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Style: six leçons du professeur Kaddour

Écrire vite, écrire bien, savoir accrocher son lecteur… tout ce qui fait la qualité d’un journaliste-rédacteur serait désormais sans réel intérêt, à une époque —celle du web 2.0— où « tout le monde sait écrire ». Pourtant, le travail sur l’écriture et le style, ne doit pas être rangés au rayon des accessoires. Ils sont plus que jamais nécessaires, comme le montre Hédi Kaddour dans Les pierres qui montent.

Une part importante de l’enseignement du journalisme est consacrée à l’écriture. Car, un journaliste dans sa définition première est d’abord un rédacteur. Doit-on dire aujourd’hui « était »? C’est ce que sous-entend la chronique de Robert Niles, sur la Online Journalism Review, lorsqu’il écrit:

« Il n’est plus utile de réduire l’enseignement [du journalisme] à savoir rédiger selon des formats conformes a un Stylebook particulier. Alors que ces compétences avaient suffisamment de valeur, il y a une génération encore, pour permettre à une personne de se construire une carrière, le nouveau marché des médias, multimédia [hyperliterate] rend ces compétences -en soi- comme étant sans valeur. »

En effet, analyse-t-il, aujourd’hui, les gens écrivent comme jamais ils ne l’ont jamais fait, en envoyant des e-mails, en mettant à jour leur statut Facebook, en participant à des forums, en écrivant des blogs… et d’ajouter, dans l’avenir, « écrire et filmer cela sera comme respirer ». Continued…

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Information: un pas dans le futur

Le mercredi est le jour des enfants. Et ce mercredi 27 janvier 2010, l’austère conférence annoncée sur les « technologies innovantes » s’est transformée en Noël avant l’heure. Il ne manquait que Steve Jobs et son iPad… Cela se passait aux Mobile Video Days. L’occasion de passer en revue les technologies émergentes en se demandant quels usages peuvent en faire les journalistes et les médias, en notant que celles-ci facilitent le mode participatif.

1 – Voir de l’autre côté du mur

C’est un drone, mais un drone civil, ludique. Le Parrot AR.Drone, c’est son petit nom, est une sorte d’hélicoptère-jouet propulsé par quatre hélices (moteur électrique) et piloté par un… iPhone. On penche l’iPhone en arrière, le drone décolle, monte, on penche l’iPhone de côté, il vire, etc. Le pilotage semble parfaitement intiuitif.

La vidéo de démonstration du Parrot AR.Drone

Le Pdg de Parrot, Henry Seydoux, prend un réel plaisir à présenter son jouet. C’est vrai que dans ce grand hangar [Les Mobile Video Days se passent Plaine Saint-Denis] convertit en salle de conférences les 2 drones évoluent avec aisance. C’est fascinant, mais à quoi cela peut-il servir? À des jeux bien sûr, et d’ailleurs le code est en open source pour les développeurs qui souhaitent créer des jeux en réalité augmentée, mais aussi pourquoi pas pour les journalistes, puisque voilà un outil d’exploration extrêmement pratique.

Une condition, s’ils l’utilisent, les journalistes devront être munis d’un solide code de déontologie, car ce drone passe-muraille est nativement équipée d’une caméra. S’il permet d’aller voir ce que l’on ne peut pas voir, en passant par dessus un mur, par exemple il constitue intrinséquement un risque pour la vie privée. Continued…

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L’information à l’ère fractale

« La fragmentation de l’information a-t-elle du bon? » Difficile d’imaginer débat plus actuel que celui qui s’est tenu le 26 janvier 2010, à l’occasion du 2e anniversaire de La Cantine à Paris. En voici le compte-rendu, à chaud.

L'info aujourd'hui est "fractale", à l'image d'un chou romanesco

L'info aujourd'hui est "fractale", à l'image d'un chou romanesco

Pour décrire l’information aujourd’hui Stephan Lechère, de Netvibes, utilise une image celle du chou romanesco: « Nous sommes dans l’ère de la communication fractale, qui est tout azimut et instantanée. »

Une situation qui est l’aboutissement d’une évolution qui a connu trois phases:

  • le browsing dans les années 1990 [il fallait connaître les adresses URL des sites. Les annuaires type Yahoo! sont typiques de cette période]
  • le searching, où il n’est plus besoin de connaître le l’URL, grâce au moteur de recherche type Google
  • le monitoring, où grâce à des agrégateurs de flux, chacun peut trouver l’information utile à travers les référents qu’il s’est choisi (sites d’info, blogs, etc.)

Aujourd’hui, l’important est de trouver l’information au moment voulu

Aujourd’hui donc, selon Stephan Lechère, l’important ne serait plus l’espace (je cherche une information sur le web) mais le temps: il faut trouver l’information à un moment donné. Ce changement de paradigme entraîne une série de conséquences, dont l’une est d’obliger chacun à monitorer ses activités. C’est le cas, explique-t-il, pour les patrons américains.  67% d’entre eux estiment que la réputation de leur entreprise est vulnérable. Pour parer le risque, la meilleure solution est donc de surveiller en permanence le web. Continued…

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Haïti: Deadline

Deadline. Rarement sans doute, ce terme technique —bouclage en bon français— n’aura sonné aussi sinistrement juste pour les journalistes présents à Haïti dans les jours qui ont suivi le séisme. Des conditions de travail extrêmement difficiles sur le plan matériel, mais aussi personnel et professionnel. L’occasion de réfléchir à l’information, à son mode de fonctionnement et à sa déontologie.

Et d’abord ce fait, lié à une loi d’airain du journalisme, qui s’appelle la loi de proximité géographique.  Jean-Luc Martin-Lagardette la résume ainsi dans son Guide de l’écriture journalistique [La Découverte, 5 édition, page 31] :

« Plus l’événement est géographiquement proche, plus il prend d’importance. Un mort dans votre domicile, même s’il vous est indifférent, a infiniment plus d’impact que deux morts dans votre rue, trois morts dans la commune avoisinante, cinq dans la capitale, cinquante à l’autre bout du monde. Un petit tremblement de terre survenu sur le territoire français nous bouleversera plus qu’un séisme majeur à l’autre bout du monde »

Il n’est donc pas étonnant que Haïti n’ait fait la une de l’actualité, qu’à l’occasion de catastrophes. Ce fut le cas en 2008, lorsque toute une série de cyclones (Hanna, Ike) et de tempêtes tropicales dévastèrent l’île faisant plusieurs centaines de morts et des dizaines de milliers de sans abris. [Une page de Wikipedia recense toutes les catastrophes, qui ont touché le pays. Si l'on veut aller plus loin lire Haïti The Undercoverded Country, sur le site de la CJR]

Le 12 janvier, Haïti, pays oublié, se retrouve donc encore une fois à la une de l’actualité. Cette fois, c’est un séisme qui a ravagé le pays, les morts se comptent par dizaines de milliers [112.000 selon un décompte des autorités haïtiennes, publié le 23 janvier]…

Conséquence, cette île -et ses habitants- ne semble pas échapper pas à une forme de malédiction, mais c’est une forme de prophétie autoréalisatrice, puisqu’elle n’attire l’attention des médias qu’à travers des événements tragiques. Continued…

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Greg Hadfield: « Pourquoi je quitte le Daily Telegraph »

Greg Hadfield est considéré en Grande-Bretagne comme un « gourou du web ». Autant dire que son départ du Daily Telegraph fait des remous outre-Manche. Il en profite pour offrir son analyse de la mutation que doit accomplir la presse pour survivre. Comme il le dit « cela s’annonce comme un long voyage », et la métamorphose sera très douloureuse.

Greg Hadfield

Greg Hadfield

Le parcours de Greg Hadfield a tout de la success story. Ce journaliste est l’un des premiers à avoir quitté la presse pour Internet,en 1996.  Il explique: « Mon fils alors âgé de 12 ans, avait créé Soccernet, le site de football le plus populaire au monde. » Le site sera revendu à Disney pour… 25 millions de Livres. Greg Hadfield créera son propre site Schoolsnet qu’il vendra également.

Bref, ce créateur connaît bien l’univers des médias comme celui d’Internet, et lorsqu’il arrive en janvier 2009, au  à la tête du développement numérique du Daily Telegraph, il est « fier et excité ». Il rejoint un titre prestigieux, qui a accompli une profonde mutation, puisque désormais sa rédaction a été radicalement réorganisée et produit indifféremment des contenus pour le web et le papier. Continued…

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