Le data journalism, « finger in the nose »

Le data journalism est à la mode. Surfant sur cette tendance, Google propose un nouvel outil de visualisation des données qui m’a bluffé par ses fonctionnalités et sa simplicité d’usage.

En deux minutes chrono, j’ai créé deux graphiques, à partir des données fournies par Eurostat, l’un sur le taux de chômage et l’autre sur les niveaux de salaire. J’ai choisi, un peu arbitrairement quatre pays: la France, l’Espagne, l’Irlande et la Grande-Bretagne. Le premier montre très clairement l’effet de la crise sur l’emploi.

Ces exemples ne sont que des illustrations des potentialités de l’outil, sachant que j’aurai pu créé des graphiques différenciant le niveau de chômage par sexe ou par tranche d’âge, que j’aurai pu adopter une autre échelle de temps, etc.

Le plus intéressant tient au fait que ces graphiques sont « dynamiques », c’est-à-dire qu’ils seront réactualisés au fur et à mesure que de nouvelles données seront disponibles.

Pour l’instant, les bases de données disponibles sont en grande partie américaines, mais cela devrait s’étoffer.

Le taux de chômage en Europe

Les salaires minimum en Europe



2 thoughts on “Le data journalism, « finger in the nose »

  1. J’ai découvert cet outils avec plaisir et n’hésiterai pas à m’en servir si nécessaire. Cependant je trouve un peu trompeur de faire penser que l’utilisation de chiffres, graphiques et autres données en journalisme est une nouveauté à la mode. Je me demande s’il ne s’agit pas là d’un mal « francophone ». Peut-être a-t-on un peu tendance à déserter le terrain des statistiques au prétexte un peu facile que « les chiffres, on peut leur faire dire n’importe quoi ». En restant modestes et prudents dans l’utilisation des statistiques, on peut gagner en qualité d’analyse. Maintenant, si Google peut aider à pallier l’absence de bonnes infographies…

  2. @Luc L’outil proposé par Google reste limité, d’autant que les bases de données disponibles sont encore peu nombreuses et centrées sur les États-Unis. Mais on peut penser que tout cela va s’enrichir et se développer rapidement, et que les modes de représentations (il y en a 4 pour l’instant) vont se diversifier. Ajoutons que des concurrents vont certainement émerger, et que du coup la construction d’infographies, dans une forme de « journalisme automatisé », ou plutôt de journalisme assisté par ordinateur (comme il y eut autrefois la Publication Assistée par Ordinateur – PAO), va se généraliser. Pour l’instant, wait and see. Sur un plan plus général, un outil (même formidable) reste un outil et il faut savoir « faire parler les chiffres ». C’est —de mon point de vue— un enseignement à part entière, pour les journalistes mais aussi pour les infographistes, qu’en France on a eu pour X raisons (en particulier cette séparation absurde qui existe dès le lycée entre « matheux » et littéraires) on a eu tendance à trop délaisser.