz-la-valeur-des-contenus-produits-par-la-presse-est-enfin-reconnue-534652.php" target="_blank">interview croisée </a>quelle a accordée avec Marc Schwartz aux<em> Echos n&rsquo;est pas vraiment rassurante </em>? À la question de Fabienne Schmidt sur d&rsquo;éventuels conflits d&rsquo;intérêts, elle fait cette réponse lénifiante :</li>
</ul>
<blockquote><p>Il m&rsquo;a été proposé de prendre la présidence de ce fonds. Je ne sais pas si je l&rsquo;accepterai mais, ce que je peux dire, c&rsquo;est que c&rsquo;est le conseil d&rsquo;administration qui prendra les décisions et non pas une seule personne. Et s&rsquo;il devait porter un avis sur un projet porté par l&rsquo;un de ses membres, j&rsquo;imagine que celui-ci ne participerait pas au vote.</p></blockquote>
<p>Seule certitude : un représentant de Google siégera dans ce Conseil d&rsquo;administration.</p>
<p><strong>Où l&rsquo;on reparle de la &laquo;&nbsp;Google dépendance&nbsp;&raquo;</strong></p>
<p>Si Google peut s&rsquo;estimer satisfait d&rsquo;un accord qui lui évite d&rsquo;être soumis à une loi qui l&rsquo;aurait obligé à rémunérer sous une forme ou une autre les contenus de presse, il peut aussi se targuer d&rsquo;être —par la magie de cet accord— devenu le partenaire incontournable [<em>pour une fois, ce mot l'est… "incontournable"</em>] de la presse dans son évolution vers le numérique.</p>
<p>Certes, les éditeurs gagnent aussi un accès à certaines technologies, à du conseil et à de la formation de la part de Google, mais cette médaille a un revers : d&rsquo;une part, il installe Google comme interlocuteur unique [<em>Par exemple, je souhaite bien du courage aux représentants de Bing, le moteur de recherche de Microsoft, lorsqu'ils proposeront leurs solutions aux éditeurs de presse</em>], et d&rsquo;autre part, il ne peut qu&rsquo;accroître la &laquo;&nbsp;Google dépendance&nbsp;&raquo; des éditeurs. Mais là-dessus tout a déjà été dit, par exemple dans cet article de<em> Télérama</em>, titré <em><a href="http://www.telerama.fr/medias/faut-il-vraiment-se-r-jouir-de-l-accord-entre-google-et-la-presse,93018.php" target="_blank">Faut-il vraiment se réjouir de l&rsquo;accord entre Google et la presse?</a> </em></p>
<p>En tout cas, pour ceux qui croiraient aux mirages, Louis Dreyfus, le président du Directoire du Monde avertit: <a href="http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/emmanuel-berretta/louis-dreyfus-l-accord-avec-google-ne-sauvera-pas-la-presse-02-02-2013-1623139_52.php" target="_blank">L<em>&lsquo;accord avec Google ne sauvera pas la presse</em></a></p>
<p><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2013/02/mirage-1.jpeg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6450" alt="mirage" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2013/02/mirage-1.jpeg" width="550" height="230" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Notes</strong></p>
<ol>
<li>Jonathan Swift,<em> Voyage à Lilliput</em>, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, Paris, 1965, p. 43.</li>
</ol>
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		<title>La naissance de la short-video</title>
		<link>http://www.themediatrend.com/wordpress/2013/01/27/la-naissance-de-la-short-video/</link>
		<comments>http://www.themediatrend.com/wordpress/2013/01/27/la-naissance-de-la-short-video/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 27 Jan 2013 18:11:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Mentre</dc:creator>
				<category><![CDATA[journalisme innovations]]></category>
		<category><![CDATA[journalisme visuel]]></category>
		<category><![CDATA[réseaux sociaux]]></category>
		<category><![CDATA[Capture]]></category>
		<category><![CDATA[Tout]]></category>
		<category><![CDATA[Twitter]]></category>
		<category><![CDATA[Vine]]></category>
		<category><![CDATA[YouTube]]></category>

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		<description><![CDATA[L'école de Journalisme de Sciences Po organisait le lundi 10 décembre 2012, une journée consacrée aux nouvelles pratiques du journalisme. En voici une trace grâce à ce Storify "work in progress" qui devrait donc s'enrichir progressivement tout au long de la journée. <a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/2013/01/27/la-naissance-de-la-short-video/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/?attachment_id=6422" rel="attachment wp-att-6422"><img class="aligncenter size-full wp-image-6422" alt="tout-capture-vine" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2013/01/photo.jpg" width="640" height="236" /></a></p>
<p><strong>Elles sont trois. Elles marquent sans aucun doute une évolution majeure dans la iVidéographie, qui est à la vidéo ce qu&rsquo;est l&rsquo;iPhotographie à la photo. Il s&rsquo;agit de ces trois applications qui viennent d&rsquo;être lancées quasi simultanément : <em>Tout</em>, <em>Capture</em> de Youtube-Google et<em> Vine</em> par Twitter.</strong></p>
<p>Toutes trois permettent l&rsquo;éclosion d&rsquo;un nouveau langage vidéo, et renforcent encore la place de la vidéo dans les modes de narration. Chacune a ses particularités, ses avantages et ses inconvénients, mais toutes trois partagent trois caractéristiques :</p>
<ul>
<li>n&rsquo;exister que par ou pour le smartphone (pour l&rsquo;instant, l&rsquo;iPhone, et Androïd pour Tout)</li>
<li>imposer un format court aux vidéos que l&rsquo;on réalise : entre 6 et 15 secondes</li>
<li>permettre un partage immédiat sur les réseaux sociaux</li>
</ul>
<p>Maintenant revue de détails, en suivant l&rsquo;ordre chronologique d&rsquo;apparition :</p>
<p><strong><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/?attachment_id=6429" rel="attachment wp-att-6429"><img class="alignleft  wp-image-6429" alt="Tout" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2013/01/Capture-d’écran-2013-01-27-à-12.16.40.png" width="77" height="77" /></a>1 &#8211; Tout</strong></p>
<p><em>Tout</em> est le service le plus ancien. Il a été lancé en avril 2012 par Michael Downing. Son idée repose sur un principe simple, qu&rsquo;il <a href="Not everybody has witty and well-crafted writing skills to express themselves in blogs or Tweets, but we all have unique visual perspective and, these perspectives will be the basis of a new form of conversation and storytelling moving forward" target="_blank">explique ainsi</a> :</p>
<blockquote><p>Certains moments dans la vie ne peuvent être expliqué par le texte. <em>Tout</em> raconte la vie telle qu&rsquo;elle est, en couleur et en son, et s&rsquo;oppose ainsi à la vie &laquo;&nbsp;telle qu&rsquo;elle est écrite en 140 signes ou moins&nbsp;&raquo; (…) Tout le monde n&rsquo;a pas l&rsquo;esprit ni les compétences pour s&rsquo;exprimer dans des blogs ou des tweets, mais nous avons chacun un regard <em>[</em>"<em>perspective</em>"<em>]</em> qui nous est propre et ces regards constitueront la base d&rsquo;une nouvelle forme de conversation et de narration.<span id="more-6421"></span></p></blockquote>
<p><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/?attachment_id=6424" rel="attachment wp-att-6424"><img class="alignleft size-medium wp-image-6424" alt="flux #wordstream du WSJ sur Tout" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2013/01/photo-1-200x300.png" width="200" height="300" /></a>Un media va immédiatement mesurer le potentiel de ce nouvel outil de narration, le… <em>Wall Street Journal</em>. Il va créer un &laquo;&nbsp;stream&nbsp;&raquo;, en fait un blog, baptisé pour l&rsquo;occasion <a href="http://stream.wsj.com/story/world-stream/SS-2-44156/" target="_blank">Worldstream</a> et demander à chacun de ses journalistes (équipé d&rsquo;un smartphone) de l&rsquo;alimenter. Le WSJ triche en ce sens qu&rsquo;il a travaillé avec <em>Tout</em> pour que ses journalistes puissent produire des vidéos de 45 secondes, et aussi que des éditeurs puissent visionner les vidéos avant publication et éventuellement modifier les légendes et les hashtags [<em>mot-dièses</em>]. [<em>plus de détails <a href="http://www.niemanlab.org/2012/08/the-wall-street-journal-wants-its-reporters-filing-microvideo-updates-for-its-new-worldstream/" target="_blank">ici</a> et <a href="http://www.journalism.co.uk/news/how-wall-street-journal-reporters-are-sharing-mobile-phone-videos-to-worldstream/s2/a550221/" target="_blank">là</a></em>].</p>
<p>Initialement, Michael Downing opposait le mode de narration textuel de Twitter et celui visuel de <em>Tou</em>t. Mais en quelques mois, il a mis de l&rsquo;eau dans son vin. Cela était flagrant lorsqu&rsquo;il est venu à l&rsquo;école de Journalisme de Sciences Po, le 10 décembre 2012, lors de la journée consacrée aux &laquo;&nbsp;Nouvelles pratiques du journalisme&nbsp;&raquo; [<em>lire <a href="http://storify.com/mediatrend/npdj12-les-nouvelles-pratiques-du-journalisme" target="_blank">ici </a>et <a href="http://blog.slate.fr/labo-journalisme-sciences-po/2012/12/10/npdj12-les-6-tendances-du-journalisme-numerique/" target="_blank">là</a></em>]. Il soulignait lors de son intervention que les <em>tout</em> pouvaient être partagée immédiatement sur Twitter [<em><a href="http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&amp;v=6pIMM_s4RiY" target="_blank">vidéo ici</a> —à partir de 20 secondes—, qualité médiocre</em>].</p>
<p>Mais question : <em>Tout</em> a été un pionnier, survivra-t-il aux deux autres apps, lancées par Youtube et Twitter.</p>
<p><strong><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/?attachment_id=6431" rel="attachment wp-att-6431"><img class="alignleft  wp-image-6431" title="Capture" alt="capture" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2013/01/Capture-d’écran-2013-01-27-à-12.16.49.png" width="80" height="77" /></a>2 &#8211; Capture</strong></p>
<p>Capture fait partie de ces applications —gratuites— proposées par Google pour l&rsquo;iPhone. Il ne faut pas s&rsquo;étonner qu&rsquo;elle ne soit encore disponible que pour l&rsquo;iPhone, car elle participe à la <a href="http://www.wired.com/business/2012/12/google-wont-leave-apple/" target="_blank">stratégie </a>dite du &laquo;&nbsp;Cheval de Troie&nbsp;&raquo; que poursuit ce groupe pour pénétrer à l&rsquo;intérieur de l&rsquo;iOS d&rsquo;Apple. Elle a été lancée le 17 décembre 2012.</p>
<p><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/?attachment_id=6434" rel="attachment wp-att-6434"><img class="alignleft size-medium wp-image-6434" alt="l'interface de capture - Youtube" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2013/01/capture1-200x300.png" width="200" height="300" /></a>L&rsquo;interface de <em>Capture</em> est très simple : un écran avec un gros bouton rouge qui déclenche l&rsquo;enregistrement, à moins que l&rsquo;on n&rsquo;ait pris le soin dans ses réglages, de choisir le mode &laquo;&nbsp;automatique&nbsp;&raquo;. Dans ce cas, la prise de vue se déclenchera lorsque l&rsquo;on mettra l&rsquo;iPhone à l&rsquo;horizontal. Une fois celle-ci réalisée, on se retrouve avec une interface très sobre, qui permet  de l&rsquo;ajouter sur son compte Youtube ou de la partager sur les réseaux sociaux (il faut bien sûr les configurer avant, mais c&rsquo;est simplissime). Mais avant de faire cela, il est possible d&rsquo;éditer la vidéo en ajoutant un titre  et en appuyant sur l&rsquo;icône &laquo;&nbsp;baguette magique&nbsp;&raquo; à gauche [<em>sur la capture d'écran</em>], de la stabiliser et de la couper.</p>
<p>L&rsquo;application ouvre la voie à d&rsquo;autres possibilités, notamment de travail collectif. On peut très bien imaginer plusieurs journalistes couvrant un événement et envoyant leurs &laquo;&nbsp;<em>capture</em>&nbsp;&raquo; sur un compte commun, ces vidéos étant rapidement éditées et montées grâce à l&rsquo;outil &laquo;&nbsp;<a href="http://www.youtube.com/editor" target="_blank">editor</a>&nbsp;&raquo; de Youtube. On retrouve ici, l&rsquo;esprit de travail participatif et collectif que permet déjà l&rsquo;outil en open source <em><a href="http://corp.kaltura.com/" target="_blank">Kaltura</a></em>, mais avec la puissance et la facilité d&rsquo;usage de Youtube.</p>
<p>Pour l&rsquo;instant, il est encore trop tôt pour connaître le succès de cette application et son usage, qui demeure —si j&rsquo;ose dire— &laquo;&nbsp;classique&nbsp;&raquo;, en ce sens, que par défaut on filme à l&rsquo;horizontale [<em>en vidéo, il n'est vraiment pas recommandé de filmer à la verticale</em>] puisque c&rsquo;est le mode de déclenchement de la prise de vue, et surtout que l&rsquo;on ne peut pas créer d&rsquo;animation. C&rsquo;est ici qu&rsquo;il faut parler du coup de génie de Twitter : <em>Vine</em></p>
<p><strong><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/?attachment_id=6436" rel="attachment wp-att-6436"><img class="alignleft  wp-image-6436" title="Vine de Twitter" alt="Vine de Twitter" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2013/01/Capture-d’écran-2013-01-27-à-12.16.55.png" width="79" height="77" /></a>3 &#8211; Vine</strong></p>
<p>C&rsquo;est peut dire que Vine est récent, son lancement s&rsquo;étant fait le jeudi 24 janvier 2013 [<em>en fait, Vine est une start up newyorkaise, <a href="http://techcrunch.com/2012/10/09/if-twitter-gets-into-the-video-hosting-game-it-could-be-a-wonderful-and-horrible-thing/" target="_blank">rachetée par Twitter en octobre 2012</a></em>] Mais elle propose une approche différente de la &laquo;&nbsp;<em>short video</em>&nbsp;&raquo; [<em>je ne sais pas trop comment appeler ce nouveau type de format : "vidéo-courte" ?</em> ]. D&rsquo;abord, parce que les vidéos qui sont réalisées sont intégrées directement dans Twitter [<em>même si l'app est pour le moment distincte de l'application Twitter</em>], mais aussi par deux innovations majeures :</p>
<ul>
<li>le format carré qui semble parfaitement adapté au format de lecture sur un smartphone, si l&rsquo;on compare les vidéos prises en 16/9 ou 4/3, en ce sens qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de pertes sur les côtés (ou en haut et en bas), et qu&rsquo;il devient inutile de lire la vidéo en passant l&rsquo;appareil à l&rsquo;horizontal. Deuxième avantage, lors de la prise de vue, qu&rsquo;importe la manière dont l&rsquo;appareil est positionné, celle-ci sera d&rsquo;une qualité égale.</li>
<li>la prise de vue qui peut se faire en continu (6 secondes) ou par séquence [en appuyant sur l'écran] ce qui permet de faire de petites animations. Bref c&rsquo;est la vidéo avec l&rsquo;esprit du Gif.</li>
</ul>
<p>Le résultat est surprenant. Pour l&rsquo;instant, peu de monde encore est passé à <em>Vine,</em> mais ce que produit Jack Dorsey, l&rsquo;un des fondateurs de Twitter, [@jack <em>à suivre </em><a href="https://twitter.com/jack" target="_blank"><em>ici sur Twitter</em>]</a> illustrent les possibilités de l&rsquo;outil : captures d&rsquo;écran, mises en scène où des personnages se déplacent, images de la mer qui se brise sur un rocher et passe en boucle… Le <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/01/25/vine-twitter-videos-exemples-application_n_2548432.html" target="_blank"><em>HuffPo</em> a repéré</a> de son côté plusieurs &laquo;&nbsp;<em>vine</em>&nbsp;&raquo; intéressants.</p>
<p>Signes que &laquo;&nbsp;la mayonnaise prend&nbsp;&raquo;, d&rsquo;une part Facebook <a href="http://www.huffingtonpost.com/2013/01/25/twitter-vine-facebook_n_2550681.html" target="_blank">a désactivé </a>la possibilité de se connecter, mais cela fait partie de la guerre que se livre les géants des réseaux sociaux, et d&rsquo;autre par un site, <em><a href="http://vinepeek.com/" target="_blank">VinePeek</a></em>, vient de se créer, consacré aux <em>Vine. </em></p>
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		<title>Manifeste XXI : le web, cet étranger</title>
		<link>http://www.themediatrend.com/wordpress/2013/01/15/manifeste-xxi-le-web-cet-etranger/</link>
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		<pubDate>Tue, 15 Jan 2013 06:30:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Mentre</dc:creator>
				<category><![CDATA[journalisme idées & réflexions]]></category>
		<category><![CDATA[journalisme propositions & réformes]]></category>
		<category><![CDATA[journalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Laurent Beccaria]]></category>
		<category><![CDATA[Patrick de Saint Exupéry]]></category>
		<category><![CDATA[presse]]></category>
		<category><![CDATA[XXI]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; Drôle d&#8217;objet que ce Manifeste XXI. Laurent Beccaria et Patrick de Saint-Exupéry, les deux fondateurs du groupe de presse qui édite le mook à succès XXI et son petit frère 6Mois, ont eu la —bonne— idée de publier ce &#8230; <a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/2013/01/15/manifeste-xxi-le-web-cet-etranger/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/2013/01/15/manifeste-xxi-le-web-cet-etranger/capture-decran-2013-01-13-a-13-19-28/" rel="attachment wp-att-6399"><img class="aligncenter  wp-image-6399" alt="La couverture du Manifeste XXI " src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2013/01/Capture-d’écran-2013-01-13-à-13.19.28.png" width="584" height="495" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Drôle d&rsquo;objet que ce <em>Manifeste XXI</em>. Laurent Beccaria et Patrick de Saint-Exupéry, les deux fondateurs du groupe de presse qui édite le <em>mook</em> à succès XXI et son petit frère <em>6Moi</em>s, ont eu la —bonne— idée de publier ce texte, qui se veut une réflexion sur la mutation que connaît le journalisme aujourd&rsquo;hui. Une texte construit quasi comme une dissertation et qui se découpe en trois parties:</strong></p>
<p style="padding-left: 30px;">[<em><a href="http://fr.scribd.com/doc/119594531/XXI21-manifeste" target="_blank">le texte complet, ici</a></em>]</p>
<ol>
<li><strong>d&rsquo;abord, un constat accablant de la situation actuelle, baptisé &laquo;&nbsp;Les injonctions paradoxales&nbsp;&raquo;</strong>, où les auteurs ne voient aucun bénéfice (dans tous les sens du terme) au basculement des médias dans le numérique : investissements massifs à perte, mutation du journalisme qui abandonne les &laquo;&nbsp;genres nobles&nbsp;&raquo; comme le reportage pour adopter un nouveau système dans lequel des &laquo;&nbsp;techniciens de l&rsquo;information&nbsp;&raquo; produisent des &laquo;&nbsp;objets&nbsp;&raquo; à &laquo;&nbsp;l&rsquo;écriture calibrée, dupliquée, formatée&nbsp;&raquo; pour des &laquo;&nbsp;consommateurs d&rsquo;information&nbsp;&raquo;. Un tableau tellement sombre que même Clark Kent-Superman démissionne de son journal le <em>Daily Planet</em>, car &laquo;&nbsp;les faits ont été remplacé par des opinions, les informations par le divertissement et les reporters sont devenus des sténographes&nbsp;&raquo;.</li>
<li><strong>une &laquo;&nbsp;petite&nbsp;&raquo; histoire de la presse,</strong> le passage sur lequel je serais le plus réservé, car visiblement il a été mal relu. Un exemple parmi d&rsquo;autres: les auteurs confondent allègrement John Gordon Benett senior, fondateur du<em> New York Herald</em> avec son fils… John Gordon Benett junior; c&rsquo;est ce dernier qui finança l&rsquo;expédition de Stanley en Afrique pour retrouver Livingstone. Mais l&rsquo;important tient à l&rsquo;analyse économique que font les auteurs de l&rsquo;évolution de la presse. Ils soulignent —de mon point de vue à juste raison— le glissement qui s&rsquo;était produit dans les années 1980 lorsque l&rsquo;on est passé &laquo;&nbsp;d&rsquo;un rêve de  journalisme à un rêve de communication&nbsp;&raquo;. À partir de cette période, &laquo;&nbsp;la publicité soutient les journaux comme la corde soutient le pendu&nbsp;&raquo;. Aujourd&rsquo;hui, la corde est cassée et personne ne sait comment la réparer, car soulignent-ils sur le web &laquo;&nbsp;les internautes sont la valeur. Pas l&rsquo;information&nbsp;&raquo;.<span id="more-6380"></span></li>
<li><strong>une proposition pour &laquo;&nbsp;Refonder la presse&nbsp;&raquo;</strong>. Elle s&rsquo;articule en quatre piliers
<ul>
<li><strong>le temps.</strong> Il s&rsquo;agirait pour les journalistes d&rsquo;abandonner l&rsquo;idée &laquo;&nbsp;d&rsquo;être le premier&nbsp;&raquo; à annoncer une information, car &laquo;&nbsp;cela n&rsquo;a plus le même sens aujourd&rsquo;hui, où l&rsquo;info gratuite et les technologies s&rsquo;emballent&nbsp;&raquo;. Et de proposer de &laquo;&nbsp;prendre le temps de l&rsquo;enquête (…) tout doit être fait pour apporter aux lecteurs une information différente, intense, concentrée sur ce qui dure, que l&rsquo;article fasse dix lignes ou dix pages&nbsp;&raquo;.</li>
<li><strong>le terrain</strong>. Le journaliste, selon Laurent Beccaria et Patrick de Saint-Exupéry, &laquo;&nbsp;est celui qui va où le lecteur ne peut aller (…) Témoin et passeur, il est les yeux et les oreilles du lecteur, sa main et son cerveau&nbsp;&raquo;.</li>
<li><strong>l&rsquo;image</strong>. Ici les auteurs disent —à juste raison— qu&rsquo;on &laquo;&nbsp;ne s&rsquo;improvise pas journaliste télé ou radio (…) la presse n&rsquo;a rien à gagner à pratiquer du mauvais journalisme audiovisuel&nbsp;&raquo;, et ils invitent logiquement les médias à renouer avec le photoreportage et à défricher de nouveaux champs comme le BD-reportage et l&rsquo;infographie.</li>
<li><strong>la cohérence</strong>. Après avoir tiré un missile sur <em>Le Monde,</em> sous la marque duquel &laquo;&nbsp;un lecteur peut trouver par exemple sur un sujet indien, aussi bien un article mis en ligne à partir d&rsquo;une dépêche par un journaliste depuis Paris, le commentaire d&rsquo;un blogueur, un article de son correspondant à Delhi ou un reportage &lsquo;<em>carnet de voyage de luxe</em>&lsquo; dans le magazine&nbsp;&raquo;, il rappelle que la première utilité de la presse est la cohérence et la confiance.</li>
</ul>
</li>
</ol>
<p>Ce pavé lancé dans la mare aux… canards  a suscité toutes sortes de réactions, dont peut trouver des traces <a href="http://www.telerama.fr/medias/manifeste-de-xxi-sur-le-journalisme-telerama-fait-reagir-les-medias-mis-en-cause,91850.php" target="_blank">ici,</a> encore <a href="http://www.benoitraphael.com/manifeste-xxi-sur-la-presse-et-internet-et-s-ils-avaient-raison" target="_blank">ici</a>, ou <a href="http://laplumedaliocha.wordpress.com/2013/01/10/un-autre-journalisme-est-possible/" target="_blank">là</a>; on y trouvera des oppositions violentes comme des approbations nettes.</p>
<p style="padding-left: 30px;">[<em>On peut aussi regarder le débat sur</em> France Info<em>, le 7 janvier sur ce </em>Manifeste<em> auquel participaient Laurent Beccaria, Patrick de Saint Exupéry et Erwann Gaucher : <a href="http://www.dailymotion.com/video/xwjjhi_le-manifeste-de-la-revue-xxi-pour-un-autre-journalisme-utile-et-sans-publicite_news#.UPKhWaEeJQY" target="_blank">première partie</a>, <a href="http://www.dailymotion.com/video/xwjjvw_part-ii-le-manifeste-de-la-revue-xxi-pour-un-autre-journalisme-utile-et-sans-publicite_news#.UPKiG6EeJQY" target="_blank">seconde partie</a> et <a href="http://www.dailymotion.com/video/xwjk5s_part-iii-le-manifeste-de-la-revue-xxi-pour-un-autre-journalisme-utile-et-sans-publicite_news#.UPKiT6EeJQY" target="_blank">troisième partie</a>]</em>.</p>
<p><strong>Des propositions généreuses mais décalées</strong></p>
<p>Bref, il faudrait aujourd&rsquo;hui &laquo;&nbsp;refonder la presse&nbsp;&raquo;. Sans doute… Tout le monde s&rsquo;accorde sur le constat : les journaux papier (magazines et surtout quotidiens), pour l&rsquo;instant en première ligne, voient l&rsquo;ensemble de leurs ressources diminuer simultanément : ventes en kiosque et par abonnement, petites annonces et publicité, sans que le relais ait été pris par les sites web dont l&rsquo;économie, pour utiliser un euphémisme, demeure &laquo;&nbsp;fragile&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Mais faut-il suivre les auteurs du <em>Manifeste</em> dans leurs propositions ? Je n&rsquo;en suis pas sûr, car elles me paraissent généreuses mais… décalées.</p>
<p>Prenons les quatre piliers de la &laquo;&nbsp;refondation&nbsp;&raquo;</p>
<p><strong>le temps :</strong> les journalistes —et les médias— n&rsquo;ont absolument pas renoncé à être ces &laquo;&nbsp;vrais jockeys de steeple-chase&nbsp;&raquo; que décrit Jules Verne. Au contraire, ils n&rsquo;ont de cesse d&rsquo;inventer et d&rsquo;utiliser de nouveaux outils pour &laquo;&nbsp;coller&nbsp;&raquo; plus étroitement à l&rsquo;actualité. Avec le basculement de l&rsquo;information sur les smartphones et les tablettes cela devient de plus en plus impératif. Et ça marche ! Il suffit de regarder le succès de <em>Francetv info</em> ou des directs sur le site du<em> Monde</em> pour ne prendre que ces deux exemples. Les lecteurs et les internautes en redemandent. Ces &laquo;&nbsp;formats&nbsp;&raquo; imposent de nouveaux défis aux journalistes qui doivent vérifier à la volée les informations. C&rsquo;est toute la question du <em>fact checking</em>. Une expression qui recouvre une réalité vieille comme le journalisme, à savoir la vérification des informations. Si le mot anglo saxon s&rsquo;est imposé [<em>comme en son temps</em> interview] c&rsquo;est parce qu&rsquo;il correspond à cette nouvelle réalité : vérifier les informations en direct et de la manière la plus immédiate possible. Tout cela pour dire que le journalisme de qualité n&rsquo;est pas réservé au seul <em>slow journalism,</em> que prônent Laurent Beccaria et Patrick de Saint Exupéry.</p>
<p><strong>le terrain :</strong> ici, je ne comprends absolument pas en quoi &laquo;&nbsp;le news&nbsp;&raquo; , l&rsquo; &laquo;&nbsp;urgent&nbsp;&raquo; serait incompatible avec le journalisme de terrain. Au contraire, les outils techniques dont disposent les journalistes [<em>je n'anticipe même pas sur ce dont nous disposerons d'ici trois ou quatre ans]</em>  permettent déjà au journaliste web de terrain d&rsquo;être &laquo;&nbsp;les yeux et les oreilles du lecteur&nbsp;&raquo;. Certes, la pratique de terrain est encore très faiblement répandue [<em>lire le témoignage accablant de ce jeune journaliste : <a href="http://journalismewebftw.wordpress.com/2012/01/10/je-navais-pas-signe-pour-ce-journalisme-web/" target="_blank">Je n'avais pas signé pour ce journalisme web</a></em>], mais il n&rsquo;y a aucune fatalité sur ce point. Au contraire, les sites devront gagner en personnalité, en différenciation et cela passera notamment par le journalisme de terrain.</p>
<p>De même, la création d&rsquo;un buzz, l&rsquo;amplification d&rsquo;un &laquo;&nbsp;bruit médiatique&nbsp;&raquo;, n&rsquo;est en rien antinomique avec la réalisation de reportages et d&rsquo;enquêtes de qualité. C&rsquo;est simplement la manière contemporaine de faire connaître ses contenus et d&rsquo;amplifier leur diffusion</p>
<p><strong>l&rsquo;image :</strong> nous sommes d&rsquo;accord, le site<em><a href="http://www.informationisbeautiful.net/" target="_blank"> Information is Beautiful</a> </em>de David McCandless est magnifique ; nous sommes d&rsquo;accord, de trop nombreux bons reportages photos ne sont pas publiés… Mais l&rsquo;image ne se réduit pas —ne se réduit plus— à la publication d&rsquo;une série de photos. Le journaliste Gilles Donada, ardent défenseur des diaporamas sonores, s&rsquo;était d&rsquo;ailleurs ému sur son blog que &laquo;&nbsp;<a href="http://gillesdonada.wordpress.com/2013/01/13/manifeste-xxi-pourquoi-ignores-tu-le-journalisme-narratif-numerique/" target="_blank">le journalisme narratif numérique soit ignoré</a>&nbsp;&raquo; dans le <em>Manifeste</em> [<em>lire aussi la réponse de Laurent Beccaria à ce post</em>]. En effet, tout a changé, tout continue de changer:</p>
<ul>
<li>les conditions de production : aujourd&rsquo;hui, la spécialisation des métiers décrite dans le <em>Manifeste</em> est un non-sens, ou plutôt chaque métier doit s&rsquo;enrichir de nouvelles compétences. Un photographe doit savoir prendre du son, tout comme un journaliste doit aussi savoir prendre des photos et cadrer avec une caméra. Tout le monde doit savoir utiliser les outils de montage. Cela ne veut pas dire que sur le terrain tout le monde fera tout ou qu&rsquo;un journaliste se transformera en shiva [<em>lire </em><a title="Le journalisme de couple à l’essai" href="http://www.themediatrend.com/wordpress/2011/02/27/le-journalisme-de-couple-a-lessai/" target="_blank"><em>le journalisme de couple à l'ess</em>ai</a>], mais simplement que chacun utilisera au mieux ses compétences et s&rsquo;appuiera sur les compétences du ou des autres professionnels avec lesquels il travaille.</li>
<li>les formats de publication [<em>oui, on ne dit plus "article", à l'ère du multimédia ce terme n'a pas vraiment de sens</em>] sont extrêmement variés: diaporamas, diaporamas sonores, mix de vidéos et de photos, vidéos interactives… la liste est sans fin.</li>
<li>le rythme de la publication : faut-il publier tout d&rsquo;un bloc ? Alimenter en continu ? Publier sur différentes plateformes, comme on le fait dans les projets transmédias? Etc.</li>
</ul>
<p><strong>la cohérence :</strong>  Oui, sous la marque d&rsquo;un média, on peut trouver des contenus très différent. En quoi est-ce regrettable ? C&rsquo;est le principe d&rsquo;une marque de se déployer sur des plateformes différentes et d&rsquo;y publier des contenus différents, sous des formes différentes et avec des périodicités différentes. Tout ensuite est affaire d&rsquo;habillage, de mise en scène et d&rsquo;utilisation de repères pour que le lecteur-internaute ne se perde pas dans la surabondance de contenus générés sur le web</p>
<p>Cette surabondance n&rsquo;est pas gênante, elle est inhérente au web, mais c&rsquo;est sans doute le plus difficile à comprendre et à admettre lorsque l&rsquo;on vient de cet univers de la rareté qu&rsquo;est le papier. Mais contrairement à ce que suggère Laurent Beccaria et Patrick de Saint Exupéry, il n&rsquo;y a pas &laquo;&nbsp;excès d&rsquo;insignifiance&nbsp;&raquo; sur le web, et ne se laisse entraîner dans &laquo;&nbsp;cet engrenage paroxystique&nbsp;&raquo; où &laquo;&nbsp;s&rsquo;agrège tout et le contraire de tout&nbsp;&raquo; que ceux qui le veulent bien, ou qui n&rsquo;utilisent pas les outils adéquats. Le  vie du web est faite de cycles de désagragation et de réagrégation, dans lesquels chacun [<em>chaque internaute</em>] doit organiser son système de captation et faire en sorte que ce dernier soit le plus efficace et le plus pertinent possible. À l&rsquo;intérieur de ces cycles, des acteurs peuvent jouer un rôle important. Ce sont les… journalistes qui vont &laquo;&nbsp;injecter&nbsp;&raquo; des informations dans le système [<em>ils ne seront pas les seuls!</em>], mais aussi proposer leur propre agrégation, c&rsquo;est-à-dire leurs choix, leurs sélections d&rsquo;information mise en forme, et se faire rémunérer pour cela. Écrivant cela, j&rsquo;ai le sentiment de dire l&rsquo;inverse de la conclusion du <em>Manifeste</em> :</p>
<blockquote><p>La &laquo;&nbsp;grande presse&nbsp;&raquo; a tout à gagner à parler d&rsquo;une seule voix, claire, cohérente, faite de chair et de vie : c&rsquo;est au prix du renoncement aux cibles identifiées par algorithme après lesquels elle court éperdument qu&rsquo;elle retrouvera des lecteurs et rétablira une relation de confiance</p></blockquote>
<p>On l&rsquo;aura compris, ce <em>Manifeste</em> est important en ce sens qu&rsquo;il ouvre un réel champ de discussion sur ce que doit être les futurs du journalisme, car en effet il me semble impossible d&rsquo;en dessiner un seul.</p>
<p style="padding-left: 30px;">[J<em>e n'ai pas traité de la question économique, mais là aussi il existe un nombre important de solutions entre les sites sans paywall et qui pourtant sont rentables comme ceux du britannique </em>MailOnline<em>, ou de l'américain </em>The Atlantic<em>, les sites qui ont choisi de ne pas mettre en place de paywall, car n'offrant pas d'informations suffisamment pertinentes comme </em>USA Today<em>, les sites dotés de paywall "poreux" comme le </em>New York Times<em>, les sites au paywall étanche comme le</em> Times<em> britannique ou le français </em>Mediapart<em>, sans compter les journalistes stars qui quittent leur rédaction comme vient de le faire l'américain Andrew Sullivan qui a quitté</em> The Daily Beast<em> pour fonder son <a href="http://mediadecoder.blogs.nytimes.com/2013/01/02/andrew-sullivan-leaving-daily-beast-to-start-subscription-web-site/" target="_blank">propre site/blog </a>financé par crowdsourcing, etc.</em></p>
<p style="padding-left: 30px;">XXI<em> est une réussite, éditoriale et financière; c'est aussi un exemple si l'on en croit le nombre de mooks qui se sont créés dans son sillage. Il est la preuve que si l'on invente, de nouvelles formes de presse, de nouveaux modèles économiques peuvent s'imposer. Mais le pluriel est de rigueur</em>]</p>
<p><strong>Pour aller plus loin </strong></p>
<ul>
<li>Lewis DVorkin, qui dirige la rédaction de <em>Forbes</em> décrit avec précision dans ce post <a href="http://www.forbes.com/sites/lewisdvorkin/2013/01/08/inside-forbes-wheres-the-news-business-headed-in-2013-follow-the-price-of-pixels/" target="_blank"><em>Where&rsquo;s the News Business Headed in 2013? Follow the Price of Pixels</em></a> [<em>Quelle est la tendance dans l'industrie de l'information pour 2013 ? Suivez le prix des pixels</em>], l&rsquo;organisation de celle-ci, les modes de rémunération des 1000 &laquo;&nbsp;contributeurs&nbsp;&raquo; du site, etc. Passionnant, mais on est à des années lumières du <em>Manifeste</em>.</li>
<li>Le <em>Nieman Journalism Lab</em> propose à travers 35 contributions [<a href="http://www.niemanlab.org/2012/12/a-new-mainstream-solutions-journalism/" target="_blank"><em>A new, mainstream solutions journalism</em></a>] une exploration des solutions d&rsquo;avenir possibles pour les médias.</li>
</ul>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Come-Back</title>
		<link>http://www.themediatrend.com/wordpress/2013/01/03/come-back/</link>
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		<pubDate>Thu, 03 Jan 2013 07:01:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Mentre</dc:creator>
				<category><![CDATA[journalisme idées & réflexions]]></category>
		<category><![CDATA[XXI]]></category>

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		<description><![CDATA[Résolution de nouvelle année : reprendre ce blog que j&#8217;ai laissé de trop longs mois en jachère. La faute un peu à la médecine ["dormez", "reposez-vous" sinon…], beaucoup à la paresse et à une forme de lassitude [plus de quatre &#8230; <a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/2013/01/03/come-back/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Résolution de nouvelle année : reprendre ce blog que j&rsquo;ai laissé de trop longs mois en jachère. La faute un peu à la médecine [<em>"dormez", "reposez-vous" sinon…</em>], beaucoup à la paresse et à une forme de lassitude [<em>plus de quatre ans en tête à tête avec un écran d'ordinateur, c'est parfois… boring</em>] et certainement à une évolution de l&rsquo;environnement de ce blog depuis quatre ans</strong>:</p>
<ul>
<li>les rubriques médias des journaux/sites se sont renforcées, notamment en journalistes connaissant bien le web et les réseaux sociaux, et portent une attention particulière aux mutations que connaissent les médias. Une transformation bienvenue mais qui, de facto, a une répercussion sur le contenu de ce blog.</li>
<li>l&rsquo;apparition et l&rsquo;utilisation massive de nouveaux outils de publication, de partage et de curation : Twitter, Facebook, Scoop.it, Storify, SoundCloud… [<em>liste non limitative</em>]. Mécaniquement, ils conduisent à se disperser, et obligent à se demander si l&rsquo;existence d&rsquo;un blog &laquo;&nbsp;centralisateur&nbsp;&raquo; est nécessaire, puisqu&rsquo;il est désormais possible sous une même étiquette [<em>une même marque</em>] de publier sur des plateformes différentes et d&rsquo;y entretenir plus naturellement que sur un blog une &laquo;&nbsp;conversation&nbsp;&raquo;.</li>
</ul>
<p>Pour autant, difficile de se résoudre à arrêter, d&rsquo;abord sous l&rsquo;amicale pression des fidèles de ce blog qui souhaitaient me voir poursuivre sa publication.</p>
<p>Par ailleurs, je continue à voir nombre de sujets intéressants non -ou mal- traités, alors que la période de mutation que connaissent la presse et le journalisme est de plus en plus passionnante à vivre et à suivre. Le &laquo;&nbsp;Manifeste pour un autre journalisme&nbsp;&raquo; que publiera le 10 janvier la revue XXI [<a href="http://www.revue21.fr/Le-numero-21-de-XXI-bientot-en" target="_blank">sommaire ici</a>] est emblématique : quelle forme doit prendre le journalisme ? Comment faire que cette activité soit rentable ? Etc. Le sommaire de ce manifeste est alléchant et la réussite éditoriale et économique de la revue montre que dans ce lieu pratique et théorie savent s&rsquo;allier et se répondre.</p>
<p>Demain, donc reprise réelle de ce blog avec un compte-rendu de <em>Post-Digital Print</em>, d&rsquo;Alessandro Ludovico. Il y montre que si le &laquo;&nbsp;papier&nbsp;&raquo; est loin d&rsquo;être mort, dans le futur &laquo;&nbsp;il croisera fréquemment sur ce chemin le numérique&nbsp;&raquo;, ouvrant la voie à des publications hybrides.</p>
<p>Rendez-vous donc au vendredi 4 janvier, pour de nouvelles aventures. En attendant, pour se mettre en jambes, et sur le thème de ce post <em>Baby, come back,</em> du groupe <em>The Equals. </em>Attention, ça date de 1968</p>
<p><iframe width="584" height="438" src="http://www.youtube.com/embed/5AcigKiu_Gk?start=1&#038;feature=oembed" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
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		<title>La ministre, la loi et Instagram</title>
		<link>http://www.themediatrend.com/wordpress/2012/08/29/la-ministre-la-loi-et-instagram/</link>
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		<pubDate>Wed, 29 Aug 2012 08:15:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Mentre</dc:creator>
				<category><![CDATA[journalisme idées & réflexions]]></category>
		<category><![CDATA[journalisme visuel]]></category>
		<category><![CDATA[Aurélie Filippetti]]></category>
		<category><![CDATA[Instagram]]></category>
		<category><![CDATA[photo]]></category>
		<category><![CDATA[photojournalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Polka]]></category>

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		<description><![CDATA[Aurélie Filippetti, actuelle ministre de la Culture et de la Communication, a été interviewée par Polka. Elle y définit les grandes lignes de sa politique vis-à-vis de la photographie et des photographes. Elle annonce, entre autres, la remise en chantier &#8230; <a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/2012/08/29/la-ministre-la-loi-et-instagram/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Aurélie Filippetti, actuelle ministre de la Culture et de la Communication, a été interviewée par <em>Polka</em>. Elle y définit les grandes lignes de sa politique vis-à-vis de la photographie et des photographes. Elle annonce, entre autres, la remise en chantier de la loi Guigou, qu&rsquo;elle présente comme un obstacle au travail de ces derniers. </strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2012/08/Capture-d’écran-2012-08-28-à-07.39.24.png"><img class="aligncenter  wp-image-6217" title="Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication interviewée par Polka" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2012/08/Capture-d’écran-2012-08-28-à-07.39.24-1024x707.png" alt="Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication interviewée par Polka" width="409" height="282" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Douze ans après, Aurélie Filippetti souhaite remettre en chantier la Loi Guigou votée en 2000, qui entendait protéger les victimes d&rsquo;attentat ou de crime, ainsi que les prévenus. C&rsquo;est du moins ce que l&rsquo;on peut comprendre à la lecture de l&rsquo;<a href="http://www.polkamagazine.com/19/le-mur/polka-image/890" target="_blank">entretien</a> qu&rsquo;elle a accordé à Alain Genestar, le directeur et fondateur de <em>Polka </em>:</p>
<blockquote><p>Je pense qu&rsquo;il faut revoir cette loi. Il n&rsquo;est plus acceptable et même plus supportable que des photographes professionnels, qui ont une démarche artistique, soient empêchés de pouvoir exercer leur talent, de transmettre aux générations futures leur regard sur le monde d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Sans eux, la société est sans visage. Au nom de cette loi, censée être une loi protectrice de la personne, on risque de se couper de notre mémoire. C’est d’autant plus insensé qu’en même temps, sur le Net, des millions d’images circulent, sans que l’on sache qui les a prises et dans quelles circonstances. Cette dichotomie entre l’interdiction aux professionnels et ce qui se passe sur Internet est insupportable. Il y a une énorme remise à plat à faire. Cartier-Bresson, ou <a href="http://www.polkamagazine.com/15/le-mur/les-gitans-reviennent/509" target="_blank">Koudelka avec ses Gitans</a>&#8230; penser qu’ils auraient pu être empêchés de faire leur travail est intolérable.</p></blockquote>
<p>À la lecture de ce bref passage, je me suis posé trois questions :</p>
<ol>
<li>quelle est la différence entre un &laquo;&nbsp;photographe professionnel&nbsp;&raquo; et un &laquo;&nbsp;photographe professionnel qui a une démarche artistique&nbsp;&raquo; ?</li>
<li>la loi Guigou est-elle à ce point contraignante qu&rsquo;elle empêcherait les Cartier-Bresson et les Koudelka d&rsquo;aujourd&rsquo;hui de faire leur travail ? Question subsidiaire, n&rsquo;y a t-il pas confusion entre  le &laquo;&nbsp;droit à l&rsquo;image&nbsp;&raquo;, qui est un échafaudage législatif complexe relevant à la fois du droit civil, pénal, administratif ainsi que du droit de la propriété industrielle, et la loi Guigou qui n&rsquo;est en fait qu&rsquo;un étage rajouté à cet ensemble.</li>
<li>pourquoi la ministre de la Culture et de la Communication oppose-t-elle le monde des &laquo;&nbsp;professionnels&nbsp;&raquo;, soumis à des lois liberticides, dont la loi Guigou [<em>c'est ainsi que je comprends l'expression "interdiction aux professionnels"</em>] et &laquo;&nbsp;ce qui se passe sur Internet&nbsp;&raquo;, où circuleraient à l&rsquo;en croire, des &laquo;&nbsp;millions d&rsquo;images, sans que l&rsquo;on sache qui les a prises et dans quelles circonstances&nbsp;&raquo;.</li>
</ol>
<p><strong><span id="more-6178"></span>1. Comment définir un photographe &laquo;&nbsp;qui a une démarche artistique&nbsp;&raquo; ?</strong></p>
<p>Cette question n&rsquo;a évidemment pas de réponse, faute de critères précis, et l&rsquo;on peut penser que tout photographe a une démarche artistique. D&rsquo;ailleurs, au long de l&rsquo;interview, lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de questions se référant au statut et au financement de la production d&rsquo;images, la ministre parle des &laquo;&nbsp;photojournalistes professionnels&nbsp;&raquo; dans leur ensemble; elle n&rsquo;évoque la &laquo;&nbsp;dimension artistique&nbsp;&raquo; de leur travail que lorsqu&rsquo;il est question de la loi Guigou.</p>
<p><strong>2. Droit à l&rsquo;image et loi Guigou</strong></p>
<p>La France s&rsquo;est doté au fil des années d&rsquo;une législation complexe visant à protéger le &laquo;&nbsp;droit à l&rsquo;image&nbsp;&raquo; des personnes, partant du principe [<em>c'est l'article 9 du Code Civil</em>] que &laquo;&nbsp;chacun a droit à sa vie privée&nbsp;&raquo;. Sans revenir en détails sur ce dispositif [<em>ceux qui le souhaitent peuvent avoir plus de détails<a href="http://www.cndp.fr/savoirscdi/index.php?id=870" target="_blank"> ici</a> ou <a href="http://www.scam.fr/Dossiers/fiches/droit_image.html" target="_blank">là</a></em>], il faut retenir qu&rsquo;il repose sur le principe suivant : &laquo;&nbsp;Chacun a le droit d’autoriser ou de s’opposer à la fixation et à la diffusion de son image&nbsp;&raquo;, et ce consentement doit être express, c&rsquo;est-à-dire signifié par écrit.  C&rsquo;est du moins ainsi que la jurisprudence l&rsquo;a établi en France.</p>
<p>Cela peut conduire a des situations contraignantes ou absurdes dont chaque photographe ou vidéaste a souffert lors de son travail . Un exemple récent :  un jeune père de famille avait décidé de raconter sur un blog les premiers mois de vie de ses deux jumelles nées prématurées. Il a été conduit à prendre en photo —et à publier sur ce blog— des photos de membres du personnel du service de néonatalogie. Cela n&rsquo;a pas été du goût de tous et il a été obligé de retirer les photos: &laquo;&nbsp;Conformément à la demande qui m’a été faite aujourd’hui de retirer une photo où apparaissait un personnel soignant et de demander l’autorisation en cas de publication, je viens de retirer toutes les images, sauf erreur, où apparaissent les personnels du service Néonatalogie et Rea&nbsp;&raquo;, a-t-il écrit sur son blog.</p>
<p>En 2003, deux députés socialistes, Patrick Bloche [<em>actuel président de la commission des affaires culturelles et de l'éducation de l'Assemblée nationale</em>] et Jean-Marc Ayrault, avaient déposé une <a href="http://www.assemblee-nationale.fr/12/propositions/pion1029.asp" target="_blank">proposition de loi</a>, au nom du groupe socialiste à l&rsquo;Assemblée nationale et des apparentés [<em>Christine Taubira, l'actuelle ministre de la Justice faisait alors partie de ces derniers</em>]. Elle visait à rétablir une forme d&rsquo;équilibre entre le &laquo;&nbsp;droit à l&rsquo;image&nbsp;&raquo; et le &laquo;&nbsp;droit à l&rsquo;information&nbsp;&raquo;. L&rsquo;exposé des motifs était limpide : il dénonçait &laquo;&nbsp;un droit absolu à l&rsquo;image, de construction uniquement prétorienne, né de l&rsquo;interprétation extensive de textes très généraux du code civil qui entravait de plus en plus les missions de pédagogie, de culture et d&rsquo;information qui incombaient jusqu&rsquo;ici aux gens de l&rsquo;image.&nbsp;&raquo;</p>
<p>La proposition de loi s&rsquo;efforçait donc de trouver un compromis :</p>
<blockquote><p>L&rsquo;objet de la présente proposition vise donc tout à la fois à prendre acte de la reconnaissance du droit à l&rsquo;image par la jurisprudence actuelle et à infléchir celle-ci dans un sens plus conforme au respect de la liberté d&rsquo;expression. Nul ne devrait pouvoir agir en justice pour revendiquer un droit à l&rsquo;image sans rapporter la preuve d&rsquo;un agissement fautif et d&rsquo;un réel préjudice.</p></blockquote>
<p>Cette loi ne sera jamais adoptée. Au contraire, les socialistes sous le gouvernement Jospin vont déséquilibrer un peu plus la balance en faveur &laquo;&nbsp;du droit à la vie privée&nbsp;&raquo; et le &laquo;&nbsp;droit d&rsquo;informer&nbsp;&raquo; avec la loi Guigou du 15 juin 2000 &nbsp;&raquo;renforçant la protection et la présomption d&rsquo;innocence et les droits des victimes&nbsp;&raquo;. Cette loi très complète comportait deux articles, qui modifiaient le texte de la loi de 1881 sur la liberté de la presse</p>
<p>Le premier, l&rsquo;<em>article 35 ter</em>, entend protéger les prévenus, c&rsquo;est-à-dire les personnes non encore condamnées et donc présumées innocentes:</p>
<blockquote><p>Lorsqu&rsquo;elle est réalisée sans l&rsquo;accord de l&rsquo;intéressé, la diffusion, par quelque moyen que ce soit et quel qu&rsquo;en soit le support, de l&rsquo;image d&rsquo;une personne identifiée ou identifiable mise en cause à l&rsquo;occasion d&rsquo;une procédure pénale mais n&rsquo;ayant pas fait l&rsquo;objet d&rsquo;un jugement de condamnation et faisant apparaître qu&rsquo;elle porte des menottes ou des entraves, est punie de 100.000 F [<em>15.000 euros, actuellement</em>] d&rsquo;amende.</p></blockquote>
<p>Dans ce cadre, la célèbre photo de Dominique Strauss-Kahn <a href="http://www.lexpress.fr/actualite/politique/affaire-dsk-accor-aurait-prevenu-l-elysee_1008858.html" target="_blank">photographié menotté</a> lors de la <em>perp walk</em> à New York n&rsquo;aurait jamais du être publiée en France [<em>il est vrai qu'elle avait été prise aux États-Unis, pays où s'applique une autre législation</em>]</p>
<p>Le deuxième, l&rsquo;<em>article  35 quarter</em> visait à protéger les victimes d&rsquo;attentat ou de crime.</p>
<blockquote><p>La diffusion, par quelque moyen que ce soit et quel qu&rsquo;en soit le support, de la reproduction des circonstances d&rsquo;un crime ou d&rsquo;un délit, lorsque cette reproduction porte gravement atteinte à la dignité d&rsquo;une victime et qu&rsquo;elle est réalisée sans l&rsquo;accord de cette dernière, est punie de 100.000 F [<em>aujourd'hui 15.000 euros</em>] d&rsquo;amende.</p></blockquote>
<p>Cet article avait été inspiré notamment par la <a href="https://docs.google.com/viewer?url=http%3A%2F%2Fwww.legilux.public.lu%2Fleg%2Ftextescoordonnes%2Frecueils%2Fconstitution_droits_de_lhomme%2FCONST2.pdf" target="_blank">Convention de sauvegarde des Droits de l’Homme et des libertés Fondamentales</a>. Cette dernière prévoit que tout organe de presse dispose du droit d’informer ses lecteurs sur les questions d’actualité entrant dans le champ légitime de l’intérêt public, avec comme bémol que l&rsquo;image ne doit pas porter atteinte à la dignité des victimes.</p>
<p>C&rsquo;était aussi, si l&rsquo;on peut dire, une loi de circonstance. Un fait-divers avait à l&rsquo;époque fait grand bruit: l&rsquo;assassinat, le 6 février 1998 du préfet de Corse, Claude Erignac. <em>Paris Match</em>  avait alors publié la photo du corps du préfet gisant sur la chaussée, ce qui avait entraîné une plainte de sa famille. Celle-ci avait obtenu en référé une condamnation de l&rsquo;hebddomadaire, pour &laquo;&nbsp;une profonde atteinte à leur affliction et partant à l&rsquo;intimité de leur vie privée&nbsp;&raquo;. Juridiquement l&rsquo;affaire n&rsquo;en restera pas là [<a href="http://leuropedeslibertes.u-strasbg.fr/article.php?id_article=401&amp;id_rubrique=78" target="_blank"><em>Plus de détails ici</em></a>], mais d&rsquo;emblée était posée l&rsquo;opposition entre le &laquo;&nbsp;droit à une vie privée&nbsp;&raquo; et le &laquo;&nbsp;droit d&rsquo;informer&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Ce projet de loi devait provoquer une forte émotion dans le monde du journalisme et particulièrement du photojournalisme. Roger Thérond, qui venait de quitter la direction de <em>Paris Match </em>[<em>Alain Genestar lui succédait alors</em>]<em> </em>mena la fronde. Il utilisa la tribune de <em>Visa pour l&rsquo;image,</em> pour dénoncer<em> </em>ce qui n&rsquo;était alors qu&rsquo;un projet. Dans l&rsquo;<em>Appel de Perpignan</em>, lancé le 4 septembre 1999, il disait en particulier ceci :</p>
<blockquote><p>Notre profession est en danger. Mais c’est plus encore qu’une profession que nous défendons. C’est la liberté, dans notre pays, d’écrire, de publier et surtout de photographier. Que devient-il, notre droit à l’image, et, donc, notre droit à l’information? Soumis jusqu’ici à la versatilité des décisions de justice, il a tout à craindre aujourd’hui d’une disposition de la loi Guigou visant les images d’actualité au prétexte de la protection des victimes. Nous craignons que les victimes soient les français eux-mêmes, privés d’images vraies et fortes, montrant la condition humaine telle qu’elle est chez nous et dans le monde. Sans ces photographies, l’actualité ne serait qu’un constat et deviendrait lisse dans un univers où rien ne se passerait. [<em>cette inquiétude était alors largement partagée, on en voudra pour preuve <a href="http://www.humanite.fr/node/377672" target="_blank">cet article </a>de Magali Jauffret publié à l'époque dans</em> L'Humanité]</p></blockquote>
<p>Depuis de l&rsquo;eau a coulé sous les ponts et ces craintes se sont avérées injustifiées. Une victime de l’attentat du métro Saint-Michel en 1995, dont la photo avait été publiée dans <em>Paris Match</em> a perdu son procès devant la Cour de cassation, celle-ci considérant que cette image ne portait pas véritablement atteinte à sa dignité.</p>
<p>C&rsquo;est en tout cas ce débat que veut réouvrir Aurélie Filippetti, en proposant de modifier la loi… Guigou, qui empêcherait les photographes professionnels &laquo;&nbsp;de transmettre aux générations futures leur regard sur le monde d&rsquo;aujourd&rsquo;hui&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Je crains que notre ministre de la Culture et de la Communication dans sa volonté réformatrice ne se trompe de cible et de dispositif législatif, car si une réforme est nécessaire, elle devrait porter plus globalement sur le &laquo;&nbsp;droit à l&rsquo;image&nbsp;&raquo;.</p>
<p><strong>3. Savoir écouter les victimes</strong></p>
<p>Mais encore faut-il savoir écouter les victimes.</p>
<p>Le vendredi 24 août au matin, au pied de l&rsquo;Empire State Building, à New York, Jeffrey Johnson tue un ancien collègue de travail Steven Ercolino. Comme il est usuel désormais des témoins [<em>qui ne sont pas des photographes professionnels</em>] vont prendre des photos de ce tragique événement. Le site du <em>NewYork Times</em> va choisir l&rsquo;une des plus &laquo;&nbsp;belles&nbsp;&raquo; pour illustrer l&rsquo;événement [<em>voir ci-dessous</em>]:</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2012/08/photonyt.png"><img class="aligncenter  wp-image-6199" title="La une du New York Times du 24 août 2012" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2012/08/photonyt-768x1024.png" alt="La une du New York Times du 24 août 2012" width="467" height="622" /></a></p>
<p>Ce choix &laquo;&nbsp;esthétique&nbsp;&raquo; a provoqué une vive polémique aux États-Unis. Elle a conduit Jim Romenesko, qui tient un <a href="http://jimromenesko.com/" target="_blank">blog</a> spécialisé sur les médias, à interroger les responsables du <em>New York Times</em> sur ce choix. <a href="http://jimromenesko.com/2012/08/24/nyt-posts-intense-and-graphic-empire-state-building-shooting-photo/" target="_blank">Leur réponse</a> a été limpide :</p>
<blockquote><p>C&rsquo;est une image très violente et nous comprenons pourquoi beaucoup de gens la trouvent choquante. Notre jugement éditorial, c&rsquo;est que c&rsquo;est une photo digne d&rsquo;intérêt, qui montre le résultat et l&rsquo;impact d&rsquo;un acte public de violence.</p></blockquote>
<p>Fin de l&rsquo;histoire ? Non. Le frère de la victime (et la famille d&rsquo;ailleurs) n&rsquo;a pas du été sensible à l&rsquo;esthétisme et à la volonté d&rsquo;édification du public du <em>New York Times</em> et il <a href="http://www.poynter.org/latest-news/mediawire/186766/shooting-victims-brother-criticizes-media-for-horrific-journalism/" target="_blank">a tenu à faire savoir</a>  à quel point il avait été choqué par la publication de ces photos, reprenant presque mot pour mot les protestations de la famille Erignac vis-à-vis de <em>Paris Match</em> :</p>
<blockquote><p>L&rsquo;abominable journalisme autour de mon frère &#8211; les titres racoleurs et les photos du <em>New York Post</em> et du <em>New York Times</em> que ma famille ont du voir et subir, ces images qui étaient les plus horribles qui soient. Ils ont donné plus de respect et de dignité à Oussama Ben Laden qu&rsquo;à mon frère, étendu sur le [<em>trottoir</em>] avec ce sang coulant de lui. Je voudrais simplement faire un appel à tous ceux qui lisent ces articles. Il y a une famille derrière tout cela, en deuil maintenant pour l&rsquo;un des siens.</p></blockquote>
<p><strong>3. Haro sur le web ?</strong></p>
<p>Les photos prises à l&rsquo;occasion de ce fait divers l&rsquo;ont été par des photographes non professionnels grâce à Instagram et diffusé sur ce réseau, Instagram étant aussi un réseau social. Elles faisaient donc partie de ces &laquo;&nbsp;millions de photos d&rsquo;images qui circulent sur le net&nbsp;&raquo;, dénoncées par la ministre dans son interview. Étaient-elles pour autant anonymes, ignorait-on dans quelles circonstances elles avaient été prises ? Évidemment non. Il faut totalement méconnaître le fonctionnement du web aujourd&rsquo;hui, et particulièrement des réseaux sociaux, pour le croire. Une photo sur Instagram est &laquo;&nbsp;renseignée&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Par exemple, une autre photo montrait la victime du meurtre sous un autre angle. On sait qu&rsquo;elle a été prise par <em>ryanstryin</em> [Ryan Styrin], et l&rsquo;on voit sur le côté la discussion engagée à propos de sa photo [<em>discussion soit dit en passant, alimentée par de nombreux journalistes, qui lui demandent le droit de publier sa photo</em>]</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2012/08/Capture-d’écran-2012-08-28-à-06.53.06.png"><img class="aligncenter  wp-image-6203" title="Le meurtre de Steven Ercolino, New York, 24 août 2012" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2012/08/Capture-d’écran-2012-08-28-à-06.53.06.png" alt="Le meurtre de Steven Ercolino, New York, 24 août 2012" width="465" height="330" /></a></p>
<p style="text-align: left;">Il va expliquer en partie, pourquoi il a pris la photo</p>
<blockquote>
<p style="text-align: left;">C&rsquo;est la victime et je m&rsquo;excuse auprès de sa famille, mais ceci doit être documenté. C&rsquo;est mon point de vue.</p>
</blockquote>
<p style="text-align: left;">Mais il va aussi expliquer qu&rsquo;il a fait très attention lors du cadrage, car il sait que la photo est immédiatement diffusée sur le réseau et qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas d&rsquo;édition possible, si ce n&rsquo;est supprimer, après coup la photo. Donc, il précise :</p>
<blockquote>
<p style="text-align: left;">J&rsquo;ai attendu que l&rsquo;agent de police obstrue partiellement la vue avant de prendre la photo.</p>
</blockquote>
<p style="text-align: left;">Une pudeur que n&rsquo;aura pas un autre photographe de le l&rsquo;événement qui prendra une image —toujours via Instagram— d&rsquo;une victime &laquo;&nbsp;collatérale&nbsp;&raquo; [<em>les policiers en voulant abattre le meurtrier, ont blessé neuf autres personnes !</em>]. Sur la photo de Mr_Mookie [<em>Muhammad Malik</em>] le visage du blessé est parfaitement reconnaissable, et de la même façon, M. Malik va expliquer ses commentaires, pourquoi il a pris ses photos, etc. [<em><a href="http://www.bagnewsnotes.com/2012/08/instagram-and-murder/" target="_blank">plus de détails ici</a></em>]</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2012/08/Capture-d’écran-2012-08-28-à-07.13.56.png"><img class="aligncenter  wp-image-6208" title="Victime collatérale meurtre de Steven Ercolino, New York, 24 août 2012" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2012/08/Capture-d’écran-2012-08-28-à-07.13.56.png" alt="Victime collatérale meurtre de Steven Ercolino, New York, 24 août 2012" width="424" height="431" /></a></p>
<p style="text-align: left;">Une photo que l&rsquo;on va retrouver telle qu&rsquo;elle [<em>c'est-à-dire le visage non flouté</em>] sur des sites de presse, comme —simple exemple— celui de la version française du <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2012/08/25/fusillade-a-empire-state-building-blesses-police_n_1830344.html?icid=hp_france_top_art#slide=1426143" target="_blank">Huffington Post</a>.</p>
<p style="text-align: left;"><strong>4. L&rsquo;esthétisme et l&rsquo;information</strong></p>
<p style="text-align: left;">La question n&rsquo;est donc pas celle de l&rsquo;anonymat supposé ou non des auteurs des photos. Elle n&rsquo;est pas non plus réellement dans une supposée irresponsabilité des &laquo;&nbsp;photographes amateurs&nbsp;&raquo;. Ils réfléchissent lors de leurs prises de vue, et sont ensuite engagés dans une conversation à propos de celles-ci, dès lors qu&rsquo;elles sont en ligne, que ce soit sur Instagram ou sur Twitter. De ce point de vue, la &laquo;&nbsp;société n&rsquo;est pas sans visage&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: left;">D&rsquo;un point de vue législatif, la difficulté vient de trois problèmes enchassés les uns dans les autres :</p>
<ul>
<li><strong>le droit</strong>. Les réseaux sociaux sont souvent de droit américain, et la législation qu&rsquo;ils suivent n&rsquo;est pas la législation française, comme l&rsquo;illustrent les mésaventures photographiques de Dominique Strauss-Kahn.</li>
<li><strong>la rapidité</strong> —et le caractère massif— de diffusion de certaines photos rend totalement inopérant les législations nationales qui ont l&rsquo;efficacité d&rsquo;une digue de papier face à un tsunami. Dernier exemple en date, celle du Prince Harry, photographié nu dans une suite d&rsquo;hôtel de Las Vegas, à la suite d&rsquo;une partie de &laquo;&nbsp;strip billard&nbsp;&raquo;. Ces <a href="http://www.tmz.com/2012/08/23/prince-harry-las-vegas-naked-party-photos-tmz-tv/" target="_blank">images</a> qui ont fait le tour du monde, n&rsquo;ont été publiées que de manière très tardive par le <em>Sun</em>, le principal tabloïd britannique, avec cette phrase incroyable qui accompagnait la photo de une : &laquo;&nbsp;Photo de Harry nu, que vous avez déjà vu sur Internet&nbsp;&raquo;. [<em>à signaler qu'à la suite de cette publication, la </em>Press Complaints Commission<em> britannique<a href="http://www.guardian.co.uk/media/2012/aug/28/sun-naked-prince-harry-complaints" target="_blank"> a reçu plus de 3.600 plaintes</a> en quelques jours</em>]</li>
<li><strong>l&rsquo;esthétisme</strong>. Dans le flot des photos publiées sur les réseaux sociaux, les médias ne choisissent pas n&rsquo;importe lesquelles, comme l&rsquo;expliquaient les responsables du <em>New York Times </em>à Jim Romenesko<em>, </em>ou comme le faisait  Matthieu Polack, <em>picture editor</em> du <em>Mond</em>e lors d&rsquo;un débat organisé à La Cantine (Paris) pour la sortie du projet <em>21 Voix pour 2012</em> [<em><a href="https://www.facebook.com/21Voix?sk=wall&amp;filter=2" target="_blank">page Facebook ici</a></em>]. Lorsque Ziad Maalouf, l&rsquo;animateur lui demanda quels étaient les critères de choix des images pour le journal, il répondit que c&rsquo;était &laquo;&nbsp;l&rsquo;information et l&rsquo;esthétisme de la page&nbsp;&raquo;.</li>
</ul>
<p style="text-align: left;">Il faut ici s&rsquo;interroger. Sommes nous vraiment &laquo;&nbsp;mieux&nbsp;&raquo; informé lorsque nous regardons le corps mutilé de quelqu&rsquo;un ? Et l&rsquo;&nbsp;&raquo;esthétisme&nbsp;&raquo; peut-il côtoyer impunément la barbarie ? Sur ce point, une photo m&rsquo;a toujours interpellé par sa monstruosité. Elle a pourtant gagné le prix Pulitzer 2012, obtenu la seconde place (catégorie conflit) du World Press 2011. Elle a été publiée, le 7 décembre 2011, au lendemain de l&rsquo;attentat, en une de trois des quotidiens américains les plus prestigieux, <em>New York Times</em>, <em>Washington Pos</em>t et <em>Los Angeles Times</em>. En France — à ma connaissance — seul <em>Libération</em> l&rsquo;avait à l&rsquo;époque publiée mais en page intérieure [<em>cf. Gilles Klein dans <a href="http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=12656" target="_blank">Arrêt sur Images</a></em>]. Cette photo, prise le 6 décembre 2011 lors d&rsquo;un attentat à Kaboul qui avait tué 70 personnes, la voici :</p>
<div id="attachment_5953" class="wp-caption aligncenter" style="width: 505px"><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2012/04/Capture-d’écran-2012-04-21-à-10.14.01.png"><img class="size-full wp-image-5953" title="Photo de Massoud Hossaini - AFP" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2012/04/Capture-d’écran-2012-04-21-à-10.14.01.png" alt="Photo de Massoud Hossaini - AFP" width="495" height="377" /></a><p class="wp-caption-text">La photo de Massoud Hossaini, photographe de l&rsquo;AFP, qui a gagné le prix Pulitzer, dans la catégorie &laquo;&nbsp;Breaking News Photography&nbsp;&raquo;.</p></div>
<p style="text-align: left;">Cette image, a une histoire, qu&rsquo;a <a href="http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5g23hoBdFV4WRs93pW_4V5C1wb_NQ?docId=CNG.a02319d99d48c405b704dfb7eefd6d00.331" target="_blank">raconté</a>e son photographe, le journaliste de l&rsquo;AFP, Massoud Hossaini [<em>lire aussi <a href="http://lens.blogs.nytimes.com/2011/12/07/in-the-midst-of-a-horrific-scene-tears/" target="_blank">son témoignage</a> recueilli par le New York Times</em>]. Il ne souhaitait qu&rsquo;une chose, explique-t-il:</p>
<blockquote>
<p style="text-align: left;">J&rsquo;espérais seulement refléter cette vraie douleur pour tout le monde, pour tous ceux qui regarderaient mes photos.</p>
</blockquote>
<p style="text-align: left;">Peut-être, mais il n&rsquo;empêche que c&rsquo;est cette photo (plus ou moins recadrée) qui a été retenue, alors qu&rsquo;existait un choix extrêmement important, comme le<a href="http://le-coeur-net.blogspot.fr/2011/12/attentats-de-kaboul-le-detail-qui-tue.html" target="_blank"> montre</a> sur son blog <em>Le cœur net</em>, Jean-Marc Paillous. [<a href="http://galeria.index.hu/kulfold/2011/12/06/ongyilkos_merenylet_kabulban_egy_siita_kegyhelynel/3?openwith=2539914" target="_blank"><em>la série est aussi visible sur ce site hongrois</em></a>], et qu&rsquo;il existait aussi des photos d&rsquo;un <em>freelance</em>, Joel van Houdt, dont l&rsquo;une sera retenue pour faire la une du <em>Wall Street Journal</em>.</p>
<p style="text-align: left;">Les raisons du choix sont parfaitement détaillées <a href="http://www.washingtonpost.com/blogs/blogpost/post/the-post-nyt-and-wsj-show-same-scene-of-kabul-carnage-via-different-photos/2011/12/07/gIQAE74YcO_blog.html" target="_blank">dans ce post</a>, où sont interrogés les responsables du <em>Wall Street Journal</em>, du <em>New York Times </em>et du<em> Washington Post</em> qui ont décidé de publié une photo, et qui l&rsquo;on soigneusement éditée : fallait-il montrer le corps de l&rsquo;enfant qui est en jaune au premier plan? Fallait-il resserrer sur la jeune fille habillée en vert, qui est au centre du cliché? Fallait-il…?</p>
<p style="text-align: left;">En tout cas cela a été fait. Aujourd&rsquo;hui, Tarana Akbari, la jeune fille &laquo;&nbsp;à la robe verte&nbsp;&raquo; boîte encore un peu, mais se porte aussi bien qu&rsquo;une enfant qui a vu une grande partie de sa famille décimée sous ses yeux [<em><a href="http://lens.blogs.nytimes.com/2012/04/17/a-smile-from-tarana-akbari/" target="_blank">lire ici</a></em>]. Il paraît qu&rsquo;elle sourit…</p>
<div id="attachment_6222" class="wp-caption aligncenter" style="width: 212px"><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2012/08/Capture-d’écran-2012-04-17-à-22.05.13.png"><img class=" wp-image-6222 " title="Vierge en bois" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2012/08/Capture-d’écran-2012-04-17-à-22.05.13.png" alt="Vierge en bois" width="202" height="267" /></a><p class="wp-caption-text">Vierge en bois sculptée, Chapelle des Pénitents de Donzenac (Le livre2 Jul…)</p></div>
<p style="text-align: left;">
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Comment je m&#8217;informe</title>
		<link>http://www.themediatrend.com/wordpress/2012/07/30/comment-je-minforme/</link>
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		<pubDate>Mon, 30 Jul 2012 09:28:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Mentre</dc:creator>
				<category><![CDATA[journalisme enseignement]]></category>
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		<description><![CDATA[À <a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/2012/07/30/comment-je-minforme/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Chaque jour, je consacre environ deux heures à m&rsquo;informer. Parfois plus, parfois moins, ce n&rsquo;est qu&rsquo;une moyenne. En quelques années, j&rsquo;ai considérablement modifié mes sources, adaptant sans cesse ma pratique en fonction des médias et de leurs transformations, des nouveaux outils d&rsquo;agrégation, des appareils mobiles et de leurs applications [<em>celles de l'iPhone et de l'iPad dans mon cas</em>]. Voici donc une image de mon système de veille tel qu&rsquo;il est organisé aujourd&rsquo;hui. Précision, l&rsquo;ordre selon lequel je classe ses diverses sources n&rsquo;est pas forcément l&rsquo;ordre dans lequel je les consulte.</strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2012/07/collage.jpeg"><img class="aligncenter  wp-image-6141" title="les sources d'information" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2012/07/collage.jpeg" alt="les sources d'information" width="540" height="406" /></a></p>
<p><strong>1. Les journaux papier</strong></p>
<p>Euh… comment dire. En cinq ans, ma consommation s&rsquo;est effondrée. Je suis encore abonné, très temporairement à la version papier du <em>New Yorker</em> [mon côté snob] et de la <em>Columbia Journalism Review</em>, mais je passerai sans doute bientôt à la seule version iPad. Je m&rsquo;oblige à acheter un quotidien par jour, mais ma détermination ne cesse de faiblir. Il est rarissime désormais que j&rsquo;y découvre une information que je n&rsquo;ai pas déjà lue, quant aux articles eux-mêmes ils me paraissent souvent trop longs, datés [<em>pas de mise à jour possible, évidemment</em>]. Surtout, il me semble qu&rsquo;il ya beaucoup moins de matière dans les quotidiens: il est bien rare que je n&rsquo;ai pas achevé la lecture d&rsquo;un quotidien dans les trente minutes que dure mon trajet de métro quotidien. En fait, je me retrouve parfaitement dans les remarques d&rsquo;André Gunthert, dans son cours billet &laquo;&nbsp;<a href="http://culturevisuelle.org/totem/1652" target="_blank"><em>Je ne sais plus lire le journal</em></a>&nbsp;&raquo; :</p>
<blockquote><p>je saute les pages et les articles, cherchant désespérément un contenu qui intéresse les moins de soixante ans parmi les pubs de montres tape-à-l’oeil ou de voitures diesel. (…) Au moment de commencer ma lecture, je suis interrompu par l’interposition d’un écran mental tout droit sorti de Twitter: mais qui donc m’a recommandé cette lecture? Désemparé par l’absence de réponse à ce nouveau réflexe cognitif, j’ai un moment de flottement – et passe à la page suivante… La dynamique si puissante et si claire de la recommandation est devenue mon premier filtre médiatique.</p></blockquote>
<p><strong><span id="more-6123"></span>2. Les sites &laquo;&nbsp;classiques&nbsp;&raquo;</strong></p>
<p>J&rsquo;ai installé sur mon navigateur, en favoris, les principaux sites d&rsquo;information qu&rsquo;ils soient en langue française, allemande, italienne, espagnole et portugaise, langues qui me sont familières. Ces favoris sont synchronisés sur les différents ordinateurs que j&rsquo;utilise, ce qui m&rsquo;évite la fastidieuse et chronophage nécessité de les &laquo;&nbsp;googliser&nbsp;&raquo;. Je ne vais pas régulièrement sur ces sites —ce n&rsquo;est plus et de loin ma principale source d&rsquo;information— mais très régulièrement je m&rsquo;oblige à faire un tour d&rsquo;horizon pour regarder leurs évolutions, la manière dont ils traitent l&rsquo;information.</p>
<p>Parmi ceux que je trouve intéressant, en ce moment:</p>
<ul>
<li><a href="http://www.francetvinfo.fr/en-direct/" target="_blank"><em>FranceTVinfos</em></a>,  très agréable avec sa manière légère et personnalisée de suivre l&rsquo;actualité et surtout le dialogue constant avec les membres de la communauté. C&rsquo;est devenu un outil indispensable pour &laquo;&nbsp;remonter&nbsp;&raquo; le fil de l&rsquo;actualité, lorsque je n&rsquo;ai pas pu me tenir au courant de l&rsquo;information dans une journée.</li>
<li><a href="http://www.lemonde.fr/" target="_blank"><em>lemonde.fr</em></a> qui reste le site le plus innovant aujourd&rsquo;hui en France, et deux sites de presse régionales intéressant, ceux de <a href="http://www.sudouest.fr/" target="_blank"><em>SudOuest</em></a> et du <a href="http://www.letelegramme.com/actualite-en-direct/" target="_blank"><em>Télégramme</em></a>.</li>
<li><a href="http://www.dailymail.co.uk/home/index.html" target="_blank"><em>MailOnline</em></a>, incroyable réinvention de la presse tabloïd sur le web. Je suis fasciné par sa simplicité et son efficacité. Et puisque l&rsquo;on est sur les sites britanniques, le passage est obligé sur <em><a href="http://www.bbc.co.uk/news/" target="_blank">BBCNews</a></em>, et les sites du <a href="http://www.guardian.co.uk/" target="_blank"><em>Guardian</em></a> et du<a href="http://www.telegraph.co.uk/" target="_blank"><em> Telegraph</em></a>, toujours intéressants, en particulier dans leur manière de couvrir l&rsquo;actualité et en raison des innovations qu&rsquo;ils proposent.</li>
<li>Chez les Américains, je privilégie <em><a href="http://www.forbes.com/" target="_blank">Forbes</a></em> parce qu&rsquo;il a complètement réinventé la manière dont fonctionne une rédaction, ainsi que <a href="http://www.theatlantic.com/" target="_blank"><em>The Atlantic</em></a> qui réussit à allier réactivité et traitement de fon de l&rsquo;information. Mais bien sûr, je n&rsquo;oublie pas <a href="http://edition.cnn.com/" target="_blank">CNN</a>, qui grâce à son réseau<a href="http://ireport.cnn.com/" target="_blank"><em> iReport</em></a> offre une appréhension différente de l&rsquo;information, que ce soit dans la hiérarchie ainsi que  les deux sites de référence que sont le <a href="http://global.nytimes.com/" target="_blank"><em>New York Times</em></a> et le <a href="http://uk.wsj.com/home-page" target="_blank"><em>Wall Street Journal</em></a>.</li>
</ul>
<p><strong>3. Les sites &laquo;&nbsp;participatifs&nbsp;&raquo;</strong></p>
<p>Reprenant une formule initiée par feu <em>Le Post</em>, le <em>nouvelobs.com</em> a lancé un site compagnon, <a href="http://leplus.nouvelobs.com/" target="_blank"><em>Le Plus</em></a>, où sont publiées des contributions des membres de sa communauté, ainsi que d&rsquo;experts. <em>L&rsquo;Express.fr</em> lui a emboîté le pas avec une formule plus intégrée dans le site <a href="http://www.lexpress.fr/express-yourself/" target="_blank"><em>Express.yourself</em>.</a> Ma préférence va nettement au <em>Plus</em>, en raison de la multiplicité proposée de hiérarchisation des contributions. L&rsquo;intéressant avec ces formules est de présenter une autre vision et une autre hiérarchie de l&rsquo;information. Elles me semblent plus novatrices que les désormais classiques <a href="http://www.huffingtonpost.fr/?country=FR" target="_blank"><em>Huffington Post</em> </a>et <a href="http://www.mediapart.fr/" target="_blank"><em>MediaPart</em></a>, qui séparent très —trop ?— nettement l&rsquo;information &laquo;&nbsp;sérieuse&nbsp;&raquo; traitée par les journalistes de la rédaction, et cette autre information faite d&rsquo;analyses et de commentaires proposée par les blogueurs associés. [<em>à ce sujet, on peut lire le très intéressant<a href="http://www.guardian.co.uk/media/2012/jul/29/carla-buzasi-huffington-post-uk" target="_blank"> portrait/interview de Carla Buzasi</a>, la jeune rédactrice en chef du </em>HuffPo<em> britannique, réalisé par le</em> Guardian]</p>
<p>Mais, aujourd&rsquo;hui je suis particulièrement trois sites. Deux d&rsquo;entre eux, les américains <em>Reddit</em> et <em>Buzzfeed</em> sont devenus un passage obligé en terme d&rsquo;information, et le dernier, le britannique <em>Blottr</em>, est pour moi représentatif du journalisme participatif dans ce qu&rsquo;il a de meilleur.</p>
<ul>
<li><a href="http://fr.reddit.com/" target="_blank"><em>Reddit</em></a>, a connu son heure de gloire avec le massacre d&rsquo;Aurora, mais grâce à sa formule participative, la hiérarchie de l&rsquo;information qu&rsquo;il propose est toujours surprenante et enrichissante. [<em>précision, je préfère le consulter via l'application iPad, car j'en trouve la lecture plus aisée</em>]</li>
<li><em><a href="http://www.buzzfeed.com/" target="_blank">Buzzfeed</a></em> tout simplement parce que c&rsquo;est un site particulièrement innovant qui s&rsquo;efforce de trouver de nouveaux formats de narration comme l&rsquo;explique dans <a href="http://www.niemanlab.org/2012/07/how-buzzfeed-wants-to-reinvent-wire-stories-for-social-media/" target="_blank">cet article du <em>NiemanJournalismLab</em></a>, son rédacteur en chef Ben Smith.</li>
<li> <a href="http://www.blottr.com/" target="_blank"><em>Blottr</em></a>, est un site participatif d&rsquo;origine britannique, avec lequel tout un chacun peut devenir journaliste, il suffit de  de proposer un contenu [<em>il peut être multimédia</em>]. À la différence du français <a href="http://www.agoravox.fr/" target="_blank"><em>Agoravox</em></a>, il ne s&rsquo;agit de commenter l&rsquo;information, mais bien de la produire [<em>le site se définit comme un "breaking news service"</em>]. Le résultat est toujours intéressant. <em>Blottr</em> propose maintenant une <a href="http://www.blottr.fr/category/france" target="_blank">version française</a>, mais celle-ci pour l&rsquo;instant ne connaît pas le succès du site d&rsquo;origine.</li>
</ul>
<p>Dans cette catégorie des sites &laquo;&nbsp;participatifs&nbsp;&raquo;, il en est un nouveau et inclassable. <a href="http://cowbird.com/" target="_blank"><em>Cowbird</em></a> [<em>ci-dessous, sa page d'accueil</em>] n&rsquo;est pas à proprement parler un site d&rsquo;information, mais on y trouve des récits [<em>659 à ce jour</em>] sur le mouvement <em>Occupy Wall Street</em>, sur la guerre en Afghanistan… Le &laquo;&nbsp;classement&nbsp;&raquo; des sujets obéit à un registre différent des classements habituels : ce sera &laquo;&nbsp;qui nous sommes&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;où nous allons&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;ce que nous faisons&nbsp;&raquo;, etc. L&rsquo;accent est donc mis sur les expériences individuelles, celles-ci pouvant être agrégés par sujets, comme &laquo;&nbsp;Occupy Wall Street&nbsp;&raquo;. Le passionnant dans ce site est la manière dont chacun raconte ses histoires, utilisant et mixant l&rsquo;image [<em>magnifiquement mis en valeur par le site</em>], mais aussi le texte, souvent poétique, et le son.</p>
<p><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2012/07/Capture-d’écran-2012-07-30-à-13.43.13.png"><img class="aligncenter size-large wp-image-6135" title="La page d'accueil de Cowbird" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2012/07/Capture-d’écran-2012-07-30-à-13.43.13-1024x550.png" alt="La page d'accueil de Cowbird" width="584" height="313" /></a></p>
<p><strong>4.  Les flux RSS et les agrégateurs</strong></p>
<p>Encore indispensables pour une veille sur un sujet précis, en l&rsquo;occurrence pour ce qui me concerne l&rsquo;univers des médias et des technologies qui s&rsquo;y rapporte. J&rsquo;utilise pour des raisons purement pratiques l&rsquo;agrégateur proposé par Google, <em>Reader, </em>notamment pour sa rapidité, mais aussi en raison des fonctions de partage intégrées. J&rsquo;agrège environ 150 sources différentes, ce qui fait potentiellement entre 1000 à 1500 articles différents à lire par jour. Une copieuse revue de web ! Il faut tenir compte de la redondance des sujets entre les différentes sources et d&rsquo;expérience, disons que je lis réellement environ une vingtaine d&rsquo;articles quotidiennement, et en stocke [<em>grâce à <a href="http://www.instapaper.com/" target="_blank">Instapaper</a></em>] à peu près autant en prévision d&rsquo;articles pour ce blog ou en préparation de mes cours.</p>
<p>Aujourd&rsquo;hui, il existe d&rsquo;autres agrégateurs, sous forme d&rsquo;applications pour l&rsquo;iPone et l&rsquo;iPad, qui complètent utilement cet outil un peu brut qu&rsquo;est Reader. Mes préférés sont Zite, News360, Pulse ou encore dans une moindre mesure Flipboard. Leur présentation très agréable, la possibilité de personnaliser les flux que l&rsquo;on suit,  les rendent indispensables.</p>
<p><strong>5. les réseaux sociaux</strong></p>
<p>Je suis présent sur cinq réseaux sociaux : Facebook, Twitter, Google+ ainsi que deux réseaux professionnels : LinkedIn et Viadeo. Tous me sont utiles en terme d&rsquo;information :</p>
<ul>
<li><strong>Facebook,</strong> en raison de la curation que font mes amis et des informations qu&rsquo;ils proposent en partage, mais aussi des pages de médias auxquelles je me suis abonné et dont les informations remontent automatiquement sur mon mur. Mais disons, que ce n&rsquo;est pas une source d&rsquo;information essentielle, juste un complément.</li>
<li><strong>Twitter</strong> m&rsquo;est devenu indispensable. Je suis actuellement un peu plus de 400 comptes soigneusement sélectionné pour la qualité de ce qu&rsquo;ils partagent en terme d&rsquo;information. J&rsquo;essaie d&rsquo;éviter dans la mesure du possible toute redondance avec d&rsquo;autres sources, en particulier les flux RSS. J&rsquo;utilise peu les listes. Mon compte a été créé avant que Twitter ne propose des listes, et je n&rsquo;ai jamais eu le courage d&rsquo;en créer a posteriori. Pour éviter de &laquo;&nbsp;polluer&nbsp;&raquo; ma<em> timeline</em>, j&rsquo;évite comme la peste [<em>à de rares exceptions</em>]  les twittos qui confondent Twitter et Facebook et partagent tout de leur vie. Un exemple : certains croient utiles de dire &laquo;&nbsp;Bonjour&nbsp;&raquo; lorsqu&rsquo;ils &laquo;&nbsp;arrivent&nbsp;&raquo; sur Twitter le matin. Sans doute ne mesurent-ils pas que si tout le monde s&rsquo;amusait à faire cela, la <em>timeline</em> de tous serait illisible. Dans mon seul cas, cela ferait 400 tweets inutiles chaque matin ! Deux outils me semblent indispensables avec Twitter: un raccourcisseur d&rsquo;URL [<em>j'utilise</em> <a href="https://bitly.com/" target="_blank">Bit.ly</a> <em>dont la nouvelle mouture offre une palette d'outils particulièrement riche</em>] et <em><a href="http://paper.li/" target="_blank">Paper.li</a></em>, un agrégateur automatique qui m&rsquo;est désormais indispensable.</li>
<li><strong>Google+</strong>. Pour l&rsquo;instant, je laisse ce réseau en jachère, bien que j&rsquo;y ai parfois repéré des infos intéressantes.</li>
<li><strong>LinkedIn</strong> est un réseau très intéressant, en particulier grâce aux <em>groupe</em>s [<em>je fais partie d'une quinzaine de groupes</em>], qui sont autant de moyens d&rsquo;échanger avec d&rsquo;autres professionnels.</li>
<li><strong>Viadeo</strong> ou je je suis moins présent [<em>faute de temps</em>] me semble aussi potentiellement intéressant, notamment avec ses <em>hubs</em> qui sont l&rsquo;équivalent des groupes de LinkedIn.</li>
</ul>
<p><strong>5. Les outils de curation</strong></p>
<p>Je dois avouer que je sous-emploie ces outils, à l&rsquo;exception de <a href="http://storify.com/" target="_blank"><em>Storify</em></a>, qui sont un moyen —aussi— de partager l&rsquo;information avec d&rsquo;autres. Pour l&rsquo;instant, je publie peu sur <a href="http://www.scoop.it/" target="_blank">Scoop-it</a> et <a href="http://pinterest.com/" target="_blank">Pinterest</a>, et j&rsquo;utilise marginalement <a href="http://www.news.me/" target="_blank">News.me</a>. En revanche, je suis abonné aux mises à jour d&rsquo;un certain nombre d&rsquo;utilisateurs de Scoop.it qui m&rsquo;arrivent dans ma boîte mail ou d&rsquo;utilisateurs de Pinterest, via Facebook.</p>
<p><strong>6. Video et audio</strong></p>
<p>Je préfère dire vidéo et audio que télévision et radio, car en fait j&rsquo;ai de plus en plus tendance à &laquo;&nbsp;désagréger&nbsp;&raquo; ce qui est diffusé par les chaînes de télévision et de radio, et à sélectionner en podcast ou vidéocast les émissions qu&rsquo;il me semble intéressant de regarder ou d&rsquo;écouter. Pour cela je passe de plus en plus par les &laquo;&nbsp;chaînes&nbsp;&raquo; mis en ligne sur les plateformes de type Youtube, Daylimotion ou Vimeo, voire dédiées comme Watt (TF1) ou Pluzz (France Télévision). De même en audio, j&rsquo;ai tendance à de plus en plus utiliser <a href="http://soundcloud.com/" target="_blank">Soundcloud</a>, qui fonctionne comme un réseau social et permet de suivre des comptes que je trouve intéressant.</p>
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		<title>Journatic, le journalisme local en maltraitance</title>
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		<pubDate>Sun, 22 Jul 2012 09:55:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Mentre</dc:creator>
				<category><![CDATA[journalisme état des lieux]]></category>
		<category><![CDATA[Brian Timpone]]></category>
		<category><![CDATA[journalisme local]]></category>
		<category><![CDATA[Journatic]]></category>

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		<description><![CDATA[Journatic est une société qui propose aux groupes de presse de sous-traiter l&#8217;information de leurs pages d&#8217;information locales. Un modèle séduisant qui a conduit de nombreux journaux à faire appels à ses services. Mais aujourd&#8217;hui, la société est au cœur &#8230; <a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/2012/07/22/journatic-le-journalisme-local-en-maltraitance/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Journatic</em> est une société qui propose aux groupes de presse de sous-traiter l&rsquo;information de leurs pages d&rsquo;information locales. Un modèle séduisant qui a conduit de nombreux journaux à faire appels à ses services. Mais aujourd&rsquo;hui, la société est au cœur d&rsquo;un scandale qui conduit à réfléchir sur les pratiques de ce type d&rsquo;entreprise,  sur le type de journalisme et sur le modèle économique <em>low cost</em> que le recours à ses services induit.</strong></p>
<div id="attachment_6075" class="wp-caption alignleft" style="width: 185px"><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2012/07/timpone-photo.jpeg"><img class=" wp-image-6075 " title="Brian Timpone, Pdg de Journatic" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2012/07/timpone-photo.jpeg" alt="Brian Timpone, Pdg de Journatic" width="175" height="175" /></a><p class="wp-caption-text">Brian Timpone, le fondateur et Pdg de Journatic</p></div>
<p>On a peu parlé en France du scandale qui agite le monde des médias américains et que l&rsquo;on pourrait appeler &laquo;&nbsp;l&rsquo;affaire Journatic&nbsp;&raquo; du nom de cette <em>start up</em>. Fondée en 2006, par Brian Timpone, un ancien journaliste, elle propose aux groupes de presse américains de remplir leurs pages d&rsquo;informations locales à moindre coût. Le secret tient en une formule magique qui s&rsquo;affiche sur la <a href="http://journatic.com/about-us/" target="_blank">home</a> du site de <em>Journatic</em> :</p>
<blockquote><p>Utilisant une approche nouvelle, pilotée par les données, <em>Journatic</em> délivre des informations locales riches et originales à quelques uns des plus grands de presse américain.</p></blockquote>
<p>Dans une <a href="http://gigaom.com/2012/04/27/journatic-ceo-we-are-creating-a-better-future-for-journalism/" target="_blank">interview</a> avec Mathew Ingram du site <em>Gigaom</em>, Brian Timpone avait développé cette idée, expliquant que &laquo;&nbsp;non seulement son modèle était plus efficace que celui des journaux, mais qu&rsquo;il permettait de produire un meilleur journalisme&nbsp;&raquo;. Il détaillait :</p>
<blockquote><p>C&rsquo;est comme une chaîne de montage, nous assemblons des histoires constituées de différentes parties, nous avons des gens qui sourcent les informations, d&rsquo;autres qui génèrent des idées d&rsquo;articles, d&rsquo;autres des chapôs, etc. Nous avons 200 différents types d&rsquo;articles &#8211; certaines sont des enquêtes approfondies. Mais si nous ne faisons que retraiter un communiqué de presse, pourquoi devrait-on payer le salaire d&rsquo;un journaliste pour le faire ? (…)</p>
<p><span id="more-6074"></span>Il ne s&rsquo;agit pas de remplir les pages, il s&rsquo;agit de la fondation d&rsquo;un meilleur journalisme. Nous devrions avoir 100 rapports de police indexés cette année, des informations qui n&rsquo;ont jamais été systématiquement collectées; lorsque les journalistes y ont accès cela peut les aider à produire de meilleurs articles. C&rsquo;est la voie ouverte vers une nouvelle forme de journalisme… une meilleure forme de journalisme. Telle est la vision</p></blockquote>
<p>L&rsquo;affaire était entendu : moins cher et mieux. Qui pourrait résister à de telles sirènes ? Des dizaines journaux succombaient aux charmes de ce &laquo;&nbsp;journalisme de montage&nbsp;&raquo;, comme le <em>San Francisco Chronicle</em>, le <em>Houston Chronicle</em> du groupe Hearst et le prestigieux <em>Chicago Tribune</em>, qui devait du coup licencier 20 journalistes qui travaillaient pour ses pages locales. Sa société &laquo;&nbsp;mère&nbsp;&raquo;, la <em>Tribune Company</em>, n&rsquo;hésitait d&rsquo;ailleurs pas à <a href="http://www.prnewswire.com/news-releases/tribune-company-makes-investment-in-journatic-148539645.html" target="_blank">entrer dans le capita</a>l de <em>Journatic</em>, affirmant que grâce à cela :</p>
<blockquote><p><em>Journatic</em> permet aux éditeurs et aux annonceurs de mieux servir leurs clients grâce à la création efficace de contenu hyperlocal, avec un accent mis sur &laquo;&nbsp;les gens&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Lieux&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;Evénements&nbsp;&raquo;. Cette formule conduit à un contenu attrayant qui est des plus intéressantes pour le public local.</p></blockquote>
<p>Tout était parfait : un nouveau mode de journalisme de sous-traitance — pour l&rsquo;information locale — venait d&rsquo;être inventé et son modèle économique semblait fonctionner. Mais…</p>
<p><strong>L&rsquo;invention de l&rsquo;information locale à distance</strong></p>
<p>C&rsquo;est un journaliste, Ryan Smith, qui devait mettre les pieds dans le plat, comme il racontera plus tard dans le <em>Guardian</em> [lire : <a href="http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2012/jul/06/adventures-journatic-new-media-outsourced-hyperlocal-news" target="_blank"><em>My adventures in Journatic's new media landscape of outsourced hyperlocal news</em></a>]. Au cours de ses dix-huit mois chez <em>Journatic</em>, il écrira et publiera un nombre incroyable d&rsquo;articles pour des journaux qui pouvaient se trouver aussi bien au Texas, qu&rsquo;en Californie ou encore dans l&rsquo;État de New York sans mettre les pieds dans aucune des villes dont il traitait l&rsquo;information locale, et sans rencontrer aucun des responsables de ces journaux.</p>
<p>Il avait primitivement été recruté, en 2010 — sans entretien, ni examen approfondi de son CV —, par <em><a href="http://blockshopper.com/" target="_blank">Blockshopper.com</a></em>, une filiale de <em>Journatic</em>, pour éditer des petites annonces immobilières. Sans grande surprise son salaire est très bas: 10 $ par heure [<em>8,2 euros</em>], pour 40 heures de travail hebdomadaires, soit environ 1600 $ par mois [<em>1.300 euros</em>] , sans vacances, ni autre avantage. Les articles sont produits en collectant les données publiques sur le web. Bref, on n&rsquo;est pas loin du système de la &laquo;&nbsp;ferme de contenus&nbsp;&raquo; [<em>Content Farm</em>], où il faut produire beaucoup de contenus pour que ceux-ci gagnent en en référencement et remontent dans les résultats des moteurs de recherche. Il n&rsquo;est pas au bout de ses surprises.</p>
<p>Il va découvrir que les articles qu&rsquo;il édite sont signés sous de faux noms, soit disant pour protéger les auteurs &laquo;&nbsp;réels&nbsp;&raquo; de poursuites judiciaires. Une politique systématique chez <em>Blockshopper</em>, relève-t-il, au point que le nom de la Directrice de la communication Scarlett Simpson, affirme-t-il, n&rsquo;est qu&rsquo;un avatar.</p>
<p>En novembre 2011, changement de régime pour Ryan Smith. Le voilà propulsé &laquo;&nbsp;reporter&nbsp;&raquo; pour <em>Journatic</em>. Il s&rsquo;agit d&rsquo;écrire un article pour une page locale du<em> Houston Chronicle</em>, alors qu&rsquo;il habite… Chicago, à 1.500 kilomètres de là. Il le fait, mais malaise… Puis, — malaise qui s&rsquo;ajoute au malaise — il découvre qu&rsquo;un journal de sa région, le <em>Illinois Times</em> vient de passer un accord avec <em>Journatic</em> et simultanément de licencier des journalistes. Il décide de dévoiler le pot au rose.</p>
<p><strong>Chad King, un journaliste fantôme qui signe 350 articles</strong></p>
<p>Son <em>outing</em> va engendrer une cascade de scandales, le premier d&rsquo;entre eux étant l&rsquo;emploi de fausses signatures. Par exemple, on découvre qu&rsquo;un certain Chad King a signé quelque 350 articles dans les pages locales du <em>Houston Chronicle</em>. Or, Chad King n&rsquo;existe pas. Les articles sont le fruit d&rsquo;assemblages, voire de plagiats, réalisés, par des journalistes philippins ou américains, édités par les secrétaires de rédaction américains. Bref, le résultat d&rsquo;un travail taylorisé à l&rsquo;extrême, qui n&rsquo;a qu&rsquo;un lointain rapport avec le journalisme.</p>
<p>Dans un premier temps Brian Timpone va nier fermement. Dans un mémo adressé aux journalistes pigistes qui travaillent pour son entreprise [<a href="http://www.poynter.org/latest-news/mediawire/180047/journatic-ceo-to-staff-bumps-are-going-to-be-part-of-the-ride/" target="_blank"><em>publié par le Poynter</em></a>], il affirmera :</p>
<blockquote><p>Les alias d&rsquo;auteur ont été bannis du site de vents immobilières <em>Blockshopper.com</em>, le seul endroit où ils aient été systématiquement utilisés; les alias d&rsquo;auteur n&rsquo;ont jamais fait partie du système éditorial <em>Journatic</em> à partir duquel nous produisons des informations pour nos clients.</p></blockquote>
<p>Une  affirmation qui ne tiendra pas et cela devait conduire, l&rsquo;un des rédacteurs en chef, Mike Fourcher, à démissionner et a en expliquer sur son blog [<a href="http://blog.fourcher.net/2012/07/14/why-i-am-resigning-from-journatic/" target="_blank"><em>Why I Am Resigning From Journatic</em></a>], les raisons :</p>
<blockquote><p>Le modèle de l&rsquo;entreprise défaille quand il tente de traiter les informations locales comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait de traiter des données. Inévitablement, quand vous devez répartir le travail à une équipe de plus en plus éloignée, vous brisez les traditionnelles relations de confiance qui existent entre les reporters et les secrétaires de rédaction, jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;ils soient implicitement découragés d&rsquo;accomplir un travail de haute qualité, et cela dans un souci d&rsquo;efficacité, pour augmenter ce que vous produisez et faire plus d&rsquo;argent.</p></blockquote>
<p>Plusieurs journaux devaient, à la suite du scandale, réviser leurs accords avec <em>Journatic</em>, certains reprendre en main leurs pages locales, d&rsquo;autres lancer des enquêtes internes pour connaître l&rsquo;étendue des dégâts.</p>
<p><strong>Un changement irréversible ?</strong></p>
<p>Mais, il ne faudrait pas croire que, pour autant, les médias américains renoncent  à utiliser <em>Journatic </em>et revenir à la situation précédente, où des journalistes locaux traitaient l&rsquo;information locale. Pour la direction du <em>Chicago Tribune</em>, par exemple, le changement est considéré comme irréversible. Elle a décidé de recruter un journaliste expérimenté pour &laquo;&nbsp;veiller au développement et mettre en œuvre les changements appropriés&nbsp;&raquo; chez le contreversé <em>Journatic. </em>Le<em> Chicago Tribune</em>, qui a investi dans le fournisseur de contenu hyper-local&nbsp;&raquo;, [<em><a href="http://jimromenesko.com/2012/07/21/chicago-tribune-decides-to-stick-with-journatic/" target="_blank">lire le mémo de Chicago Tribune ici</a> </em>] n&rsquo;entend sans doute pas abandonner son investissement.</p>
<p>Cette affaire pose questions :</p>
<ul>
<li>Peut-on automatiser réellement la production de contenu, en particulier pour les pages locales d&rsquo;un quotidien ou de son site ?<em> Journatic</em> et les groupes de presse qui utilisent ses services affirment que oui, mais il semble que ce soit au prix de graves accrocs avec ce qu&rsquo;est la conception même du journalisme. On peut se demander d&rsquo;ailleurs si la collecte automatisée de données pour transformer ces dernières en articles est un modèle pertinent. L&rsquo;information locale est souvent un travail ingrat de collecte — justement — de données, auprès de la mairie, des associations diverses, des écoles, etc.; Mais pour les journalistes, cette collecte est aussi un moyen de nouer des contacts avec des interlocuteurs et d&rsquo;obtenir des informations pour pouvoir traiter d&rsquo;autres sujets plus valorisés et intéressants. Si on les empêche de faire ce travail de terrain, ils risquent de perdre ces contacts précieux.</li>
<li>La sous-traitance et la taylorisation du travail comme a du l&rsquo;admettre Mike Fourcher est une impasse. Il brise le fonctionnement et la cohérence d&rsquo;une rédaction qui est faite justement de contacts, d&rsquo;échanges, d&rsquo;allers et retours permanents entre les différents journalistes qui la composent. La qualité du travail qui en résulte ne peut qu&rsquo;en être amoindrie.</li>
<li>Le modèle économique proposé par <em>Journatic</em> semble pertinent, sinon il n&rsquo;aurait pas été adopté par autour de groupes de presse. À court terme sans aucun doute, mais à plus long terme qu&rsquo;en est-il ? Produire une information locale désincarnée est-ce réellement répondre aux besoins des  lecteurs et des internautes ? N&rsquo;attendent-ils pas autre chose que la recension des horaires de cinéma, du passage des bus et d&rsquo;ouverture des permanences des élus ?</li>
</ul>
<p>&nbsp;</p>
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