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	<title>Media Trend</title>
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	<description>les nouveaux medias &#38; les nouveaux usages</description>
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		<title>David Axe: &#171;&#160;War is Boring&#160;&#187; ou la vie d&#8217;un reporter de guerre en BD</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Sep 2010 23:20:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Mentre</dc:creator>
				<category><![CDATA[journalisme état des lieux]]></category>
		<category><![CDATA[livre]]></category>
		<category><![CDATA[BD]]></category>
		<category><![CDATA[David Axe]]></category>
		<category><![CDATA[États-Unis]]></category>
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		<category><![CDATA[Matt Bors]]></category>
		<category><![CDATA[reporter]]></category>

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		<description><![CDATA[Le début: l&#8217;aube se lève sur une plaine aride, à l&#8217;Est du Tchad. Une camionnette roule dans ce qui semble au sens propre un no man&#8217;s land. Le chauffeur aperçoit un homme, appareil photo autour du cou, sa caméra en équilibre sur son épaule. Arrêt. Le passager monte à bord. Présentations rapides: &#171;&#160;Adrian Djimdim&#160;&#187; — [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le début: l&#8217;aube se lève sur une plaine aride, à l&#8217;Est du Tchad. Une camionnette roule dans ce qui semble au sens propre un <em>no man&#8217;s land</em></strong><strong>. Le chauffeur aperçoit un homme, appareil photo autour du cou, sa caméra en équilibre sur son épaule. Arrêt. Le passager monte à bord. Présentations rapides: &laquo;&nbsp;Adrian Djimdim&nbsp;&raquo; — &laquo;&nbsp;David Axe, merci beaucoup.&nbsp;&raquo; La camionette repart. Le chauffeur est curieux &laquo;&nbsp;Pourquoi venez-vous au Tchad?&nbsp;&raquo; — &laquo;&nbsp;C&#8217;est une longue histoire&nbsp;&raquo;. </strong><em><strong>War is Boring</strong></em><strong> vient de commencer. Un témoignage rare et une réflexion dérangeante sur le reportage de guerre, auxquels le dessin de Matt Bors donne encore plus de force.</strong></p>
<p><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/09/couv_war_boring.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-3319" title="Couverture de War is Boring" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/09/couv_war_boring.jpg" alt="Couverture de War is Boring" width="96" height="137" /></a>En première lecture, <em>War is Boring</em> est le récit en bande dessinée de la vie David Axe, reporter de guerre. Depuis 2005, il n&#8217;est guère de conflits —ou de zones de conflit— qu&#8217;il n&#8217;ait couvert: Irak [<em>3 ans</em>], Liban [<em>après la guerre avec le Hezbollah</em>], Est Timor, Somalie, Afganistan, Tchad… Freelance multimédia, il travaille aussi bien pour des radios, des sites internet, des télévisions, que pour des journaux papier. Des collaborations d&#8217;autant plus éclectiques, qu&#8217;à côté de titres &laquo;&nbsp;classiques&nbsp;&raquo; comme Wired, il accepte aussi de travailler pour des journaux comme le <em>Washington Times</em>, propriété de la sulfureuse secte Moon, ou d&#8217;autres plus spécialisés comme <a href="http://www.defensetechnologyinternational.com/about.htm" target="_blank">DTI</a>, qui  est &laquo;&nbsp;le prolongement éditorial de l&#8217;industrie de l&#8217;armement&nbsp;&raquo;. Il est vrai que ce magazine spécialisé offre l&#8217;énorme avantage de pouvoir voyager partout &laquo;&nbsp;où il y a des armes et des gens qui les utilisent&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Un choix librement assumé, car visiblement ce n&#8217;est pas l&#8217;argent qui motive David Axe. Par exemple, lorsque DTI lui demande de quitter la Somalie, &laquo;&nbsp;car notre juriste a classifié [<em>ce pays</em>] au niveau 5 de risque&nbsp;&raquo;, il décide de rester en renonçant à la carte de crédit du journal, et d&#8217;essayer de s&#8217;en sortir avec des piges. &laquo;&nbsp;Ce sera serré, vraiment serré&nbsp;&raquo;, dit-il. Tellement &laquo;&nbsp;serré&nbsp;&raquo;, qu&#8217;il devra retourner vivre chez ses parents, à Detroit, faute de pouvoir continuer à payer son appartement.<span id="more-3317"></span></p>
<p>En fait sa motivation est ailleurs, et d&#8217;abord dans cette volonté farouche d&#8217;être présent sur ces &laquo;&nbsp;lieux de conflit&nbsp;&raquo; pour témoigner. Mais elle est aussi dans un étrange rapport avec la mort. Lorsqu&#8217;il arrive en Irak en 2005, sans argent, il dit &laquo;&nbsp;j&#8217;avais des cartes de crédit et je n&#8217;ai jamais espéré survivre suffisamment longtemps pour devoir les rembourser&nbsp;&raquo;. 5 ans plus tard, il n&#8217;est toujours pas mort. &laquo;&nbsp;Je suis un porte-chance&nbsp;&raquo;, dit-il maintenant aux soldats qu&#8217;il accompagne. Et de la chance il lui en a fallu pour échapper aux mines, aux tirs de roquettes et de mortiers… Et il continue…</p>
<p>Mais s&#8217;il n&#8217;est pas mort, d&#8217;évidence quelque chose s&#8217;est cassé, comme en témoigne la quasi impossibilité qu&#8217;il a maintenant de vivre chez lui en &laquo;&nbsp;zone de paix&nbsp;&raquo;. Il a cette phrase terrible, à son retour d&#8217;Irak. &laquo;&nbsp;Cela m&#8217;a pris trois jours pour réaliser qu&#8217;aussi ennuyeuse [<em>boring</em>] soit la guerre, la paix était encore pire.&nbsp;&raquo; Il ajoute dans l&#8217;épilogue de <em>War is Boring</em> ce constat sans illusion:</p>
<blockquote><p>Plus je parcours le monde, moins il fait sens. Plus je rencontre de gens, moins je crois en leur humanité. Plus je vieillis, moins je me sens à l&#8217;aise dans ma peau. Nous sommes un monde en guerre, quelquefois tranquille, le plus souvent non. Nous sommes les plus habiles des monstres et nous mériterons tout ce qui nous arrivera.</p></blockquote>
<p style="text-align: center;"><strong>Un exemple du graphisme de Matt Bors</strong></p>
<p style="text-align: center;">
<div class="mceTemp mceIEcenter" style="text-align: center;">
<dl id="attachment_3326" class="wp-caption aligncenter" style="width: 293px;">
<dt class="wp-caption-dt" style="text-align: center;"><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/09/war_boring1.jpg"><img class="size-full wp-image-3326  " title="David Axe à Beyrouth" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/09/war_boring1.jpg" alt="David Axe à Beyrouth" width="283" height="430" /></a></dt>
<dd class="wp-caption-dd">Une scène qui résume le malaise ressenti par David Axe, à l&#8217;issue de son séjour à Beyrouth.</dd>
</dl>
</div>
<h3>Notes</h3>
<ul>
<li><em>War is Boring, </em>par David Axe et Matt Bors, préface de Ted Rall, New American Library, Penguin Books, New York, août 2010. [<em>texte en anglais</em>]</li>
<li><em>War is Boring </em>est aussi un <a href="http://www.warisboring.com/" target="_blank">blog collectif </a>tenu notamment par David Axe  et illustré par les dessins de Matt Bors et de Ted Rall. Par ailleurs, ce journaliste a aussi <a href="http://www.kickstarter.com/projects/1299708102/congo-in-comics" target="_blank">financé </a>pour partie un reportage au Congo grâce à un site de financement par le public [<em>crowfunding</em>] <a href="http://www.kickstarter.com/" target="_blank"><em>Kickstarter</em></a>. Il a réussi par ce biais à lever 1.600 dollars, sur les 10.000 nécessaires.</li>
</ul>
<p style="text-align: center;">
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		<title>Gabriel García Márquez : (re)lire Récit d&#8217;un naufragé</title>
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		<pubDate>Thu, 19 Aug 2010 09:10:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Mentre</dc:creator>
				<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[journalisme enseignement]]></category>
		<category><![CDATA[livre]]></category>
		<category><![CDATA[Colombie]]></category>
		<category><![CDATA[FNPI]]></category>
		<category><![CDATA[Gabriel Garcia Marquez]]></category>

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		<description><![CDATA[Prenez un marin. Mettez le à bord d&#8217;un navire de guerre, genre destroyer. Faites le passer par dessus bord, avec sept camarades. Débrouillez-vous pour qu&#8217;il soit le seul survivant. Placez-le ensuite sur un radeau de survie. Arrangez-vos pour qu&#8217;il n&#8217;y ait ni boisson, ni vivres, ni outils d&#8217;aucune sorte. Laissez dériver l&#8217;ensemble au milieu des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;"><strong>Prenez un marin. Mettez le à bord d&#8217;un navire de guerre, genre destroyer. Faites le passer par dessus bord, avec sept camarades. Débrouillez-vous pour qu&#8217;il soit le seul survivant. Placez-le ensuite sur un radeau de survie. Arrangez-vos pour qu&#8217;il n&#8217;y ait ni boisson, ni vivres, ni outils d&#8217;aucune sorte. Laissez dériver l&#8217;ensemble au milieu des requins. N&#8217;oubliez pas le brûlant soleil des Caraïbes. Patientez neuf jours. Le dixième faites-le aborder une plage. Votre héros est sauvé! N&#8217;importe quel reporter rêverait de raconter une telle histoire. Or, lorsque son directeur la propose au jeune journaliste, Gabriel García Márquez, non seulement, il se sent &laquo;&nbsp;humilié&nbsp;&raquo;, mais en plus il prédit: &laquo;&nbsp;Ce sera un bide&nbsp;&raquo;. Erreur. Les 14 articles qu&#8217;il écrira, feront doubler les vente de son journal, </strong><em><strong>El Espectador. </strong></em><strong>Plus tard, réunis sous forme de recueil, ils constitueront l&#8217;un de ses plus beaux livres: </strong><em><strong>Récit d&#8217;un naufragé </strong><strong><span style="font-style: normal;">(1)</span></strong></em><strong>. C&#8217;est aussi l&#8217;occasion d&#8217;ouvrir une réflexion sur le travail du  journaliste, et sur ses choix de narration.</strong></p>
<div id="attachment_3264" class="wp-caption alignleft" style="width: 250px"><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/08/ACR-Calde.png"><img class="size-medium wp-image-3264  " title="Le destroyer ACR Caldas " src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/08/ACR-Calde-300x176.png" alt="Le destroyer ACR Caldas " width="240" height="141" /></a><p class="wp-caption-text">Le Caldas (photo Wikipedia)</p></div>
<p>Pour Gabriel García Márquez l&#8217;affaire avait mal commencé. Comme tous les journalistes colombiens de l&#8217;époque, [<em>nous sommes au début de l'année 1955</em>] il a voulu couvrir la catastrophe, présentée alors officiellement comme &laquo;&nbsp;la disparition en mer de 8 marins au cours d&#8217;un tempête&nbsp;&raquo;. Une drame d&#8217;autant plus fort que le Caldas, un destroyer, dont la seule célébrité était alors d&#8217;avoir envoyé par le fond un sous-marin allemand pendant la deuxième guerre mondiale (2), avait perdu ses marins à seulement deux heures de navigation de son port d&#8217;attache, Carthagène.</p>
<p>Surtout, la marine colombienne révéla, une semaine après, qu&#8217;il y avait un survivant. Dans son autobiographie, <em>Vivre pour la raconter </em>(3), García Márquez raconte: &laquo;&nbsp;Nous [<em>journalistes</em>] fûmes unanimes à penser que nous tenions là le reportage de l&#8217;année à condition de pouvoir obtenir un entretien, ne fut-ce que d&#8217;une demi-heure, en tête à tête avec lui.&nbsp;&raquo; Cela ne sera pas possible, car les officiels encadreront toute l&#8217;information. Pourtant, les questions ne manquaient pas. Par exemple: comment un bateau de guerre avait-il pu perdre 8 hommes pour un simple coup de vent ? Comment avait-il pu survivre sur un radeau sans nourriture ni boisson ? Etc.</p>
<h3>Que cache la version officielle du drame ?</h3>
<p>&laquo;&nbsp;Pour la première fois je fus bouleversé à l&#8217;idée que l&#8217;on cachait à l&#8217;opinion publique quelque chose de très grave sur la catastrophe&nbsp;&raquo;, analyse-t-il. Il est vrai que la Colombie était alors une dictature militaire, dirigée par le Général <a href="http://es.wikipedia.org/wiki/Gustavo_Rojas_Pinilla" target="_blank">Rojas Pinilla</a>, dont García Márquez raconte d&#8217;un ton faussement léger, que &laquo;&nbsp;les deux exploits les plus mémorables furent un massacre d&#8217;étudiants (…) et l&#8217;assassinat par la police secrète d&#8217;un nombre resté inconnu d&#8217;aficionados qui, le dimanche, chahutaient aux arènes la fille du dictateur.&nbsp;&raquo;</p>
<p><span id="more-3253"></span></p>
<p>Pire, le naufragé, Luis Alejandro Velasco, semblait n&#8217;avoir qu&#8217;un seul objectif: jouir de sa gloire toute neuve et la monnayer. Mille dollars de la part du fabricant de ses chaussures si solides qu&#8217;il n&#8217;avait pas réussi à les manger, 500 dollars et une montre neuve pour remplacer celle qui pourtant n&#8217;avait pas failli pendant ces dix jours d&#8217;épreuves, etc.</p>
<p>C&#8217;est ce personnage qui va venir dans les locaux de<em> El Espectador </em>pour raconter son histoire. Pourquoi choisit-il ce journal? García Márquez ne le dit pas. Tout juste, décrit-il ainsi, le quotidien où il travaille: &laquo;&nbsp;Né cinquante ans auparavant [<em>en 1887</em>], façonné dans des murs qui ne lui appartenaient pas (…)<em> El Espectador</em> était un modeste quotidien du soir de seize pages serrées, mais n s&#8217;arrachait ses cinq mille exemplaires mal comptés dès que les vendeurs quittaient l&#8217;imprimerie et on le lisait en une demi-heure dans tous les cafés ténébreux de la vieille ville&nbsp;&raquo;. Ce journal —libéral— avait comme autre caractéristique d&#8217;être dirigé par un tout jeune homme de 23 ans, Guillermo Cano, le petit-fils du fondateur.</p>
<h3>Comment reprendre une histoire qui est désormais connue de tous?</h3>
<p>C&#8217;est lui qui va tordre la main de celui que l&#8217;on appelle &laquo;&nbsp;Gabo&nbsp;&raquo; au journal et l&#8217;obliger, en dépit de ses fortes réticences, à interviewer Velasco: &laquo;&nbsp;L’histoire, racontée par bribes, avait traîné partout, elle était maintenant frelatée.&nbsp;&raquo; Il est vrai que García Márquez avait déjà rédigé pour le journal pas moins de trois longs articles sur ce sujet, et s&#8217;était personnellement heurté au mur de désinformation dressé par la marine colombienne (4).</p>
<p>Mais Guillermo Cano est doué de ce rare talent, qui est de &laquo;&nbsp;sentir&nbsp;&raquo; l&#8217;information qui fera événement. Le choix de Gabriel García-Márquez, n&#8217;est pas non plus fortuit. Il est considéré au journal comme l&#8217;une des meilleures &laquo;&nbsp;plumes&nbsp;&raquo;. Il y est chargé notamment des enquêtes. &laquo;&nbsp;Il est spécialisé, écrit Miles Corwin dans la <em><a href="http://www.cjr.org/second_read/the_hack_1.php" target="_blank">Columbia Journalism Review</a>, </em>dans ce que l&#8217;on appelle dans les journaux latino américains les articles <em>refrito [littéralement "remaniés"</em>]: une reconstruction détaillée d&#8217;un événement dramatique, publiée des semaines ou des mois après [l'événement] sous la forme d&#8217;un récité écrit avec de l&#8217;élan et une grande habileté.&nbsp;&raquo; (5)</p>
<p>Il ne reste plus à  Gabriel García-Márquez qu&#8217;à s&#8217;exécuter, et d&#8217;abord à interviewer le naufragé. Cela durera 3 semaines &laquo;&nbsp;épuisantes&nbsp;&raquo;, réparties en 20 séances de 6 heures chacune. Pas de magnétophone, car inventé depuis peu, les appareils étaient alors très encombrants et peu fiables. &laquo;&nbsp;Aujourd&#8217;hui, reconnait-il, on sait combien les magnétophones sont utiles à la mémoire , mais il ne faut jamais détourner son regard du visage de l&#8217;interviewé, qui peut exprimer beaucoup plus de choses que sa voix, et parfois même le contraire&nbsp;&raquo;. Il dira plus tard:</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;La majorité des journalistes laisse le magnétophone faire le travail, et pense ainsi respecter la volonté de la personne qu&#8217;ils interviewent en en retranscrivant mot pour mot ses propos. Ils ne réalisent pas que cette façon de travailler est peu respectueuse: lorsqu&#8217;une personne parle, elle hésite, s&#8217;engage dans des tangentes, ne finit pas ses phrases et fait des remarques insignifiantes. Pour moi, le magnétophone doit être utilisé dans le seul but d&#8217;enregistrer un matériel que le journaliste décidera d&#8217;utiliser par la suite, de la manière dont il décidera et choisira selon sa façon de raconter. Dans ce sens, il est possible d&#8217;interviewer quelqu&#8217;un de la même manière manière que vous écrivez un roman ou une poésie.&nbsp;&raquo;</p></blockquote>
<h3>Le récit est raconté par le naufrage, sans la signature du véritable auteur, Gabriel García Márquez</h3>
<div id="attachment_3273" class="wp-caption alignleft" style="width: 186px"><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/08/garcia-marquez-jeune1.png"><img class="size-medium wp-image-3273 " title="Gabriel Garcia-Marquez jeune journaliste" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/08/garcia-marquez-jeune1-196x300.png" alt="Gabriel Garcia-Marquez jeune journaliste" width="176" height="270" /></a><p class="wp-caption-text">Gabriel Garcia-Marquez, jeune journaliste à El Elspectador, en 1955</p></div>
<p>À l&#8217;époque donc, pas de magnétophone, seulement des notes prises sur des cahiers d&#8217;écolier. Et il faut écrire vite, car les articles sont publiés dans la foulée. Gabriel García Márquez décida que le naufragé, Luis Alejandro Velasco, serait le narrateur, et non lui, le journaliste. Aujourd&#8217;hui, il est difficile de dire comment cela fut décidé, puisque García Márquez, lui-même, en présente deux versions. Dans son autobiographie, il explique qu&#8217;avant même de réaliser les interviews, il avait choisi ce mode narratif: &laquo;&nbsp;Je le [<em>Guillaume Can</em>o] prévins, déprimé mais avec la plus grande courtoisie possible, que j&#8217;écrirai le reportage par devoir professionnel mais que je ne le signerais pas.&nbsp;&raquo; Dans le texte d&#8217;ouverture de <em>Récit d&#8217;un naufragé</em>, sa version est autre: &laquo;&nbsp;Mon seul problème littéraire allait être de convaincre le lecteur de son authenticité. Pour cette raison —et aussi par équité— nous décidâmes de l&#8217;écrire à la première personne et sous sa signature&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Aujourd&#8217;hui, peu importe. Ce choix s&#8217;avérera un coup de génie. D&#8217;une part, il offrait la &laquo;&nbsp;crédibilité&nbsp;&raquo;, puisque c&#8217;était celui qui avait vécu l&#8217;aventure qui racontait et que le lecteur le croyait, et d&#8217;autre part, il permettait l&#8217;immense souplesse narrative du roman.</p>
<p>Si l&#8217;histoire fascine, elle représente sur le plan du récit une prouesse, car il ne se passe pas grand chose sur le radeau de Luis Alejandro Velasco, qui dérive lentement dans la mer des Caraïbes. Les deux seuls événements importants —le naufrage et l&#8217;arrivée sur la terre ferme— se déroulent au tout début et à la toute fin de l&#8217;histoire. Qui plus est tous les lecteurs connaissaient déjà l&#8217;histoire et son dénouement heureux. Il fallait aussi composer avec les impératifs de publication imposé par le rythme d&#8217;un quotidien du soir [<em>García-Márquez continuait d'ailleurs pendant ce temps à écrire ses critiques de cinéma pour le journal, qui étaient publiées à un rythme hebdomadaire et à alimenter la rubrique Día a día, qui est un peu l'équivalent de "Talk of the Town" du New Yorker. À cette époque, il dormait "entre trois heures du matin (…) et l'heure des informations à la radio pour connaître les nouvelles du jour"</em>].</p>
<p>Cela imposera un cadre:</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Afin de mettre les lecteurs en condition avant de le [<em>Velasco</em>] jeter à l&#8217;eau, nous décidâmes de commencer le récit par les derniers jours que le marin avait passé à Mobile [<em>aux États-Unis</em>]. Nous fûmes d&#8217;accord aussi pour ne pas l&#8217;achever à l&#8217;instant où il retrouvait la terre ferme mais au moment de son arrivée à Carthagène, acclamé par la foule, c&#8217;est-à-dire quand les lecteurs pourraient poursuivre le récit tout seul à l&#8217;aide des faits déjà publiés. Cela nous donnait quatorze chapitres pour un suspense de deux semaines&nbsp;&raquo;.</p></blockquote>
<h3>L&#8217;utilisation de procédés propres à la fiction pour raconter l&#8217;histoire</h3>
<p>Ce choix d&#8217;étirer le récit est typiquement un procédé de fiction. La logique journalistique aurait été de commencer directement par le fait lui-même, c&#8217;est-à-dire le naufrage. Mais cette ouverture décalée permet au lecteur de pénétrer dans la psychologie du personnage, de partager ses sentiments et ses états d&#8217;âme. Velasco avant d&#8217;embarquer a été voir un film à grand spectacle: <em>Ouragan sur le Caine</em>, célèbre pour sa scène de tempête [<em>au cours de laquelle le capitaine Queeg, joué par Humphrey Bogart, assiste à la mutinerie de son équipage</em>]:<br />
<object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="380" height="230" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/vtqf0CCVUek?fs=1&amp;hl=fr_FR&amp;rel=0&amp;border=1" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="380" height="230" src="http://www.youtube.com/v/vtqf0CCVUek?fs=1&amp;hl=fr_FR&amp;rel=0&amp;border=1" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p>Après avoir vu le film, Velasco explique dans <em>Récit d&#8217;un naufragé:</em></p>
<blockquote><p>J&#8217;étais moi aussi fort ébranlé. En huit mois [<em>le Caldas était resté 8 mois à Mobile pour subir plusieurs modifications</em>] j&#8217;avais perdu l&#8217;habitude de la mer. Je n&#8217;avais pas peur car l&#8217;instructeur nous avait apris à nous débrouiller en cas de naufrage. Mais après avoir vu ce soir-là <em>Ouragan sur le Caine</em> je me sentis inquiet et cette inquiétude était anormale. Non qu&#8217;à partir de cet instant j&#8217;ai pressenti la catastrophe. Mais je reconnais que je n&#8217;avais jamais éprouvé autant d&#8217;appréhension devant l&#8217;imminence du voyage</p></blockquote>
<p>Gabriel García-Márquez ne pouvait que porter attention à ce film, car il l&#8217;avait vu et en avait fait un critique assez virulente au début du mois de mars, qui se concluait ainsi: &laquo;&nbsp;Il est juste de dire que <em>Ouragan sur le Caine </em>est l&#8217;œuvre d&#8217;un bon artisan du cinéma, mais rien de plus. La tempête et la mutinerie, le moment culminant de ce drame, laisse à juste titre le souvenir d&#8217;une performance technique formidable, avec la collaboration efficace de Humphrey Bogart (…) Pour le reste, c&#8217;est long et ennuyeux.&nbsp;&raquo;</p>
<p>En particulier, Gabo reproche au film de s&#8217;appuyer sur une psychologie de bazar, qui ruine la qualité du film et en particulier fausse son personnage principal. &laquo;&nbsp;La personnalité psychopate du capitaine Queeg (…) est basée sur des raisonnements que l&#8217;on trouve dans la presse magazine [<em>visiblement ce n'est pas un compliment</em>]&laquo;&nbsp;. Du coup, Queeg, &laquo;&nbsp;comme simple être humain, comme loup de mer endurci et discipliné, est en soi un personnage extraordinaire, sans qu&#8217;il soit nécessaire de compliquer les choses avec des spéculations psychiatriques à deux sous.&nbsp;&raquo;</p>
<h3>Un récit qui est un long &laquo;&nbsp;monologue intérieur&nbsp;&raquo;</h3>
<p>Autant de remarques qui trahissent le romancier alors en devenir, qui prétera toujours dans ses œuvres une grande attention &laquo;&nbsp;à l&#8217;exploration de la vie intérieure de ses personnages&nbsp;&raquo;, comme l&#8217;indique Melvin Corwin. &laquo;&nbsp;Dans la série sur Velasco, il se sent libre de reconstruire les monologues intérieur de son personnage [<em>dans ses mémoires, G. García-Márquez dit explicitement que le récit a été écrit sous forme de "monologue intérieur"</em>], et pour la première fois, ils ont été effectivement partie intégrante de l&#8217;histoire. Et lorsque le marin a des mirages, discute avec des compagnons imaginaires ou se bat contre les distortions du temps, tous ces passages laissent présager du romancier mature.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Les réflexions —et l&#8217;inquiétude— qu&#8217;inspire au futur naufragé la scène de tempête d&#8217;Ouragan sur le &laquo;&nbsp;Caine&nbsp;&raquo; , et le premier pas dans cette vie intérieure du naufragé, qui est l&#8217;une des poutres maîtresses de la narration.</p>
<p>Pour tenir en haleine le lecteur et faire en sorte qu&#8217;il achète le numéro suivant du journal, Gabriel García-Márquez utilise d&#8217;autres techniques, que l&#8217;on peut qualifier comme étant &laquo;&nbsp;plus classiques&nbsp;&raquo;. L&#8217;une d&#8217;elle consiste à ménager un suspense à la fin de de chaque article. Voici par exemple, la fin du chapitre VI.</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Une longue et fiévreuse demi-heure venait de s&#8217;écouler quand je sentis la mouette s&#8217;arrêter sur ma jambe. Délicatement, elle picota mon pantalon. J&#8217;avais gardé ma rigidité de cadavre lorsqu&#8217;un coup de bec brutal me frappa au genou. Je faillis bondir à cause de ma blessure, mais je réussis à supporter la douleur. Après quoi la mouette s&#8217;avança jusqu&#8217;à ma cuisse droite, à cinq ou six centimètres de ma main. Je retins mon souffle et fis glisser celle-ci imperceptiblement, avec une précaution désespérée.&nbsp;&raquo; (6)</p></blockquote>
<p>Pour savoir, si le naufragé affamé [<em>il n'a rien mangé depuis plusieurs jours</em>] va réussir à s&#8217;emparer de la mouette qui lui picore la jambe, il faut lire la suite.</p>
<ul>
<li>[<em>Pour ceux qui s'intéressent particulièrement au système de récit inventé pour l'occasion par Gabriel García-Márquez, je renvoie sur l'article extrêmement précis et documenté que Klaus Meyer-Minnemann lui consacre sur son blog </em><a href="http://www.vox-poetica.org/t/rl/kmm.html" target="_blank"><em>Vox Poetica</em></a>]</li>
</ul>
<h3>Une grande proximité avec le marin naufragé</h3>
<div id="attachment_3257" class="wp-caption alignleft" style="width: 201px"><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/08/carte.png"><img class="size-medium wp-image-3257  " title="La dérive de Luis Alejandro Velsaco" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/08/carte-212x300.png" alt="La dérive de Luis Alejandro Velsaco" width="191" height="270" /></a><p class="wp-caption-text">Le parcours du naufragé: le trait de gauche à partir du point qui marque le naufrage</p></div>
<p>Mais tout cela n&#8217;a été possible que parce que Gabriel García-Márquez a réussi à obtenir une étroite collaboration avec sa &laquo;&nbsp;source&nbsp;&raquo;. Il explique : &laquo;&nbsp;Je fus très vite persuadé qu&#8217;il [<em>Velasco</em>] ne dissimulait rien. Je n&#8217;eus rien à forcer. C&#8217;était comme une promenade dans un champ de fleurs où j&#8217;aurais pu cueillir en toute liberté celle que je préférais.&nbsp;&raquo; Un travail collaboratif essentiel, qui permettra d&#8217;alimenter le récit et de lui donner sa force. Le marin trouvent pour les anecdotes qu&#8217;il raconte &laquo;&nbsp;des significations symboliques ou sentimentales, comme celle de la première mouette qui ne voulait pas s&#8217;en aller. Celle des avions racontée par lui, avait une beauté cinématographique. (…) À partir d&#8217;un certain moment je n&#8217;eu plus rien à ajouter.&nbsp;&raquo;</p>
<p>La série —qui n&#8217;a pas pris une ride un demi siècle plus tard— fut un tel succès que quelques mois plus tard, en juin, Gabriel García-Márquez réalisa une série utilisant la même technique [<em>mais cette fois signée par lui</em>] avec le champion cycliste colombien <a href="http://es.wikipedia.org/wiki/Ram%C3%B3n_Hoyos" target="_blank">Ramón Hoyos</a>, dans laquelle celui-ci se raconte.</p>
<p>Ce sera l&#8217;un des derniers articles qu&#8217;écrira G. García-Márquez en Colombie, car très rapidement la décision sera prise par le journal de l&#8217;exfiltrer, en raison des menaces sur sa sécurité. Ce n&#8217;est pas impunément que l&#8217;on écrit la &laquo;&nbsp;vérité&nbsp;&raquo; [<em>l</em><em>a série sur Velasco était titrée "La verdad sobre mi aventura" —La vérité sur mon aventure</em>] dans un dictature et que l&#8217;on montre les défaillances l&#8217;armée. Dans son récit Velasco expliquait notamment que le Caldas avait été déséquilibré par l&#8217;énorme masse de matériels électroménagers (réfrigérateurs, machines à laver, etc.) que l&#8217;équipage ramenait en Colombie, ce qui est théoriquement interdit sur un navire militaire, que le radeau sur lequel il se trouvait était dépourvu de sa dotation réglementaire (eau, vivres, etc.), et surtout qu&#8217;il n&#8217;y avait pas eu de tempête, qui était l&#8217;explication officielle du drame. Des années plus tard, les plus hauts responsables de la marine colombienne continuaient à maintenir contre toute évidence, que la version de Gabriel García-Márquez et de Velasco était fausse [<em>lire <a href="http://www.cyber-corredera.de/correderas/61.htm" target="_blank">ici</a>, un exemple de ce type de témoignage - en espagnol</em>]</p>
<p>En tout cas, comme l&#8217;écrit Miles Corwin, &laquo;&nbsp;cette série d&#8217;articles a représenté un pivot dans la vie et dans la carrière d&#8217;écrivain de García-Márquez. Le gouvernement fut tellement furieux, que la direction du journal, qui craignait pour la sécurité du jeune reporter, l&#8217;envoya à Paris, comme correspondant. Quelques mois plus tard, il ferma <em>El Espectador</em>. La disparition de son gagne pain obligea García-Márquez à devenir un journaliste itinérant qui devait vendre des piges pour vivre — et, de manière cruciale, à continuer à écrire des romans.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Pour autant, Gabriel García-Márquez n&#8217;abandonnera jamais réellement le journalisme qui avait tant marqué sa vie. En particulier, il créa en 1994, la <a href="http://www.fnpi.org/" target="_blank"><em>Fundacíon nuevo Periodismo Iberamerico</em></a> [FNPI], dont il est à ce jour encore le président, qui est l&#8217;un des plus importants foyers de la réflexion sur le journalisme en Amérique latine. Mais ceci est une autre histoire.</p>
<ul>
<li>Il faut ici rendre hommage au travail de Jacques Gilard, décédé en 2008. Cet universitaire toulousain s&#8217;était consacré notamment à l&#8217;étude du &laquo;&nbsp;Groupe de Barranquilla&nbsp;&raquo;, un groupe informel qui s&#8217;était créé dans ce port de la côte caraïbe et qui regroupait des artistes (écrivains, peintres,etc.), dont fit partie Gabriel García-Márquez, et à l&#8217;œuvre de ce dernier. C&#8217;est à Jacques Gilard que l&#8217;on doit la publication de l&#8217;ensemble du travail journalistique de Gabriel García-Márquez. Ce travail a été publié à partir de 1981 aux éditions Bruguera de Barcelone. Malheureusement, il n&#8217;en existe pas de traduction française.</li>
</ul>
<h3>Notes</h3>
<ol>
<li><em>Récit d&#8217;un naufragé</em>, par Gabriel García-Márquez, Grasset, coll. Les Cahiers rouges, Paris, 2003. L&#8217;édition originale a été publiée par Tusquets, à Barcelone, en 1970. C&#8217;est à cette occasion qu&#8217;apparu la signature de Gabriel García-Márquez sous le récit.</li>
<li>Cette version est contestée. Seule certitude le sous-marin a été attaqué par le Caldas, mais il n&#8217;est pas sûr qu&#8217;il ait réussi à le couler.</li>
<li><em>Vivre pour la raconter,</em> Grasset, Le livre de poche n° 30538, Paris. Théoriquement, ce ne devait que le premier tome des mémoires de Gabriel García-Márquez, mais il est peu probable qu&#8217;il écrive maintenant la suite. Vivre pour la raconter raconte son enfance et sa jeunesse, jusqu&#8217;à ce qu&#8217;il soit obligé de quitter la Colombie à luise du Récit d&#8217;un naufragé.</li>
<li>Trois articles publiés en mars 1955, dans l&#8217;ordre suivant: El naufrago sobreviviente paso los once dias en una fragil balsa, Como recibieron la noticia la novia y los parientes del marino Velsaco. [<em>Le naufragé a survécu pendant onze jours sur un radeau fragile. Comment la jeune épouse et les parents du marin Velasco ont appris la nouvelle</em>]. Oficina de informacion exclusiva para el naufrago crea la Marina, &laquo;&nbsp;Para que no se trate de explotarlo&nbsp;&raquo;. Sus declaraciones al llegar a Bogota. [<em>Un Bureau d'information créé par la marine exclusivement pour le naufragé. "Pour qu'il n'y ait pas d'exploitation". Ses déclarations à son arrivée à Bogota. Le radeau était en liège</em>].La balsa en que se salvo era de corcho. La explication de una odisea en el mar. Como y por que se salvo el marino. [<em>L'explication d'une épreuve en mer. Comment et pourquoi le marin s'en est sorti sain et sauf</em>]. <em>in</em> Obra periodística Vol.3, Entre cachacos II, édition établie par Jacques Gilard, Bruguera, Barcelone, Espagne, 1982, 2e édition.</li>
<li><em>The Hack, the journalistic education of Gabriel García-Márquez</em>, par Miles Corwin, Columbia Journalism Review, janvier/février 2010 [<em>Précision: la lecture de cet article m'a donné envie de relire Récit d'un naufragé, et de revenir sur Gabriel García-Márquez journaliste, qui est aspect relativement peu connu de sa personnalité</em>]</li>
<li>Voici la version originale du même texte telle quelle a été établie par Jacques Gilard : &laquo;&nbsp;Había transcurrido una larga e intensa media hora, cuando sentí que la gaviota se me paró en la pierna. Suavemente me picoteó el pantalón. Yo seguía absolutamente inmóvil cuando me dio un picotazo seco y fuerte en la rodilla. Estuve a punto de saltar a causa de la herida. Pero logré soportar el dolor. Luego, se rodó hasta mi muslo derecho, a cinco o seis centímetros de mi mano. Entonces corté la respiración e imperceptiblemente, con una tensión desesperada, empecé a deslizar la mano.&nbsp;&raquo;</li>
</ol>
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		<title>Dénouer l&#8217;écheveau des liens</title>
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		<pubDate>Wed, 11 Aug 2010 15:47:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Mentre</dc:creator>
				<category><![CDATA[journalisme enseignement]]></category>
		<category><![CDATA[journalisme idées & réflexions]]></category>
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		<description><![CDATA[Pourquoi met-on des liens dans les articles? Si l&#8217;on en croit Nicholas Carr, leur seul présence gêne la lecture, voir  empêche la compréhension des textes. Pire, c&#8217;est à cause d&#8217;eux que les sites perdraient ces internautes &#171;&#160;qu&#8217;ils ont eu tant de mal à faire venir&#160;&#187;. Perte de sens et perte de visiteurs cela fait beaucoup. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Pourquoi met-on des liens dans les articles? Si l&#8217;on en croit Nicholas Carr, leur seul présence gêne la lecture, voir  empêche la compréhension des textes. Pire, c&#8217;est à cause d&#8217;eux que les sites perdraient ces internautes &laquo;&nbsp;qu&#8217;ils ont eu tant de mal à faire venir&nbsp;&raquo;. Perte de sens et perte de visiteurs cela fait beaucoup. Mais au fait, y-t-il des règles? Quelles sont celles qu&#8217;appliquent les sites français et étranger? Bref, la question mérite que l&#8217;on s&#8217;y arrête.</strong></p>
<p><span style="font-weight: normal;">Ce post, bien que je n&#8217;y évoque pas l&#8217;importance que jouent liens dans le référencement est déjà (trop) long. J&#8217;ai donc ressuscité la vieille technique des &laquo;&nbsp;ancres&nbsp;&raquo; (en fait des liens), ce qui permet au lecteur d&#8217;aller directement à la partie du texte qui l&#8217;intéresse. Il suffit de cliquer sur les liens du sommaire ci-dessous [contrainte technique que je n'ai pas résolue, il faut d'abord cliquer sur "continued", pur que ça marche):</span></p>
<ol>
<li><a href="#constat">Le constat: les liens font partie de la pratique courante des sites d'information français</a></li>
<li><a href="#vieuxjeu">Ne pas faire de liens externes, une technique "très vieux jeu</a>"</li>
<li><a href="#integrante">Les liens part intégrante de l'écriture</a></li>
<li><a href="#regles">Quelles règles pour les liens ?</a></li>
<li><a href="#genent">Les liens gênent-ils la lecture ?</a></li>
<li><a href="#documentaires">Les liens documentaires: les exemples du New York Times, de la BBC et du Huffington Post</a></li>
<li><a href="#rappel">Rappel: Le web est fondé sur le lien hypertexte</a></li>
</ol>
<h2><a name="constat">1. Le constat: les liens font partie de la pratique courante des sites d'information français</a></h2>
<p>En premier lieu, donc le constat. Un rapide tour de quelques sites français est révélatrice de plusieurs tendances:</p>
<ul>
<li><strong>les liens sont une pratique courante</strong>. Seule site de quotidien national à ne pas être entré dans le bain, L'Équipe.fr</li>
<li><strong>Il n'y a pas de politique commune</strong>, chaque site applique ses propres règles.</li>
<li><strong>La plupart des sites </strong>jouent le jeu du <em>linkage</em>et <strong>renvoient sur des sites extérieurs, </strong>y compris concurrents. Mais à ce jeu, trois sites se distinguent réellement: <em>Rue89, Slate.fr et L'Express.fr.</em></li>
<li><strong>la très grande majorité des liens renvoie vers l'intérieur des sites</strong>, et en particulier les liens documentaires [<em>c'est-à-dire ceux qui sont placés en hors-texte</em>].
<ul>
<li>Sur le plan éditorial, cela permet de constituer des dossiers à moindre frais: par exemple sur le suivi d&#8217;un procès, le &laquo;&nbsp;dossier&nbsp;&raquo; reprendra les articles publiés antérieurement sur le sujet.</li>
</ul>
<ul>
<li>Le fait que le nombre de liens internes soit supérieur, dans la totalité des cas, au nombre de liens externes traduit le fait que les sites français ont pour priorité de conserver le plus longtemps possible leurs internautes-visiteurs, et cherchent grâce au système de &laquo;&nbsp;dossier&nbsp;&raquo;, mais aussi avec les liens inclus dans le texte à leur construire un parcours interne.</li>
<li>Cela améliore le référencement<br />
<span id="more-2834"></span></li>
</ul>
</li>
<li><strong>les liens sont utilisés essentiellement à vue documentaire</strong>. Le site est vu comme une base de données, et des liens renvoient sur des éléments de cette base de données, en utilisant souvent un système de tag [<em>c'est ce que j'ai appelé "tag/topic" dans le slideshare ci-dessous. Une "topic page" est une page générée automatiquement pour donner à l'internaute des informations contextuelles sur un sujet donné</em>] C&#8217;est particulièrement vrai pour ce qui concerne les personnes.Le problème de ce système de tag est</li>
<li><strong>peu d&#8217;erreurs dans les liens</strong>, mais parfois le système mis en place comporte des aberrations: c&#8217;est le cas à<em> lexpress.fr,</em> où systématiquement le même lien est placé dans le texte et hors-texte [<em>Rue89 fait (ce que j'estime être) une erreur semblable</em>]. En revanche, ni les formats spéciaux, comme les Pdf par exemple, ni les sites en langues étrangères ne sont signalés. Par ailleurs, je n&#8217;ai pas vu de lien sur des blogs, si ce n&#8217;est sur ceux des journalistes spécialisés du média concerné, et l&#8217;on peut donc les considérer comme des liens internes.</li>
<li>Parfois, <strong>la politique de certains sites est déconcertante</strong> [<em>par exemple Le Monde ou Le Télégramme</em>]: certains articles regorgent de liens, tandis que d&#8217;autres en contiennent très peu, voire aucun. Est-ce le résultat d&#8217;une politique délibérée, ou plus simplement est-ce du au fait que chaque rédacteur ou éditeur est laissé libre de ses choix?</li>
</ul>
<p style="text-align: center;"><strong>Les sites français et les liens</strong><br />
(<em>samedi 3 juillet 2010</em>)</p>
<div id="__ss_4677406" style="width: 425px; text-align: center;"><strong><a title="Liens sites france" href="http://www.slideshare.net/Mediatrend/liens-sites-france">Liens sites france</a></strong><object id="__sse4677406" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="425" height="355" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://static.slidesharecdn.com/swf/ssplayer2.swf?doc=lienssitesfrance-100704143538-phpapp01&amp;stripped_title=liens-sites-france" /><param name="name" value="__sse4677406" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed id="__sse4677406" type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="355" src="http://static.slidesharecdn.com/swf/ssplayer2.swf?doc=lienssitesfrance-100704143538-phpapp01&amp;stripped_title=liens-sites-france" name="__sse4677406" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object>View more <a href="http://www.slideshare.net/">presentations</a> from <a href="http://www.slideshare.net/Mediatrend">Marc Mentre</a>.</p>
</div>
<p>A priori, les sites français n&#8217;ont pas à rougir de leur politique de liens, si on la compare à celle de leurs confrères étrangers tels que vient de la mettre en lumière une étude de Jonathan Stray [<em>à lire </em><a href="http://www.niemanlab.org/2010/06/linking-by-the-numbers-how-news-organizations-are-using-links-or-not/" target="_blank"><em>ici </em></a><em>sur le site du Nieman Journalism Lab et dans sa traduction française sur </em><em><a href="http://owni.fr/2010/07/05/comment-les-grands-de-la-presse-font-leurs-liens/" target="_blank">Owni</a></em>], qui a fait une étude plus systématique sur la page d&#8217;accueil de douze sites anglo saxons (<em>BBC, CNN, Politico, Reuters, New York Times,</em> etc.). Il en ressort que qu&#8217;en moyenne, un article contient 2,6 liens, voir en éliminant les liens renvoyant à des &laquo;&nbsp;topics&nbsp;&raquo;, 1,7 liens. Il s&#8217;agit ici des liens &laquo;&nbsp;dans le texte&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Le point de vue de Jonathan Stray serait donc partagé des deux côtés de l&#8217;Atlantique: &laquo;&nbsp;Les liens font désormais partie du travail de routine journalistique sur les principaux sites d&#8217;information&nbsp;&raquo;. Mais est-ce si sûr ?</p>
<h2><a name="vieuxjeu">2. Ne pas faire de liens externes, une technique &laquo;&nbsp;très vieux jeu&nbsp;&raquo;</a></h2>
<p>Certains sites ne mettent pas de liens, d&#8217;autres appliquent ce que j&#8217;appelle la &laquo;&nbsp;théorie du silo&nbsp;&raquo;, c&#8217;est-à-dire qu&#8217;ils ne font des liens que vers l&#8217;intérieur du site.</p>
<p>Peut-être dans certains cas est-ce du à des difficultés techniques, encore que l&#8217;argument soit de moins en moins recevable, mais admettons. En fait, il s&#8217;agit souvent d&#8217;un choix délibéré.</p>
<p>Par exemple sur le nouveau site de <em>The Times </em>[abrité désormais derrière un mur payant], il n&#8217;y a pas de lien comme l&#8217;<a href="http://blogs.pressgazette.co.uk/editor/2010/07/06/the-times-website-thanks-for-the-free-log-in-heres-five-ways-to-make-it-better/" target="_blank">explique</a> Dominic Ponsford de <em>PressGazette</em>:</p>
<blockquote><p>Il n&#8217;y a pas lien [<em>dans le texte</em>]. Aucun. Ni même vers d&#8217;autre contenu de The Times. Aussi, même si la présentation est réussie, cela rend le contenu étrangement plat [<em>flat</em>]. (…) Le refus de mettre des liens sur des sites externes peut sembler juste sur le plan commercial, mais une manière très vieux jeu de penser que The Times est le seul site que les internautes visitent. Ce serait un excellent service à rendre abonnés payants que de leur indiquer, de temps à autre, d&#8217;autres contenus intéressants sur le web.</p></blockquote>
<h2><a name="integrante">3. Les liens part intégrante de l&#8217;écriture</a></h2>
<p>Les liens font donc partie intégrante de l&#8217;écriture sur le web. Jeff Jarvis a théorisé l&#8217;importance des liens sur blog <em>Buzz Machine,</em> dans un post, publié en 2007, au titre explicite: <em><a href="http://www.buzzmachine.com/2007/02/22/new-rule-cover-what-you-do-best-link-to-the-rest/" target="_blank">New rule: Cover what you do best. Link to the rest</a> </em>[<em>Nouvelle règle: Occupez-vous de ce que vous faites le mieux. Faites des liens pour le reste</em>]. Mais sur l&#8217;écriture lui-même, il a expliqué son point de vue dans un autre post, publié un an plus tard en 2008, <em>The ethic of the link layer on news</em> [<em>littéralement: L'éthique de la couche des liens sur l'information</em>]. Il explique ce qu&#8217;il appelle la nouvelle règle d&#8217;or du journalisme [<em>Golden Rule</em>]:</p>
<blockquote><p>Je crois qu&#8217;il sera très important pour nous de renvoyer par des liens sur nos sources et sur ce qui nous a influencé —aussi bien bien que sur des transcription et des reportages supplémentaires— pour montrer aux lecteurs par quels moyens nous avons construit notre sujet.</p></blockquote>
<p>Cela se se traduit dans certaines rédactions par des recommandations précises aux journalistes. Par exemple, Steve Herrmann sur le <a href="http://www.bbc.co.uk/blogs/theeditors/2010/03/bbc_news_linking_policy.html" target="_blank">blog</a> des rédacteurs en chef de la BBC explique en quoi elles consistent pour les journalistes du site:</p>
<ul>
<li>les liens font partie de la valeur que vous ajoutez à votre article; prenez cela au sérieux et faites-le bien;</li>
<li>renvoyez toujours par un lien à la source de votre information, quand vous le pouvez;</li>
<li>si vous mentionnez ou citez d&#8217;autres publications, journaux, sites, n&#8217;oubliez de mettre un lien;</li>
<li>lorsque vous le pouvez, mettez des &laquo;&nbsp;liens profonds&nbsp;&raquo; (il s&#8217;agit des liens qui renvoient à une page précise et non pas seulement à la page d&#8217;accueil)</li>
</ul>
<p>Il faut ajouter —même si cela devrait aller de soi— que la crédibilité du journaliste est tout autant engagée par le lien qu&#8217;il inclut dans son texte que par la qualité des informations avec lesquelles il construit son article. Un lien brisé, un lien qui renvoie sur une page d&#8217;accueil et non sur la page où se trouve précisément l&#8217;information, un lien qui ne répond pas à la &laquo;&nbsp;promesse&nbsp;&raquo; de départ&nbsp;&raquo;, sont autant d&#8217;accrocs au contrat de lecture proposé.</p>
<h2><a name="regles">4. Quelles règles pour les liens ?</a></h2>
<h3><span style="font-weight: normal; font-size: 13px;">Lier un article avec un autre contenu, en particulier sur un site extérieur, obéit à un certain nombre de règles, notamment d&#8217;ordre juridique. Avant d&#8217;en détailler différents aspects, il faut simplement dire que le droit —et les tribunaux qui sont chargés de son application— reconnaissent, en particulier en France, la possibilité de créer des liens.</span></h3>
<h3><span style="font-weight: normal; font-size: 13px;">Il existe trois grands types de protection, droits d&#8217;auteur, en France notamment, copyright en application en particulier dans les pays anglo-saxons, et de création plus récente, creative common, mais tous trois ont comme principe général de protéger les contenus d&#8217;un site assimilés à une &laquo;&nbsp;œuvre&nbsp;&raquo;. Dans ce dernier mécanisme, il existe plusieurs  types de protection [<em>les licences creative commons mériteraient un post à elles seules, je préfère renvoyer sur le <a href="http://creativecommons.org/international/fr/" target="_blank">site</a></em>]</span></h3>
<ul>
<li><span style="font-weight: normal; font-size: 13px;">[<em>Pour ceux qui souhaitent entrer dans le détail, il existe de nombreuses ressources sur le web, mais le mémoire de DEA "</em><a href="http://www.scribd.com/doc/21727027/Le-droit-des-liens-hypertexte" target="_blank"><em>droit des liens hypertextes</em></a><em>" de Rubin Sfad</em><em>j</em> <em>constitue une bonne entrée en matière. Sinon un <a href="http://actuel.fr.selfhtml.org/liens/aspects_juridiques.htm" target="_blank">portail </a></em><em>recense les ressources juridiques sur la question</em>]</span></li>
</ul>
<p><strong>a &#8211; Il existe plusieurs types de lien: liens simples, liens profonds et </strong><em><strong>frame</strong></em></p>
<p style="padding-left: 30px;"><span style="font-weight: normal; font-size: 13px;"><strong>- l&#8217;établissement d&#8217;un &laquo;&nbsp;lien simple&nbsp;&raquo;</strong></span><span style="font-weight: normal; font-size: 13px;">, c&#8217;est-à-dire renvoyant sur la page d&#8217;accueil d&#8217;un autre site.</span></p>
<p style="padding-left: 60px;"><span style="font-weight: normal; font-size: 13px;">Dans le régime du droit d&#8217;auteur, un lien simple est &laquo;&nbsp;censé avoir été autorisé par tout opérateur de site web&nbsp;&raquo;, comme l&#8217;a admis le Tribunal de Commerce de Paris, dans un arrêt datant de 2000. [Arrêt SA Cadre On Line, contre SA Keljob]. Dit autrement, il ne viole pas le droit d&#8217;auteur.</span></p>
<p style="padding-left: 60px;"><span style="font-weight: normal; font-size: 13px;"> Dans les pays qui appliquent le droit du copyright, le principe de l&#8217;autorisation tacite [implied licence] s&#8217;applique, c&#8217;est-à-dire que l&#8217;on peut établir des liens, dès lors que cela point sur un site [la page d'accueil] installé sur le web. Si le contenu est protégé par un copyright [ce n'est pas toujours le cas], s&#8217;applique alors la doctrine du fair use. &laquo;&nbsp;Selon, cette théorie, explique Rubin Sfadj, dès lors que le visiteur du site ne suit pas un objectif commercial, qu’il est de bonne foi, et que de plus le lien effectué ne fait qu’augmenter le « marché potentiel » du site pointé, il ne peut être fait droit à une demande en réparation&nbsp;&raquo;.</span></p>
<p style="padding-left: 30px;"><span style="font-weight: normal; font-size: 13px;"><strong>- le <em>framing</em>.</strong></span><span style="font-weight: normal; font-size: 13px;"> Avec cette technique, la page pointée par le lien s&#8217;ouvre dans le site originaire du lien. Elle s&#8217;ouvre dans un cadre [<em>frame</em>]. Cette technique ne me semble plus très utilisée. Elle a le défaut de laisser croire à l&#8217;internaute qu&#8217;il ne change pas de site. Il y a donc, un réel risque de parasitisme. </span></p>
<p style="padding-left: 30px;"><span style="font-weight: normal; font-size: 13px;"><strong>- les liens profonds</strong>, c&#8217;est-à-dire les liens renvoyant sur une page intérieure d&#8217;un site. </span></p>
<p style="padding-left: 60px;"><span style="font-weight: normal; font-size: 13px;">Dans le régime du droit d&#8217;auteur, la seule question juridique particulière [<em>par rapport au "lien simple"</em>] tient à un manque à gagner éventuel (publicités de la page d&#8217;accueil non vues, moins de clics, etc.) de la part du site vers lequel le lien pointe. Dans le régime du <em>copyright</em>, il en va de même.</span></p>
<p><span style="font-weight: normal; font-size: 13px;"><strong>b &#8211; Faut-il l&#8217;autorisation de la source ?</strong></span></p>
<p><span style="font-weight: normal;">Il est souvent dit qu&#8217;un lien, en particulier un lien &laquo;&nbsp;profond&nbsp;&raquo; doit être &laquo;&nbsp;autorisé&nbsp;&raquo; par la source. Certains sites, notamment d&#8217;entreprise le prévoit: on peut lire par exemple sur le site d&#8217;Alstom  [</span><em><span style="font-weight: normal;">dans la rubrique </span><a href="http://www.alstom.com:80/home/tools/legalnotice/44360.FR.php?languageId=FR&amp;dir=/home/tools/legalnotice/" target="_blank"><span style="font-weight: normal;">notice légale</span></a></em><span style="font-weight: normal;">]:</span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: normal;">&laquo;&nbsp;aucun lien vers les sites Web d&#8217;Alstom ne sera fait par une tierce partie sans une autorisation préalable d&#8217;Alstom sous forme écrite.&nbsp;&raquo;</span></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: normal;">sur celui de GDF-Suez [</span><em><span style="font-weight: normal;">rubrique </span><a href="http://www.gazdefrance.fr/mentions_legales.html" target="_blank"><span style="font-weight: normal;">mentions légales</span></a></em><span style="font-weight: normal;">]:</span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: normal;">&laquo;&nbsp;Les utilisateurs et visiteurs du site web ne peuvent pas mettre en place un hyperlien en direction du site &#8216;</span><em><span style="font-weight: normal;">gazdefrance.fr&#8217;</span></em><span style="font-weight: normal;"> sans l&#8217;autorisation écrite, expresse et préalable de GDF SUEZ&nbsp;&raquo;.</span></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: normal;">ou sur celui de la fondation Bill et Melinda Gates [</span><em><span style="font-weight: normal;">dans la rubrique </span><a href="http://www.gatesfoundation.org/about/Pages/terms-of-use.aspx" target="_blank"><span style="font-weight: normal;">terms of use</span></a></em><span style="font-weight: normal;">]</span></p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Vous n&#8217;êtes pas autorisé à établir un lien ou à prendre un extrait de notre site vers votre site, blog ou application semblable, sans avoir obtenu auparavant une autorisation écrite de notre part.&nbsp;&raquo;</p></blockquote>
<p>On peut se demander quelle est la réelle efficacité de ce genre de disposition à l&#8217;heure du &laquo;&nbsp;linkage&nbsp;&raquo; massif avec des dispositifs comme Twitter, mais s&#8217;interroger aussi sur leur base juridique. En effet, les tribunaux ne cessent de reconnaître le droit d&#8217;établir des liens profonds. Dernier exemple en date, en France, l&#8217;affaire opposant CBS interactive et la société Ordinateur Express. Dans son jugement, le Tribunal de Grande Instance de Nanterre, est explicite comme le montre l&#8217;extrait ci-dessous:</p>
<blockquote><p>la fiche litigieuse concernant le logiciel PcTap contenait en réalité un lien hypertexte dont l’adresse est “http://www.pctap.com/clownload/tapi&#8230;, qui permettait de télécharger le logiciel depuis le site de l’éditeur. Il n’y a donc pas à ce titre un quelconque acte de contrefaçon par mise sur le marché, à titre onéreux ou gratuit, du logiciel, au sens de l’article L. 122-6-3° du Code de la propriété intellectuelle.</p></blockquote>
<blockquote><p>En outre, s’agissant de faits de contrefaçon, il importe peu que le lien ne dirige pas l’internaute vers la page d’accueil du site de l’éditeur ou que l’information à ce titre n’ait pas été complète : une information n’équivalant nullement à une mise à disposition. [<em>le jugement <a href="http://legalis.net/jurisprudence-decision.php3?id_article=2897" target="_blank">ici</a></em>]</p></blockquote>
<p>Le Geste (Groupement des Éditeurs de Service en Ligne) a mis au point une <a href="http://www.geste.fr/spip.php?rubrique8" target="_blank">Charte d&#8217;édition électronique</a> (2009). Elle prévoit explicitement:</p>
<blockquote><p>Il est possible de créer un lien vers un site sans autorisation expresse de l’éditeur, à la seule condition que ce lien ouvre une nouvelle fenêtre du navigateur.</p></blockquote>
<p>Elle ajoute toutefois, que pour les <em>frames</em>, il faut demander l&#8217;autorisation explicite aux sites… signataires de la charte. Ce sont 8 sites de presse (lemonde.fr, lefigaro.fr, etc.), ce qui en affaiblit singulièrement la portée.</p>
<p><strong>c &#8211; Le site qui fait le lien est-il responsable du contenu de la page liée?</strong></p>
<p>Difficile de répondre simplement à cette question. En effet, lorsqu&#8217;un auteur établit un lien, il aura vérifié le contenu du site et de la page vers lequel il point. Il aura en particulier vérifié s&#8217;il n&#8217;y a pas de contenu diffamatoire, etc. Mais sur le web, les contenus peuvent changer… pour cette raison, des sites comme celui de Libération prennent la précaution d&#8217;insérer dans leurs Conditions générale d&#8217;utilisation (CGU) la <a href="http://monlibe.liberation.fr/conditions-generales-d-utilisation-et-de-vente">mention</a> suivante:</p>
<blockquote><p>Des liens hypertextes présents sur le Site peuvent renvoyer vers d’autres sites extérieurs à LIBERATION. LIBERATION dégage toute responsabilité dans le cas où le contenu de ces sites contreviendrait aux dispositions légales et réglementaires en vigueur ce qui est ici accepté par le client.</p></blockquote>
<p>le site des <em>Échos à une mention similaire</em> dans ses CGU du site &laquo;&nbsp;pour une utilisation professionnelle&nbsp;&raquo;, à la rubrique &laquo;&nbsp;limitation de responsabilité&nbsp;&raquo;:</p>
<blockquote><p>LES ECHOS décline toute responsabilité en ce qui concerne le contenu, le fonctionnement, les services proposés et l&#8217;accès des sites web édités par des tiers et accessibles depuis le Site par des liens hypertextes.</p></blockquote>
<p>Mais c&#8217;est TF1 le plus complet:</p>
<blockquote><p>e-TF1 peut proposer des liens vers d&#8217;autres sites Web ou d&#8217;autres sources d&#8217;informations gérés par des sites partenaires, (&nbsp;&raquo; Services Partenaires &laquo;&nbsp;). Dans la mesure notamment où e-TF1 ne peut contrôler les Services Partenaires et ces sources externes, nous vous informons que e-TF1 ne prend aucun engagement quant à la mise à disposition de ces sites et sources externes, et ne peut supporter aucune responsabilité quant au contenu, publicités, produits, services ou tout autre matériel disponible sur ou à partir de ces sites ou sources externes. Nous vous informons aussi que e-TF1 ne peut être tenu responsable de tous dommages ou pertes avérés ou allégués, consécutifs ou en relation avec l&#8217;utilisation, ou avec le fait d&#8217;avoir fait confiance au contenu, à des biens ou des services disponibles sur ces Services Partenaires ou sources externes.</p></blockquote>
<p>Il existe deux cas particuliers:</p>
<p><strong>les flux RSS.</strong> En France, les tribunaux sont explicites. Par exemple, dans un jugement rendu en 2009, pour une affaire qui opposait Olivier Dahan (le réalisateur de La Môme) à Wikio, le Tribunal de grande instance de Nanterre a indiqué que:</p>
<blockquote><p>la société WIKIO (…) ne peut être considérée comme éditeur au sens de la loi pour la confiance dans l’économie numérique, mais comme un agrégateur de flux RSS dont la responsabilité ne peut relever que du seul régime applicable aux hébergeurs ; étant relevé que l’automaticité de la réception des flux RSS rend quasiment impossible un filtrage des contenus [<em>le jugement sur le blog de Wikio, <a href="http://blog.wikio.com/files/jugement-du-25-juin-2009.pdf" target="_blank">ici</a> - Pdf</em>]</p></blockquote>
<p><strong>Les agrégateurs</strong>. Ici, il faut suivre l&#8217;actualité de Google qui est l&#8217;entreprise la plus exposée dans ce domaine. Mais, la mise en place de modules automatiques de type Newstracker (sur le site de la BBC) expose de plus en plus d&#8217;éditeurs à des risques, en raison même de l&#8217;automaticité. En France, et c&#8217;est le sens de l&#8217;arrêt du TGI de Nanterre, l&#8217;éditeur est considéré comme un simple hébergeur.</p>
<p><strong>d &#8211; Quelques aspects pratiques</strong></p>
<p>En principe, un lien interne doit s&#8217;ouvrir dans la même fenêtre, et un lien externe [c'est la préconisation du Geste] s&#8217;ouvrir dans une autre fenêtre. Mais vérité de ce côté de la Manche, n&#8217;est pas vérité de l&#8217;autre côté du Channel. Par exemple les liens externes n&#8217;ouvrent pas sur une nouvelle page, car explique Steve Herrmann, le rédacteur en chef du site BBC News, l&nbsp;&raquo;internaute &laquo;&nbsp;doit pouvoir contrôler combien de fenêtres il désire ouvrir et comment il compte les utiliser.&nbsp;&raquo; Une préconisation qui rejoint celles liées à l&#8217;accessibilité: il est conseillé de ne pas multiplier les fenêtre ouvertes pour les mal-voyants [<em>lire <a href="http://www.rnib.org.uk/professionals/webaccessibility/designbuild/navigation/Pages/new_windows.aspx" target="_blank">ici</a>, les préconisations du RNIB, l'organisme britannique en charge des aveugles et mal voyants</em>].</p>
<p>Il est conseillé de ne renvoyer que sur les sites dont la langue est celle du site qui établit le lien, ou en tout cas le signaler, par exemple &laquo;&nbsp;en anglais&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;en allemand&nbsp;&raquo;, etc.</p>
<p>Dans la même idée, lorsque le lien ouvre un Pdf, il est conseillé de le signaler.</p>
<p>Enfin, il y a le cas des sites payants (ou qui exigent une inscription) avoir d&#8217;y avoir accès. Faut-il renvoyer sur ce genre de site. Avec l&#8217;augmentation du nombre de sites qui veulent passer au payant, la question est loin d&#8217;être anecdotique. Le plus simple est là-aussi de signaler entre parenthèses que ce site est payant ou demande une inscription.</p>
<h2><a name="genent">5. Les liens gênent-ils la lecture ?</a></h2>
<p>Pour ce qui concerne les liens inclus dans le texte, il existe deux écoles. La première est celle des blogueurs. Elle considère que la lecture sur le web se fait en 3 dimensions. Les liens permettant d&#8217;approfondir, de vérifier la source d&#8217;une information, mais en tout cas enrichisse la lecture et ne la gêne d&#8217;aucune manière.</p>
<p>Mais la question se pose pour un site d&#8217;information. Il n&#8217;est pas sûr que ce &laquo;&nbsp;mantra&nbsp;&raquo;, selon l&#8217;expression de Martin Belam, un journaliste britannique, s&#8217;applique. Difficile de le savoir en raison du manque d&#8217;études faites sur le sujet. Chaque site applique ses propres règles. Sur le site de BBC News, par exemple, il n&#8217;y a pas de liens dans le texte, ils sont tous placés &laquo;&nbsp;hors texte&nbsp;&raquo; car<a href="http://www.bbc.co.uk/blogs/theeditors/2008/08/new_ways_of_linking.html" target="_blank"> expliquait</a> déjà en 2008 Steve Herrmann, son rédacteur en chef, &laquo;&nbsp;nous ne voulons pas interrompre la lecture d&#8217;un article en envoyant le lecteur hors de la page au milieu d&#8217;un phrase.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Cette options a reçu récemment un soutien de poids. Nicholas Carr, auteur d&#8217;un article célèbre publié dans <em>The Atlantic</em>, &laquo;&nbsp;<a href="http://www.theatlantic.com/magazine/archive/2008/07/is-google-making-us-stupid/6868/" target="_blank"><em>Is Google making us stupid</em></a>&nbsp;&raquo; a récemment sonné la charge contre les liens  [lire <em><a href="http://www.roughtype.com/archives/2010/05/experiments_in.php" target="_blank">Experiments in delinkification</a></em>]. Voici ce qu&#8217;il écrit:</p>
<blockquote><p>Les liens représentent un merveilleux confort, comme nous le savons tous (en cliquant de manière compulsive sur eux toute la journée). Mais ils sont aussi une distraction. Quelquefois, ce sont de grandes distractions —on clique sur un lien, puis sur un autre, et bientôt nous avons oublié ce qui nous avions commencé à faire ou a lire. D&#8217;autres fois ce sont de minuscules distractions, comme de petits moucherons de texte qui bourdonnent autour de votre tête. Même si vous ne cliquez pas sur le lien, vos yeux l&#8217;ont vu, et votre cortex frontal s&#8217;est enflammé pour savoir si vous deviez cliquer ou non. Vous n&#8217;avez peut-être pas remarqué la petite charge cognitive supplémentaire [que cela représente], mais elle est là, et c&#8217;est cela qui compte. Des études montrent, que les gens qui lisent en hypertexte comprennent et apprennent moins, que ceux qui ont lu le même document dans sa forme imprimée. Plus il y a de liens dans un texte, plus cela diminue la compréhension.  [<em>texte repris et commenté sur </em><a href="http://fr.readwriteweb.com/2010/06/14/analyse/des-liens/" target="_blank"><em>ReadWriteWeb</em></a><em> et analysé également par Narvic sur </em><em><a href="http://novovision.fr/?Le-lien-est-il-en-train-de-tuer-le" target="_blank">Novövision]</a></em></p></blockquote>
<p>Son analyse a le mérite de poser le problème de la lecture en 3 dimensions, puisque les liens ajoutent une couche d&#8217;informations sous-jacentes à un texte, et de sa délinéarisation, puisque le lecteur qui clique sur le lien va quitter le fil de la lecture. Il a aussi le mérite de souligner la &laquo;&nbsp;charge mentale&nbsp;&raquo; qu&#8217;implique la présence de liens à l&#8217;intérieur d&#8217;une texte. En effet, à chaque fois qu&#8217;un auteur place un lien, il pose un problème à son lecteur, en lui imposant le choix de continuer la lecture ou de cliquer sur le lien.</p>
<p>Mais on peut objecter à Nicholas Carr que sa manière de voir est par trop simpliste. La lecture est elle-même un processus cognitif complexe. Par exemple voici, comme Christian Vandendorpe, dans <em>Du Papyrus à l&#8217;hypertexte</em>, décrit la lecture linéaire <em>[celle qui à la préférence de Nicholas Carr</em>]:</p>
<blockquote><p>Il est généralement convenu que la lecture est un processus linéaire et que le lecteur prélève des indices sur la page au fur et à mesure qu&#8217;il avance en suivant le fil du texte ligne après ligne (…) chaque nouvelle phrase lue servant à la compréhension de celle qui suit, le lecteur n&#8217;a qu&#8217;à se laisser emporter par le fil du texte pour produire du sens. (1)</p></blockquote>
<p>Mais tout ceci n&#8217;est qu&#8217;une apparence. Les romans sont en fait des hypertextes avant la lettre. Il écrit:</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Proust concevait son œuvre comme une cathédrale , soit un espace à trois dimensions où tous les éléments sont organiquement reliés et se répondent dans des symbolismes complexes. Fondamentalement, tout écrivain vise à créer dans l&#8217;esprit du lecteur un réseau —hypertextuel avant la lettre— où se répondent des dizaines,voire des milliers d&#8217;éléments.&nbsp;&raquo;(2)</p></blockquote>
<p>Sans doute peut-on objecter qu&#8217;un article —même long— n&#8217;est pas un roman, mais pourquoi faudrait-il se priver d&#8217;une lecture en &laquo;&nbsp;trois dimensions&nbsp;&raquo; ?</p>
<h2><a name="documentaires">6. Les liens documentaires: les exemples du New York Times, de la BBC et du Huffington Post</a></h2>
<p>Le <em>linkage</em>, se résume pas à inclure des liens dans un texte. Les principaux sites installent aussi des liens &laquo;&nbsp;en dehors&nbsp;&raquo; des textes, dans des &laquo;&nbsp;boîtes&nbsp;&raquo; qui accompagnent le texte, soit sur le côté, soit en-dessous. Ces liens documentaires sont aussi des liens de &laquo;&nbsp;navigation&nbsp;&raquo;, puisqu&#8217;ils permettent à l&#8217;internaute, à partir d&#8217;un article/contenu de lire et consulter d&#8217;autres articles/contenus qui lui permettent d&#8217;approfondir et de contextualiser un sujet.</p>
<h3>Le New York Times: Le site, une ressource documentaire interne</h3>
<p>Sur le site du New York Times, tous les liens &laquo;&nbsp;hors texte&nbsp;&raquo; renvoie sur l&#8217;intérieur du site. En France, <em>lemonde.fr</em> applique exactement le même modèle, à cette différence près qu&#8217;il existe dans sur le site du Monde une zone payante (réservée aux abonnés) ce qui n&#8217;est pas encore le cas pour le NYT. Cette politique de liens &laquo;&nbsp;en silo&nbsp;&raquo; présente quelques caractéristiques intéressantes:</p>
<p>le renvoi sur des blogs spécialisés du site; pour le NYT le contenu des blogs [des blogs du NYT, s'entend] est donc placé au même niveau que les articles du site.</p>
<p>les éléments multimédias ne sont accessibles —et ce, systématiquement— que par des liens. Un choix, qui illustrent le fait que pour NYT, l&#8217;information c&#8217;est d&#8217;abord et en priorité un média: le texte. Dit autrement, c&#8217;est le texte qui fait le fond du site.</p>
<p>le système d&#8217;alertes par email sur des sujets connexes est un moyen de prolonger le contrat de lecture avec l&#8217;internaute</p>
<p style="text-align: center;">le NYT adore les gadgets, et l&#8217;ouverture de la fenêtre de lien en bas de la page à gauche, lorsque l&#8217;on scrolle sur la fin de l&#8217;article est une technique intéressante, pour là-aussi offrir à l&#8217;internaute un manière de continuer sa lecture… sur le site du NYT.<a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/08/Image-3.png"><img class="aligncenter size-large wp-image-3201" title="Article NYT 1ère partie" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/08/Image-3-1024x762.png" alt="Article NYT 1ère partie" width="430" height="320" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/08/Image-4.png"><img class="aligncenter size-large wp-image-3202" title="Article NYT 2e partie" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/08/Image-4-1024x766.png" alt="Article NYT 2e partie" width="430" height="322" /></a></p>
<h3>La BBC : une culture du lien externe</h3>
<p style="text-align: left;">La BBC a mis en place un systême extrêmement sophistiqué pour ses liens &laquo;&nbsp;hors texte&nbsp;&raquo; [<em>voir détail ci-dessous</em>], avec en particulier l&#8217;usage d&#8217;un module baptisé <em><a href="http://news.bbc.co.uk/2/hi/help/3676692.stm" target="_blank">The Newstracker</a></em><a href="http://news.bbc.co.uk/2/hi/help/3676692.stm" target="_blank"> </a>qui agrège automatiquement les liens extérieurs au site à partir de 4000 sources anglophones, en les réactualisant en permanence, en suivant le principe suivant:</p>
<blockquote>
<p style="text-align: left;">Les sites de la BBC qui couvrent un sujet controversé ou politique offrent des liens avec des sites extérieurs qui pris dans leur ensemble, représentent une un éventail de point de vue sur le sujet.</p>
</blockquote>
<p style="text-align: left;">Cette politique de liens vers des sites externes est d&#8217;autant plus importante que la BBC est particulièrement prescriptrice: le site BBC News envoie, à lui seul, deux millions de visiteurs uniques sur les autres sites de presse, et les autres sites de la BBC 100.000 (données avril 2010). Ce chiffre devraitdoubler dans les années à venir pour atteindre 4 millions de visisteurs uniques par mois d&#8217;ici 2012 [plus que Yahoo! actuellement] dans les années à venir, car:</p>
<blockquote>
<p style="text-align: left;">&laquo;&nbsp;La BBC Online doit se transformer en une fenêtre sur le web  d&#8217;ici 2012, avec un lien externe sur chaque page, et doit doubler son taux actuel de clics vers des liens externes.&nbsp;&raquo; [<em>plus de détails sur <a href="http://paidcontent.co.uk/article/419-bbc-downsizing-websites-staff-cut-by-a-quarter-refocused/" target="_blank">PaidConten</a></em><a href="http://paidcontent.co.uk/article/419-bbc-downsizing-websites-staff-cut-by-a-quarter-refocused/" target="_blank">t</a>]</p>
</blockquote>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/08/Image-1.png"><img class="aligncenter size-large wp-image-3208" title="BBC 1ère partie" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/08/Image-1-1024x765.png" alt="BBC 1ère partie" width="430" height="321" /></a></p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/08/Image-2.png"><img class="aligncenter size-large wp-image-3209" title="BBC 2e partie" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/08/Image-2-1024x765.png" alt="BBC 2e partie" width="430" height="321" /></a></p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: left;"><strong>Le Huffington Post ouvre à tout va</strong></p>
<p style="text-align: left;">Le Huffington Post réinvente le journalisme. Ce qui n&#8217;était qu&#8217;un blog politique, il y a encore 5 ans, est devenu un site qui talonne en nombre de visisteurs unique celui du New York Times. Le site est construit autour d&#8217;une rédaction réduite, une cinquantaine de journalistes, des milliers de blogueurs, une communauté très active, et une politique de liens vers l&#8217;extérieur systématique.</p>
<p style="text-align: left;">Le site applique la logique du hub, à savoir qu&#8217;un internaute vient sur le site pour pouvoir repartir, vers d&#8217;autres sites, comme un passager d&#8217;Air France arrive sur le hub de la compagnie, pour pouvoir repartir vers d&#8217;autres destinations.</p>
<p style="text-align: left;">Mais l&#8217;innovation du Huffignton Post, par rapport à un site américain qui n&#8217;est qu&#8217;un aggrégateur de liens, le Drudge Report, est d&#8217;avoir intégré dans ses pages un moteur de recherche d&#8217;information &laquo;&nbsp;instantanée&nbsp;&raquo;, Twitter, sachant que les tweets contiennent des liens, et un autre moteur de recherche, Bing de Microsoft, en détaillant les résultats par média (image, vidéo, et plus classiquemnet, web).</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/08/Image-5.png"><img class="aligncenter size-large wp-image-3210" title="HuffPo 1ère partie" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/08/Image-5-1024x769.png" alt="HuffPo 1ere partie" width="430" height="323" /></a><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/08/Image-61.png"><img class="aligncenter size-large wp-image-3211" title="HuffPo 2e partie" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/08/Image-61-1024x772.png" alt="HuffPo 2e partie" width="430" height="324" /></a></p>
<p style="text-align: left;">
<h2><a name="rappel">7. Rappel: Le web est fondé sur le lien hypertexte</a></h2>
<p>Sans les liens hypertextes, le web n&#8217;existerait pas. En effet, le projet de<em> WorldWideWeb</em> que déposent Tim Berners-Lee et Robert Cailliau le 12 novembre 1990, est un projet qui repose sur… l&#8217;hypertexte, c&#8217;est-à-dire sur la possibilité de relier un document à un autre. Dans la foulée, Berners-Lee va développer ce qui vont devenir les fondements de cette &laquo;&nbsp;couche&nbsp;&raquo; d&#8217;Internet que l&#8217;on appelle le web. Ces trois éléments sont aujourd&#8217;hui entré pratiquement dans le langage courant, ce sont:</p>
<ul>
<li>l&#8217;<a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Uniform_Resource_Locator" target="_blank">URL</a> (Uniform Ressource Locator), qui est &laquo;&nbsp;l&#8217;adresse&nbsp;&raquo; d&#8217;une page, chacune de ses &laquo;&nbsp;adresses&nbsp;&raquo; étant unique;</li>
<li>le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Hypertext_Markup_Language" target="_blank">HTML </a>( HypertText Markup Language), qui est le langage de &laquo;&nbsp;publication&nbsp;&raquo;; il permet que chaque page soit lue par un navigateur (Mosaïc sera le premier, et aujourd&#8217;hui ce sera Internet Explorer, Firefox, Chrome, Safari, Opera, etc.);</li>
<li>le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Hypertext_Transfer_Protocol" target="_blank">HTTP</a> (HyperText Transfert Protocol), qui est le protocole de transport, comme son nom l&#8217;indique, entre des &laquo;&nbsp;clients&nbsp;&raquo; que sont les navigateurs et les serveurs</li>
</ul>
<p><strong>Notes</strong></p>
<ol>
<li>Du Papyrus à l&#8217;hypertexte, de Christian Vandendorpe, Ed. La Découverte, Paris, 1999, p. 41.</li>
<li>ibid, pp. 47-48</li>
</ol>
<p></strong></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>L&#8217;information hyperlocale peut-elle être viable ?</title>
		<link>http://www.themediatrend.com/wordpress/?p=3162</link>
		<comments>http://www.themediatrend.com/wordpress/?p=3162#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 06 Aug 2010 19:59:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Mentre</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Alors que se développe en France, à Paris notamment avec dixhuitinfo et dixneufinfo, des sites d&#8217;information hyperlocale, on peut se demander sur quelle économie ils reposent et quelle est leur viabilité à moyen et long terme. Aux États-Unis, le temps de l&#8217;expérimental est passé. Des chaînes —EveryBlock (MSNBC), Patch.com (AOL), Outside.in, etc.— se sont créées [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Alors que se développe en France, à Paris notamment avec <em>dixhuitinfo</em></strong><strong> et <em>dixneufinfo</em></strong><strong>, des sites d&#8217;information hyperlocale, on peut se demander sur quelle économie ils reposent et quelle est leur viabilité à moyen et long terme. Aux États-Unis, le temps de l&#8217;expérimental est passé. Des chaînes —<em>EveryBlock</em></strong><strong> (MSNBC), <em>Patch.com</em></strong><strong> (AOL), <em>Outside.in</em></strong><strong>, etc.— se sont créées et se développent, profitant de l&#8217;espace libéré par la disparition de nombreux journaux d&#8217;information locaux et régionaux (ou la suppression de leurs éditions locales) et surfant sur le développement de l&#8217;information sur le mobile. </strong></p>
<p>L&#8217;information hyperlocale a-t-elle un avenir ? À Paris, deux sites, <a href="http://www.dixhuitinfo.com/" target="_blank"><em>dixhuitinfo</em></a> et <em><a href="http://www.dixneufinfo.com/" target="_blank">dixneufinfo</a></em>, ont été lancés sans que pour l&#8217;instant ils n&#8217;aient réellement trouvé leur équilibre économique. L&#8217;occasion de réfléchir à ce qui se passe ailleurs, et en particulier aux États-Unis, où l&#8217;information hyperlocale connaît un développement important, initié par de puissants groupes de médias comme AOL et NSMBC, voir plus plus localement par des groupes de presse comme le <em>Boston Glob</em>e (groupe <em>New York Times</em>).</p>
<p>Pour mesurer à quel point, le nombre de sites d&#8217;information de proximité a crû, il suffit de lire l&#8217;<a href="http://www.boston.com/business/technology/articles/2010/08/05/with_patch_aol_offers_challenge_to_local_news/?page=full" target="_blank">article</a> que consacre à cette question Johnny Diaz du <em>Boston Globe</em>. Il prend l&#8217;exemple du choix offert à une habitante d&#8217;Harlington, ville de 45.000 habitants dans le Massachusetts. Elle peut consulter</p>
<ul>
<li>les pages locales du <em>Boston Globe</em>, qui sont en fait un <a href="http://www.boston.com/yourtown/arlington/?p1=YourTownHP_Names" target="_blank">mini site</a>. Le<em> Boston Globe a</em> créé en 2008 une rubrique<em> </em><a href="http://www.boston.com/yourtown/?p1=GN_yourtown" target="_blank"><em>Your Town</em></a><em>, </em>qui regroupe aujourd&#8217;hui 31 de ces sites. Très rapidement, 9 nouvelles villes devraient être couvertes par ce réseau.</li>
<li>le site <em><a href="http://www.wickedlocal.com/arlington/" target="_blank">Wiked Local Arlington</a>, </em>du groupe <a href="http://www.gatehousemedia.com/" target="_blank">GateHouse Media</a>. Ce groupe spécialisé dans l&#8217;information locale, possède entre autres 87 quotidiens, 271 hebdomadaires et 260 sites web de proximité (chiffres 2009)</li>
<li><em><a href="http://www.yourarlington.com/" target="_blank">yourarlington.com</a>, </em>un site communautaire local</li>
<li><em><a href="http://arlington.patch.com/" target="_blank">ArlingtonPatch</a></em>, créé par Patch.com, une filiale d&#8217;AOL. Actuellement, une trentaine de sites sont en ligne, mais il devrait y en avoir une centaine d&#8217;ici la fin de 2010.</li>
</ul>
<p>Tous ces sites sont en accès gratuit, aucun d&#8217;eux n&#8217;ayant retenu le modèle du &laquo;&nbsp;payant&nbsp;&raquo;. L&#8217;équilibre financier —schématiquement— doit donc être trouvé entre les coûts de fabrication du contenu, de développement du site (coût technique, marketing, etc.) d&#8217;un côté  et les ressources publicitaires [<em>locales mais aussi nationales</em>], la vente de services et la revente de contenus de l&#8217;autre.</p>
<p><span id="more-3162"></span>Le jeu consiste donc d&#8217;abord à abaisser le plus possible les coûts de fabrication. Pour cela, les sites de ces chaînes (y compris <em>Your</em><em> Town</em> du <em>Boston Globe</em>) sont des clones [<em>clusters</em>] construits sur un même modèle, un même graphisme. Un site local de <em>Patch.com</em> de la côte Est des États-Unis, sera exactement semblable (contenu mis à part) à un autre de la Californie ou du Texas.</p>
<p>Il existe plusieurs modèles d&#8217;information hyperlocale. J&#8217;en retiens trois principaux</p>
<h3>1. Extension et enrichissement d&#8217;un site existant</h3>
<p><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/08/Image-102.png"><img class="alignleft size-medium wp-image-3184" title="Boston Globe YourTown" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/08/Image-102-300x260.png" alt="" width="180" height="156" /></a>Celui du <em>Boston Globe</em>, avec <em>Your Town</em>. Le modèle ressemble à celui du réseau français <a href="http://www.maville.com/" target="_blank"><em>Maville</em></a> avec cette différence que dans le cas de <em>Your Town</em>, chaque site est une entité propre réalisée par une équipe rédactionnelle dédiée, composée d&#8217;un reporter et d&#8217;un &laquo;&nbsp;editor&nbsp;&raquo; (secrétaire de rédaction multimédia), ce dernier étant chargé d&#8217;animer le réseau de correspondants. Ces sites bénéficient de l&#8217;avantage considérable d&#8217;être &laquo;&nbsp;étiquetés&nbsp;&raquo; <em>Boston Globe</em>, le quotidien local de référence, et d&#8217;être accessible à partir du site principal de ce médias qui du coup devient un portail. Ces mini-sites permettent au site du journal d&#8217;augmenter son trafic (4,2 millions de pages vues par mois en juin 2010, pour l&#8217;ensemble du site et 200.000 pages vues pour les 25 sites <em>Your Town</em> en ligne) et ses ressources publicitaires, puisque chacun d&#8217;eux en génèrent en propre.</p>
<p>Le modèle des sites <em>Wicked Local</em> en est assez proche, à la différence que ceux-ci sont alimentés par les journaux [<em>une centaine dans le seul État du Massachussetts !</em>] que possède le groupe  GateHouse Media [<em>la liste des publications du groupe <a href="http://www.gatehousemedia.com/" target="_blank">ici</a></em>].</p>
<h3>2. Agrégation de contenus</h3>
<p><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/08/Image-9.png"><img class="alignleft size-medium wp-image-3188" title="Outside.in" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/08/Image-9-300x245.png" alt="Outside.in" width="180" height="147" /></a>Celui de <a href="http://outside.in/" target="_blank"><em>Outside.in</em></a><em>.</em> Le site est un agrégateur de contenus produits par d&#8217;autres, qu&#8217;il s&#8217;agisse des sites de journaux locaux (et donc ceux de concurrents comme <em>Your Town</em> ou équivalents), de télévisions locales, de blogueurs locaux, d&#8217;informations municipales, d&#8217;informations immobilières mais aussi de réseaux sociaux ou de Twitter. D&#8217;après son Pdg, Mark Josephson, <em>Outside.in</em> agrège plus de 40.000 sources différentes. Ces contenus agrégés sont ensuite redistribués localement, de manière automatique. Un moyen d&#8217;être réellement hyperlocal, puisque <em>Outside.in</em> affirme alimenter plus de 57.000 sites.</p>
<p><em>Outside.in</em> ne se vit pas comme un &laquo;&nbsp;concurrent&nbsp;&raquo; des médias traditionnels, puisqu&#8217;il travaille avec eux, leur offrant ses services pour améliorer leur couverture locale. Un moyen pour ces derniers de serrer leurs coûts de fabrication. Déjà une centaine d&#8217;entre eux, comme le <em>New York Post</em> de Murdoch, Tribune qui édite le <em>Los Angeles Tim</em>e, ou des télévisions comme CBS, NBC ou Fox sont entrés dans la boucle. [<em>source: Gigaom - <a href="http://gigaom.com/2010/03/05/outside-in-to-aols-patch-bring-it-on/" target="_blank">Outside.in to AOL's Patch: Bring it On</a>]</em></p>
<p>Il existe d&#8217;autres agrégateurs comme <a href="http://www.topix.com/" target="_blank"><em>Topix</em></a>, qui ajoute à ce service la géolocalisation, ou <em><a href="http://www.placeblogger.com/" target="_blank">Placebloggers</a>, </em>qui, comme son nom l&#8217;indique, agrège les résultats de blogueurs.</p>
<p>Ce système de redistribution de l&#8217;information à grande échelle, très proche de ce que fait Google news, mais l&#8217;échelle hyperlocale, semble être un modèle d&#8217;autant plus prometteur, qu&#8217;il se marie parfaitement avec l&#8217;information sur téléphone mobile (ou les tablettes style iPad), où la géolocalisation a une importance primordiale.</p>
<h3>3. Patch.com</h3>
<p>Le réseau <em>Patch.com</em> est développé par AOL. Cette société s&#8217;est séparée de Time Warner en 2009, et a été reprise par Tim Armstrong, lequel s&#8217;est empressé de racheter deux start up qu&#8217;il jugeait prometteuses:</p>
<ul>
<li><strong>Going, </strong>basé à Boston, qui réalise des sites locaux dédiés à l&#8217;événementiel [<em>trente sont actuellement en service, qui couvre les principales des États-Unis</em>]</li>
<li><strong>Patch.com</strong>, dont il était l&#8217;un des principaux investisseurs.</li>
</ul>
<p>Avec ces deux investissements, Tim Armstrong entend réorienter AOL du service, vers le contenu en particulier local. &laquo;&nbsp;Le local, explique-t-il dans un mail aux salariés, demeure le plus grand des espaces vierges.&nbsp;&raquo; Ce qu&#8217;il propose comme projet est donc &laquo;&nbsp;de s&#8217;emparer de ce qui est le plus dispersé actuellement sur le web, et de faire en sorte que les consommateurs puissent trouver facilement et vraiment rapidement l&#8217;information locale dont ils ont besoin.&nbsp;&raquo; [<em>Le texte complet de</em> <em>l'email <a href="http://techcrunch.com/2009/06/11/aol-buys-local-startups-going-and-patch-and-ceo-tim-armstrong-brings-an-investment-in-house/" target="_blank">ici</a>, sur Techcrunch</em>].</p>
<p>Comme l&#8217;estime Johnny Diaz, c&#8217;est une stratégie risquée, car &laquo;&nbsp;AOL entre dans le secteur de l&#8217;information locale sans posséder les ressources journalistiques [<em>reporting muscle</em>] d&#8217;un grand groupe de presse.&nbsp;&raquo; Pour réussir, Tim Armstrong investit massivement, autour de 50 millions de dollars (38 millions d&#8217;euros), ce qui devraitlui  permettre d&#8217;ouvrir une centaine de sites <em>Patch.com</em> rapidement.</p>
<p><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/08/Image-7.png"><img class="alignleft size-medium wp-image-3192" title="Patch.com" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/08/Image-7-300x273.png" alt="Patch.com" width="180" height="164" /></a>Ces sites fonctionnent, en fait comme des blogs. Chacun emploie un journaliste, dont la tâche est considérable, puisqu&#8217;il doit assurer le travail d&#8217;un reporter multmédia (couverture de l&#8217;actualité locale en texte, photo et vidéo, gestion de l&#8217;agenda…) être son propre secrétaire de rédaction, mais aussi être un rédacteur en chef (et un directeur des relations humaines) puisqu&#8217;il doit embaucher et gérer les journalistes pigistes qu&#8217;il emploie et les payer. Il devra aussi alimenter le fil Twitter du site. À cela s&#8217;ajoute aussi des fonctions dans le marketing.</p>
<p>Autant dire que les journées sont à rallonge. Andrew Kersey, qui tient <em>Manhattanbeach.patch.com</em>, avoue, à 35 ans, &laquo;&nbsp;n&#8217;avoir jamais travaillé autant de sa vie&nbsp;&raquo;. Certains craquent comme cette journaliste qui a écrit à Den Kennedy, enseignant en journalisme à la Norstheastern University, qu&#8217;elle n&#8217;en peut plus de travailler 70 heures par semaine:</p>
<blockquote><p>Fondamentalement, c&#8217;est un travail 24h/24, 7 jours sur 7, avec peu de moyens pour avoir un peu de temps libre &#8211; nuits, week ends, jours de vacances, qui sont pourtant prévus dans notre contrat AOL (certains rédacteurs en chef régionaux essaient de nous aider; les autres non). Cestte question du temps libre est devenu une préoccupation majeure pour les éditeurs locaux. Ce sont des semaines de travail de 70 heures. Oui, 70 heures et plus. C&#8217;est une start up et tout ce qui va avec, et je savais que ce serait un travail dur. Mais, ce qui devient inquiétant c&#8217;est que je ne peux pas avoir un break. J&#8217;ai travaillé plus de 20 ans dans le journalisme, comme reporter, éditeur online, secrétaire de rédaction de magazine, mais je n&#8217;ai jamais travaillé autant de ma vie. [<em>lire l'email complet <a href="http://www.dankennedy.net/2010/08/05/hard-times-working-the-patch/" target="_blank">ici</a></em>]</p></blockquote>
<p>Le modèle, on le conçoit, pose de nombreuses questions (sans parler de la charge de travail imposée aux journalistes), en particulier celle de sa viabilité économique. <em>Business Insider</em> a publié une<em> <a href="http://www.businessinsider.com/aols-patch-revenue-model-makes-no-sense-2010-5" target="_blank">étude</a></em><a href="http://www.businessinsider.com/aols-patch-revenue-model-makes-no-sense-2010-5" target="_blank"> r</a>éalisée par Mike Fourcher, l&#8217;éditeur d&#8217;un site d&#8217;information hyperlocal <em><a href="http://www.centersquarejournal.com/" target="_blank">CenterSquareJournal.com</a>, </em>basé sur <em>Manhattanbeach.patch.com.</em></p>
<p><strong>Côté coûts,</strong> dit-il, le journaliste &laquo;&nbsp;en pied&nbsp;&raquo; de<em> Patch.com </em>est payé entre 38 et 45.000 dollars par an<em> </em>[<em>28 à 34.000 euros</em>], auquel il faut ajouter les piges, soit environ 50 dollars par article [<em>38 euros</em>]. Il compte une moyenne d&#8217;un pige par jour. à cela il faut ajouter d&#8217;autres frais, comme les taxes, la sécurité sociale, les frais d&#8217;essence, etc.</p>
<p><strong>Côté recettes</strong>, <em>Patch.com </em>fait payer 15 dollars [<em>11 euros</em>] le CPM [<em>coût pour mille visites</em>]. Mike Fourcher a recensé six emplacements publicitaires sur chaque page du site [quatre<em> pour des bannières destinées à des annonceurs régionaux ou nationaux, et deux emplacements "self service" en bas de la page</em>]. Il ajoute que Manhattan Beach compte 40.000 habitants, mais <em>Patch.com </em>a plusieurs concurrents dont le <em>Los Angeles Times </em>et<em> Outside.in</em>.  Quoiqu&#8217;il en soit, il compte généreusement 20.000 pages vues pour le premier mois. Un score qui devrait s&#8217;améliorer et tourner autour de 60.000 à la fin du sixième mois d&#8217;existence du site.</p>
<p>Il ne lui reste plus qu&#8217;a additionner [<em>il prend la fourchette basse du salaire</em>]. Résultat : le site est déficitaire le premier mois de 4.000 dollars [<em>3.000 euros</em>] et dégage un formidable bénéfice de…  33 dollars [<em>25 euros</em>] le sixième mois.</p>
<p>Bref, le modèle économique de <em>Patch.com</em> semble bien fragile, d&#8217;autant que la fréquentation ne semble pas encore au rendez-vous. Selon Nielsen, en juin 2010, la fréquentation de la totalité des sites <em>Patch.com </em>était de 210.000 visiteurs uniques par mois. Des chiffres à revoir lorsque le réseau sera déployé. Néanmoins, il faut espérer qu&#8217;existe d&#8217;autres ressources que la seule publicité, sinon il repose sur l&#8217;énergie et un investissement personnel de chacun des journalistes qui anime ces micro-sites. Sur la durée, ce système <em>low cost</em> cela ne semble pas tenable. Comme le dit plus crûment Mike Fourcher &laquo;&nbsp;le modèle économique d&#8217;AOL &#8211; Patch n&#8217;a pas de sens&nbsp;&raquo; [<em>AOL's Patch revenue model make no sense</em>].</p>
<h3>Pour aller plus loin</h3>
<p>L&#8217;économiste spécialiste des médias, Ken Doctor défend sur le site <a href="http://seekingalpha.com/article/189621-is-aol-s-hyperlocal-patch-the-next-big-thing-in-local-news" target="_blank"><em>Seeking Alpha</em></a> le modèle de l&#8217;information hyperlocale prôné par <em>Patch.com</em></p>
<p><em> </em></p>
<div id="attachment_3163" class="wp-caption alignleft" style="width: 160px"><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/08/Image-6.png"><img class="size-thumbnail wp-image-3163 " title="La chute des revenus d'AOL" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/08/Image-6-150x150.png" alt="La chute des revenus d'AOL" width="150" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">source: Silicon Valley Insider</p></div>
<p>Le graphique ci-contre montre la chute du chiffre d&#8217;affaires d&#8217;AOL entre 2007 (dernier trimestre) et 2010 (premier trimestre). Une courbe qui explique peut-être aussi le basculement initié par Tim Armstrong du service vers le contenu.</p>
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		<title>Springer: Dans le numérique, le &#171;&#160;gut Geld&#160;&#187; chasse les &#171;&#160;lousy pennies&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Thu, 05 Aug 2010 13:45:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Mentre</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Pour le groupe allemand Axel Springer, qui édite notamment les quotidiens Bild et Die Welt, l&#8217;activité  numérique ne se résume plus à quelques  lousy pennies, mais bien à des millions d&#8217;euros sonnants et trébuchants. Désormais, pour le groupe, il constitue un sérieux relais de croissance. &#171;&#160;Nos activités numériques sont restées le moteur principal de croissance [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Pour le groupe allemand Axel Springer, qui édite notamment les quotidiens <em>Bild</em></strong><strong> et <em>Die Welt</em></strong><strong>, l&#8217;activité  numérique ne se résume plus à quelques  <em>lousy pennies</em></strong><strong>, mais bien à des millions d&#8217;euros sonnants et trébuchants. Désormais, pour le groupe, il constitue un sérieux relais de croissance. </strong></p>
<p>&laquo;&nbsp;Nos activités numériques sont restées le moteur principal de croissance de l&#8217;entreprise et ont généré un rendement à deux chiffres&nbsp;&raquo;. Matthias Döpfner, directeur général du groupe Springer [<em>cité par <a href="http://meedia.de/nc/details-topstory/article/springers-digitalgesch-ft-floriert_100029499.html" target="_blank">Meedia</a></em>]. Il faut dire que peu d&#8217;activités peuvent se vanter d&#8217;atteindre sur les six premiers mois de l&#8217;année 2010 une croissance de… 66,3%, par rapport à la période précédente et générer 334 millions d&#8217;euros de chiffre d&#8217;affaires.</p>
<p>Une croissance due essentiellement à la publicité, puisque sur cette même période, elle a augmenté de 72,1 pour cent et a représenté 270 millions de chiffre d&#8217;affaires. Pour le numérique, les &laquo;&nbsp;autres revenus&nbsp;&raquo; augmentent eux de &laquo;&nbsp;seulement&nbsp;&raquo; 51%.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Apparemment, ajoute-t-il, comme entreprise de médias vous pouvez gagner du bon argent [<em>gut Geld</em>] &#8211; si vous travaillez correctement&nbsp;&raquo;, ajoute-t-il.</p>
<p>Pour donner un élément de comparaison, au cours de la même période, le chiffre d&#8217;affaires des journaux &laquo;&nbsp;papier&nbsp;&raquo; du groupe a été de 564 millions d&#8217;euros, contre 580 millions d&#8217;euros au semestre précédent. Une légère baisse provoquée surtout par la diminution de la diffusion des journaux, et le fait que Springer s&#8217;est séparé de plusieurs titres et notamment de magazines &laquo;&nbsp;pour la jeunesse&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Ces chiffres méritent d&#8217;être fouillés, car il ne faut pas oublier que Springer possède des sites comme <em>aufeminin.com</em>, qui ne sont pas à proprement parler des sites de presse. Ces résultats confortent en tout cas les propos que tenait M. Döpfner, lors de la publication des résultats du premier trimestre 2010: &laquo;&nbsp;Le passage au monde numérique offre plus de chances que de risques&nbsp;&raquo;. [<em>lire <a href="http://www.axelspringer.fr/html/article-axel-springer-ag-record-historique-de-l-ebitda-130-261-264-1-264.html" target="_blank">ici</a>, le communiqué  de presse, en français</em>]</p>
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		<title>La Love Parade à la Une des quotidiens allemands: les larmes de la danse de la mort</title>
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		<pubDate>Mon, 02 Aug 2010 00:14:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Mentre</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La Love Parade de Duisbourg, le dimanche 25 juillet 2010 devait être une fête. Ce sera un drame. 21 personnes trouveront la mort et plus de 500 seront blessées. Cet événement tragique  fera la Une des quotidiens allemands pendant pratiquement une semaine. L&#8217;occasion de regarder les quotidiens allemands, dans un pays où la diversité de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La Love Parade de Duisbourg, le dimanche 25 juillet 2010 devait être une fête. Ce sera un drame. 21 personnes trouveront la mort et plus de 500 seront blessées. Cet événement tragique  fera la Une des quotidiens allemands pendant pratiquement une semaine. L&#8217;occasion de regarder les quotidiens allemands, dans un pays où la diversité de la presse est une réalité, où se côtoient tabloïds et &laquo;&nbsp;journaux de référence&nbsp;&raquo;, où &laquo;&nbsp;le poids des mots, le choc des photos&nbsp;&raquo; n&#8217;est pas un slogan publicitaire mais une rude réalité.</strong></p>
<div id="attachment_3129" class="wp-caption alignleft" style="width: 219px"><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/08/une.png"><img class="size-medium wp-image-3129" title="La Une du Bild, le 26 juillet 2010" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/08/une-209x300.png" alt="La Une du Bild, le 26 juillet 2010" width="209" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">La Une de Bild, au lendemain de la Love Parade de Duisbourg</p></div>
<p>C&#8217;est un tunnel de 200 mètres de long et de 30 mètres de large. Un tunnel gris éclairé de néons blafards. Mais le dimanche 25 juillet, il était envahi d&#8217;une foule joyeuse. Ce tunnel était le passage obligé pour atteindre le lieu de la Love Parade de Duisbourg. Que s&#8217;est-il passé ? L&#8217;enquête est encore en cours. Peut-être réussira-t-elle à démêler l&#8217;écheveau des responsabilités et à préciser les circonstances précises d&#8217;un drame qui a touché profondément les Allemands. Il a été vécu comme une catastrophe nationale. D&#8217;ailleurs,  la cérémonie œcuménique d&#8217;hommage aux 21 victimes a réuni le président de la République, Christian Wulff et la Chancelière, Angela Merkel.</p>
<p>Le lendemain du drame, la totalité des quotidiens consacraient leur Une à ce drame. Il m&#8217;a paru intéressant d&#8217;examiner la manière dont le sujet était traité sur le plan rédactionnel et  iconographique, mais aussi d&#8217;en voir l&#8217;évolution dans la durée. Il est frappant par exemple de constater que nombre de journaux tourne très vite la page de ce faits-divers, qui ne génère sans doute pas suffisamment de rebondissements.</p>
<p>Le résultat est dans le <em>slideshare</em> ci-dessous. J&#8217;ai choisi de me concentrer sur 3 journées: les lundi et mardi qui ont suivi la Love Parade et le dimanche suivant. Il me semblait en effet important d&#8217;analyser la façon dont les quotidiens du dimanche 1e août rendaient compte de la journée d&#8217;hommage qui s&#8217;était déroulée la veille.</p>
<div id="__ss_4884540" style="width: 425px;"><strong><a title="Duisbourg" href="http://www.slideshare.net/Mediatrend/duisbourg">Duisbourg</a></strong><object id="__sse4884540" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="425" height="355" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://static.slidesharecdn.com/swf/ssplayer2.swf?doc=duisbourg2-100801175922-phpapp01&amp;stripped_title=duisbourg" /><param name="name" value="__sse4884540" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed id="__sse4884540" type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="355" src="http://static.slidesharecdn.com/swf/ssplayer2.swf?doc=duisbourg2-100801175922-phpapp01&amp;stripped_title=duisbourg" name="__sse4884540" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<div style="padding: 5px 0 12px;">View more <a href="http://www.slideshare.net/">presentations</a> from <a href="http://www.slideshare.net/Mediatrend">Marc Mentre</a>.</div>
<p><strong>[MAJ du 2 août 2010]</strong> La <em>Frankfurter Allegemeine Zeitung</em> (FAZ) revient dans un article au vitriol, sur la prétention de la presse à &laquo;&nbsp;prévoir&nbsp;&raquo; les catastrophes. Dans, <em><a href="http://www.faz.net/s/RubCCB49507459C498F8E6FA9E990486D14/Doc~E9A34C147432A446B8BE34E4E43B7C974~ATpl~Ecommon~Scontent.html" target="_blank">D</a></em><em><a href="http://www.faz.net/s/RubCCB49507459C498F8E6FA9E990486D14/Doc~E9A34C147432A446B8BE34E4E43B7C974~ATpl~Ecommon~Scontent.html" target="_blank">ie einziger Blick in die Zukunft hätte doch gezeigt…</a></em> [Littéralement: <em>Un regard sur le futur aurait montré que…</em>], Stefan Niggemeir remarque que les médias n&#8217;avaient guère creusé la question de la sécurité, et perfide ajoute que la WestDeustcheRundfunk (WDR, la chaîne de télévision régionale) et Bild.de étaient partenaires de l&#8217;organisation de la Love Parade. Il dénonce enfin le traitement &laquo;&nbsp;condescendant&nbsp;&raquo; qu&#8217;a réalisé Spiegel TV sur les événements [<em>voir <a href="http://www.spiegel.de/sptv/magazin/" target="_blank">ici</a></em>]. Dans ces reportages expliquent-ils &laquo;&nbsp;Seuls les visages ont été &#8216;<em>gommés</em>&#8216;, mais ils montrent tout: Nous voyons les efforts désespérés pour réanimer les gens sur place, l&#8217;encombrement de la salle d&#8217;urgence, où selon le Spiegel TV, la présence de [trop] de personnes semble décourager les médecins de travailler.&nbsp;&raquo;</p>
</div>
<p><strong>Nota :</strong> l&#8217;idée de cette étude m&#8217;est venue à la lecture de l&#8217;article de Stefan Winterbauer &laquo;&nbsp;<a href="http://meedia.de/nc/details-topstory/article/beschwerden-gegen-bild-wegen-loveparade_100029327.html" target="_blank"><em>Beschwerden gegen Bild wegen Loveparade</em></a>&nbsp;&raquo; [<em>Plaintes contre Bild à la suite de la Loveparade</em>] publié sur le site allemand <em>Meedia</em>. Elle n&#8217;a été rendue possible que parce que ce site archive les Unes des quotidiens allemands [<em>voir <a href="http://paper.meedia.de/titelgallery_drupal/?q=gallery/&amp;g2_itemId=113991&amp;g2_page=&amp;thumbnail=&amp;mediamode=" target="_blank">ici</a></em>]. j&#8217;ai aussi puisé sur le site américain<em> </em><a href="http://www.newseum.org/todaysfrontpages/" target="_blank"><em>Newseum</em> </a>qui affiche de nombreuses Unes des quotidiens du monde entier.</p>
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		<title>¿ Hablamos español ?</title>
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		<pubDate>Fri, 30 Jul 2010 21:25:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Mentre</dc:creator>
				<category><![CDATA[journalisme innovations]]></category>
		<category><![CDATA[140]]></category>
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		<category><![CDATA[El Comercio]]></category>
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		<category><![CDATA[Pablo Mancini]]></category>
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		<description><![CDATA[L&#8217;espagnol est la langue maternelle de près de 400 millions de personnes, ce qui en fait l&#8217;une des langues les plus usités sur le web, après l&#8217;anglais et le chinois. Sur les plans journalistique et médiatique, ce &#171;&#160;bassin linguistique&#160;&#187; qui recouvre l&#8217;Espagne, mais surtout l&#8217;Amérique du Sud et centrale, fourmille d&#8217;initiatives. Je propose de partir [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L&#8217;espagnol est la langue maternelle de près de 400 millions de personnes, ce qui en fait l&#8217;une des langues les plus usités sur le web, après l&#8217;anglais et le chinois. Sur les plans journalistique et médiatique, ce &laquo;&nbsp;bassin linguistique&nbsp;&raquo; qui recouvre l&#8217;Espagne, mais surtout l&#8217;Amérique du Sud et centrale, fourmille d&#8217;initiatives. Je propose de partir à la découverte de quatre d&#8217;entre elles, l&#8217;une en Espagne (<em>Nación Red</em></strong><strong>), deux en Argentine (<em>140 et SoloLocal</em></strong><strong>), et une au Pérou (<em>Reportube</em></strong><strong>).</strong></p>
<p>Vu de ce côté des Pyrénées, l&#8217;information sur le web en Espagne pourrait se réduire à <em><a href="http://www.elpais.com/global/?v=1" target="_blank">elpais.com</a></em>, qui vise grâce à ses deux éditions les marchés &laquo;&nbsp;national&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;mondial&nbsp;&raquo;, et <em><a href="http://www.elmundo.es/" target="_blank">elmundo.es</a></em>, qui se revendique &laquo;&nbsp;leader mondial en [<em>langue</em>] espagnole&nbsp;&raquo;. Mais se serait comme si en France on s&#8217;arrêtait aux seuls sites de quotidiens nationaux.</p>
<h3>Nación Red, un blog social et politique</h3>
<p><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/07/nacionred.png"><img class="alignleft size-medium wp-image-3061" title="Nacion Red" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/07/nacionred-300x233.png" alt="Home page de Nacion Red" width="200" height="155" /></a>L&#8217;Espagne donc est une terre d&#8217;innovations. L&#8217;un des blogs les plus intéressants, à l&#8217;heure actuelle, est sans doute <em><a href="http://www.nacionred.com/" target="_blank">Nación Red</a>. </em>Ce blog politique, car c&#8217;est ainsi qu&#8217;il se définit, est le dernier né —il a été lancé en mars 2010— d&#8217;une série de blogs thématiques abrités dans un portail.</p>
<p>L&#8217;ensemble, pour comparer avec ce qui est comparable, est une sorte de croisement de l&#8217;américain<a href="http://gawker.com/" target="_blank"> </a><em><a href="http://gawker.com/" target="_blank">Gawker</a></em> [<em>par son intégration dans un regroupement de blogs</em>], et du français <em><a href="http://owni.fr/#aujourd-hui" target="_blank">Owni</a></em>, par son aspect innovant, sa philosophie et son modèle économique. Il faut ajouter une pincée de <em><a href="http://digg.com/" target="_blank">Digg</a></em><a href="http://digg.com/" target="_blank"> </a>pour donner une touche finale à la description. Il est en effet possible de voter pour chaque <em>post</em> et un onglet &laquo;&nbsp;<em>best</em>&nbsp;&raquo; [<em>Lo Mejor</em>] fait remonter ceux qui ont reçu le plus de visites, de votes et de commentaires. Ce système de recommandations complète des modes de classement plus classiques: &laquo;&nbsp;les plus populaires&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;auteurs les plus actifs&nbsp;&raquo;, etc.</p>
<p><span id="more-3060"></span>L&#8217;aspect communautaire est privilégié [<em>il est est vrai que "red" en espagnol signifie "réseau"</em>] grâce à une étroite imbrication avec la <a href="http://www.facebook.com/pages/Nacion-Red/407023770940" target="_blank">page Facebook </a>du site, ainsi que l&#8217;aspect &laquo;&nbsp;conversationnel&nbsp;&raquo;, notamment par une gestion des commentaires par <em>e-mail</em>.</p>
<p><strong>Une place entre les grands médias et les blogs pour parler de la politique liée à Internet</strong></p>
<p>Mais l&#8217;important est le contenu. Julio Alonso son initiateur, raconte sur son blog <em><a href="http://www.merodeando.com/2010/03/18-nacion-red-un-medio-para-los-que-hacen-y-viven-internet" target="_blank">Merodeando</a></em>, qu&#8217;il a d&#8217;abord été réticent, car <em>Nación Red </em>ne rentrait pas dans le modèle économique de <a href="http://www.weblogssl.com/" target="_blank">WeblogsSL</a>, la société éditrice. Celle-ci publie 40 blogs thématiques sur des sujets plutôt &laquo;&nbsp;légers&nbsp;&raquo; comme la High Tech, l&#8217;automobile ou les jeux vidéos, et en parallèle possède une activité de conseil auprès des entreprises.</p>
<p>Mais explique-t-il, nous avons découvert qu&#8217;il pouvait être intéressant de parler de la politique liée à Internet [<em>le site parle de l'ACTA, par exemple</em>]. Non, que le champ ne soit pas couvert, notamment par les grands médias et des blogs, mais, il estime qu&#8217;il y avait place pour un nouveau site, entre les grands médias qui ont tendance à traiter les sujets qu&#8217;en &laquo;&nbsp;noir et blanc&nbsp;&raquo; et les blogs dont les <em>posts</em> sont certes &laquo;&nbsp;brillants&nbsp;&raquo;, mais qui restent &laquo;&nbsp;isolés&nbsp;&raquo;. Il s&#8217;agit donc avec <em>Nación Red</em> d&#8217;offrir une couverture de ce sujet d&#8217;une manière continue, en partant du point de vue des citoyens.</p>
<h3>140 un site basé sur Twitter</h3>
<p>L&#8217;Argentine est une terre d&#8217;innovation. C&#8217;est le cas concernant les deux principaux sites du pays, le très élégant  <em><a href="http://www.lanacion.com.ar/" target="_blank">lanacion.com </a>et <a href="http://www.clarin.com/" target="_blank">clarin.com</a><span style="font-style: normal;">, mais ils ne sont pas les seuls.</span></em></p>
<p><em><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/07/Capture-d’écran-2010-07-29-à-23.21.32.png"><img class="alignleft size-medium wp-image-3071" title="La page d'accueil de 140 du groupe Perfil" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/07/Capture-d’écran-2010-07-29-à-23.21.32-216x300.png" alt="La page d'accueil de 140 du groupe Perfil" width="200" height="290" /></a></em>Le groupe <a href="http://www.diarioperfil.com.ar/institucional/esp/index2.php" target="_blank">Perfil</a>, important éditeur de magazine dans tout le cône sud de l&#8217;Amérique est moins connu. Pourtant, avec <a href="http://140.perfil.com/" target="_blank">140</a>, il fait preuve d&#8217;un bel esprit d&#8217;initiative. <em><span style="font-style: normal;">Ce site, en effet, &laquo;&nbsp;est conçu pour les personnes qui n&#8217;ont pas de compte Twitter, mais qui veulent savoir ce qui se passe dans le monde du microbloging,&nbsp;&raquo; raconte Mauro Accurso sur </span><a href="http://onlinejournalismblog.com/2010/07/28/news-sites-based-on-social-media-content-in-latin-america/" target="_blank">Online Journalism Blog</a>. </em>Selon ce dernier, Twitter aurait connu une importante croissance en Argentine au cours de l&#8217;année 2010, en particulier, de nombreuses célébrités locales et des sportifs se seraient inscrits, créant ainsi un terreau favorable à la création du site.</p>
<p>Dans son apparence, 140 est extrêmement classique et le visiteur peu attentif pourrait s&#8217;y tromper et croire qu&#8217;il se trouve sur un site média traditionnel. Par exemple, on y trouve des rubriques d&#8217;un  classicisme  éprouvé: célébrités, politique, sports, etc.</p>
<p><strong>Twitter utilisé comme agence de presse</strong></p>
<p>Mieux le site tourne le dos à ce qui fonde Twitter, à savoir un flux incessant d&#8217;informations de tous genres. 140 se définit d&#8217;ailleurs comme étant un &laquo;&nbsp;quotidien&nbsp;&raquo;, et n&#8217;hésite pas à afficher fièrement en page d&#8217;accueil &laquo;&nbsp;le tweet du mois&nbsp;&raquo;. En fait, pour le site, Twitter n&#8217;est rien d&#8217;autre qu&#8217;une agence de presse.</p>
<p>D&#8217;ailleurs, 140 ne reproduit pas de<em> tweets</em> à proprement parler [<em>en faisant abstraction du </em>widget<em> qui dans chaque rubrique affiche un flux Twitter</em>]. Leur contenu sert à construire et à alimenter les articles, chaque information étant systématiquement sourcée et <em>linkée </em>sur l&#8217;auteur et le ou les tweet(s) d&#8217;origine. Certaines réponses sont d&#8217;ailleurs inhabituellement longues, pour ceux qui sont habitués aux traditionnels 140 signes. L&#8217;explication est simple: les Argentins n&#8217;hésitent pas à utiliser <a href="http://www.twitlonger.com/" target="_blank">Twitlonger</a>, qui permet d&#8217;écrire de très longs textes.</p>
<p>Quant à l&#8217;illustration, elle est fournie via <a href="http://twitpic.com/" target="_blank">Twitpic</a> et les photos qu&#8217;y téléchargent les internautes, ceux-ci se transformant volontiers en paparazzi, comme en témoigne cette <a href="http://140.perfil.com/2010/07/28/calamaro-en-el-cajero-automatico/" target="_blank">photo</a> du chanteur Calamaro surpris en train de retirer de l&#8217;argent à à un guichet automatique comme le montre.</p>
<ul>
<li><em><strong>sources:</strong> <a href="onlinejournalismblog.com" target="_blank">OJB </a>et t<a href="http://tejiendo-redes.com/" target="_blank">ejiendo redes</a>, le blog de Mauro Accurso</em></li>
</ul>
<h3>SoloLocal, l&#8217;hyperlocal au chimichurri</h3>
<p>Le <em>chimichurri</em> est un condiment à base de piment, une spécialité argentine pour assaisonner les viandes grillées. Avec <em>SoloLocal</em>, nous sommes donc en Argentine et plus précisément à Bahia Blanca, une port de mer qui abrite environ 300.000 habitants, situé à quelque 700 kilomètres au sud de Buenos Aires.</p>
<p>Un quotidien, <em>La Nueva Provincia</em>, 5 sites d&#8217;informations et une multitude de blogs couvrent l&#8217;actualité de la ville et de sa région. Pourtant, deux journalistes, Sandra Crucianelli et Gabriel Bermúdez, estimèrent qu&#8217;il était possible de créer &laquo;&nbsp;autre chose&nbsp;&raquo;. S. Crucianelli est une spécialiste des nouveaux médias, tandis que G. Bermúdez est le correspondant local de <em>Clarín</em> et le rédacteur en chef d&#8217;une chaîne TV locale, <em>Canal9.</em></p>
<p><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/07/Capture-d’écran-2010-07-30-à-14.54.29.png"><img class="alignleft size-medium wp-image-3077" title="Page d'accueil de SoloLocal.info" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/07/Capture-d’écran-2010-07-30-à-14.54.29-256x300.png" alt="Page d'accueil de SoloLocal.info" width="200" height="270" /></a>Le résultat de leurs réflexions sera  <em><a href="http://sololocal.info/" target="_blank">SoloLocal.info</a><span style="font-style: normal;">, un site d&#8217;informations &laquo;&nbsp;hyperlocal&nbsp;&raquo;, comme son nom l&#8217;indique. Leur principale difficulté était de se distinguer des innombrables autres médias d&#8217;information locaux. Ils décidèrent de chercher —et publier en priorité— des informations qui n&#8217;étaient pas encore diffusées.</span></em></p>
<p><em><span style="font-style: normal;">Leur méthode est très simple, explique Alexandre Gamela sur </span><span style="font-style: normal;"><a href="http://www.journalism.co.uk/5/articles/537834.php" target="_blank"><em>Journalisme.co.uk</em>.</a></span><span style="font-style: normal;"> Ils cherchent toutes les informations disponibles sur Bahia Blanca, via les moteurs de recherche, les réseaux sociaux et des bases de données, à partir desquelles ils construisent des articles, en privilégiant les dépenses publiques, les services publics, les actions associatives, les droits de l&#8217;homme, l&#8217;accès du public à l&#8217;information et l&#8217;environnement.</span></em></p>
<p>&laquo;&nbsp;Une approche qui leur permet, ajoute-t-il, de publier des &#8216;<em>breaking stories</em>&#8216; reprises ensuite par les grands médias et d&#8217;être pris en considération [<em>putting in the map</em>] par les rédactions locales.&nbsp;&raquo;</p>
<p><em>SoloLocal </em>a aussi forgé des accords plus pérennes avec un journal, des stations de radio et des télévisions, ce qui permet au site d&#8217;être connu au-delà du cercle des internautes.</p>
<p>Le site est délibérément <em>low cost</em>: chacun travaille en réseau à partir de son ordinateur, et un réseau de &laquo;&nbsp;journalistes-citoyen&nbsp;&raquo; fournit l&#8217;essentiel du contenu. Fondamentalement, d&#8217;ailleurs <em>SoloLocal </em>—s&#8217;il n&#8217;est pas un site participatif— incite ses visiteurs à s&#8217;emparer des outils et des données qu&#8217;il signale, pour que ceux-ci se construisent leur propre information, comme dans cet article <em><a href="http://sololocal.info/noticias/1-de-bahia/1826-francisco-j-costa-proveedor-.html" target="_blank">Representante y Proveedor</a><span style="font-style: normal;">, où l&#8217;auteur renvoie sur un site de données, et incite son lecteur à s&#8217;y plonger, lorsqu&#8217;il écrit: &laquo;&nbsp;L&#8217;outil numérique <em>Gasto Público Bahiense</em> (…) donne au public un excellent moyen de contrôle social&nbsp;&raquo;.</span></em></p>
<ul>
<li><em><strong>sources :</strong></em><em> <a href="http://www.journalism.co.uk/" target="_blank">Journalism.co.uk</a>, LinkedIn</em></li>
</ul>
<h3>Reportube, ou YouTube au pays des Incas</h3>
<div id="attachment_3083" class="wp-caption alignleft" style="width: 160px"><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/07/mafalda.png"><img class="size-thumbnail wp-image-3083" title="Mafalda, le personnage de Quino" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/07/mafalda-150x150.png" alt="Mafalda, le personnage de Quino" width="150" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">Mafalda, héroïne d&#39;une campagne virale</p></div>
<p>Connaissez-vous Pablo Mancini? Vous devriez. Ce jeune homme de 28 ans est actuellement &laquo;&nbsp;gestionnaire de contenu et de services numériques&nbsp;&raquo; du site d&#8217;<em>El Comercio</em> au Pérou, il est aussi enseignant en communication numérique à l&#8217;<a href="http://www.umayor.cl/um/" target="_blank">Université Mayor</a> à Santiago du Chili. Argentin , il a travaillé d&#8217;abord dans son pays d&#8217;origine pour <em>Perfil </em>aux cotés de Dario Gallo [son blog <em><a href="http://www.blocdeperiodista.com/" target="_blank">Bloc de Periodista</a><span style="font-style: normal;">]</span></em>, le créateur de 140, avec lequel pendant deux ans il a travaillé sur une expérience virale unique en son genre .</p>
<p>Il s&#8217;agissait rien moins que de demander au gouvernement de l&#8217;époque [<em>nous sommes vers 2004-2005</em>] de poser une plaque sur la maison où a vécu Mafalda, célèbre personnage de bande dessinée argentine, créée par le dessinateur <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Quino" target="_blank">Quino</a>.</p>
<p>Le plus incroyable est que cette campagne aboutira en 2006 au vote d&#8217;une loi par le Parlement argentin. Elle ordonnait la pose d&#8217;un plaque sur cette maison [<em>adresse: Chili 371, quartier San Telmo, Buenos Aires</em>], et citait, parmi ses motifs, l&#8217;existence du blog <em><a href="http://www.lacasademafalda.blogspot.com/" target="_blank">lacasamafalda</a></em>, support de la campagne virale.</p>
<p>Nos deux compères sont aussi à l&#8217;initiative d&#8217;un site d&#8217;informations pour le téléphone mobile, <em><a href="http://20palabras.com.ar/" target="_blank">20palabres</a></em>. Ce site ressemble peu ou prou à Twitter puisque les informations sont à la fois &laquo;&nbsp;produites&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;consultées&nbsp;&raquo; par les utilisateurs. Elles sont extrêmement brèves et en général contiennent un lien (voire plusieurs).</p>
<p><strong>Des internautes urbains, jeunes et sans grands moyens</strong></p>
<p>À son arrivée au Pérou, Pablo Mancini va étudier l&#8217;impact du numérique sur la société et la manière dont il est utilisé et consommé localement. Il donne les grandes lignes de son analyse, dans un post <em><a href="http://www.amphibia.com.ar/ecologia-de-medios-digitales-en-el-peru/" target="_blank">Ecologia de medios digitales en el Perú</a>.</em></p>
<p><em> </em>Le Pérou explique-t-il, avec 8 millions de personnes (environ un quart de la population) est le 4e pays d&#8217;Amérique latine, en terme de nombre de personnes connectées à Internet. Mais il apporte trois précisions d&#8217;importance:</p>
<ul>
<li>l&#8217;écrasante majorité des internautes péruviens habitent la capitale Lima;</li>
<li>85% d&#8217;entre eux ont entre 11 et 20 ans, et la plupart ne travaillent pas;</li>
<li>73% des internautes se connectent à partir d&#8217;un lieu public (cybercafé, etc.) et s&#8217;ils utilisent un téléphone mobile, c&#8217;est avec des cartes prépayées.</li>
</ul>
<p>Tout cela lui fait dire, que &laquo;&nbsp;la prochaine décennie sera beaucoup plus intéressante&nbsp;&raquo;, dans ce pays.</p>
<p>En attendant, Pablo Mancini travaille pour <em>El Comercio</em>, l&#8217;un des plus vieux quotidien d&#8217;Amérique Latine [<em>il a été lancé en 1839</em>], qui est une véritable institution dans le pays. Or, comme le raconte Jean-François Fogel, consultant, le site du journal a été profondément rénové, et ce, avec un succès certain :</p>
<blockquote><p>Le succès de sa nouvelle formule est stupéfiant. Il est passé de 2,8 millions de visiteurs uniques, l’été dernier, à 4,3 millions en mars 2010 (…) plus significatif, la durée moyenne des visites a explosé, passant de 3mn 17s à 19mn 49s.</p></blockquote>
<ul>
<li>[<em>Jean-François Fogel analyse les ressorts de ce succès dans <a href="http://blog.slate.fr/labo-journalisme-sciences-po/2010/05/06/el-comercio-tague-a-tout-va/" target="_blank">El Comercio tague à tout va,</a> sur </em>Work In Progress<em>, un blog hébergé par </em>Slate.fr]</li>
</ul>
<p>Derrière ce succès, il y a la patte de Fabricio Torres, le rédacteur en chef du site, mais aussi celle de son gérant Pablo Mancini.</p>
<p><strong>Reportube, un projet extrêmement innovant</strong></p>
<p>S&#8217;il n&#8217;y a pas de hasard dans le numérique, il y a parfois d&#8217;heureuses coïncidences. En novembre 2009, le jour même où <em>elcomercio.pe</em> lançait un site participatif de vidéoreportage, YouTube lançait <a href="http://www.youtube.com/user/Direct" target="_blank"></a><a href="http://www.youtube.com/watch?v=tgGxi3hiOnY">YouTube Direct</a>, une plateforme qui permet d&#8217;intégrer facilement l&#8217;ensemble des fonctionnalités du site de vidéo dans un site de médias.</p>
<p>Une opportunité dont s&#8217;emparaient immédiatement, les responsables de <em>Reportube</em>. Comme l&#8217;explique Pablo Mancini, le 23 juillet 2010 sur le blog <em><a href="http://www.amphibia.com.ar/un-diario-hecho-100-con-youtube/" target="_blank">Amphibi</a>a</em>:</p>
<blockquote><p>Avec plusieurs milliers de reporters dans des dizaines de pays, nous avons décidé que <em>Reportube</em> ne serait pas seulement un site participatif, mais bien plus. <em>Reportube</em> s&#8217;est transformé ces derniers mois en site d&#8217;agrégation de témoignages audiovisuels. L&#8217;énorme quantité de contenus disponibles nous a conduit à penser qu&#8217;agrégation et remixage [<em>de contenus préexistants</em>] sont des concepts complémentaires de celui de participation et que la qualité n&#8217;était pas nécessairement synonyme de contenu original.</p></blockquote>
<blockquote><p><em>Reportube</em> est un journal <em>online</em>, sous l&#8217;égide de <em>elcomercio.pe</em>, dont 100% du contenu provient de YouTube. Son modèle de production &laquo;&nbsp;en construction permanente&nbsp;&raquo; est totalement différent de la manière habituelle de produire de l&#8217;information. Son mot de passe est la gestion de contenus produits et publiés sous une forme distribuées. C&#8217;est la logique de l&#8217;<em>open source</em> et du logiciel libre appliquée à un processus éditorial.</p></blockquote>
<p><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/07/Capture-d’écran-2010-07-30-à-21.41.35.png"><img class="alignleft size-medium wp-image-3088" title="La page d'accueil de Reportube" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/07/Capture-d’écran-2010-07-30-à-21.41.35-259x300.png" alt="La page d'accueil de Reportube" width="200" height="260" /></a>Le résultat est particulièrement intéressant, avec un bémol. Lorsqu&#8217;il clique sur un titre ou sur une photo, le visiteur se retrouve sur une page siglée<em> elcomercio</em>, ce qui est déroutant.</p>
<p>La partie novatrice de <em>Reportube</em> —telle que définie par Paulo Mancini— se trouve en dessous du &laquo;&nbsp;pli&nbsp;&raquo;, c&#8217;est-à-dire sous la limite basse de l&#8217;écran et plus particulièrement sous la barre rouge. Il faut scroller pour l&#8217;atteindre. C&#8217;est d&#8217;autant plus dommage que &laquo;&nbsp;ça marche&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Le contenu est &laquo;&nbsp;frais&nbsp;&raquo; riche, varié. Les vidéos se lancent de manière fluide. Les courts textes qui les accompagnent sont clairs.</p>
<p>Il reste donc à souhaiter que <em>Reportube</em> prenne son indépendance vis-à-vis de son &laquo;&nbsp;site mère&nbsp;&raquo; <em>elcomercia.pe</em>. Il a l&#8217;étoffe pour cela.</p>
<p>Pour terminer, une vidéo où Diego Peralta Murias, Directeur du développement numérique de <em>elcomercio</em>, explique le fonctionnement de <em>Reportube</em> [en espagnol]. C&#8217;est sur YouTube, bien sûr.</p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="480" height="385" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/0lkif4dTkT8&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="385" src="http://www.youtube.com/v/0lkif4dTkT8&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<ul>
<li><em><strong>sources :</strong></em> <a href="http://onlinejournalismblog.com/2010/07/28/news-sites-based-on-social-media-content-in-latin-america/">OJB</a>, <a href="http://www.amphibia.com.ar/" target="_blank"><em>Amphibi</em></a><em>a, <a href="http://blog.slate.fr/labo-journalisme-sciences-po/" target="_blank">Work In Progress</a></em></li>
</ul>
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		<title>Ansel Herz: &#171;&#160;Comment écrire sur Haïti&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Sun, 25 Jul 2010 14:27:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Mentre</dc:creator>
				<category><![CDATA[journalisme enseignement]]></category>
		<category><![CDATA[journalisme idées & réflexions]]></category>
		<category><![CDATA[Ansel Herz]]></category>
		<category><![CDATA[Haïti]]></category>

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		<description><![CDATA[C&#8217;est un billet à la paille de fer qu&#8217;a publié sur le site du Huffington Post et sur son blog Mediahacker, le jeune journaliste Ansel Herz. Il  travaille à Haïti depuis septembre 2009, et était donc sur place lors du tremblement de terre qui a détruit le pays. Visiblement, ce journaliste engagé a été agacé [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>C&#8217;est un billet à la paille de fer qu&#8217;a publié sur le site du </strong><em><strong>Huffington Post</strong></em><strong> et sur son blog </strong><em><strong>Mediahacker</strong></em><strong>, le jeune journaliste Ansel Herz. Il  travaille à Haïti depuis septembre 2009, et était donc sur place lors du tremblement de terre qui a détruit le pays. Visiblement, ce journaliste engagé a été agacé par lesméthodes des envoyés spéciaux. Dans son article, </strong><em><strong>How to write about Haïti</strong></em><strong> [</strong><em><strong>comment écrire sur Haïti</strong></em><strong>], il leur donne quelques &laquo;&nbsp;conseils&nbsp;&raquo;. Il n&#8217;est pas sûr que tous apprécieront ce guide pratique.</strong></p>
<div id="attachment_3042" class="wp-caption alignleft" style="width: 187px"><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/07/Ansel_Hertz.png"><img class="size-full wp-image-3042 " title="Ansel Herz" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/07/Ansel_Hertz.png" alt="Ansel Herz" width="177" height="163" /></a><p class="wp-caption-text">Ansel Herz, travaille à Haïti depuis septembre 2009</p></div>
<p>Ansel Herz a 22 ans. Ce jeune Américain s&#8217;est installé comme reporter <em>freelance</em> à Haïti, dès sa sortie  de l&#8217;école de web-journalisme de l&#8217;université d&#8217;Austin. Un choix qui traduit un engagement, résumé en une formule &laquo;&nbsp;allez où est le silence&nbsp;&raquo; [<em>Going to where the silence is</em>]. En fait, explique-t-il, les Américains sont mal informés de ce qui se passe à Haïti, car très peu de reportages de fond sont publiés sur ce pays, et les envoyés spéciaux cèdent pratiquement toujours au sensationnalisme et aux poncifs.Il tient un blog <a href="http://www.mediahacker.org/" target="_blank"><em>Mediahacker</em>,</a> où il tient la chronique de ce pays en reconstruction.</p>
<p>Avec l&#8217;accord de Ansel Herz, je publie donc ce post <em>How to write about Haïti </em>[<em><a href="http://www.mediahacker.org/2010/07/how-to-write-about-haiti/" target="_blank">ici</a> la version originale</em>], qui vise explicitement les envoyés spéciaux étrangers, particulièrement américains. Il peut paraître brutal, outrancier et injuste, mais il ouvre la réflexion sur les modes de travail et sur les stéréotypes qui ont cours pour rendre compte de la réalité de ce pays.</p>
<h2 style="padding-left: 30px;">Comment écrire sur Haïti, un guide pratique</h2>
<p style="padding-left: 30px;"><em><strong>L</strong><strong>&#8216;acteur Sean Penn participe à la gestion d&#8217;un camp de personnes déplacées, victimes du séisme en Haïti. Il a accusé les journalistes de ne plus couvrir Haïti. Il se trompe. Ces dix derniers mois, j&#8217;ai travaillé comme journaliste indépendant, sur le terrain à Port-au-Prince. Je suis un survivant du tremblement de terre, et j&#8217;ai vu les grands reporters aller et venir.  Ils font un travail tellement formidable que je veux les aider. J&#8217;ai écrit ce guide pratique pour leur retour au premier anniversaire du tremblement de terre, en janvier!</strong></em></p>
<p style="padding-left: 30px;">Pour commencer, utilisez toujours l&#8217;expression &laquo;&nbsp;pays le plus pauvre de l&#8217;hémisphère occidental&nbsp;&raquo;. Vous devez toujours rappeler à votre public la pauvreté exceptionnelle d&#8217;Haïti. Il est peu vraisemblable que d&#8217;autres articles aient mentionné ce fait.</p>
<p style="padding-left: 30px;">Vous êtes frappé par la «résilience» du peuple haïtien. Ils survivront, peu importe leur pauvreté. Ils sont stoïques, ils se plaignent rarement, et de ce fait ils sont admirables. Le meilleur pauvre est celui qui souffre en silence. Une citation de deux phrases sur leur misère s&#8217;intègrera parfaitement dans votre article. C&#8217;est tout ce qu&#8217;il faut.</p>
<p style="padding-left: 30px;"><span id="more-3036"></span>Lors de votre dernière visite vous êtes tombé sous le charme d&#8217;Haïti. Vous êtes tombé amoureux de sa culture colorée et vous vous êtes senti obligé de revenir. Vous prenez tellement soin de ces gens qui travaillent dur. Vous êtes ici pour les aider. Vous êtes leur voix. Ils ne peuvent pas parler pour eux-mêmes.</p>
<p style="padding-left: 30px;">N&#8217;écoutez pas si les Haïtiens parlent fort ou deviennent indisciplinés. Vous pourriez être en danger, et il vous faut alors partir. Les manifestations ne sont pas à prendre au sérieux. Les participants sont probablement tous payés pour être là. Tous les responsables politiques haïtiens sont corrompus ou incompétents. Vous devez alors trouver une autorité étrangère à Haïti qui évoquera en termes sévères la façon dont ils [<em>les politiciens haïtiens</em>] doivent rentrer dans le rang ou céder le pouvoir à des étrangers incorruptibles.</p>
<p style="padding-left: 30px;">L&#8217;ambassade des Etats-Unis et les Nations Unies considèrent toujours que les manifestations sont une menace pour la sécurité. Ce sont toujours des troubles sociaux. Si les manifestants sont battus, gazés ou tués par les Casques bleus, ils l&#8217;ont probablement mérité car ils étaient &laquo;&nbsp;hors contrôle&nbsp;&raquo;. N&#8217;enquêtez pas sur leurs plaintes [<em>où ils affirment</em>] être en permanence victimes de violence.</p>
<p style="padding-left: 30px;">Après le tremblement de terre de janvier 2010, tout était très violent. Des «pilleurs» se sont battus pour des biens «volés» dans des magasins qui s&#8217;étaient effondrés. Des prisonniers évadés ont semé la pagaille. Il n&#8217;était pas nécessaire d&#8217;être précis sur le nombre de personnes effectivement blessées ou mortes dans ces affrontements. L&#8217;essentiel tenait au fait que c&#8217;était effrayant.</p>
<p style="padding-left: 30px;">Aujourd&#8217;hui, beaucoup de ces pillards sont devenus des&nbsp;&raquo;squatters&nbsp;&raquo; dans des camps&nbsp;&raquo;sordides&nbsp;&raquo;. Leurs villages de tentes sont &laquo;&nbsp;grouillants&nbsp;&raquo; de gens, comme des fourmilières. Vous avez vu vos collègues utiliser ces mots encore et encore dans leurs reportages, alors vous devriez le faire aussi. Vous n&#8217;avez d&#8217;ailleurs pas le temps d&#8217;utiliser un dictionnaire avant le bouclage.</p>
<p style="padding-left: 30px;">Mettez en valeur le fait que Port-au-Prince est surpeuplé. Ne parlez pas des grands espaces verts vides que l&#8217;on trouve autour de la ville. Bien sûr, il est impossible d&#8217;expliquer que les Marines américains, qui sont des occupants, ont forcé le passage d&#8217;une économie haïtienne rurale et en croissance à une gouvernance centralisée dans la capitale. Cela n&#8217;entre pas dans votre nombre de mots. D&#8217;ailleurs, c&#8217;est de l&#8217;histoire ancienne.</p>
<p style="padding-left: 30px;">Si vous devez mentionner l&#8217;histoire d&#8217;Haïti, référez-vous vaguement à un longue lignée d&#8217;assoiffés de pouvoir et de dirigeants corrompus. Par exemple, les&nbsp;&raquo;Duvalier à la poigne de fer&nbsp;&raquo;. N&#8217;évoquez pas les 35 ans de soutien américain à cette dictature. La révolte des esclaves sur laquelle Haïti a été fondée sera «sanglante» et «brutale». Ce vocabulaire ne s&#8217;appliquent pas aux modernes offensives américaines en Afghanistan et en Irak.</p>
<p style="padding-left: 30px;">Aujourd&#8217;hui, Cité Soleil est le bidonville le plus dangereux au monde. Il n&#8217;est pas nécessaire de prouver cette assertion. Il est «tentaculaire». Encore une fois, il n&#8217;y a pas de temps pour consulter un dictionnaire. Évoquez des gangs impitoyables, des trous de balles, les porcs et les ordures. De la crasse partout. Des gens désespérés qui mangent des biscuits faits de poussière et de boue! Cela capte toujours l&#8217;attention du lecteur.</p>
<p style="padding-left: 30px;">Restez collé aux gardes du corps que vous avez embauché ou intégrez [<em>embed</em>] les troupes de l&#8217;ONU. Vous ne pouvez pas sortir seul pour raconter la vie des gens ordinaires qui vivent dans des quartiers où l&#8217;on est solidaire. [<em>Expliquez:</em>] Ce sont des victimes sans défense, qui saisissent toute l&#8217;aide qu&#8217;ils peuvent. Vous ne les avez pas vu répartir tranquillement la nourriture entre eux, bien que ce soit une pratique courante.</p>
<p style="padding-left: 30px;">Il est préférable de parler des groupes qui viennent périodiquement de l&#8217;étranger pour fournir de la nourriture aux enfants affamés (prendre des photos!). Ne pas parler aux jeunes de Cité Soleil sur le fait qu&#8217;ils sont fiers de l&#8217;endroit dont ils sont originaires. Ce sont probablement les membres d&#8217;un gang. Presque tout le monde ici soutien l&#8217;ex-président Jean-Bertrand Aristide. Mais leurs points de vue ne sont pas pertinents. Il n&#8217;est pas nécessaire de mettre de la politique dans votre article.</p>
<p style="padding-left: 30px;">Vous n&#8217;oublierez pas de faire un sujet sur les <em>restaveks </em>[<em>lire<a href="http://www.courrierinternational.com/breve/2009/05/26/la-souffrance-des-restaveks" target="_blank"> celui-ci</a>, publié dans Courrier International</em>]. Les enfants esclaves. C&#8217;est tellement choquant. Il y a peu de nouvelles informations sur les <em>restaveks</em>, donc contentez-vous de recycler d&#8217;anciennes statistiques.Le présenter comme un phénomène uniquement haïtien. Les travailleurs agricoles haïtiens réduit en esclavage dans le sud de la Floride, par exemple, ne sont pas aussi intéressants.</p>
<p style="padding-left: 30px;">Lorsque vous reviendrez ici dans six mois, un grand nombre de personnes pauvres et désespérées n&#8217;auront toujours pas reçu d&#8217;aide, ou peu. Il y a de nombreuses grandes ONG étrangères inefficaces à Haïti. Clairement, quelque chose ne va pas. Une indignation, type &laquo;&nbsp;souffle coupé&nbsp;&raquo;, sera le ton approprié.</p>
<p style="padding-left: 30px;">Mais n&#8217;essayez pas d&#8217;aller au fond de la question. N&#8217;oubliez pas de mentionner que les travailleurs humanitaires font de leur mieux. Leurs intentions positives sont plus importantes que les résultats. Ne pas citer les noms des personnes ou des groupes peu performants. Les reportages sur les stocks alimentaires conservés dans des entrepôts individuels sont une bonne chose. Les enquêtes sur les raisons pour lesquelles les ONG ne parviennent pas à réaliser de progrès en Haïti sont ennuyeuses et trop difficiles. Ne pas explorer des alternatives d&#8217;origine haïtienne aux projets de développement étrangers. Il n&#8217;en existe aucun. Par principe, ne faire aucun article qui pourrait conduire à changer le système.</p>
<p style="padding-left: 30px;">D&#8217;autre part, ici tout le monde aime Bill Clinton [<em>Président des États-Unis de 1993 à 2001</em>] et Wyclef Jean [<a href="http://wyclefjean.wordpress.com/" target="_blank"><em>chanteur </em></a><em>de reggae et de rap, d'origine haïtienne</em>]. Il n&#8217;y a aucun avis divergent sur ce point. Ne jamais dire que ni l&#8217;un ni l&#8217;autre vivent ici. Peu importe que Clinton ait admis avoir détruit l&#8217;économie du riz haïtienne dans les années 1990. Peu importe que l&#8217;organisation de Jean ait à plusieurs reprises mal géré les fonds de secours. Cela c&#8217;est le passé. Ils représentent le meilleur espoir d&#8217;Haïti pour l&#8217;avenir. Leur voix compte, ce qui signifie que les médias doivent leur accorder une attention particulière, ce qui [<em>du coup</em>] signifie que leur voix compte, ce qui signifie que les médias doivent &#8230;</p>
<p style="padding-left: 30px;">Enfin, lorsque vous visiterez à nouveau Haïti: restez dans les mêmes hôtels coûteux. Ne soyez pas proche de la population. Produisez beaucoup de sujets et faites de l&#8217;argent. Allez avec votre SUV de location dans un camp où vivent des personnes qui ont perdu leur maison et qui vivent toujours sous le vent et la pluie. Sortez dans la boue avec vos bottes imperméables. Un bloc-notes neuf à la main. Cette femme loqueteuse vous crie qu&#8217;elle a besoin d&#8217;aide, et non d&#8217;un étranger qui prenne sa photo. Son garçon de 3 ans est là, accroché à sa jambe. Ses bras sont levés, sa bouche ouverte, mais vous ne pouvez pas la comprendre parce que vous ne parlez pas le créole haïtien.</p>
<p style="padding-left: 30px;">Enlever le capuchon de l&#8217;objectif et prenez des photos. Lorsque vous aurez suffisamment capté du drame d&#8217;Haïti, prenez votre avion de retour.</p>
<h3>Notes</h3>
<ul>
<li>Ansel Herz signale que ce post lui a été inspiré par un article du journaliste kenyan Binyavanga Wainaina, <em><a href="http://www.granta.com/Magazine/92/How-to-Write-about-Africa/Page-1" target="_blank">How to write to Africa</a></em>, publié sur le site <a href="http://www.granta.com/" target="_blank"><em>Granta</em></a>.</li>
<li>J&#8217;avais déjà évoqué, la question de la couverture journalistique de cette catastrophe dans<em> </em><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/?p=2382" target="_blank"><em>Haïti Deadline</em></a></li>
</ul>
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		<item>
		<title>La programmation, l&#8217;avenir du journalisme ?</title>
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		<pubDate>Wed, 21 Jul 2010 07:49:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Mentre</dc:creator>
				<category><![CDATA[journalisme enseignement]]></category>
		<category><![CDATA[journalisme innovations]]></category>
		<category><![CDATA[journalisme visuel]]></category>
		<category><![CDATA[outils]]></category>
		<category><![CDATA[Brian Boyer]]></category>
		<category><![CDATA[Columbia University]]></category>
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		<description><![CDATA[Demain faudra-t-il être journaliste ET programmeur/développeur ? La question se pose désormais de manière récurrente, en raison de l&#8217;évolution du journalisme qui devient de plus en plus technique, et aussi de la montée en puissance (?) du data journalism. Celui-ci exige de solides connaissances informatiques pour exploiter les montagnes de données qui s&#8217;accumulent partout, et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Demain faudra-t-il être journaliste ET programmeur/développeur ? La question se pose désormais de manière récurrente, en raison de l&#8217;évolution du journalisme qui devient de plus en plus technique, et aussi de la montée en puissance (?) du <em>data journalism. </em>Celui-ci </strong><strong>exige de solides connaissances informatiques pour exploiter les montagnes de données qui s&#8217;accumulent partout, et plus largement par l&#8217;évolution du journalisme qui devient de plus en plus technique. Déjà, des écoles de journalisme comme la <em>Columbia University</em> de New York propose un double cursus, tandis que d&#8217;autres comme la <em>Medill School</em></strong><strong> propose de former des développeurs au journalisme.</strong></p>
<div id="attachment_3023" class="wp-caption alignleft" style="width: 83px"><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/07/dan_nguyen.jpg"><img class="size-full wp-image-3023" title="Dan Nguyen, journaliste à ProPublica" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/07/dan_nguyen.jpg" alt="Dan Nguyen, journaliste à ProPublic" width="73" height="73" /></a><p class="wp-caption-text">Dan Nguyen (D.R.)</p></div>
<p>Dan Nguyen est peu connu. Pourtant, à sa manière, c&#8217;est un pionnier et son profil de journalistique est atypique. Lorsqu&#8217;il rejoint les rangs de <em>ProPublica [lire <a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/?p=2694" target="_blank">ici</a></em><em>, la vision de Paul Steiger, son fondateur]</em>, en septembre  2008, comme &laquo;&nbsp;web producteur&nbsp;&raquo; [<em>web producer</em>] il a déjà un solide double expérience de reporter <strong>et</strong> de développeur au <em>Sacramento Bee.</em> Il y  a travaillé en particulier à concevoir et développer une <a href="http://crimemap.scoopytube.com/crimemap/map.html?q=1&amp;radim=ft&amp;fday=20060101&amp;lday=20080329&amp;radius=1500&amp;crimes=512&amp;st=0" target="_blank">carte interactive</a> des crimes commis dans la région<em> </em>de Sacramento.</p>
<p>En fait, Dan Nguyen est un <em>data journalist</em>, au sens plein du terme [<a href="http://twitter.com/dancow" target="_blank"><em>ici</em></a><em> son Twitter</em>] . C&#8217;est-à-dire qu&#8217;il est non seulement capable d&#8217;extraire des données pour que cela face sens [<em>le travail du journaliste</em>], mais aussi de construire l&#8217;application qui permet de réactualiser ces données.</p>
<p>Le problème pour les journalistes s&#8217;ils veulent exploiter des chiffres [<em>en admettant qu'ils aient les connaissances mathématiques et statistiques pour cela</em>] est qu&#8217;ils se trouvent souvent confrontés à des tableaux difficilement exploitables comme <a href="http://www.poynter.org/column.asp?id=31&amp;aid=183176" target="_blank">l&#8217;explique</a> Michelle Minkoff du <em>Poynter Institute</em>:</p>
<blockquote><p>Il ne suffit pas de copier ces chiffres dans votre article; ce qui distingue un journaliste d&#8217;un simple consommateur est sa capacité à analyser les données et à en extraire les grandes tendances. Pour que les données soient plus accessibles, puissent être réorganisées et extraites, elles doivent être placées dans une feuille de calcul d&#8217;un tableur ou dans une base de données. Ce mécanisme s&#8217;appelle le <em>web scraping</em> [<em>littéralement: grattage de données</em>]. Il est, depuis des années, une partie de l&#8217;informatique et des sciences de l&#8217;information. Souvent, il faut beaucoup de temps et d&#8217;efforts pour produire des programmes qui extraient cette information. C&#8217;est donc une spécialité.</p></blockquote>
<p><span id="more-3004"></span>C&#8217;est ce que sait faire Dan Nguyen. Pour <em>ProPublica</em>, il a travaillé en particulier sur<em><a href="http://www.propublica.org/ion/changetracker#" target="_blank"> Changetracker</a>, </em>un outil qui surveille en permanence le site de la Maison Blanche, et signale les moindres changements. Il propose aussi sur son blog une série de &laquo;&nbsp;cours&nbsp;&raquo; [<a href="http://danwin.com/works/coding-for-journalists-101-a-four-part-series/" target="_blank"><em>Coding for journalists 101</em></a>] pour les journalistes peu habitués à la programmation, qui offre les &laquo;&nbsp;bases&nbsp;&raquo; et deux cas pratiques d&#8217;application.</p>
<h3>Le journalisme interactif consiste à savoir combiner le sens de l&#8217;information et des compétences en informatique</h3>
<div id="attachment_3024" class="wp-caption alignleft" style="width: 110px"><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/07/BrianBoyer.jpg"><img class="size-full wp-image-3024" title="Brian Boyer, journaliste à ProPublica" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/07/BrianBoyer.jpg" alt="Brian Boyer, journaliste à ProPublica" width="100" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">Brian Boyer (D.R.)</p></div>
<p>En 2009, <em>ProPublica</em> a engagé un autre journaliste, Brian Boyer, au profil tout aussi pointu que Dan Nguyen. Ce journaliste a été recruté à la sortie d&#8217;une formation spécialement créée par l&#8217;École de journalisme de <a href="http://www.medill.northwestern.edu/journalism/default.aspx" target="_blank">Medill </a>à la Northwestern University, à destination des développeurs et programmeurs. La petite dizaine d&#8217;étudiants qui suit cette formation de journalisme, qui dure une année, travaille notamment sur un &laquo;&nbsp;projet innovant&nbsp;&raquo;, avec le soutien —et pour— des groupes de médias.</p>
<p>Lors de sa scolarité Brian Boyer avait travaillé sur <em><a href="http://newsmixer.us/" target="_blank">News Mixer</a></em>, un système de gestion de commentaires développé [<em>lire </em><a href="http://crunchberry.org/" target="_blank"><em>ici</em></a><em>, le blog des étudiants</em>] pour —et donc avec le soutien— de la <em><a href="http://gazetteonline.com/" target="_blank">Gazette</a> </em>de Cedar Rapids dans l&#8217;Iowa [<em>lire <a href="http://contentninja.wordpress.com/2008/11/18/crunchberry-project-rolls-forward/" target="_blank">ici,</a> le post que la journaliste Annette Schulte, de la Gazette, consacre à cette expérience et <a href="http://www.journalism.co.uk/5/articles/533123.php" target="_blank">ici</a></em><em>, ce qu'en dit Brian Boyer</em>]. Ce sera la clé de son recrutement explique Laura Oliver sur<em><a href="http://www.journalism.co.uk/2/articles/533465.php" target="_blank"> Journalism.co.uk</a>. </em>Elle cite Scott Klein, le directeur du développement <em>online</em> de <em>ProPublica</em>, qui explique:</p>
<blockquote><p>Le journalisme interactif tel que nous le pratiquons dans <a href="http://www.propublica.org/special/missing-memos" target="_blank"><em>The</em> </a><em><a href="http://www.propublica.org/special/missing-memos" target="_blank">Missing Memo</a> </em>ou notre<em> </em><em><a href="http://bailout.propublica.org/list/index" target="_blank">TARP coverage</a></em> [<em>il s'agit de savoir qui a bénéficié des fonds mis en place à l'occasion du plan de sauvetage du système financier _bailout_ d'Obama</em>], exige de savoir combiner l&#8217;aptitude à choisir les informations et des compétences en programmation.</p></blockquote>
<p>C&#8217;est ici que se pose la question de la formation. La <em>Medill School</em> a fait le choix de former des programmeurs/développeurs au journalisme. Ceux-ci &laquo;&nbsp;<em>walk a mile in the journalists&#8217; shoes&nbsp;&raquo;</em> selon la belle expression de Rich Gordon, le directeur des formations numériques. Dans une<em> </em><a href="http://www.journalism.co.uk/5/articles/532714.php" target="_blank"><em>interview</em></a><em> à Journalism.co.uk, </em>il explique que tous les journalistes devraient avoir, a minima, une bonne connaissance de la technologie:</p>
<blockquote><p>Le savoir-faire technologique, ou au moins un minimum de connaissances en technologie est le minimum nécessaire aujourd&#8217;hui pour être embauché comme journaliste. (.…) Cela ne signifie pas que tous les journalistes doivent être des programmeurs. Les reporters doivent rester des &laquo;&nbsp;collecteurs de faits&nbsp;&raquo; (en utilisant les méthodes traditionnelles tout comme les outils de recherche en ligne), et aujourd&#8217;hui, ils doivent être capables de présenter leurs <em>stories</em> sous de multiples formes. Le problème, quelque soit la manière dont vous le présentez est qu&#8217;il y aura moins de journalistes dans le futur. En même temps de nombreux nouveaux types d&#8217;emploi seront inventés comme notre journaliste-développeur.</p></blockquote>
<p style="text-align: left;">Ces nouveaux types d&#8217;emplois, <em>Mediashift</em> <a href="http://www.pbs.org/idealab/2008/07/a-programmer-journalist-contemplates-careers005.html" target="_blank">en a listé</a> une petite dizaine: cela va de &laquo;&nbsp;développeur pour CMS&nbsp;&raquo; à &laquo;&nbsp;journaliste hacker&nbsp;&raquo; en passant par &laquo;&nbsp;data-miner&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: left;">D&#8217;autres écoles, comme celle de la Columbia University, ont choisi une autre approche, qui consiste à enseigner de front le journalisme et l&#8217;informatique. Le programme de ce <a href="http://www.journalism.columbia.edu/cs/ContentServer/jrn/1212612493028/page/1212612492347/JRNSimplePage2.htm" target="_blank"><em>Dual Degree</em></a>, où le contenu d&#8217;une formation enrichira le contenu de l&#8217;autre, est terriblement alléchant.</p>
<p style="text-align: left;">Il est enfin une autre approche qui consiste à apprendre aux journalistes les subtilités du développement et de la programmation. C&#8217;est dans cet esprit que le Scott Trust, propriétaire du <em>Guardian</em> a lancé une <a href="http://www.gmgplc.co.uk/ScottTrust/Bursaries/Technologybursaries/tabid/360/Default.aspx" target="_blank">bourse</a> destinée à financer des [<em>deux seulement pour le moment]</em> personnes souhaitant se perfectionner en développement.</p>
<p style="text-align: left;">[<strong>MAJ du 22 juillet 2010</strong>] Enfin, il existe aussi des formations &laquo;&nbsp;sur le tas&nbsp;&raquo;, comme celle <a href="http://onlinejournalismblog.com/2010/07/22/the-new-online-journalists-6-conrad-quilty-harper/" target="_blank">racontée </a>par Conrad Quilty-Harper, qui travaille aujourd&#8217;hui sur le site du Daily Telegraph, comme <em>data juggler</em> [<em>littéralement "jongleur de données"</em>]. Il a travailler sur une base de données interactive des hommes politique, mais aujourd&#8217;hui il a trois priorités:</p>
<ul>
<li>travailler avec des reporters pour ajouter des éléments visuels à des contenus basés sur des chiffres</li>
<li>couvrir le secteur des open data en tant que reporter</li>
<li>créer des contenus originaux basés sur des contenus FOI [<em>c'est-à-dire libre d'accès au sens de <a href="http://www.direct.gov.uk/en/Governmentcitizensandrights/Yourrightsandresponsibilities/DG_4003239" target="_blank">Freedom Of Information Act</a></em>] ainsi que sur d&#8217;autres sources.</li>
</ul>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: left;">Pour autant, il faut se demander si tous les journalistes ont besoin de maîtriser parfaitement la programmation, le développement et les subtilités du code? Il existe d&#8217;autres possibilités comme le rapprochement entre journalistes et développeurs que proposent par exemple des associations comme <a href="http://hackshackers.com/" target="_blank"><em>Hack/Hackers</em></a> [<em>lire </em><a href="http://owni.fr/2010/05/24/hackshackers-quand-le-journalisme-rencontre-la-technologie/" target="_blank"><em>l'interview </em></a><em>de son fondateur Burt Herman sur Owni</em>]. Une réflexion engagée en France aussi au <em><a href="http://www.lemonde.fr/" target="_blank">monde.fr</a></em>, comme le raconte Alain Joannes sur blog <em><a href="http://www.journalistiques.fr/post/2010/06/07/Data-journalism:-approche-et-r%C3%A9flexions-de-deux-pionniers-fran%C3%A7ais-racontent" target="_blank">Journalistiques</a>. </em></p>
<p style="text-align: left;">En tout cas, et en guise de clin d&#8217;œil final, pour les journalistes &laquo;&nbsp;non informaticiens&nbsp;&raquo; qui se demandent s&#8217;ils doivent s&#8217;engager dans cette voie, je propose ce petit test initialement publié par <a href="http://10000words.net/2010/07/should-journalists-learn-programming-skills-a-flowchart/?utm_source=feedburner&amp;utm_medium=feed&amp;utm_campaign=Feed:+10000words/wxYG+(10,000+Words)" target="_blank"><em>10,000 Words</em></a>, et que j&#8217;ai traduit. Il suffit de suivre les flèches [<em>et de cliquer sur la carte pour l'obtenir en grand format</em>].</p>
<p style="text-align: left;"><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/07/journaliste-programmeur.png"><img class="size-full wp-image-3005 " title="journaliste-programmeur" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/07/journaliste-programmeur.png" alt="journaliste-programmeur" width="576" height="427" /></a></p>
<div class="mceTemp">
<dl id="attachment_3005" class="wp-caption alignleft" style="width: 586px;">
<dd class="wp-caption-dd">Graphique original sur 10.000 words.net</dd>
</dl>
</div>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: left;">
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>L&#8217;invention de l&#8217;enquête en &#171;&#160;live&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Sun, 18 Jul 2010 23:04:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Mentre</dc:creator>
				<category><![CDATA[journalisme innovations]]></category>
		<category><![CDATA[Michalis Pantelouris]]></category>
		<category><![CDATA[neon]]></category>
		<category><![CDATA[Susan Waade]]></category>

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		<description><![CDATA[Tout commencera le 21 juillet 2010. À partir de cette date, les visiteurs du site allemand neon.de, pourront suivre la contre-enquête du journaliste Michalis Pantelouris, sur les circonstances du décès, en Grèce, d&#8217;une jeune chanteuse Susan Waade. Il s&#8217;est engagé à mettre en ligne en continu les résultats de son travail, les documents qu&#8217;il trouvera, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Tout commencera le 21 juillet 2010. À partir de cette date, les visiteurs du site allemand </strong><em><strong>neon.de</strong></em><strong>, pourront suivre la contre-enquête du journaliste Michalis Pantelouris, sur les circonstances du décès, en Grèce, d&#8217;une jeune chanteuse Susan Waade. Il s&#8217;est engagé à mettre en ligne en continu les résultats de son travail, les documents qu&#8217;il trouvera, les vidéos de ses entretiens, etc. Un choix de transparence qui est le fruit d&#8217;une réflexion mûrie: &laquo;&nbsp;Les journalistes travaillent devraient être accessibles par leurs lecteurs le plus directement possible&nbsp;&raquo;, dit il.</strong></p>
<div id="attachment_2966" class="wp-caption alignleft" style="width: 228px"><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/07/susan_waade.jpg"><img class="size-medium wp-image-2966" title="Susan Waade" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/07/susan_waade-218x300.jpg" alt="Susan Waade" width="218" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">La chanteuse Susan Waade (D.R.)</p></div>
<p>Dans la nuit du 25 au 26 juin 2007, la jeune chanteuse berlinoise Susan Waade [<em>photo ci-contre</em>] meurt dans des circonstances troublantes à Athènes, en Grèce. Son corps ne sera découvert que le 30 juin. Il est agenouillé au sol, une écharpe de laine autour du cou accrochée par un foulard de soie à une poutre de béton. Aucune table, tabouret ou chaise, d&#8217;où elle aurait pu se jeter pour se pendre,  n&#8217;est retrouvé dans l&#8217;environnement proche. Pourtant, la police athénienne va conclure au suicide. La famille ne sera prévenue du décès que le 3 juillet, et découvrira avec effarement que Susan a déjà été enterrée dans le cimétière de Zougafru à Athènes.</p>
<p>Trois ans après le drame, Michalis Pantelouris, reçoit un mail de Marion Waade, la mère de Susan, lui demandant en substance de reprendre l&#8217;enquête. Ancien journaliste de faits-divers [<em>Polizeireporter</em>], il se montre d&#8217;abord extrêmement réticent. C&#8217;est pour lui peine perdue. Les autorités grecques ont clos l&#8217;enquête, et surtout pense-t-il, il se trouve face au cas classique où la famille ne veut pas admettre le décès de leur enfant. Un tel événement, sait-il d&#8217;expérience, &laquo;&nbsp;affaiblit considérablement la capacité de jugement&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Mais il faut croire, que Marion Waade sut se montrer convaincante. Il reprend le dossier, trouve effectivement qu&#8217;il y a des lacunes, des pistes à suivre, bref, qu&#8217;il y a des questions, et &laquo;&nbsp;les questions c&#8217;est par cela que commence le journalisme&nbsp;&raquo;.</p>
<p><span id="more-2964"></span>À partir de là que faire? Rester dans les canons du journalisme classique, c&#8217;est-à-dire choisir un angle: celui du &laquo;&nbsp;scandale&nbsp;&raquo; [<em>une jeune fille a été assassinée et les autorités n'ont pas fait leur travail</em>] ou un autre triste et accusateur, celui de la &laquo;&nbsp;tragédie sociale&nbsp;&raquo; [u<em>ne famille de Berlin croit que sa fille a été assassinée et exige que la lumière soit faite</em>] ? Cette solution, où l&#8217;on prédétermine un choix éditorial avant un travail de terrain ne lui semble pas adaptée<em>. </em>Plus grave, cela lui semble &laquo;&nbsp;une perte pour le journalisme et cela empêche le journalisme de contribuer au fonctionnement de la société comme il le devrait&nbsp;&raquo;.</p>
<h3>Un parti-pris radical: jouer la transparence</h3>
<p>Il se retrouve donc avec &laquo;&nbsp;une histoire qui mérite d&#8217;être racontée&nbsp;&raquo;, mais qui n&#8217;a pas de fin, où il n&#8217;y a pas de thèse à défendre, pas de direction à suivre; &laquo;&nbsp;une histoire compliquée , étendue, difficile à saisir clairement, tout comme l&#8217;est la vie.&nbsp;&raquo;  Bref, &laquo;&nbsp;tout ce que n&#8217;est pas le journalisme&nbsp;&raquo;.</p>
<div id="attachment_2979" class="wp-caption alignleft" style="width: 87px"><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/07/Michalis-Pantelouris.jpg"><img class="size-full wp-image-2979" title="Michalis Pantelouris" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/07/Michalis-Pantelouris.jpg" alt="Michalis Pantelouris" width="77" height="120" /></a><p class="wp-caption-text">Michalis Pantelouris</p></div>
<p>C&#8217;est alors que naît l&#8217;idée du &laquo;&nbsp;<em>livereportage</em>&nbsp;&raquo; [<em>c'est ainsi que M. Pantelouris la nomme</em>], c&#8217;est-à-dire de raconter l&#8217;enquête telle qu&#8217;elle se déroule sans schéma préconçu, sans savoir exactement où elle peut conduire, avec le risque de passer dix jours [<em>c'est le temps prévu pour l'enquêt</em>e] à frapper à des portes qui restent désespérement closes, avec des interlocuteurs refusant de répondre. Mais c&#8217;est ici que le parti-pris de Michalis Pantelouris est radical. Il veut jouer le jeu de la transparence:</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Aujourd&#8217;hui, nous ne savons comment les journalistes travaillent (…) on ne peut pas vérifier quelles informations ils possèdent réellement, ni comment ils les interprètent. Les journalistes peuvent se sentir mieux ainsi, mais ce ne sera pas le cas nécessairement pour leurs clients, leurs lecteurs&nbsp;&raquo;.</p></blockquote>
<p>À travers cette expérience, c&#8217;est bien le journalisme qu&#8217;il veut changer:</p>
<blockquote><p>Je pense que les lecteurs (y compris moi comme lecteur) ont le droit d&#8217;instruire et de contrôler les journalistes. Mais la réalité est que les journalistes se racontent sans cesse entre eux des histoires fantastiques, ajoutant toujours cette phrase: &laquo;&nbsp;Ça ne peut pas être publié&nbsp;&raquo;. Au lieu d&#8217;être des fournisseurs d&#8217;information, ils se considèrent comme des gardiens ou des filtres. C&#8217;est le développement le plus nocif qu&#8217;ait connu le journalisme.&nbsp;&raquo;</p></blockquote>
<h3>L&#8217;enquête sera publiée sur le site participatif <em>neon.de</em></h3>
<p><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/07/Capture-d’écran-2010-07-19-à-00.03.18.png"><img class="alignleft size-medium wp-image-2972" title="Home de neon.de, le 19 juillet 2010" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/07/Capture-d’écran-2010-07-19-à-00.03.18-295x300.png" alt="Home de neon.de, le 19 juillet 2010" width="177" height="180" /></a>Encore faut-il trouver un support de presse. Ce sera le site de <em>Neon</em>, un magazine du groupe Bertelsmann, via sa filiale Grüner und Jahr (1). <em>Neon</em> lancé en 2003, vise la cible des jeunes urbains âgés de 20 à 35 ans, et jouit d&#8217;un certain succès puisque ce  mensuel se vend —selon son <em><a href="http://www.strategies.fr/actualites/medias/140972W/prisma-presse-prepare-la-version-francaise-du-magazine-allemand-neon.html" target="_blank"><span style="font-style: normal;">éditeur</span></a>—</em> autour de 240.000 exemplaires. (2)</p>
<p>Le site reprend certes le contenu du magazine, mais il est essentiellement conçu comme un site communautaire et participatif, dont les contenus (UGC) sont fournis et discutés par les membres de cette communauté. Dire que celle-ci accueillit avec enthousiasme l&#8217;expérience journalistique proposée par Michalis Pantelouris serait mentir. Les <a href="http://www.neon.de/kat/sehen/gesellschaft/justiz_und_verbrechen/314744.html" target="_blank">critiques </a>vont se montrer particulièrement sévères, à l&#8217;exemple de  &nbsp;&raquo;Jack Black&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Je dis non à une telle forme de reportage! (…) une forme de journalisme qui est clairement à sensation (…) e n&#8217;est pas sérieux de votre part de vouloir présenter à vos lecteurs sur un plateau d&#8217;argent  la forme la plus primitive de journalisme&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Des critiques qui sont loin de décourager Michalis Pantelouris. Mais maintenant place à l&#8217;enquête en <em>live. </em><strong>À suivre sur </strong><a href="http://www.neon.de/alle/livereportage" target="_blank"><strong>ce lien</strong> </a>[<em>en allemand</em>]</p>
<h3>Pour aller plus loin:</h3>
<ul>
<li><a href="http://www.xn--print-wrgt-geb.de/" target="_blank"><em>Print Würgt</em></a><em>,</em> le blog de Michalis Panteroulis [<em>en allemand</em>]</li>
<li>Le <a href="http://www.stefan-niggemeier.de/blog/livestylejournalismus/" target="_blank">blog</a> de Stefan Niggemeier, journaliste spécialisé dans les médias [<em>en allemand</em>]</li>
<li>Le <a href="http://susan-waade.chapso.de/" target="_blank">site </a>consacré à Susan Waade, réalisé par sa famille et une <a href="http://www.youtube.com/watch?v=hRpYoHp0gvM" target="_blank">vidéo</a> &laquo;&nbsp;hommage&nbsp;&raquo;, où l&#8217;on entend Susan Waade chanter [<em>en allemand</em>]</li>
</ul>
<h3>Notes</h3>
<ol>
<li>selon <a href="http://www.strategies.fr/actualites/medias/140972W/prisma-presse-prepare-la-version-francaise-du-magazine-allemand-neon.html" target="_blank">Stratégies</a>, le groupe Prisma Presse, qui est la filiale française de Bertelsmann, préparerait une adaptation du magazine pour le public français. Le lancement serait prévu pour la fin de l&#8217;année 2010. Plus de détails sur <em>Néon</em> (version papier) dans cette <a href="http://meedia.de/nc/details-topstory/article/wir-f-hlen-uns-vom-internet-nicht-bedroht_100029168.html" target="_blank">interview croisée </a>de Timm Klotzek et Michael Ebert, les deux responsables du magazine  [<em>en allemand</em>].</li>
<li>signalons que le magazine a reconnu avoir publié 5 fausses interviews de célébrités, comme Christina Aguilera ou Beyoncé.</li>
</ol>
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