Les sites de presse publient de plus en plus de vidéos. Celles-ci sont d’une qualité pour le moins inégale. Des sujets élaborés et soignés côtoient de courts films d’actualité visiblement tournés « à l’arrache », dont on peut se demander s’ils ont leur place sur des sites d’information.
Depuis déjà longtemps mon attention avait été attiré par de courtes vidéos, dont la pertinence et l’intérêt me laissaient dubitatifs. Ces « objets visuels » très proches des films amateurs présentent un certain nombre de caractéristiques communes :
- un tournage en plan séquence —avec un abus du panoramique— trahissant une absence de montage
- un tournage « à la main », dit autrement tournés sans utiliser de pied, ce qui se traduit par une image tremblée
- un son « brut », qui malheureusement traduit une absence de réflexion sur le son et sa qualité (absence de bonnette sur les micros, post production, etc.)
- l’absence quasi générale de banc titre, légendes et autres cartels, interdisant d’identifier (sur la vidéo elle-même) le lieu et les acteurs de la vidéo
- l’absence de commentaires et d’interviews.
Bref, le degré zéro du journalisme. Voici à titre d’exemple ce que l’on peut trouver sur le site d‘Ouest France, à propos d’une baleine échouée sur la plage de la Torche, mais aussi sur d’autres sites de presse quotidienne régionale (PQN) comme ceux de L‘Est Républicain, de La Provence, de La Voix du Nord, etc.
baleine échouée par OuestFranceFR
La multiplication de ces vidéos correspond à l’équipement des rédactions en smartphones, faisant de chaque journaliste un potentiel vidéaste. Ce mouvement n’est pas réservé à la seule presse française.

