Facebook et LinkedIn : de l’autre côté du miroir



Les réseaux sociaux modifient profondément le rapport que l’on a avec l’information. Le réseau de ses amis et de ses relations constitue une forme d’agence de presse partagée et collaborative, ainsi qu’une encyclopédie vivante et multimédia. C’est un nouveau défi que doivent relever les médias traditionnels. Voici un aperçu de ce que j’ai appris sur mon Facebook et mon LinkedIn les 29 et 30 décembre 2008.

En quelques mois, Facebook et LinkedIn, les deux réseaux sociaux sur lesquels je suis inscrit, me sont devenus une source d’information et de culture indispensable. La question de leur utilité ne se pose plus. Il est très probable que les lecteurs de ce blog utilisent ces outils [ou d’autres similaires], mais il me semble important de mettre l’accent sur cette dimension sous-estimée, souvent ignorée, voire niée.
Les réseaux sociaux —surtout Facebook— sont souvent critiqués
Facebook, sans doute en raison de sa dimension grand public et de sa croissance phénoménale est l’objet de vives attaques, qui épargnent Myspace (en raison de sa dimension artistique ?) ou LindekIn (par méconnaissance?). Elles ne sont jamais frontales. Par exemple, le très discutable  Planète Facebook diffusé sur Envoyé spécial le 4 décembre 2008, montrait un « Facebook lieu de drague pour vieux pervers à la recherche de fraîches adolescentes ». Télérama, de son côté sous le titre Et toi, t’as combien d’amis sur Facebook ?, joue les esprits forts et et décrit un gentil monde peuplé de gentils stupides [sur le modèle de la vidéo que j’avais postée récemment].

[Nota : Facebook et LinkedIn étant deux réseaux sociaux privés, je n’indique dans ce post ni les noms de mes amis/relations ni celui des groupes auxquels j’appartiens. Par ailleurs, j’ai exclu twitter de mon propos, bien qu’il constitue également désormais une de mes sources d’information importante].

Ces réseaux sont d’abord un lieu d’échange, de mutualisation et de discussion des informations, des sources et des trouvailles de chacun dans un registre de domaines étonnement varié. Ce sont aussi (surtout Facebook) des espaces où l’on peut exprimer ses coups de cœur et de colère. Comme nous sommes entre gens de bonne compagnie [car nous nous sommes choisis] les propos sont libres, les commentaires courts, incisifs et drôles.
Les amis des mes amis sont aussi mes amis
Sur Facebook, le fait que « les amis de mes amis sont aussi mes amis » est un aspect très intéressant, par l’effet de chaîne qu’il produit, notamment sur les commentaires. Ceux-ci peuvent s’enchaîner en une série ludique, informative… selon l’humeur de l’heure ou du jour.
Enfin [« et c’est tout neuf », j‘avais écris cela dans la première version de ce post, mais en fait l’outil est « vieux »], Facebook propose un outil [en forme de console son] pour régler les « actualités de ses amis » en fonction de ce que l’on souhaite privilégier, amour, groupe,  amitiés, vidéos, etc. et
Ma page Facebook est une auberge espagnole
Bien entendu, la communauté, le réseau de chacun étant distinct, l’information, les opinions, les engagements, les réflexions seront différentes pour chaque inscrit. Cela nous place —sur le plan de l’information et de la réflexion— dans une situation particulière:
• la [ma] page d’accueil est unique;
• la [ma] page d’accueil tient de l’auberge espagnole, puisque chacun vient avec ses soucis, ses envies, ses connaissances, ses passions…
• rien n’est neutre, puisqu’il s’agit de faire partager, et donc un forme d’engagement est souhaitable. Attention, il ne faut pas être lourd; les « boulets » ne sont pas les bienvenus. Cela peut introduire aussi une forme de biais
• Les informations et réflexions ne couvrent pas l’actualité dans son ensemble, et les sujets abordés sont souvent décalés. Ce n’est pas le lieu des scoops.
Seul problème: cette information est volatile [24 heures environ, à moins de remonter dans la page de l’ami(e), encore faut-il se souvenir de qui a posté telle info, tel lien, etc. ]. On pourrait lui appliquer une devise digne de César : « vue, lue, disparue »…

Voici une courte sélection de ce que j’ai vu, lu et partagé les 29 et 30 décembre 2008

L’émotion provoquée par l’attaque israélienne sur Gaza
L’attaque de l’armée israëlienne sur Gaza a provoqué sur mon Facebook une forte émotion. Naïma par exemple, a posté ces documents (photo et document de Sarem Bade), ce qui a provoqué un commentaire de Saïda : « Comment peut-on laisser ça encore et encore… » [Saïda ne fait pas partie de mon réseau, mais de celui de Naïma]

Claire de son côté a publié un lien qui renvoie à la page Facebook de Global Voices [un site qui fédère des blogueurs dans le monde entier] sur laquelle on trouve « Les réactions de blogueurs israéliens » et une « revue des blogs de Gaza », tandis que François (avec plusieurs autres de mes amis) rejoignait le groupe « Stop massacre upon Gaza!!! ».

Philippe de son côté après avoir manifesté pour les Palestiniens le 28 décembre a immédiatement partagé les photos (via Flickr) qu’il a réalisé ce soir-là, immédiatement après la manifestation [les agences de presse sont définitivement battue, par ce type de collecte d’information] et a décidé de s’inscrire dans la foulée aux  groupes « Pour le droit de critiquer Israël » et « La fédération internationale du Lancer de Chaussure dans la Gueule… » (Filcg, se prononce filkeugeu)
• Une remarque : sur ce sujet brûlant, je suis informé de ce que font mes amis. Ils auraient pu aussi me proposer de les rejoindre dans ces groupes.
Côté international toujours, j’ai découvert grâce à Silvina, un blog tenu par jeunes  Cubains (nés dans les années 1970 et 1980) et dont le prénom commence par Y. Ce blog s’intitule tout naturellement Generation Y. L’occasion de plonger dans la réalité cubaine. Cyril de son côté a montré quelques —belles— images du reportage qu’il a réalisé sur la communauté juive ukrainienne lors de la fête de Rosh Ashannah.
France

Philippe (décidément très actif) a créé un groupe 1 000 000 contre le Taser en France!, au programme explicite : « Si toi aussi tu penses que : Le Taser n’est pas un jouet de l’espace présenté comme « non léthale mais une arme de 4ème catégorie au même titre que le 357 magnum ou le pistolet à pompes !… ». Michel, lui a rejoint un groupe qualifié de « complètement inutile »: Comment  Sarko peut-il relancer la croissance alors qu’il a loupé la sienne. 52 000 membres quand même…
Les médias, les réseaux sociaux…
Ici, LinkedIn est plus efficace. Les deux groupes auxquels je participe m’indique les discussions en cours, me donne les liens, les sources, etc. Par exemple, sur l’un d’eux, Todd me conseille de lire le post Twitter authority Firestorm, sur un blog spécialisé Twittermaven.

LinkedIn ouvre aussi les portes (plus exactement est imbriqué) dans les réseaux sociaux de certains journaux. C’est le cas avec Business Exchange, un outil participatif qui permet d’échanger facilement des documents avec des personnes —y compris les journalistes de Business Week— avec lesquels je partage les mêmes centres d’intérêt. [Je suis aussi présent sur le réseau social du figaro.fr, mais le lancement est trop frais pour pouvoir en mesurer l’intérêt]
La High Tech
Peu de geeks dans mon réseau, mais Pierre m’a terriblement intrigué avec son statut Pierre a son 5d mark 2 entre les mains depuis ce matin, bientot les tests :) ! Renseignements pris, il s’agit d’un boîtier photo (Pierre est photographe) dernier cri. Pour avoir une idée des possibilités de la bête il suffit de cliquer ici (le lien renvoie sur le blog du photographe Vincent Laforêt, qui a essayé l’appareil en primeur).
La culture
C’est le point fort de mon Facebook. Il y a les classiques fan de Gad Elmaleh,  fan de Yann Barthès (oui, il est sur Canal+, merci Emmanuelle!), fan de Johnnie To, etc. Il y a bien sûr la musique. Elle peut être abordée sur le mode de la réflexion grâce au lien proposé par Jean-Louis, La guerre du volume, Mettalica et la dynamique, où l’on apprend que « pour diverses raisons, les labels pensent qu’un album bruyant se vend mieux aussi ils n’hésitent pas à dégrader la musique pour donner l’impression de plus de volume ».
Alexandre préfère la jouer classique avec les vieux  et excellents groupes The Feelies et The Left Bank, tandis que Delphine préfère poster des vidéos (une rafale ces derniers temps) sur tout ce qu’elle aime : Mano Solo (Au creux de tes bras), Ministère des affaires populaires (Debout là d’dans) ou encore Tes lacets sont des fées de Dionysos dont le graphisme raffiné l’enchante (Delphine est graphiste)

La culture sans la littérature est chose impossible et d’ailleurs, Fabienne signale deux auteurs : Yoko Ogawa, une écrivaine japonaise, qui a écrite de nombreux courts romans et nouvelles, et le Chinois Yu Hua, dont il faut lire le chef d’œuvre Brothers.

Et pour terminer, on peut jouer à Loup Garou, avec Caroline, et s’envoyer la carte postale de nouvel an [réalisée par Dom Moreau, et dénichée par Lisa une amie de Delphine] pour laquelle on ne peut faire autre chose que s’exclamer « Ouah que c’est beau ! » Hélas, ici il manque ce qui en fait le sel, l’interactivité. Mais pour cela, il faut être sur Facebook

• Remerciements : merci à tous mes amis et relations de Facebook et LinkedIn. Celles et ceux a qui j’ai emprunté ces exemples, mais aussi —ils sont beaucoup plus nombreux— celles et ceux dont je n’ai pu montrer les contributions, les remarques, les apports, les liens, les photos, les vidéos… faute de place. Un regret aussi: je n’ai pas pu montrer réellement l’humour ravageur qui règne ici.

Alors pour terminer vraiment, voici le statut le plus désespéré, Nadia a 220 friends qui ne servent à rien: pas un qui a un plan appart [si vous avez un plan appart, dites-le moi, je transmettrai]; celui qui m’a fait le plus rire récemment : Julien a les graisses de Noël et enfin la plus énigmatique : Louise is oh my god ! internet has come to naval saz.
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